Le Monde.fr avec AFP | 15.09.2013 à 17h25 • Mis à jour le 15.09.2013 à 21h05
Salué par la communauté internationale, l’accord américano-russe sur les armes chimiques syriennes, n’enthousiasme pas les experts, qui s’interrogent sur les conditions de son application. « La destruction de l’arsenal chimique à l’horizon novembre 2014, compte tenu de la guerre civile, je n’y crois pas », estime Olivier Lepick, spécialiste de la Fondation pour la recherche stratégique, dont le siège est à Paris.
« Cela paraît parfaitement fantaisiste. Dans une situation de paix, il faudrait plusieurs années. La Syrie n’a aucune infrastructure pour détruire ses armes chimiques. Il faut construire une usine, sans doute à plusieurs centaines de millions de dollars », poursuit-il. Les Etats-Unis et la Russie eux-mêmes n’ont toujours pas fini de détruire leurs propres stocks (respectivement 30 000 et 40 000 tonnes, selon le chercheur), alors qu’ils ont investi des milliards de dollars depuis le milieu des années 1990 pour se conformer à la convention d’interdiction de 1993.
Washngton et Moscou évaluent tous deux le stock syrien à 1 000 tonnes. Damas a une semaine pour livrer la liste de ses armes. Des inspecteurs doivent ensuite se rendre en Syrie en novembre afin de vérifier le processus de démantèlement, selon l’accord conclu samedi à Genève par les chefs de la diplomatie américaine, John Kerry, et Russe, Sergueï Lavrov. Il devrait s’agir d’inspecteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) qui prépare « une feuille de route » pour des missions en Syrie, selon un communiqué de cet organisme dont le siège se trouve à La Haye.
UN ACCORD QUI PRÉSERVE LES INTÉRÊTS RUSSES ET AMÉRICAINS
Artisans de l’accord de Genève, les Etats-Unis et la Russie ne sont plus maîtres des échéances qu’il prévoit, affirme l’expert en armes chimiques, Jean-Pascal Zanders. Selon lui, les décisions vont maintenant être prises justement par l’OIAC, dont le conseil exécutif (CE) doit se réunir la semaine prochaine à La Haye.
« Le CE est souverain dans la prise de décisions. Les Etats-Unis et la Russie ne représentent qu’une voix chacun parmi les 41 membres. Je ne serais pas surpris qu’il n’y ait pas de consensus dans la prise de décision », poursuit M. Zanders. La Syrie a récemment annoncé qu’elle rejoignait l’OIAC.
Par la suite, la constitution d’une équipe d’inspecteurs compétents ne sera pas chose facile, même en deux mois d’ici à novembre, juge David Kay, ex-responsable de l’inspection des armes en Irak au moment de l’intervention américaine de 2003. « Il faut trouver des gens qui comprennent la fabrication des armes chimiques et le désarmement. Très franchement, fort de mon expérience en Irak, [je peux dire que] certaines personnes ne voudront pas aller dans une zone de combats », a-t-il ajouté sur la chaîne de télévision américaine CNN.
Sur le terrain, comment détruire les stocks d’armes chimiques syriens ? « Il y a deux grandes méthodes : soit l’incinération, soit l’hydrolyse (en mélangeant l’eau aux agents chimiques, également à haute température) », souligne Olivier Lepick. Un transfert des armes chimiques de Syrie vers un autre pays est interdit par la convention de 1993. Certes, la Syrie a une frontière avec un pays qui n’a pas ratifié cette convention entrée en vigueur en 1997 – mais il s’agit d’Israël, l’ennemi juré de Damas, où un transfert n’est pas envisageable pour d’évidentes raisons politiques… « L’accord de Genève est un accord diplomatique qui préserve les intérêts des Russes et des Américains », conclut l’expert français Olivier Lepick.
14 septembre 2013 – Le Quotidien d’Oran – Éditorial
Si des Palestiniens ont fêté le vingtième anniversaire des accords d’Oslo, ils ne doivent pas être nombreux et l’ont fêté en cachette.
Les plus lucides se désolent que les mises en garde répétées n’aient pas été entendues. Le spectacle est en effet terrible. La « percée historique » présumée du 13 septembre 1993 censée aboutir à un Etat palestinien en cinq ans est un exemple même de marché de dupes. Les seules « percées » ont été faites dans les territoires réduits devant être ceux de l’Etat de Palestine. Ce territoire est en effet percé de toute part de colonies sionistes destinées à devenir une « réalité » avec laquelle les responsables palestiniens doivent tenir compte.
Ainsi, pendant que « l’Autorité palestinienne » négociait du vent, Israël avec l’appui permanent des Etats-Unis changeait la « réalité » du terrain. Ceux qui ne ferment pas les yeux le constatent : il n’existe déjà plus de possibilité territoriale même d’un mini-Etat palestinien.
Bien entendu, les Etats arabes, obéissants à Washington, ont laissé les Palestiniens seuls face aux Américains et aux Israéliens. Car, à aucun moment de ce faux processus, pas même sous Obama à ses débuts, les Américains n’ont été médiateurs. Ils ont été constamment et de manière la plus perfide qui soit du côté d’Israël. En contrepartie, l’Autorité palestinienne a apporté une coopération « sécuritaire » honteuse et zélée qui assure la tranquillité à un occupant expansionniste.
Les graines de la division inter-palestinienne à venir ont été semées par l’application unilatérale des accords d’Oslo par l’Autorité palestinienne. Yasser Arafat a résisté à la tendance jusqu’à sa mort. Après lui, la « caste des négociateurs », une vraie création d’Oslo, a appliqué sans retenue son rôle de répression contre les Palestiniens. Le souci, servile et politiquement absurde, de se faire « accepter » par les Américains est devenu la ligne « politique » alors qu’il était manifeste que Washington ne fera rien qui déplairait à Israël.
Tous les Palestiniens des territoires occupés comme de la diaspora le constataient et le disaient, seuls les «négociateurs», enfermés dans leur bulle, flattés comme des enfants d’être « reçus » chez les grands ne le voyaient pas. Ou faisaient mine de ne pas le voir. Encouragés par les monarchies du Golfe et l’Egypte de Moubarak qui assurait le gardiennage de Ghaza.
PLUS PERSONNE NE DOUTE PLUS QU’OSLO, C’EST DU VENT. MÊME LES DIPLOMATES DES MONARCHIES DU GOLFE ! TOUT LE MONDE A FINI PAR DIRE AVEC AU MOINS QUINZE ANS DE RETARD QUE LES ACCORDS D’OSLO SONT MORTS.
LE PLUS FRAPPANT EST DE CONSTATER QU’UNE FOIS DE PLUS, POUR NE PAS DÉPLAIRE AUX AMÉRICAINS, MAHMOUD ABBAS ENVOIE SON « NÉGOCIATEUR EN CHEF » COURIR DERRIÈRE LE VENT. OSLO EST MORT, MAIS L’ILLUSION QUI L’A PERMIS EST ENCORE EN OEUVRE. AGGRAVÉE PAR LE SOUCI D’UN MAHMOUD ABBAS FINISSANT D’ABOUTIR À QUELQUE CHOSE AVANT DE « PARTIR ». QUITTE À CE QUE CE QUELQUE CHOSE SOIT DU RIEN ! CERTES, ON FAIT DIRE QUE MAHMOUD ABBAS « NÉGOCIE » AUJOURD’HUI SANS CONVICTION,
JUSTE POUR APPORTER LA « DÉMONSTRATION » AUX AMÉRICAINS QU’IL N’EST PAS UNE SOURCE DE BLOCAGE. OR, C’EST BIEN CE QUI EST DEMANDÉ AUX DIRIGEANTS DE L’AUTORITÉ PALESTINIENNE DEPUIS VINGT ANS : FAIRE SEMBLANT DE NÉGOCIER, COOPÉRER AU PLAN SÉCURITAIRE ET « DÉLÉGITIMER» LA RÉSISTANCE SOUS TOUTES SES FORMES. DANS CES NÉGOCIATIONS FUMEUSES, CE QU’OBTIENT ISRAËL, SOUTENU PAR LES ÉTATS-UNIS, N’EST PAS DU VENT. http://www.lequotidien-oran.com/?news=5187645
Le régime chercherait à compliquer le travail des enquêteurs chargés de contrôler et de mettre en place le plan de démantèlement de l’arsenal chimique.
La Syrie a commencé à disséminer son arsenal chimique sur une cinquantaine de sites différents, dans le but de compliquer la tâche de ceux appelés à les contrôler, affirme vendredi 13 septembre le « Wall Street Journal ».
Le journal, qui cite des responsables américains anonymes, affirme qu’une unité militaire spécialisée, l’unité 450, déplace depuis des mois, y compris la semaine dernière, ces stocks d’armes chimiques, qui dépassent le millier de tonnes, selon des experts.
Ces armes chimiques ont commencé il y a environ un an à être déplacées depuis l’ouest de la Syrie où elles sont normalement stockées, vers deux douzaines de sites importants à travers le pays.
L’unité 450 a également commencé à avoir recours à des dizaines de sites plus petits, pour un total de quelque 50 sites disséminés à travers tout le pays, selon le journal.
En dépit de cette stratégie, les services de renseignement américain et israélien pensent toujours savoir où se trouvent l’essentiel de ces stocks d’armes chimiques, ajoute le quotidien américain des affaires.
Nous en savons nettement moins qu’il y a six mois quant à la localisation de ces armes chimiques », a toutefois reconnu l’un de ces responsables, cité par le journal.
Américains et Russes ont entamé jeudi à Genève des discussions, prévues pour au moins deux jours, et auxquelles participent des experts en désarmement, qui portent sur la façon de placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle international, une initiative lancée lundi par Moscou qui a éloigné la menace de frappes aériennes occidentales sur le régime de Damas.
LE MONDE | 11.09.2013 | Propos recueillis par Benjamin Barthe
L’essayiste politique syrien Yassin Al-Haj Saleh est l’un des principaux théoriciens de la révolution anti-Assad. Agé de 52 ans, ancien membre du Parti communiste-bureau politique, il a vécu jusqu’au début du mois d’août dans la Ghouta, la banlieue de Damas touchée par l’attaque chimique du 21 août. Il réside désormais, clandestinement, dans une autre région de la Syrie. Le Monde a pu le contacter.
Que pensez-vous de la proposition russe visant à mettre l’arsenal chimique syrien sous contrôle ?
Yassin Al-Haj Saleh : L’initiative russe a brouillé les cartes et ouvert la porte à des manœuvres diplomatiques qui pourraient s’éterniser. Cette initiative n’aurait pas pu être possible si Moscou et le régime de Damas lui-même n’avaient pas senti l’hésitation occidentale. Ils ont offert à l’Occident ce qui pourrait lui permettre de ne pas intervenir. J’étais convaincu, depuis que l’on a évoqué la frappe à la suite du massacre à l’arme chimique commis par le régime Assad, qu’une telle réaction était trop morale et dénuée d’intérêts pour que les Américains l’adoptent.
Vous sentez-vous à nouveau abandonné par la communauté internationale ?
L’initiative russe et l’aval de principe des Occidentaux montrent l’immoralité du système international qui ne se préoccupe pas de la mort de dizaines de milliers de Syriens depuis trente mois. Dépouiller le régime de son arsenal chimique tout en le laissant en place, ce n’est pas faire justice. Depuis quand laisse-t-on un criminel libre s’il se contente de rendre l’arme du crime ? Les observateurs évoquent la satisfaction de « tout le monde » à la suite de cette initiative. Tout le monde peut-être, sauf le peuple syrien !
L’hypothèse de frappes contre le régime syrien a suscité et continue de susciter beaucoup de peurs en France, notamment celles d’un embrasement régional et d’une montée des djihadistes. Que répondez-vous ?
L’après-frappe suscite nos peurs aussi. C’est pour cela que si une attaque était finalement déclenchée, il faudrait qu’elle s’intègre dans une stratégie plus large, qui inclue de renverser le régime ou du moins de faciliter son renversement par les révolutionnaires. Si tout cela avait été fait il y a un an, la situation, aujourd’hui, aurait été meilleure pour tout le monde. Les trente derniers mois ont démontré que la pire action est l’inaction. Un pays entier, situé dans une région cruciale de la planète, est laissé en ruine. Les groupes djihadistes sont les seuls à bénéficier d’une situation de chaos généralisé. Le régime n’est pas un rempart contre eux, au contraire. Ils se légitiment l’un l’autre et coexistent parfaitement.
Au sein des gauches arabes et occidentales, beaucoup estiment que la révolution syrienne est instrumentalisée pour affaiblir le camp de la résistance à Israël. Votre avis ?
J’ai été membre de la branche du Parti communiste qui s’est opposée à Hafez Al-Assad [le père de l’actuel président syrien]. Puis j’ai été emprisonné de 1980 à 1996, et durant cette période, j’ai cessé d’être communiste. Il me semblait que le communisme étouffait les demandes de liberté et de justice. Je constate qu’en Syrie et ailleurs, beaucoup de communistes ont fait le contraire. Ils ont sacrifié la dimension morale, pour s’attacher au rite. Ces milieux sont restés en retrait de la révolution, car ils sont enfermés dans une mentalité de clan. Ils sont à l’écart de la lutte réelle des gens et compensent cette distance par des considérations externes, comme une pseudo-lutte contre les Etats-Unis.
Les Américains et les Israéliens ont sûrement des plans. Mais qui, sinon le régime, a détruit la Syrie, une destruction qui dépasse les rêves les plus fous de la droite israélienne ?
Quelles sont les conditions de vie dans la Ghouta ?
Depuis la libération de cette zone, le régime a coupé l’électricité, les réseaux de communication et l’eau, pour la punir. La population s’éclaire grâce à des générateurs électriques chinois. Le litre d’essence vaut presque 2 dollars et les générateurs consomment 1 litre par heure. Les plus pauvres se contentent de lampes de poche. Les gens vivent la plupart du temps dans les sous-sols, pour des raisons de sécurité. L’eau est utilisée d’abord pour boire ou se laver, et ensuite pour les toilettes. Mais la vie continue. Les gens cultivent des légumes sur des petits lopins, à un mètre de l’endroit où les corps sont enterrés. Le voisinage entre la mort et la vie est l’une des caractéristiques de la Ghouta.
Vous avez écrit très tôt que cette révolution était « impossible ». Pourquoi ? Une issue heureuse est-elle encore possible ?
Impossible parce que le régime n’est concerné que par sa perpétuation et qu’il est prêt à tout faire pour maintenir le clan Assad au pouvoir. Impossible aussi parce que la société est chargée de tensions, tant le régime l’a fracturée et a empêché l’émergence de forces alternatives. Mais la révolution impossible a eu lieu malgré tout. Je ne parlerai pas d’une fin heureuse. La seule chose qui pourrait apaiser un peu les douleurs des Syriens et qui permettrait d’ouvrir une nouvelle page, où tout sera difficile, est la chute du régime.
Ayez une pensée pour ces pauvres Syriens qui , dans leur voiture de luxe, chaque fois qu’il y a un regain de tension, font la navette entre Damas et Beyrouth. Quelle horreur pour eux : quitter leur luxueuse vie mondaine dans les quartiers chics bien protégés de Damas et se trouver confrontés aux types de Syriens qu’ils ont ignorés pendant les 40 dernières années.
Vous savez certainement de qui je parle. Je parle de ces petites gens qui ont nettoyé vos maisons, lavé vos voitures, livré vos courses , et qui , sans le vouloir, sont les sujets de vos médiocres talents de photographe et de vos écrits nostalgiques.
Oui, ces Syriens, ceux qui n’ont pas assez d’argent pour traverser directement le poste de Masnaa’ et qui doivent s’accroupir dans le soleil pendant que les gardes-frontières libanais les matraquent pour qu’ils restent dans les rangs.
Votre Syrie, c’ est la Syrie du jasmin et de la cardamome, des « mosaïques » et des temples millénaires construits par des civilisations mortes depuis longtemps.Rien à voir avec vous.
Leur Syrie, c’est celle des bidonvilles, du plastique et des vapeurs de diesel. Vous ne le savez pas, mais les Syriens sont les Mexicains du Liban. Accroupis ou debout au coin des rues ,ils attendent que quelqu’un les ramasse en voiture pour le nettoyage d’ une cour ou toute autre vile besogne.
Mais vos narines ne palpitent que lorsque c’est vous qui êtes en butte à la discrimination:on refuse votre visa ou votre démarche subit un retard. Alors seulement vous sortez votre mythe selon lequel si les Syriens sont méprisés ,c’est parce que de tous les peuples arabes ils sont les seuls à refuser de baisser la tête.
Eh bien j’ai du nouveau pour vous fiers Syriens qui refusez de courber la tête. Nous avons baissé la tête pendant 40 ans pendant que vous sirotiez votre café noir sur votre balcon à Damas et que vous écriviez de mauvais poèmes – et nous continuons à courber la tête parce que les Syriens ont toujours été traités comme de la crotte dans leur propre pays.
Vous ne l’avez pas remarqué parce que vous pouviez graisser les pattes pour ne pas avoir à incliner la tête du moins pas physiquement.
J’ai encore du nouveau pour vous. Le Damas dont vous pensez qu’il est le centre de l’univers est en fait une poussière insignifiante dont personne n’a entendu parler jusqu’à ce que la révolution montre au monde entier nos verrues et notre linge sale. Personne ne se soucie ni des remarques de Mark Twain sur Damas ni des mondains qui se sont arrêtés ici ou là. Vous étiez une jolie escale qu’ils ont oubliée aussitôt partis. Les gens veulent se souvenir de tout ce qu’ils ont dit et ça les intéresse peu de savoir que ce qu’ils ont dit était quelque chose d’important ou non sur votre ville.
Si on creuse assez profondément , on constatera que vous n’êtes même pas de cette ville. Personne ne l’est véritablement. La ville a été violée et pillée un si grand nombre de fois dans l’histoire que vous n’êtes en fait que les descendants des paysans qui ont maintenant le luxe de mépriser les nouveaux travailleurs venus de la campagne dans la capitale.
Et vous ne voyez même pas l’ironie de la situation. Comme ça vous plaisait de vous attabler à Bab Touma avec ces étrangers et parler entre égaux de politique ,d’art et de société !
Vous disiez que la Syrie est le pays des églises et des minarets, vous parliez de notre merveilleuse tolérance, vous disiez combien nous étions des Levantins courtois dans « la plus vieille du monde continuellement habitée »et riche d’une histoire de 5000 ans !
Vous êtes-vous jamais rendu compte que toute votre vie, vous vous êtes parés des plumes du paon ? Ça ne vous a jamais semblé bizarre que vous et tous ceux qui vous entouraient ne pouviez exister que parce que vos parents avaient des relations et de l’argent ? Vous n’avez jamais pensé qu’il était bizarre que, quoi que vous fassiez, si vous aviez la malchance de n’avoir que ce passeport syrien dont vous êtes si fiers, vous n’auriez pu trouver du travail que dans l’affaire de votre famille ?
Non cela n’était absolument pas bizarre ? Peut-être étrange ?Comme je suis bête ! Bien sûr ,ce n’était pas étrange puisque c’était tout ce que vous aviez jamais connu. Vous étiez peut-être allés à l’étranger pour étudier et découvrir un peu le monde, mais vous reveniez directement à ce petit monde sûr parce que au fond de vous-même vous aviez peur de vous lancer tout seul.
Vous bombiez le torse pour votre première dame « éduquée en Grande-Bretagne » qui traitait le pays comme si c’était un grand accessoire de mode. Vous parliez du « docteur » , de sa sagesse , de son humilité et de comment il entrait dans les restaurants et frayait avec les gens normaux.
Quand quelqu’un parlait de la Syrie, vous disiez toujours « nous » et vous n’avez jamais pensé un instant, pauvres mecs, que ce n’était jamais « nous » mais seulement «eux ». Vous étiez un accessoire que l’on insérait dans la petite maison de poupée de Syrie qui était une « mosaïque ». Leur Syrie était un gentil petit endroit à mentionner dans une brochure de voyage. Un pays dont on vous disait depuis votre âge le plus tendre qu’il avait eu une destinée particulière et importante.Une blague comme toutes les autres blagues sur les états arabes qui nous entourent.
C’est peut-être la raison pour laquelle les gouvernements arabes se détestent tellement ? Ils voient chez les autres les escrocs qu’ils sont devenus.
Donc, je regrette pour votre jasmin et vos nuits damascènes ,longues et magiques. Pour votre arak frais et pour les brochettes de kebab. Pour la tolérance religieuse et la mosaïque de cultures dont vous vous vantiez comme si elles vous appartenaient.
Je regrette également pour vous de n’avoir jamais vu les bidonvilles, les queues pour le pain et les miettes distribuées par le gouvernement ,les gens désespérés amassés devant les hôpitaux officiels, attendant d’y être soignés ou d’en voir sortir leurs êtres chers, la petite fille vendant des chewing-gums au feu rouge ou les jeunes travailleurs qui ont dû quitter leurs villages desséchés pour devenir des travailleurs occasionnels au Liban. Peut-être que si vous aviez vu tout cela avant le début de la révolution, vous auriez un tout petit peu réfléchi à votre vie et à la raison pour laquelle les choses étaient ainsi.
anniebannie a eu l’occasion d’entendre Pierre Piccinin en personne et il lui inspire une grande confiance. Elle ne comprend pas comment il peut raconter nde tels « cracks ».(Bashar innocent)
2013/09/09
Le « témoignage » qui vient au secours de Bachar le jour du vote du congrès américain, de la bouche de Pierre Piccinin da Prata. L’enseignant Belge et le journaliste italien Domenico Quirico ont été libérés après cinq mois de disparition en Syrie. Piccinin affirme à sa libération que « ce n’est pas le gouvernement Al-Assad qui a utilisé le gaz » toxique contre la population de Ghouta le matin du 21 août 2013:
« C’est un devoir moral de le dire. Ce n’est pas le gouvernement de Bachar Al-Assad qui a utilisé le gaz sarin ou autre gaz de combat dans la banlieue de Damas. Nous en sommes certains suite à une conversation que nous avons surprise. Même s’il m’en coûte de le dire parce que depuis mai 2012 je soutiens férocement l’armée syrienne libre dans sa juste lutte pour la démocratie », a-t-il déclaré à Luc Gilson dans une interview enregistrée à Gembloux pour RTL-TVi (vidéos).
Pierre Piccinin avance un « argument » conspirationniste:
Selon ces officiers de la « rébellion » et ce qu’ils ont dit, ce n’est pas le Régime [Assad]. Ce qui aurait d’ailleurs été suicidaire de sa part. Je pense que certains Etats n’attendent que cela pour en découdre, pour des raisons qui sont peut être pas toujours très claires non plus. Euuuuh, le Régime [Assad] ne pouvait pas leur faire plus beau cadeau que d’utiliser cette arme qui de toute façon militairement en banlieue de Damas ne leur rapportait pas grand chose en terme de guerre.
Comment était-il au courant de la situation militaire au soir du 20 août à Ghouta Est? Le 21 août à 3h, le Régime lançait une offensive militaire contre Ghouta Est. Parmi les 1700 civils tués, la plupart l’ont été par les bombardements, des centaines par les Gaz (vidéos des explosions des missiles chimiques, et des habitants filmant l’empoisonnement massif). Du côté de l’opposition, des rumeurs disent que les missiles ont été tirés du mont Qassioun, une position occupée par les artilleurs de la 4eme division commandée par l’incontrôlable Maher Al Assad. Ils bombardent les faubourgs de Damas depuis plusieurs semaines. Du côté de la propagande du Régime, depuis Damas, le 22 août Thierry Meyssan confirmait lui même aux médias iraniens francophones, que le Régime lançait depuis la nuit une offensive contre Ghouta, concernant les auteurs de l’attaque chimique Meyssan, Piccinin et la propagande iranienne s’accordent une fois de plus.
SYRIE : Si ce n’est pas lui, c’est donc son frère…. Impulsif et cruel… Ainsi décrit-on cet homme de 45 ans féru de kickboxing. « Il est celui qui fait la sale besogne », témoigne depuis un pays du Golfe un ancien du régime. « Il est psychologiquement perturbé », avance même le politologue Antoine Basbous, spécialiste du monde arabe.
Maher El-Assad, celui qui se cache derrière Bachar Maher El-Assad, cadet du président syrien, fait figure de suspect dans l’attaque chimique du 21…
lesdessousdelapolicenationale.blogs.nouvelobs.com
Pierre Piccinin termine par:
Aujourd’hui la révolution est submergée par un banditisme structuré […] ces katibas islamistes de combattants qui viennent d’Afghanistan d’Asie centrale […] je pense qu’il serait suicidaire pour l’occident de soutenir ces gens là.
Ce qui est intéressant c’est qu’un des prisonniers libérés aujourd’hui, n’est pas dupe (Domenico Quirico); l’autre (Pierre Piccinin) l’est totalement, à moins qu’il ne fasse mine de l’être…
Le journaliste italien de La Stampa Domenico Quirico a indiqué lundi au site internet de son journal qu’il n’avait aucune preuve de la provenance de l’attaque chimique en Syrie, alors que son compagnon d’infortune Pierre Piccinin affirme avec certitude que le gouvernement de Bachar al-Assad n’a pas utilisé de gaz sarin. « Je ne suis pas habitué à donner valeur de vérité aux discours écoutés à travers une porte », clarifie le journaliste. Pierre Piccinin et le journaliste italien Domenico Quirico, détenus en Syrie depuis le 8 avril, ont été libérés dimanche. A son arrivée en Belgique, l’enseignant belge a indiqué à plusieurs médias que les deux otages avaient surpris une conversation prouvant que le gouvernement syrien n’était pas à l’origine de l’attaque chimique du 21 août près de Damas.
Interrogé par le site internet de La Stampa, le journaliste italien précise cependant qu’il ne dispose d’aucune preuve qui confirme cette thèse. « Un jour, depuis la pièce dans laquelle nous étions retenus prisonniers, à travers une porte entrouverte, nous avons entendu une conversation en anglais via Skype entre trois hommes », raconte-t-il. « Lors de cette conversation, les hommes disaient que l’opération au gaz dans les deux quartiers de Damas avait été commise par les rebelles comme provocation, pour pousser l’Occident à agir. »
Domenico Quirico souligne cependant avec insistance qu’il n’a « aucune idée ni de la fiabilité ni de l’identité des personnes. Je ne suis absolument pas en mesure d’affirmer que cette conversation est basée sur des faits réels ou sur une rumeur. C’est une folie de dire que je sais que ce n’est pas Assad (Bachar al-Assad, le président syrien, ndlr) qui a utilisé le gaz.
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Évidemment, les deux otages n’avaient pas accès à l’information, mais ce qui est étonnant, c’est la nature des rares « informations » qui leur soient parvenues: la désinformation pro-Assad. Cela permet déjà d’avancer deux hypothèses:
_ Les kidnappeurs ont réalisé une mise en scène pour intoxiquer les otages.
_ Les kidnappeurs croient en la propagande d’Assad, de la Russie et de l’Iran au sujet de l’attaque de Gouta. Auquel cas ils devraient combattre les « rebelles à la solde du complot étranger« ? Donc pour Assad.
C’est la voix officielle du Kremlin qui avait lancé la première la rumeur de « provocation des rebelles« , qui s’est étoffée depuis. Le 23 aoûtLe Parisien rapportait les mots choisis du Kremlin à l’attention les masses populaires mondiales. Le cynisme et les menaces du Kremlin étaient encore assumées deux jours après l’attaque:
13h35. Pour Moscou, l’attaque chimique était «clairement une provocation», mais les rebelles «empêchent» toute enquête objective.
13h53. La Russie juge «inacceptables» les appels en Europe à faire pression sur l’ONU. «Dans ce contexte de nouvelle vague de propagande anti-syrienne, nous pensons que les appels de quelques capitales européennes à faire pression sur le Conseil de sécurité de l’ONU et décider dès maintenant de recourir à la force sont inacceptables», indique le ministère russe des Affaires étrangères.
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La désinformation:
L’idée qui circule dans ces moments de buz médiatique, ce n’est même pas le modus operandi (écoute de la conversation qui révèle le « complot« ), mais un effet d’annonce plus basique:
deux journalistes otages // kidnappés par l’opposition barbare syrienne ont été libérés après 5 mois de torture // les tortionnaires reconnaissent que leur camp est l’auteur de l’attaque chimique // le Régime Assad est accusé injustement.
C’est l’idée principale qui circule avec ce genre d’effet d’annonce. La rumeur continue de circuler alors même que Domenico Quirico a démenti les paroles que la rumeur lui prête. Un peu comme un mail sincère que j’avais reçu: « t’as vu la vidéo des rebelles qui décapitent le père Mourad?« . La désinformation étant l’art de faire dire par l’ennemi ce que l’on souhaite lui faire dire.
Or, Pierre Piccinin en 2010 était déjà publié par les sites de propagande de l’axe Iran/Poutine/Hezbollah/Chavez. Sana, l’agence syrienne de désinformation aux ordres du système Assad, mettait en ligne sur son site sana.syce qui suit à propos de Pierre Piccinin:
Dans une interview avec le journal « La nouvelle République », le politologue Piccinin a critiqué l’image simpliste véhiculé par les médias sur les événements en Syrie, les qualifiant de « tout à fait fallacieuse », ajoutant qu’il y a plusieurs indices que l’opposition syrienne fournit aux médias occidentaux les informations trompeuses sur ce qui se passe dans le pays.
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Réactions sur les réseaux sociaux aujourd’hui:
_ Le morcellement des brigades al Farouq existe depuis longtemps. Les problèmes d’insubordination dans les rangs également. Mais faire croire que la révolution est terminé, s’est transformée en barbarie , lak shou a2oul la a2oul …. […] Mais encore une fois, c’est la meilleure du siècle celle là, un homme en détention qui ne sait même pas où il est, et ne connait [peut être] pas la date, et dont l’arabe est médiocre, innocente Bachar el assad. C’est une véritable histoire de dingue. Et enfin pour finir, le top du top, avec une histoire aussi sérieuse que des milliers de personnes qui meurent d’armes chimiques, il nous parle de « SCOOP » qu’il divulguera en temps approprié, lak alf ….
_ Le plus hallucinant c’est que la presse titre en reprenant son annonce, et comme 70% des gens sur internet commentent sans lire les articles, c’est son histoire belge qui va être reprise sur la blogosphère qui n’avait vraiment pas besoin de ça!
Qui peut encore croire à la sincérité de Frédéric Taddeï sachant que Michel Collon ne produit pas un travail de journaliste? C’est Taddeï qui a popularisé dans l’espace télévisuel francophone des employés du système de désinformation de l’axe KGB-Iran-Hezbollah-Assad: Alain Soral, Michel Collon, Bassam Tahhan… des conspirationnistes, diffuseurs francophones de propagande de guerre, haine, et désinformation, des provocateurs radicaux… et de nombreux idiots utiles et opportunistes démagogues qu’il serait contre-productif de citer ici.
France2 assure sa part d’audience pour le vendredi soir, en dégueulant sur des luttes menées par d’autres, et participant à leur isolement médiatique: Le titre malhonnête de l’émission d’hier » Capitalisme et guerre en Syrie » annonce la couleur du discours propagandiste. Ce hors sujet ne concernera que les pro-Assad: ceux qui s’assument ou qui s’ignorent.
L’émission a réalisé quelques montages qui mettent en doute la réalité chimique de l’attaque du 21 août et la culpabilité d’Assad, et cite notamment les fumeuses « photos satellites russes » annoncées par Thierry Meyssan le 22 août sur les chaines satellites iraniennes en français. Dans l’émission de Taddeï, c’est un manifestant britannique qui annonce la désinformation en anglais (les photos russes), re-traduite en français pour nos besoins: faire croire qu’il s’agit d’une information crédible. Le montage montre le révisionniste Jean-Luc Mélenchon: Qui se trouve mieux depuis qu’on [la France] a tout cassé en Libye? –
Ce sont les mercenaires et les loyalistes de Kadhafi qui ont tout cassé en Libye, la révolution c’était les civils qui se défendent, la coalition internationale était l’OTAN au service de la révolution. Seuls des ultra-conservateurs sont incapables de comprendre un concept aussi simple que la liberté, et les corrompus. Ce sont les libyens qui dénonçaient les bombardements kadhafistes tout au long de la libération: je le sais pour avoir diffusé des milliers de LEURS tweets et statuts Facebook. La Méluche préférait la désinformation kadhafiste élaborée pour l’étranger depuis Damas, Téhéran et Moscou, par la pire racaille propagandiste depuis le pacte germano-soviétique. Pour interroger les libyens sur les responsables des destructions dans leur pays, suivez ce lien et posez leur la question, ou celui-ci.
Sur « la guerre de Libye », évitez absolument les pages en français et en serbe! Mélenchistes et autres reliques de la Jamahiriya kadhafiste au troisième millénaire, pourront poster cette lettre type aux libyens: « Dear Al Qaïda, I’m a French so-called anti-imperialist, and I would like to know who « broke everything » in Libya in 2011? French army or pro-Gaddafi forces? thank you ».
Israël ne ménage pas sa peine, ni son chantage à l’antisémitisme et instrumentalisation du génocide des juifs, pour amener les députés européens à revenir sur leurs directives de cet été qui mettent en application le droit international. Ci-dessous un article du journal La Croix qui en témoigne et qui montre qu’il est nécessaire de s’adresser, sans perdre de temps, à nos députés européens, afin de leur rappeler qu’ils n’ont pas été élus pour représenter les volontés de l’occupant israélien, mais les nôtres. « Israël négocie avec Bruxelles pour garder la manne de la recherche européenne
Une directive européenne risque de priver Israël de financements pour ses laboratoires opérant au-delà de la Ligne verte. L’État hébreu s’enorgueillit de ses innovations technologiques et de ses liens avec la recherche européenne.
Début août, l’Union européenne adoptait une directive imposant à l’État d’Israël d’indiquer par écrit, à compter de janvier 2014, dans tout accord de coopération avec l’UE, qu’il n’est pas souverain dans les Territoires occupés de Cisjordanie, Jérusalem-Est et du Golan. Objectif déclaré : bloquer les transferts de fonds publics européens à des institutions israéliennes sises au-delà de la Ligne verte démarquant Israël des territoires conquis en 1967 ou entretenant des liens avec les colonies juives.
Le premier ministre Benyamin Netanyahou a vivement protesté contre la directive européenne. « Elle préjuge de l’issue des pourparlers de paix en cours avec les Palestiniens sur le futur tracé des frontières », a-t-il dit en insinuant qu’Israël allait renoncer à participer à « Horizon 2020 ». Son ministre de la défense, Moshe Yaalon, a même haussé le ton en ordonnant à l’armée de stopper toute coopération avec l’UE pour des projets en Cisjordanie.
Négocier les conditions d’éligibilité
« Les Européens utilisent l’artillerie lourde pour abattre une mouche », s’insurge le négociateur israélien, Marcel Szatan. Ces sept dernières années, sur les quelque 900 millions d’euros octroyés par Bruxelles à Israël au titre de la recherche et du développement, seuls 0,5 % ont bénéficié à des projets dans les implantations.
Depuis, les négociateurs israéliens et européens se sont retrouvés plusieurs fois à Tel-Aviv, pour parler des conditions d’éligibilité au pactole de 70 milliards d’euros que l’Union européenne va affecter à la recherche et au développement durant les sept années à venir, pour son programme-cadre « Horizon 2020 », le huitième du genre.
« La rupture avec l’UE aurait des conséquences dramatiques », avertit Galia Blum. Cette pharmacologue figure parmi les 32 jeunes chercheurs israéliens qui ont chacun obtenu cette année à Bruxelles une bourse de 1,5 million d’euros pour poursuivre leurs travaux. « J’ai exposé mon projet en dix minutes à une assemblée d’experts et je les ai convaincus », raconte-t-elle fièrement.
« Notre richesse, c’est la matière grise »
La concurrence est sévère. Sur 3 329 dossiers soumis par les chercheurs de 22 pays après une présélection drastique, seuls 287 ont reçu le feu vert, soit 9 % en moyenne, contre 31 % pour les Israéliens, qui se taillent régulièrement la part du lion. Cette année, ils se sont classés en troisième position derrière la Grande-Bretagne (60 bourses) et l’Allemagne (40), mais très largement en tête, compte tenu de la population d’Israël, huit millions d’habitants seulement.
« Notre richesse, c’est la matière grise », se flatte le président Shimon Peres. Il fait allusion notamment à l’excellence de l’Université hébraïque de Jérusalem, du Technion de Haïfa ou de l’Institut Weizman de Rehovot, véritables locomotives du développement économique. Les inventions d’Israël, qui se présente comme « l’État start-up », ont fait le tour du monde : irrigation au goutte à goutte, tomates cerises, clé USB… Un soutien financier crucial
Israël est le seul pays non européen participant à « Horizon 2020 ». Sa quote-part au fonds commun du précédent programme-cadre a atteint 600 millions d’euros et les retombées, y compris les droits sur la propriété intellectuelle, ont dépassé 1,5 milliard d’euros. L’UE est ainsi devenue le second bailleur de fonds des chercheurs de l’État hébreu, derrière la Fondation pour la science en Israël.
« Se couper de l’UE reviendrait à se tirer une balle dans le pied, mais aussi dans la tête », plaide Ada Yonath, prix Nobel de chimie 2009. Selon elle, le soutien financier de Bruxelles est « crucial » pour les scientifiques et industriels israéliens et « la recherche en vase clos est impossible ».
La mort dans l’âme, Marcel Szatan souligne que « le boycottage évoque des souvenirs cruels chez les juifs ». Il espère que l’UE pourra résilier la « clause de territorialité » s’agissant d’Horizon 2020, voire l’édulcorer ou préciser son côté « approximatif ». Exemple : les 15 très importantes sociétés (Teva, Rafa ou Intel) du parc industriel de Har Hotsvim, à Jérusalem, qui étaient dans le collimateur, parce qu’elles se trouvent à l’extrême limite de l’ancien no man’s land qui séparait Israël de la Jordanie jusqu’en 1967. Ces 15 sociétés viennent tout juste de se tirer d’affaire, en justifiant de leur situation géographique exacte. Une décision qui a donné un ton nouveau aux négociations : elles se poursuivent désormais dans une ambiance plutôt conciliante. »
Cliquez sur les pays en rouge pour connaître leur rang au classement RSF de la liberté de la presse, et découvrir quels marchands d’armes les ont visités.
Selon les révélations de l’unité de contre-espionnage de WikiLeaks, auxquelles Rue89 a eu accès avec 18 médias étrangers, les marchands de surveillance numérique privilégient les pays peu regardants sur les droits de l’homme.
Les marchands d’armes n’aiment guère la publicité. Problème : les télécommunications, ça laisse des traces, opportunément exploitées par la NSA (entre autres), comme Edward Snowden l’a amplement démontré.
WikiLeaks a décidé de rendre publique la liste des pays visités par les principaux marchands d’armes de surveillance numérique, dont trois « sociétés ennemies d’Internet » – pointées du doigt par Reporters sans frontières pour avoir vendu des logiciels espions à des pays eux aussi considérés par RSF comme des « ennemis d’Internet ».
En 2011, WikiLeaks avait rendu publics, avec ses « SpyFiles », des centaines de documents internes révélant l’ampleur du business des logiciels et systèmes d’espionnage et de surveillance des télécommunications.
Dans une nouvelle série de révélations, intitulée « SpyFiles 3 », à laquelle Rue89 a eu accès en partenariat avec dix-huit autres médias étrangers, WikiLeaks révèle que la WLCIU (pour WikiLeaks Counter Intelligence Unit), son « unité de contre-espionnage » (sic), a recensé les pays d’où se sont connectés les téléphones portables de dix-neuf employés ou responsables de onze marchands d’armes de surveillance numérique.
Surveillés depuis des mois par WikiLeaks
Du 4 au 6 juin derniers, le gotha de la surveillance des télécommunications se réunissait au Clarion Congress Hotel de Prague, à l’invitation d’ISS World. L’entrée de ce salon itinérant, interdit aux journalistes mais organisé sur les cinq continents, facturée entre 995 et 2 295 dollars (entre 755 et 1 742 euros), est réservée aux représentants de services de renseignement, forces de l’ordre et gouvernements.
ISS World, le supermarché des marchands d’armes de surveillance numérique
Les participants viennent y découvrir les dernières nouveautés en matière de surveillance et d’interception des télécommunications, assister à des démonstrations « live » de logiciels espions, et à des dizaines de conférences où les marchands d’armes expliquent comment leurs systèmes et logiciels peuvent aider les autorités à surveiller et combattre « les activités criminelles conduites sur les réseaux de télécommunication, l’Internet et les réseaux sociaux ».
Du 7 au 9 juillet, plusieurs de ces marchands d’armes se retrouvaient à Lyon, au forum Technology Against Crime, qui se targue de vouloir devenir le « Davos de la sécurité » puis, du 22 au 25, au Brésil, pour l’édition sud-américaine du salon ISS.
Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que plusieurs d’entre eux étaient surveillés, depuis des mois et pour certains des années, par l’unité de contre-espionnage de WikiLeaks.
Et force est de constater que, lorsqu’ils sont en voyage d’affaires, ces mercenaires du numérique ont une furieuse tendance à privilégier les pays peu regardants en matière de droits de l’homme. (Dans la carte ci-dessus, cliquez sur les pays en rouge pour connaître leur rang au classement RSF de la liberté de la presse, et découvrir quels marchands d’armes les ont visités.)
Droits de l’homme et bord de mer
L’allemand Trovicor, ex-Nokia Siemens Networks, est l’un des plus gros fournisseurs de solutions légales d’interception dans le monde. Plus de 100 pays utiliseraient ses technologies, et c’est le principal sponsor du salon ISS. Son code de bonne conduite précise, au chapitre « business ethics » que l’objectif de l’entreprise est de faire partie des industries leaders en matière de responsabilité sociale et de respect des droits de l’homme.
Elle n’en a pas moins fourni des systèmes d’interception à l’Iran, au Bahreïn et en Syrie, ce qui en a fait l’un des principaux « ennemis d’Internet » pour RSF. Sur ses 170 employés, un seul était surveillé par la WLCIU, qui avance que, depuis janvier, il a été deux fois aux Emirats arabes unis (où Trovicor a une filiale), ainsi qu’en Bulgarie, Serbie, et en Thaïlande, l’un des quatorze pays placés « sous surveillance » par RSF en 2012, en raison de ses velléités de contrôle, de filtrage et de censure d’Internet.
Contactée, la responsable communication de Trovicor à répondu à Rue89 que la liste de ces pays lui fait penser à l’itinéraire de quelqu’un qui apprécierait particulièrement les pays en bord de mer, et que son employeur s’interdit par ailleurs de vendre ses solutions à tout pays en guerre civile…
Mr Q. au Turkménistan
Elaman, elle aussi allemande, se présente comme spécialiste des « solutions de sécurité gouvernementale ». Son catalogue, que WikiLeaks avait rendu public à l’occasion des Spy Files, est un inventaire de tout ce dont aurait rêvé le Mr Q. de James Bond.
Sur la page d’accueil de son site web, Elaman avance que « la confidentialité est essentielle dans le business de la sécurité ». Elle aurait donc probablement préféré que l’on ne sache pas que, du 21 au 24 janvier dernier, puis les 12 et 13 juin, son responsable commercial, Holger Rumscheidt, était au Turkménistan, 177e (sur 179) au classement RSF de la liberté de la presse, un des douze pays considérés par l’ONG, en 2012, comme faisant partie des « ennemis d’Internet ».
Décrit par RSF comme « l’un des plus fermés au monde », le Turkménistan est aussi l’« un des pays les plus hostiles à la liberté d’expression ». Facebook, Twitter, YouTube et Gmail y sont bloqués et « les possesseurs d’antennes paraboliques ou de téléphones portables sont considérés comme des ennemis en puissance ».
La liste des pays d’où Rumscheidt s’est connecté au réseau téléphonique indique qu’il a aussi visité l’Azerbaïdjan (156e du classement RSF) en février 2012, la Jordanie (134e) en avril dernier, et multiplié les déplacements au Liban (101e), au sultanat d’Oman (141e) et aux Emirats arabes unis (114e), par ailleurs placés « sous surveillance » par RSF en 2012, suite aux « arrestations arbitraires » de plusieurs blogueurs qui avaient osé demander aux autorités de procéder à des réformes, ce qui leur avait valu des condamnations de deux à trois années de prison.
Les logiciels espions des Printemps arabes
Le groupe britannique Gamma, une des cinq sociétés classées « ennemies d’Internet » par RSF, n’est pas en reste : entre les 2 et 10 mars 2013, pas moins de quatre de ses principaux responsables se rendaient ainsi aux Emirats arabes unis, en compagnie d’Holger Rumscheidt (Gamma a noué une alliance de sécurité avec Elaman). Au total, huit des onze entreprises surveillées par la WLCIU ont visité les Emirats l’an passé.
La liste de WikiLeaks révèle que les employés de Gamma placés sous surveillance auraient par ailleurs visité le sultanat d’Oman, le Liban, l’Ouganda (104e au classement RSF), le Qatar (110e), le Nigéria (115e), Brunei (122e), l’Ethiopie (137e), l’Indonésie (139e) et la Guinée Equatoriale (166e), ainsi que deux des douze pays placés « sous surveillance » par RSF à l’occasion de son rapport sur les « ennemis d’Internet » : la Malaisie (145e) et le Kazakhstan (160e).
L’employé de Gamma dont le téléphone portable était, du 9 au 12 juin dernier, localisé au Kazakhstan, est un « usual suspect » : Martin Münch, né en 1981, est le responsable de FinFisher, une suite de logiciels espions (ou « chevaux de Troie ») qui ont beaucoup fait parler d’eux depuis que, Printemps arabes aidant, on a découvert qu’ils avaient été utilisés en Egypte, pour espionner des dissidents au Bahrein, ainsi que, comme l’ont révélé des chercheurs américains au printemps dernier, dans au moins 35 pays, dont quinze des pays visités par les employés de Gamma et de ses filiales l’an passé (Brunei, Nigeria, Afrique du Sud, République tchèque, Ethiopie, Indonésie, Malaisie, Mexique, Qatar, Serbie, Singapour, Turkménistan, Royaume-Uni, Etats-Unis, Emirats arabes unis).
Finfisher Spying & Monitoring Tools
Par Guillaume Dasquié
25 200 euros le « kit d’intrusion »
WikiLeaks publie par ailleurs une dizaine de documents révélant comment FinFisher et une entreprise suisse, DreamLab, ont vendu un « proxy d’infection » afin de pouvoir infecter les ordinateurs des citoyens ou résidents d’Oman et du Turkménistan (à la demande de leur gouvernement), ainsi qu’une fiche confidentielle révélant combien sont facturés ces logiciels espion.
Comptez 25 200 euros le « kit d’intrusion », ou bien 100 000 euros la licence de FinSpy, sa solution complète d’intrusion à distance, si vous voulez espionner de une à dix cibles, mais 250 000 euros si vous voulez en surveiller plusieurs centaines, plus 9 500 euros de licence (par client). Le support technique, et les mises à jour, sont facturés 255 338 euros la première année, ou 308 960 euros pour trois ans. Les formations, elles, sont facturées 22 500 euros, les cinq jours. Un juteux business qui a d’ailleurs conduit Gamma à ouvrir un compte « offshore » aux Iles vierges britanniques…
Interviewé par un journaliste de Bloomberg, Martin Münch déplorait l’an passé la publicité faite par les nombreux articles expliquant comment les logiciels espions de FinFisher étaient utilisés pour espionner des défenseurs des droits de l’homme et cyberdissidents, et expliquait avoir abandonné toute forme de vie sociale : « Si je rencontre une fille et qu’elle tape mon nom dans Google, je suis sûr qu’elle ne me rappelera jamais »…
Le blog du « voyageur au Moyen-Orient »
D’autres employés n’ont pas ces pudeurs de jeunes filles : Nelson Brydon, qui se présente sur son compte Twitter (@Brydon_N, désormais indisponible) comme « voyageur au Moyen-Orient » a ouvert un blog (désormais indisponible aussi) où il narre ses nombreux voyages en avion entre le Qatar et Dubaï, l’Ouganda, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Munich – siège social d’Elaman, révélant incidemment la liste des pays où sont donc probablement installés des logiciels ou systèmes espions de Gamma, son employeur.
Sur ce blog, Nelson Brydon ne parle pas de son métier mais, une fois par an, il rédige un (très) long billet où il explique ce que cela fait de prendre l’avion, et compare les compagnies aériennes, les stewards, hôtels…
Le dernier billet se conclut par un « rendez-vous en 2013 ». Sans trahir de secret professionnel, la liste de WikiLeaks indique que, rien qu’entre février et août, il a déjà été cette année sept fois au Qatar, ainsi qu’aux Emirats arabes unis, à Oman, en Malaisie, qu’il était à Chypre du 8 au 29 juillet (en vacances ?), et qu’il était de nouveau au Qatar du 18 au 22 août derniers.
Les petits secrets d’Hacking Team
L’unité de contre-espionnage de WikiLeaks s’est également intéressée au principal concurrent de FinFisher, Hacking Team, une entreprise italienne elle aussi placée dans la liste des « ennemis d’Internet » de RSF. Elle s’était en effet fait connaître après que des journalistes marocains, et un blogueur des Emirats arabes unis, ont reçu des e-mails infectés par « Da Vinci », son logiciel espion.
En avril dernier, une étude de Kaspersky Lab avait révélé que le cheval de Troie d’Hacking Team était particulièrement utilisé au Mexique, en Italie, au Vietnam, aux Emirats arabes unis, en Irak, au Liban et au Maroc. La WLCIU révèle aujourd’hui que les deux employés de Hacking Team qu’elle a surveillé ont multiplié les courts séjours (de deux jours) au Maroc en 2011, 2012 et 2013, ainsi qu’aux Emirats arabes unis, à Singapour, en Serbie, en Espagne, Egypte, Arabie saoudite, au Qatar, Liban, en Malaisie et à Oman.
Eric Rabe, conseiller juridique de Hacking Team, a refusé de commenter la liste des pays visités, mais a tenu à préciser que son employeur avait constitué un panel d’experts indépendants habilité à opposer un veto à tout contrat, qu’il vérifie systématiquement si leurs nouveaux clients pourraient se servir de leurs logiciels espions pour commettre des violations des droits de l’homme, et qu’Hacking Team se réserve le droit de refuser ou suspendre tout contrat en pareil cas, ce qui serait déjà arrivé.
Interrogé sur les soupçons d’utilisation de leur cheval de troie pour espionner des opposants marocains et émiratis, Eric Rabe refuse de rendre publiques les conclusions de leur contre-enquête, ni d’éventuelles mesures prises depuis. Il refuse également de révéler l’identité des experts indépendants, non plus que de leur permettre de répondre aux questions des journalistes, afin d’éviter qu’ils ne fassent l’objet de « pressions pouvant influencer leurs décisions »…
Julian Assange : « Surveiller les surveillants »
Et c’est précisément, explique le fondateur Julian Assange, pour « mettre en lumière cette industrie secrète de la surveillance, qui travaille main dans la main avec les gouvernements de par le monde pour autoriser l’espionnage illégitime de citoyens » que WikiLeaks a lancé ces « SpyFiles 3 », qui permet de doubler le nombre de documents, brochures, plaquettes et autres portfolios émanant des marchands d’armes de surveillance numérique contenus dans la base de données de l’ONG.
Interrogé sur ce qui lui avait permis de mener l’opération de « location tracking » (sic), Julian Assange oppose un « no comment » ferme et définitif. Tout juste consent-il à expliquer que « le rôle de la WLCIU est de protéger les actifs, personnels et sources de WikiLeaks de toute opération d’espionnage hostile, et de révéler la nature des menaces en terme d’espionnage qui pèsent sur les journalistes et leurs sources » :
« Cela comprend des mesures de contre-espionnage incluant, par exemple, la détection de mesures de surveillance mais également le fait de recevoir des informations émanant de sources internes aux organisations susceptibles de menacer la sécurité des journalistes.
Les données collectées par la WLCIU et révélées dans ces SpyFiles 3 permettent aux journalistes et citoyens d’aller plus loin dans leurs recherches portant sur l’industrie de la surveillance, et de surveiller les surveillants. »
Les révélations de la WLCIU ont permis au magazine espagnol Publico de découvrir que la Guardia Civil et l’armée espagnole avaient passé un contrat avec Gamma. En février dernier, plusieurs ONG, dont Reporters sans frontières et Privacy International, portaient plainte contre Gamma et Trovicor, qui auraient violé onze des principes directeurs de l’OCDE, censés garantir la responsabilité sociale des multinationales, en fournissant des armes de surveillance numérique au Bahreïn.
Les nouvelles révélations de WikiLeaks, et la liste des pays, pourraient donner de nouveaux arguments à ceux qui plaident pour un contrôle à l’exportation des systèmes et outils de surveillance et d’interception des télécommunications qui, à ce jour, ne sont pas considérés comme des « armes », et peuvent donc être vendus à des pays connus pour bafouer les droits de l’homme, en toute légalité.
Le Monde.fr | 03.09.2013 à 02h08 • Mis à jour le 03.09.2013 à 09h56
Le quotidien britannique The Independenta révélé que le gouvernement britannique a autorisé une entreprise, le 17 janvier 2012, à livrer à la Syrie du fluorure de sodium et de potassium. Il s’agit de substances chimiques pouvant servir à créer des agents neurotoxiques similaires au sarin, du gaz que le régime de Damas aurait utilisé contre la population syrienne.
Le ministre du commerce, Vince Cable, a reconnu dans une lettre écrite l’année dernière, mais publiée seulement maintenant, que cette autorisation était restée valable pendant six mois. Mais les livraisons n’avaient en fin de compte pas été finalisées. Le ministère précise toutefois que « ces agents chimiques étaient destinés à une utilisation civile ».
Le journal ajoute lui que « les services de renseignement occidentaux soupçonnent depuis longtemps le régime syrien d’utiliser des entreprises fantômes pour justifier l’importation de composants pouvant être utilisés dans des armes ».
LA SUISSE APPROCHÉE QUATORZE FOIS EN QUINZE ANS
C’est d’ailleurs ce qu’a révélé la Suisse lundi. Le régime de Damas aurait tenté d’approcher des fabricants suisses par le biais de sociétés écrans, avant que Berne ne soit alerté de la manœuvre par « un pays partenaire ». Le gouvernement suisse a précisé avoir rejeté à quatorze reprises l’exportation de matériel sensible à destination de Damas lors des quinze dernières années.
Selon une porte-parole du secrétariat d’Etat à l’économie, le matériel en question – une pompe à vide, des valves et un bioréacteur – aurait pu permettre de mettre au point des armes de destruction massive. « Il y avait des raisons de [le] croire », a-t-elle précisé. L’Union européenne a interdit, le 17 juin 2012, l’exportation de composants chimiques vers la Syrie.