Une après-midi anversoise fait beaucoup parler d’elle dans les milieux propalestiniens. Ceux-ci ont en effet eu l’attention attirée par l’affiche d’une invitation lancée par deux organisations, Christenen voor Israel (les chrétiens pour Israël) et le B’nai B’rith Antwerpen (filiale anversoise d’une organisation juive qui se dit active dans
la défense des droits de l’homme et la défense de l’Etat d’Israël). Le concert sera donné dimanche par l’orchestre de « Tsahal », l’acronyme hébreu qui désigne l’armée israélienne. Orateur : Yves Leterme, ex-Premier ministre parti à Paris à l’OCDE. La ministre fédérale de l’Emploi, la SPa Monica De Coninck, devrait également assister à cet événement musical.
Plusieurs organisations propalestiniennes s’étranglent d’indignation à propos de ces parrainages. Ainsi, l’Association belgo-palestinienne a émis un communiqué pour dire son opposition, notamment, « à ce qu’un représentant du gouvernement fédéral cautionne un tel événement par sa présence (…). Il est impensable que, dans la situation actuelle, alors qu’Israël une fois de plus bafoue le droit international et humanitaire en s’attaquant à des civils, notre gouvernement se voie représenté à une manifestation qui met à l’honneur l’armée israélienne ».
De son côté, la députée Ecolo Zoé Genot a interpellé Mme De Coninck.
L’armée d’Israël, qui se décrit comme « la plus morale du monde », est aux yeux du droit international une armée d’occupation. Et son activité répressive a souvent tué des civils innocents, comme en attestent les rapports des ONG compétentes en droits humains. BAUDOUIN LOOS »LE SOIR » DU MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012
Une activiste laïque originaire de Homs, un militant communiste chrétien, un ancien député entrepreneur pieux, un homme d’affaires damascène et un cheikh-ingénieur proche des révolutionnaires : la brochette de personnalités qui constituent la nouvelle direction de l’opposition syrienne est impressionnante….
Ils sont désormais les représentants légitimes du peuple syrien aux yeux de la France. Ce mardi, le président Hollande a reconnu « la Coalition nationale syrienne des forces de l’opposition et de la révolution » comme « la seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique permettant d’en terminer avec le régime de Bachar al-Assad ».
Ces visages de « la Coalition nationale syrienne des forces de l’opposition et de la révolution », dévoilés dimanche soir à Doha, au Qatar, ont une représentativité politique réelle en Syrie, du moins à Damas. Tous sont en effet damascènes, y compris Souheir al-Atassi, même si la militante de la Syrian revolution general commission est originaire de Homs (voir notre entretien ici et également ici). Et tous ont un engagement politique concret qui leur a valu l’emprisonnement, à l’exception de Moustapha al-Sabbagh, membre du Forum des affaires syriennes et qui devient le secrétaire général de la coalition.
À bien des égards, cette coalition nationale syrienne ressemble au conseil national syrien à ses débuts, c’est-à-dire une vaste coalition qui rallie l’ensemble des forces et courants de l’échiquier politique de la Syrie : formations politiques, personnalités indépendantes et forces révolutionnaires (voir notre dossier ici et également ici). Selon le compromis arraché à Doha, le CNS dirigé désormais par Georges Sabra (sa biographie ici), du parti démocratique du peuple, a obtenu 40 % des sièges de la coalition ; les représentants civils et révolutionnaires 25 % ; les « personnalités nationales » 35 % (lire ici la composition détaillée).
Les figures nationales qui avaient fait dissidence à l’instar de Aytham al-Maleh (notre entretien ici) ou encore le médecin Walid al-Bounni sont rentrées au bercail, d’autres font leur entrée, tel le chrétien Michel Kilo. L’influence des Frères musulmans, tant décriée dans le CNS, y est moindre, numériquement et parce qu’ils auront à composer avec des personnalités et des forces moins conciliantes. L’ancien leader de la confrérie des Frères musulmans, l’Alépin Sadr Eddine Bayanouni, siège tout de même dans la coalition à titre de « personnalité nationale » et d’autres proches de la confrérie.
La surprise de Doha est surtout venue de l’élection à la tête de la nouvelle instance du cheikh Mouaz al-Khatib. Issu d’une famille religieuse prestigieuse, ce cheikh ingénieur qui a officié à la mosquée des Omeyyades de Damas est une figure clé de la mouvance islamique syrienne réformiste. À la différence de ses prédécesseurs, des universitaires exilés (Burhan Ghalioun et Abdel Basset Sida), c’est un homme de l’intérieur. Respecté des différents courants de l’opposition, y compris des laïques de toutes les communautés, il a aussi une proximité avec la nouvelle génération et le mouvement révolutionnaire qui pourrait se sentir lésé dans cette nouvelle formule politique.
Cette qualité d’homme de trait d’union est un atout essentiel pour conduire une coalition politique dont les décisions se prennent sur la base du consensus… Une gageure pour toute instance politique quelle qu’elle soit (lire également sous l’onglet Prolonger de cet article). Mais la légitimité du cheikh de Damas ne lui sera pas d’un grand secours si la communauté internationale et en particulier les « parrains de Doha » (le Qatar, la Turquie, l’Égypte, la Jordanie et la France) rechignent une nouvelle fois à attribuer à la coalition la reconnaissance politique officielle attendue et les ressources afférentes. Il a déjà celle de la France.
Ci-dessous, une vidéo d’une intervention de Mouaz al-Khatib sur Al Jazira :
Spécialiste de la Syrie, maître de conférences à l’université d’Édimbourg, Thomas Pierret, qui a consacré sa thèse aux Oulémas sunnites syriens sous la dynastie Assad (lire iciet également ici), nous dresse le portrait de Mouaz al-Khatib, religieux atypique au charisme indéniable.
Qui est le cheikh Mouaz al-Khatib ?
Thomas Pierret. Il s’est fait connaître au début des années 1990, comme prêcheur de la mosquée des Omeyyades à Damas alors qu’il avait 30 ans. C’est un héritage familial : les Khatib, comme leur nom l’indique, ont été prêcheurs à la mosquée des Omeyyades depuis 1870. Par ailleurs, le grand-père de Mouaz présidait le conseil municipal de Damas au moment du retrait des Ottomans. Il est donc issu d’une grande famille d’oulémas dont certains ont eu un rôle politique important. Son père était très respecté même s’il a été prêcheur à un moment difficile (après la répression du soulèvement des Frères musulmans), car il a toujours refusé de chanter les louanges de Hafez al-Assad.
Mouaz al-Khatib a aussi été lui-même très critique à l’égard du régime.
Oui, quand il a hérité de la chaire de la mosquée des Omeyyades, il a tenu des positions très audacieuses, ce qui lui a valu d’être remercié au bout de deux ans, en 1992. Il a continué à prêcher dans une mosquée du quartier bourgeois d’Arnous jusqu’en 1996, date à laquelle il a été interdit d’officier dans tout lieu de culte. Il a continué à enseigner dans des instituts de charia privés.
Pendant dix-sept ans, il n’a plus eu le droit de prononcer le moindre sermon mais il a ouvert un site web dont les éditoriaux mensuels étaient d’une rare virulence à l’encontre du régime. Dans l’un d’eux, il a écrit comment « les gouvernements révolutionnaires qui dirigent la nation arabe éternelle », en référence au régime ba’thiste, « ont dévoré la vie, la religion et même l’humanité dans l’âme des gens ». En 2007, au moment du plébiscite organisé pour renouveler le mandat de Bachar al-Assad, il a dénoncé le renouveau du culte de la personnalité du président. Le texte qu’il a publié à l’époque, « Le Roi nu et le tisserand habile », directement inspiré du conte d’Andersen Les Habits neufs de l’empereur, était d’une rare pertinence et en quelque sorte prémonitoire puisque ce sont des enfants (ceux de Deraa) qui, comme dans le conte, ont fini par s’écrier : « le Roi est nu ! »
Quelle est sa légitimité religieuse ?
C’est un religieux mais c’est une figure atypique. Il est d’ailleurs ingénieur en pétrochimie et a travaillé pour la compagnie de pétrole de l’État, à un poste d’expertise.
Il est un « cheikh », un prêcheur, par sa famille et ses fonctions passées à la mosquée des Omeyyades, il a donc de fait une légitimité religieuse. Il est membre fondateur de la Ligue des oulémas de Châm, une association créée cet été et réunissant les grands oulémas de Damas critiques du régime. Cependant, il n’est pas un ‘alim (spécialiste des sciences islamiques) au sens traditionnel du terme. Ses aînés parmi les oulémas le décrivent plutôt comme un da’iya, littéralement un « prédicateur », un terme appliqué aux personnes qui s’engagent moins dans l’étude des sciences islamiques à proprement parler que dans la défense de la religion par le discours et par l’action, éventuellement politique.
Outre ses écrits, al-Khatib dirigeait l’association al-Tamaddun al-Islami (la Civilisation islamique), fondée en 1932. Il a tenté de relancer sa revue, interdite en 1980, et de re-créer en Syrie un débat islamique de nature réformiste mais il en a été empêché par les agences sécuritaires. Ce cheikh-ingénieur est aussi actif dans le domaine politique. Il est connu et respecté parmi les opposants, aussi bien religieux que laïques. Avant la révolution, il était proche de la frange islamo-conservatrice de l’opposition, c’est-à-dire de figures comme Haytham al-Maleh, Imad al-Din al-Rachid, Yasir al-Ayti ou encore Radwan Ziyadeh. Il a aussi travaillé avec des laïques dans le cadre de la défense des droits de l’homme.
Vous écrivez aussi à propos de lui qu’il est pour la séparation de l’État et de la religion.
Il est en réalité pour la séparation de l’État de la religion (fasl al-dawla ‘an al-din), et non de la religion de l’État : il s’agit pour lui de mettre fin à ce que Franck Frégosi appelle le « gallicanisme musulman », c’est-à-dire supprimer la tutelle du pouvoir politique sur les institutions religieuses.
Cela n’en fait pas pour autant un laïque dans la mesure où il est favorable à ce que les lois s’inspirent de principes religieux. De son point de vue, cela n’est pas une atteinte à la séparation qu’il appelle de ses vœux, laquelle est institutionnelle plutôt que philosophique. Le modèle américain permet de comprendre cette approche : il y existe une séparation radicale entre institutions politiques et religieuses sans que cela n’empêche les principes religieux d’infuser les institutions étatiques (prestation de serment sur la Bible dans les tribunaux, devise In God We Trust sur les billets de banque).
Quelles sont ses relations avec les Frères musulmans ?
Mouaz al-Khatib n’a jamais été membre des Frères musulmans, mais il entretient de bonnes relations avec la branche damascène du mouvement, celle de l’ancien dirigeant Issam al-Attar, qui vit en exil en Allemagne. Après la scission des années 1970, les Frères de Damas ont été marginalisés au profit de la branche nord du mouvement, ceux d’Alep et de Hama, reconnue par la direction de la confrérie en Égypte. Ils n’ont plus prétendu représenter les Frères musulmans et leur leadership en Allemagne s’est essentiellement préoccupé de réislamisation en Europe. Ils ont toutefois gardé des sympathisants en Syrie. L’avocat Aytham al-Maleh, lui-même très proche de Mouaz al-Khatib, peut être considéré comme l’un des principaux sympathisants de cette mouvance à l’intérieur du pays, jusqu’à son départ en 2011.
En quoi, Mouaz al-Khatib et le courant émergent du « réformisme politique » dont il est une des figures majeures, sont-ils des héritiers des Frères musulmans ?
À mon sens, ce courant n’est pas nouveau, c’est une continuation de l’action des Frères musulmans mais dans un contexte différent. « Réformisme politique » signifie que la priorité est celle de la transformation du système politique – par la réforme avant 2011, et par la révolution depuis lors. Cet agenda s’ancre dans la conviction qu’aucun changement n’est possible à l’ombre d’un régime dictatorial qui maintient la société dans un État d’arriération. Cette approche est distincte de celle des réformistes théologiques, qui aspirent à réformer la théologie musulmane et la charia pour les rendre compatibles avec la « modernité ».
La priorité de ce courant est la réforme du système politique sur un modèle libéral avec multipartisme, élections libres, libertés civiles et politiques, respect des droits de l’homme. Avant la révolution, al-Khatib était parfois en contradiction sur ce point avec ses partenaires actuels de la Ligue des oulémas. Ceux-ci souhaitaient également de telles réformes (encore que dans une perspective généralement moins libérale) mais accordaient la priorité à des revendications portant sur l’islamisation de l’État plutôt que sur sa libéralisation.
On peut donc dire que c’est démocrate ?
Oui, c’est un démocrate mais avec un fort attachement aux normes et à l’identité islamique. C’est un islamiste authentiquement modéré qui a coopéré avec des opposants laïques de toutes confessions et s’est prononcé de manière claire et répétée contre le confessionnalisme. Par ailleurs, il s’est longtemps prononcé contre la lutte armée et n’a évolué que tardivement sur ce point.
En dehors du monde religieux au sens strict, il est surtout connu auprès de la jeunesse éduquée pieuse essentiellement à Damas et dans une moindre mesure à Homs (le régionalisme est très fort en Syrie, si bien qu’il y est difficile d’acquérir une popularité à l’échelle nationale). Les réseaux d’al-Khatib s’étendent notamment aux banlieues de Damas où la classe moyenne qui n’a plus les moyens de vivre dans le centre côtoie les milieux populaires. C’est dans une de ces banlieues, Douma, qu’il a prononcé son premier discours public après le début de la révolution, à l’occasion d’une veillée funèbre organisée en l’honneur de manifestants tombés sous les balles de la police.
Quel a été son rôle dans la révolution ?
Il s’est manifesté dès le mois de mars, notamment en organisant des réunions avec des intellectuels laïques. À la fin du mois, il a signé avec eux une lettre ouverte dans le quotidien libanais al-Safir demandant des réformes à un moment où cela était encore possible, le pensaient-ils. Comme je l’ai déjà mentionné, il a aussi prononcé des oraisons funèbres en hommage aux victimes de la répression. Après avoir été arrêté à plusieurs reprises, il est resté longtemps silencieux tout en essayant de mettre en place des initiatives de dialogue entre le régime et l’opposition. L’attitude du régime l’a finalement convaincu de la vanité de telles initiatives. Craignant pour sa vie, il a quitté la Syrie en juin dernier.
La Syrie en révolution a t-elle trouvé un leader qui lui ressemble ?
On ne peut pas dire de Mouaz al-Khatib, fils d’une prestigieuse famille damascène, qu’il ait le profil type du révolutionnaire syrien, plutôt modeste et provincial ou banlieusard. En réalité, sa qualité n’est pas tant d’être représentatif que de faire le pont entre différents univers : les hommes de religion et les activistes politiques, les opposants islamistes et laïques, les anciens et les jeunes ou encore la majorité sunnite et les autres communautés.
Quelle influence peut-il avoir sur le terrain face aux dynamiques de radicalisation, de l’émergence de radicaux islamistes et des tensions confessionnelles ?
Il se situe dans un discours d’union nationale, explicitement anti-confessionnel. Dans ses interventions, il fait ainsi référence aux alaouites en tant que communauté opprimée par le régime. Néanmoins, il n’est pas sûr que ce discours d’apaisement suffise face à des peurs qui, à l’origine, n’étaient pas entièrement rationnelles (durant les premiers mois, les slogans dominants parmi les manifestants étaient « le peuple syrien est un ! » et « une seule main ! ») et qui se sont renforcées face à la polarisation confessionnelle bien réelle observée ultérieurement.
S’agissant de la radicalisation de l’opposition armée, la situation est encore plus problématique. Quelles que soient les qualités de Mouaz al-Khatib et le respect dont il fait l’objet, la coalition qu’il dirige ne pourra pas imposer son autorité aux groupes armés en l’absence de ressources financières à redistribuer. Le rôle des États soutenant l’opposition syrienne sera donc essentiel. L’avenir nous dira si les Occidentaux, en particulier, prendront acte de la représentativité et de la cohérence du nouvel organe représentatif de l’opposition syrienne, ou s’ils continueront à invoquer divers prétextes pour justifier leur posture de retrait par rapport au conflit.
De nombreuses organisations appellent à manifester contre la représentation de l’orchestre de l’armée israélienne, avec le soutien de l’ancien premier ministre
Yves Leterme et de la
Ministre Monica De Coninck,
ce dimanche 18 novembre à Anvers. La Plate-forme Charleroi-Palestine s’associe à cet appel.Inacceptable ! B’nai B’rith Antwerpen et Christenen voor Israël (Chrétiens pour Israël) invitent l’Orchestre de l’armée israélienne à Anvers ce dimanche 8 novembre.
Et l’ex-premier Yves Leterme et la ministre Monica De Coninck y prendront la parole.
« L’armée israélienne a mené samedi et dimanche des offensives aériennes et terrestres dans la bande de Gaza faisant 7 morts palestiniens, dont 3 enfants, et 52 blessés, dont 6 femmes et 12 enfants » écrit l’Association belgo-palestinienne (ABP).
« Au-delà des événements du weekend, cela fait deux semaines qu’Israël a repris des frappes régulières contre la bande de Gaza. Le risque augmente que l’on assiste à une attaque d’envergure, semblable à l’Opération Plomb durci de l’hiver 2008-2009 qui s’était soldé par un bilan de 1400 morts et plus de 5000 blessés du côté palestinien, et cela en moins d’un mois. L’attaque israélienne avait été menée à un mois des élections législatives en Israël. Cette année, les attaques s’intensifient aussi à deux mois des élections israéliennes, prévues en janvier 2013….
Alors que l’armée israélienne reprend sa politique de représailles massives, en déni total du droit international, Monica De Coninck, Ministre fédérale de l’Emploi et Yves Leterme, assisteront dimanche prochain à un concert donné à Anvers par l’armée israélienne. L’Association Belgo-palestinienne s’oppose vivement à ce qu’un représentant du gouvernement fédéral cautionne un tel événement par sa présence et appelle tous les démocrates à manifester en ce sens. Il est impensable que , dans la situation actuelle, alors qu’Israël une fois de plus bafoue le droit international et humanitaire en s’attaquant à des civils, notre gouvernement se voie représenté à une manifestation qui met à l’honneur l’armée israélienne. »
Un jeune Palestinien blessé lors du bombardement du 10 novembre
« L’armée israélienne a mené une guerre d’agression contre la bande de Gaza lors de l’hiver 2008-2009 pendant laquelle plus d’un millier de Palestiniens ont perdu la vie et plusieurs milliers ont été blessés. Le blocus illégal de cette armée contre la population de la bande de Gaza dure depuis des années. Aussi bien en Cisjordanie, qu’à Jérusalem Est et dans la bande de Gaza (territoires occupés illégalement depuis 1967), l’armée israélienne se rend quotidiennement coupable d’exactions et de violations des droits de l’homme… » rappelle l’asbl Intal
« Pour toutes ces raisons, nous exigeons de la Belgique un embargo militaire contre Israël. Ce qui se produit ce 18 novembre, c’est l’exact opposé. L’ancien Premier Ministre Yves Leterme (CD&V) ainsi que la Ministre fédérale de l’emploi Monica de Coninck (Sp.a) seront présents dimanche prochain à ce concert, apportant de facto leur soutien à l’occupation israélienne ainsi qu’à son armée. Nous dénonçons le fait que des moyens publics, tels que la Maison de la Province d’Anvers, puissent être utilisés par la propagande en faveur de la colonisation et de la répression israélienne. »
Soyons présents ! Venez protester avec nous
dimanche 18 novembre à 13 h.,
contre ce concert de propagande l’orchestre
de l’armée israélienne à la
Maison de la Province d’Anvers Koningin Elisabethlaan 22, 2018 Anvers
Tram 2 et 6 à partir de la gare Centrale d’Anvers
(arrêt : Provinciehuis)
RV dans la gare de Charleroi : à 10 h 20.
Train direct pour Anvers à 10 h 40 (arrivée à 12 h 22)
On peut également prendre ce train à Bruxelles Midi à 12 h 33 , à Bruxelles Central à 12 h 37 et à Bruxelles Nord à 12 h 42.
Une pétition adressée à Yves Leterme et Monica De Coninck peut être signée en cliquant ici
A quelques jours du massacre de civils de décembre 2008 – janvier 2009, le gouvernement israélien se déclare ouvertement « prêt à l’escalade » et prépare l’opinion mondiale à un nouveau bain de sang tout en poursuivant sa politique des « exécutions ciblés« .
URGENT ET IMPORTANT : SIGNER ET FAIRE SIGNER MASSIVEMENT !!!!!CONTRE LE CONCERT DE SOUTIEN A L’ARMEE D’ISRAEL A ANVERS CE DIMANCHE . DES RESSEMBLEMENTS S’ORGANISENT.
Op zondag 18 november protesteren wij tegen het optreden van de band van het Israëlisch leger, Tzahal, in het Provinciehuis in Antwerpen.
Het Israëlische leger voerde een aanvalsoorlog tegen Gaza van 27 december 2008 tot 18 januari 2009 met meer dan 5000 Palestijnse doden en gewonden. De blokkade van Gaza duurt sedertdien voort. Zowel op de Westbank, Gaza en in Oost-Jerusalem maakt het Israëlische leger zich schuldig aan veelvuldige schendingen van de mensenrechten. Regelmatig zijn er nog bombardementen door het Israëlische leger, zoals op 10 november waarbij 6 doden vielen en op 12 nov nog eens 5 doden.
We pleitten dan ook voor een militair embargo tegen Israël.
Maar hier gebeurt het tegendeel.
Voormalig eerste minister Leterme ( CD&V ) en federaal minister van Werk Monica De Coninck (Sp.a ) komen volgende zondag hun steun toezeggen aan Israël. Dit bij het optreden van Tzahal.
Wij klagen aan dat gemeenschapsmiddelen, zoals het Provinciehuis, ter beschikking gesteld worden van de propaganda voor Israël.
Bent u het ook niet eens dat onze politici Israël steunen?
Protesteer met ons mee op zondag, 18 november, om 13 uur tegen het optreden van de band van het Israëlisch leger aan het Antwerps Provinciehuis ( Koningin Elisabehtlei 22, 2018 Antwerpen ).
Je kan het Provinciehuis bereiken vanaf het Centraal Station met tram 2 en 6 ( halte Provinciehuis ).
contactpersoon voor deze actie: antwerpen@intal.be of via de facebookpagina van intal Antwerpen
VERSTUUR een email naar Leterme en De Coninck en ook naar Di Rupo en de Antwerpse gouverneur.
Ik vind het ongehoord dat Belgische politici hun steun verlenen aan het optreden van de Israëlische legerband ‘Tsahal’ in Antwerpen op 18/11.
Het Israëlische leger is schuldig aan honderden mensenrechtenschendingen. De meest verschrikkelijke hiervan was de oorlog tegen Gaza waar ingesloten burgers bestookt werden met bombardementen, op afstand bediende bulldozers en witte fosfor met meer dan 1000 Palestijnse doden en duizenden gewonden tot gevolg. De blokkade van Gaza duurt nog ALTIJD voort en internationaal veroordeelde schendingen in de Westbank gaan nog altijd door; Er wordt nog steeds gebouwd aan de illegaal verklaarde apartheidsmuur, kolonies worden nog dagelijks uitgebreid, 1000 kinderen werden de voorbije jaren opgesloten in Israëlische gevangenissen, grootse lantonteigeningen, dagelijkse huisafbraken, dorpen die als militair oefenterrein worden gebruikt, talloze checkpoints die vernederend zijn en het leven kosten aan verschillende zwangere vrouwen en pasgeboren babies.
Door uw steun te verlenen aan deze voorstelling steunt u ook al deze misbruiken. Miljoenen euros zogezegde steun aan het vredesproces, tientallen doden tijdens geweldloze acties in Palestijnse dorpen, jonge Israëlis die weigeren in het bezettingsleger te dienen,… al deze moedige en nuttige acties worden teniet gedaan voor een avondje muziek en vertier?
Ik hoop dat u het me mij eens bent dat propaganda voor racisme, verdrukking en geweld geen plaats hebben in België. En ik hoop dan ook dat u zich zal terugtrekken als spreker op deze voorstelling.
Yves Leterme gastspreker op concert met muziekband van het Israëlische leger
Christenen voor Israel en B’nai B’rith Antwerpen organiseren dit jaar opnieuw een concert met de band van Tzahal, het Israëlische leger. Gastsprekers voor de show zijn voormalig premier Yves Leterme (CD&V) en minister van werk Monica De Coninck (sp.a).
Het gebeuren gaat door in het Antwerpse provinciehuis op zondag 18 november. Vanwege de enorme toeloop zag de organisatie zich gedwongen het concert te ontdubbelen zodat er nu twee voorstellingen zijn, eentje om 14uur en het ander om 19 uur.
Bij de middagvoorstelling zal voormalig premier en adjunct-secretaris-generaal van de OESO, Yves Leterme, aanwezig zijn om de verzamelde vrienden van Israël toespreken. Voor de avondvoorstelling tekent sp.a minister Monica De Coninck present.
De legerband van Tzahal staat borg voor een vredevolle avond met een ongelofelijke ambiance. Vorige bezoekers van de Tzahalconcerten moeten niet meer overtuigd worden van de fantastische uitstraling en de meeslepende muzikale kwaliteiten van de IDF-band, integendeel ze laten binnen tien minuten het publiek uit de pluche theaterzetels rechtveren. Dat verklaart hun ongelofelijke succes.
Leterme
Yves Leterme bezocht als ontslagnemend premier in november 2011 Israël waar hij ondermeer een ontmoeting had met premier Netanyahu.
In 2008 kreeg Leterme uit handen van Moshe Kantor, voorzitter van het Europees Joods Congres de onderscheiding Navigator van Jeruzalem en vanwege Radio Judaica werd hem de Gouden Davidster uitgereikt omwille van zijn inspanningen in de strijd tegen het antisemitisme. Leterme deed een opmerkelijke uitspraak die de wereldpers haalde toen hij zei: “We moeten opletten voor een nieuwe vorm van antisemitisme die zich maskert als antizionisme”.
Praktische informatie:
Beide concerten gaan door in het provinciehuis van Antwerpen aan de Koningin Elisabethlei 22. Middagoptreden: 14.00 uur, avondconcert: 19.00 uur
Pour la quatrième fois, nous organisons la manifestation « Gaza, on n’oublie pas! ». Vous trouverez ci-dessous le texte de l’appel, ainsi qu’en pièce jointe. Nous vous invitons à le signer pour soutenir cet appel: mcpalestine@netcourrier.com avant le 15 novembre 2011
Nordine Saïdi
Mouvement Citoyen Palestine
Quatre ans après l’agression militaire israélienne:
Actions de commémoration et de soutien
GAZA, ON N’OUBLIE PAS !
Il y a quatre ans, Israël a déclenché son assaut meurtrier contre la bande de Gaza alors même qu’il l’occupait et lui imposait son blocus. Plus de 1.400 Palestiniens, la plupart des civils, ont été tués.
De nombreuses organisations des droits de l’homme aussi bien qu’une mission spéciale des Nations Unies, dirigée par le juge sud-africain Richard Goldstone, ont accusé Israël d’avoir commis des crimes de guerre. Ces attaques ont provoqué des manifestations tout autour du monde en solidarité avec les Palestiniens gazaouis.
Quatre ans après cette agression militaire dévastatrice, la perpétuation de ce blocus illégal constitue une punition collective de la population et sape la crédibilité du droit international humanitaire.
Dans le cadre d’une action citoyenne et pacifique, nous organisons une marche symbolique et une veillée de commémoration à Bruxelles, pour :
· La fin du blocus de Gaza
· La démolition du Mur de l’apartheid
· La fin de l’occupation israélienne illégale de toute la Palestine!
· Le droit de retourner en Palestine pour tous les Palestiniens!
· Le soutien à la résistance du peuple palestinien
· La libération de tous les prisonniers palestiniens
· Le soutien à la campagne « Boycott Désinvestissement et Sanctions »
Jeudi 27 décembre 2012
Le départ de la Marche se fera au croisement de l’avenue de Stalingrad et du boulevard du Midi (statue mégaphone) à 18 heures. Elle s’achèvera avec des prises de parole et une petite animation sur la Place du Jeu de balle vers 20h30.
La nouvelle coalition de l’opposition syrienne, reconnue par les pays du Golfe et soutenue par la Ligue arabe, a réclamé des armes pour aider les rebelles qui combattaient mardi les troupes du régime de Bachar al-Assad à Damas et dans sa région.
Après 20 mois de conflit sanglant, le chef de la coalition, Ahmad Moaz al-Khatib, a demandé à la communauté internationale des « armes adaptées » pour que la rébellion puisse « mettre fin à la souffrance des Syriens et à l’effusion de sang ».
Au lendemain de la formation de cette entité, qui doit à terme nommer un gouvernement provisoire, seules les monarchies du Golfe, fervent soutien de la rébellion, l’ont formellement reconnue comme « représentant légitime du peuple syrien », la Ligue arabe et la France se contentant de lui apporter leur soutien.
L’organisation panarabe l’a qualifiée de « principal interlocuteur » et de « représentant légitime de l’opposition », une reconnaissance prudente qui vise à satisfaire tous ses membres.
Certains pays arabes soutiennent l’opposition à Bachar al-Assad, tel le Qatar, parrain des discussions à Doha qui arme et finance les rebelles, tandis que d’autres, tels l’Irak et l’Algérie, ont exprimé des réserves sur cette reconnaissance.
Alors que plusieurs composantes de l’opposition, jusqu’ici réticentes à rejoindre les rangs du Conseil national syrien (CNS), ont rejoint la coalition, la Ligue a appelé les derniers opposants hors de cette entité à leur emboîter le pas.
Paris va également « soutenir » la coalition, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, sans toutefois se prononcer sur une reconnaissance formelle, après une rencontre au Caire avec son chef Ahmad Moaz Al-Khatib, et George Sabra, chef du CNS, principale composante de la nouvelle formation.
Sans surprise, Washington et Londres qui ont multiplié les appels à l’union de l’opposition, lui ont promis leur soutien, tandis que Moscou, grand allié de Damas, réitérait son appel au dialogue avec M. Assad, option déjà rejetée par les opposants qui exigent le départ du chef d’Etat.
Les chefs de la diplomatie russe et du Golfe s’entretiendront d’ailleurs mercredi à Ryad de la transition politique en Syrie.
D’autres ont aussitôt exhorté la coalition à agir. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a pointé le danger d’un débordement du conflit. Et Human Rights Watch et Amnesty International l’ont appelée à lutter contre les exactions commises par les rebelles, des vidéos d’exécutions sommaires de soldats ayant récemment déclenché des condamnations internationales.
L’émissaire du pape au Liban, le cardinal Robert Sarah, a salué l’accord de Doha. « Au moins nous avons une structure avec laquelle discuter », a-t-il estimé, affirmant toutefois ne pas pouvoir juger « si cette structure sera un événement positif pour apporter la paix ».
Sur le terrain, de nouveaux combats entre soldats et rebelles ensanglantaient Damas et sa proche banlieue, pilonnée par l’artillerie du régime, où une quarantaine de personnes, pour moitié des civils, ont été tués, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
La télévision d’Etat a rapporté que l’armée avait tué de nombreux « terroristes », terme par lequel Damas désigne les rebelles, dans plusieurs banlieues de la capitale.
D’autres affrontements et des raids aériens ont frappé Rass al-Aïn , dans le nord-est kurde, où les insurgés ont récemment pris un poste-frontière vers la Turquie, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations Unies a évacué son personnel opérant dans cette région, jusque là considérée comme sûre.
En outre, le gouverneur de la province de Raqa (nord) a été grièvement blessé dans un attentat qui a coûté la vie à deux autres personnes, de même source.
Selon un premier bilan de l’ONG, 62 personnes, dont 28 civils ont péri mardi, au lendemain de la mort de 151 personnes dans des violences en Syrie, en proie depuis mars 2011 à une révolte populaire devenue conflit armé qui a fait plus de 37.000 morts, selon l’OSDH.
La naissance, dimanche à Doha, de « la coalition des forces révolutionnaires et de l’opposition syrienne » – on dira la coalition de l’opposition – bouleverse-t-elle la donne en Syrie ? Un ponte de l’analyse géopolitique arabe, Salman Shaikh, le directeur du Brooking Doha Center, résumait la pensée de beaucoup dimanche soir au Qatar : « L’unification de l’opposition est certainement un pas important ; si cette nouvelle coalition prouve sa crédibilité, cela va raccourcir les jours du régime ».
Les factions composites de l’opposition vivaient ces derniers mois sous l’intense pression de l’Occident et singulièrement des États-Unis pour mettre fin à leurs querelles et unir leurs forces. Mais la principale formation d’opposants, le Conseil national syrien (CNS), où les Frères musulmans occupent une place prépondérante, renâclait à s’élargir. « Au sein du CNS, il y avait deux camps, explique Bassma Kodmani, qui a quitté le conseil le 28 août car elle estimait qu’il avait perdu sa crédibilité, ceux qui souhaitaient l’intégration dans la nouvelle coalition l’ont emporté ; c’est une victoire pas tant pour les États-Unis que pour les Syriens eux-mêmes ».
Si la nouvelle structure de l’opposition réunit 63 membres de tous les bords, de toutes les religions et de toutes les régions de Syrie, trois figures, désignées respectivement chef et adjoints sortent des rangs : Moaz al-Khatib, ex-imam politiquement indépendant, chantre de la modération, dispose d’une assise populaire, alors que Riad Seif, homme d’affaires déchu, ex-député traîné par le régime en prison, et Souheir al-Atassi, cofondatrice d’un réseau d’alerte locale de militants, avaient été actifs dès le début des années 2000 dans l’épisode du « printemps de Damas », quand les Syriens croyaient encore que Bachar el-Assad, en succédant à son père, allait procéder à une réelle ouverture politique.
Tous trois damascènes et sunnites, Khatib, Seif et Atassi ont récemment quitté la Syrie, où leur vie était en danger. « C’est la direction la plus représentative de l’opposition syrienne, commente pour nous Caroline Donati, journaliste à Mediapart et auteur du livre L’Exception syrienne : les têtes sont tous des opposants de l’intérieur, qui ont une légitimité réelle en Syrie. Sa représentativité est indiscutable. Mais son avenir dépendra de la reconnaissance de la communauté internationale. Et des ressources financières qu’elle obtiendra. »
La nouvelle coalition de l’opposition a pour objectif officiel de renverser le régime et a promis de n’engager ni dialogue ni négociations avec le régime. Washington, Paris et Londres se sont rapidement félicités de cette naissance. La collaboration va-t-elle rapidement se créer ? « Les tractations pour la constitution de cette coalition auxquelles j’ai pris une part active ces trois derniers mois nous donnent enfin des raisons d’espérer, confie encore Bassma Kadmani. Il nous faut maintenant obtenir une reconnaissance internationale qui évince celle dont jouit encore le régime alors qu’il ne représente plus le peuple syrien. Nos consultations ont impliqué les groupes et comités locaux sur le terrain dans les quatorze gouvernorats (provinces), ainsi que l’Armée syrienne libre. Désormais, la première mesure va consister à créer un fonds national du peuple syrien afin de contribuer à l’aide humanitaire puis il faudra composer un conseil militaire qui aura pour mission d’unifier les sources de financement, un instrument pour l’unification des rangs et pour éviter le factionnalisme. »
Dans sa toute première déclaration, cheikh Khatib, le nouveau chef de l’opposition unifiée, a appelé la communauté internationale à « honorer ses engagements ». Le chrétien Georges Sabra, promu chef du CNS, complétait : « Nous n’avons pas seulement besoin d’argent, nous avons besoin d’armes pour nous défendre.
Après le Printemps arabe, l' »automne européen » ? Les récents suicides d’hommes et de femmes acculés par la dictature économique peuvent être lus comme un acte révolutionnaire.
C’était le 4 avril 2012. Il y a donc, presque jour pour jour, sept mois. Ce matin-là, sur la très centrale place Syntagma d’Athènes, un retraité grec, Dimitris Christoulas, se donnait tragiquement la mort d’une balle dans la tête, pour ne pas crouler davantage encore sous un poids de dettes qu’il ne pouvait plus honorer, à la suite de la très drastique cure d’austérité imposée par l’impitoyable diktat des différentes instances financières de la planète. Une preuve particulièrement flagrante de cet aveuglement – un entêtement confinant à l’incompréhension – caractérisant l’Europe contemporaine, dont la faillite politique mène insensiblement, mais à présent de manière toujours plus visible et concrète, vers la dictature économique.
Car la Grèce n’est pas le seul pays de l’Union européenne, hélas, à devoir subir la très technique et mécanique loi, au détriment de ses citoyens les plus faibles ou démunis, de la haute finance et autres spéculateurs véreux, au premier rang desquels on placera ces honteux profiteurs de l’inégalité sociale que sont les grands patrons d’industrie lorsqu’ils ne craignent pas de s’auto-délivrer de faramineuses sommes d’argent, en plus de leur salaire déjà mirobolant, en guise de « bonus » et autres « parachutes dorés ». Ainsi, à cette époque-là déjà, l’Italie, pour ce seul trimestre (les trois premiers mois de cette année 2012), comptait-elle, parmi sa population la plus fragilisée à cause de ces mêmes coupes budgétaires, quinze suicides, que ce soit par immolation ou par pendaison, dus à la pauvreté galopante.
Un nouveau type de citoyens
Aujourd’hui, c’est un autre de ces grands pays européens, l’Espagne, elle aussi en grave récession et où le chômage frappe plus d’un actif sur quatre, qui voit un de ses citoyens se donner tout aussi violemment la mort : Amaya Egaña, une Basque âgée de 53 ans, ancienne élue socialiste, vient en effet de s’y suicider à son tour, vendredi 9 novembre 2012, en se défenestrant, désespérée face à son impossibilité de rembourser son crédit au logement, au moment même où les huissiers venaient lui signifier l’expulsion de son appartement. Et ce, comble du cynisme, alors que le gouvernement espagnol continue de renflouer à grand renfort de millions d’euros – à l’instar du gouvernement belge avec Dexia-Belfius – ses principales banques, dont la gigantesque Bankia. Rien d’étonnant, en ces très injustes et même criminelles conditions, si des milliers de protestataires battent aujourd’hui le pavé madrilène aux cris, indignés et révoltés à la fois, de « banquiers assassins » et d' »escroquerie du crédit » !
Ainsi notre Europe dite démocratique, celle que l’on croyait animée par les idéaux de progrès et d’humanisme, de liberté et de solidarité, est-elle en train de fabriquer, par les monstrueuses injustices sociales que sa désastreuse et contre-productive politique économique engendre, un nouveau type de citoyens : les suicidés, plus encore que les pauvres ! D’où cette observation qui, pour cruelle qu’elle soit humainement, n’en demeure pas moins réaliste socialement : cette saisissante mais juste formule par laquelle Antonin Artaud qualifia jadis Vincent Van Gogh de « suicidé de la société », en raison de sa douloureuse existence de peintre mal aimé et sans le sou, ne s’applique plus seulement, désormais, aux artistes maudits ; elle s’applique aussi à présent, et peut-être surtout, à cette nouvelle catégorie de pauvres, toutes professions confondues, que génèrent effectivement, sans le moindre état d’âme, les technocrates en col blanc et complet veston de l’Union européenne, à Bruxelles, ou du Fonds monétaire international, à Washington.
Acte héroïque et révolutionnaire
Attention, cependant. Car, plus profondément encore, ces récents suicides ne s’avèrent pas seulement, à y regarder de plus près, que le geste définitivement tragique de simple désespérés ne sachant plus comment survivre, ou même manger à leur faim. Non : ils sont d’abord, quand l’impuissance sociale confine à la lucidité morale, un immense et héroïque acte de résistance politique ! Preuve en est le très visionnaire billet, écrit de sa propre main, que ce nouveau martyr des temps modernes que fut Dimitris Christoulas, pharmacien de longue date, laissa expressément dans sa poche, tel un véritable manifeste idéologique plus encore qu’un testament spirituel, avant de quitter cette ingrate terre : « Je pense que les jeunes sans avenir, dans ce pays, prendront un jour les armes et pendront les traîtres. »
Certes, nous ne souhaitons pas aux actuels chefs des gouvernements grec et espagnol de finir lynchés par une foule en furie avant que d’être pendus par les pieds en place publique, comme autrefois un tyran nommé Benito Mussolini. Mais il n’empêche : ce que ces actes éminemment révolutionnaires de Dimitris Christoulas ou de Amaya Egaña signifient également, c’est peut-être d’abord, à l’instar du sacrifice de l’étudiant Jan Palach lors du Printemps de Prague en 1968, le début de la fin de cet odieux totalitarisme économique que notre Europe pourtant tant aimée est en train, nantie certes des meilleures intentions sociales mais surtout de ses hypocrites alibis financiers, de nous imposer subrepticement et, pis encore, de nous faire vivre quotidiennement.
Du Printemps arabe à l' »automne européen »
Davantage : la portée symbolique, alliée au sens réel, de ces suicides de Dimitris Christoulas comme d’Amaya Egaña, témoins bouleversants de la souffrance de tout un peuple, ressemble étrangement, par-delà l’émotion qu’ils auront légitimement suscitée aux quatre coins du globe, à celle du geste tout aussi emblématiquement fatidique de Mohamed Bouazizi, ce jeune Tunisien qui, le 17 décembre 2010, s’immola par le feu, allumant ainsi l’inextinguible mèche de ce qui allait devenir, quelques mois plus tard, l’historique Printemps arabe. D’où, en toute logique, ce sage conseil, comme pour un certain Ben Ali hier, en forme de cri d’alarme : peut-être faudrait-il que nos divers maîtres en libéralisme sauvage « dégagent » eux aussi, pour reprendre un fameux slogan, avant que ces peuples qu’ils auront ainsi contribué à mettre à bout, jusqu’à les faire ployer sous une indigne misère humaine et parfois même les affamer, ne leur fassent vraiment la peau.
Car, comme le clament aujourd’hui haut et fort les populations grecque et espagnole, mais bientôt également les populations européennes en leur ensemble, les suicides de ces nouveaux, courageux et émouvants martyrs sont aussi autant de meurtres politiques, fussent-ils perpétrés, ceux-là, à l’insu des responsables de ces mêmes nations. La colère gronde, de plus en plus forte, d’Athènes à Madrid, de Bruxelles à Paris, et de Rome à Lisbonne. Après le Printemps arabe, l' »automne européen » ? À ces nouveaux suicidés de l’Europe contemporaine, je dédie donc, en guise de modeste mais sincère hommage, ces très suggestives strophes extraites de ce magnifique poème intitulé « La mort des pauvres », de Charles Baudelaire, maudit d’entre les maudits, contenu en ses Fleurs du mal : « C’est la Mort qui console, hélas ! et qui fait vivre ; / C’est le but de la vie, et c’est le seul espoir / Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre, / Et nous donne le coeur de marcher jusqu’au soir (…). »
Daniel Salvatore Schiffer est philosophe, auteur de La philosophie d’Emmanuel Levinas (Presses universitaires de France) et Critique de la déraison pure – La faillite intellectuelle des nouveaux philosophes et de leurs épigones (François Bourin Éditeur).
La dernière chose dont la juste cause palestinienne a besoin, c’est de l’appui d’un régime manifestement meurtrier et néfaste, qui formerait une camaraderie harmonieuse avec des gens comme Ariel Sharon, Adolph Hitler et Joseph Staline.
Camp de réfugiés de Yarmouk, à Damas.
La fermeture le lundi 5 novembre des bureaux du Hamas à Damas doit être considérée comme une marque d’honneur pour le mouvement islamique palestinien de libération.
Elle montre que le Hamas se place aux côtés du peuple syrien qui se bat pour se libérer et libérer son pays profondément tourmenté par l’un des régimes les plus meurtriers et les plus voyous sous le soleil.
Elle montre également que le Hamas a finalement décidé d’écarter certaines considérations politiques de clocher, au profit d’une position moralement crédible débarrassée d’un opportunisme bon marché, d’une ambiguïté morale et d’un deux poids deux mesures déraisonnable.
Certains Palestiniens peu clairvoyants pourraient arguer que le Hamas aurait dû rechercher un certain modus vivendi avec le régime sectaire de Damas, lequel repose sur une petite secte ésotérique alaouite.
Toutefois, une telle mesure, si elle aurait pu être temporairement opportune d’un point de vue machiavélique, serait extrêmement coûteuse d’un point de vue moral et islamique.
De plus, elle imprimerait sur le Hamas une marque indélébile de honte, pour s’être, Dieu nous en préserve, mis aux côtés d’un régime meurtrier et contre les millions de Syriens qui se battent pour la liberté et la dignité.
Les vrais musulmans ne seront jamais aux côtés des oppresseurs contre les opprimés, ou des criminels contre leurs victimes.
Le Hamas est un mouvement de libération par excellence. En tant que tel, il se doit de toujours prendre les bonnes décisions et faire les bons choix, écartant les petits calculs politiques sans grand intérêt ici ou là.
Le Jour du Jugement, il sera demandé à chacun de nous pourquoi nous avons permis que se produise le génocide syrien. Il nous sera demandé pourquoi nous n’avons pratiquement rien fait pour l’arrêter. Et ceux parmi nous qui auront aidé le régime voyou de Bashar al-Assad dans sa guerre d’extermination contre le peuple syrien se verront imprimer sur le front la phrase suivante : « Aucun espoir de recevoir la miséricorde d’Allah ».
Les laïcs et les athées peuvent se moquer de nous pour parler ainsi. Oui, mais la plupart de ces personnes ne croient ni en Dieu, ni dans l’au-delà, ni dans le Jour du Jugement.
Mais nous sommes musulmans, et nous ne devons pas nous livrer à des actes ou des comportements qui nous feraient penser ou nous comporter d’une manière incompatible avec notre foi et nos valeurs islamiques.
En attendant, le régime assassin de Bashar el Assad continue de tuer les réfugiés palestiniens dans toute la Syrie, soit parce qu’ils sont suspectés de sympathie avec la révolution, soit parce qu’ils refusent d’exécuter les ordres de massacrer leurs frères et voisins syriens. Au fond, nous parlons d’un régime satanique qui combine nazisme et stalinisme, un régime qui ne recule devant rien pour garder sa secte et sa famille au pouvoir.
Le cycle ininterrompu des atrocités commises contre les réfugiés palestiniens en Syrie, aux mains de la milice Shabbiha d’Assad ou de voyous et autres égorgeurs, ne doit aucunement nous étonner. En fin de compte, un régime qui n’hésite pas à bombarder et à détruire ses propres villes et villages, à massacrer ses propres citoyens, de surcroît massivement, n’hésitera pas de faire de même et plus encore aux réfugiés palestiniens qui vivent en Syrie.
Ce régime criminel n’arrête jamais de tonitruer et bafouiller à propos de sa prétendue résistance aux conspirations israéliennes et américaines. Heureusement, ces mensonges indécents ne trompent plus la plus grande partie des Arabes et musulmans qui ont finalement découvert la véritable nature du régime.
Ce régime maléfique peut continuer à délirer sans fin sur sa résistance mythique. Mais la vérité frappante, qu’aucune personne de bonne foi sous le soleil ne peut nier, est que le régime a utilisé, et utilise encore, l’énorme stock d’armes, acquises dans le but de combattre Israël et libérer le plateau du Golan, pour détruire Damas, Alep, Hama, Homs, Diraa et les autres villes syriennes.
En effet, au lieu de résister à Israël, le régime est en train de massacrer son propre peuple afin de rester au pouvoir et de garder les bottes de ses voyous sectaires et des assassins pressés sans fin contre la gorge et le cou des hommes, femmes et enfants syriens. Et je ne m’exprime pas par métaphores.
En outre, la dernière chose dont la juste cause palestinienne a besoin, c’est de l’appui d’un régime manifestement meurtrier et néfaste, qui formerait une camaraderie harmonieuse avec des gens comme Ariel Sharon, Adolph Hitler et Joseph Staline.
Nous, Palestiniens, n’avons nul besoin, et nous ne le demandons pas, du soutien d’un régime qui nage dans une mer de sang, du sang de son propre peuple.
Notre sort et destinée (kismet) reposent toujours sur le peuple, pas sur des régimes et surtout des régimes tyranniques qui survivent grâce aux assassinats et se complaisent dans les effusions de sang. Par conséquent, le Hamas doit être félicité pour avoir pris la décision moralement correcte de rompre les liens avec le régime hitlérien de Bashar el-Assad.
Il y a probablement des opportunistes ici ou là qui essaient de tirer avantage de la rupture des relations entre le Hamas et ce régime alaouite méprisable, afin de servir leurs propres agendas contestables.
Eh bien, les aboiements des chiens, de l’étranger ou de notre propre territoire, ne doivent pas nous empêcher de prendre les bonnes décisions et de faire les bons choix.
Il n’est pas exigé ou requis du Hamas qu’il prenne une part active dans la révolution syrienne. Le Hamas mène son propre combat contre la mère de tous les régimes terroristes, Israël.
Aujourd’hui, le régime syrien rejoint Israël comme un ennemi de plus du peuple palestinien. Inutile de dire que les exécutions et les assassinats quotidiens des réfugiés palestiniens au camp d’al-Yarmouk, et ailleurs en Syrie, doivent donner à la junte alaouite un authentique certificat de bonne conduite, surtout aux yeux des cercles sionistes, tant à Tel Aviv qu’à Washington.
C’est alors que le régime virulent entretient le mensonge pornographique, qu’il tue les Palestiniens pour le bien de la Palestine.
Lettre ouverte a Pierre Savary – Ecole Supérieure de Journalisme de Lille
Cher collègue,
Par des collègues journalistes, nous avons eu connaissance du voyage d’étude en Israel qui s’organise, sous le patronage – et le financement – du CRIF. Sans faire de fausses analogies, un tel projet nous rappelle les invitations de journalistes en Afrique du Sud organisés et payes par le régime de Pretoria, a l’époque de l’apartheid.
Que des étudiants en journalisme se rendent sur le terrain, en particulier dans des régions de conflits, est tout a leur honneur, mais qu’ils acceptent d’être pris en charge par une organisation qui sert d’agence de propagande pour la politique du gouvernement d’extreme droite israélien n’est pas seulement surprenant, mais aussi désolant.
Le fait d’ »equilibrer » ce voyage par un détour à Ramallah ou par une rencontre avec nos amis de Breaking the Silence, ne change pas grand-chose au caractère propagandiste de cette initiative. Pour exemple : dans la visite du Golan, y aura-t-il une rencontre avec des représentants de la population syrienne qui y vit sous occupation ? J’en doute.
Le Centre d’Information Alternative dont je suis le co-President organise souvent le programme de journalistes, de délégations et de missions professionnelles en Israel ET dans les territoires palestiniens occupes. Le fait d’être une organisation mixte, palestino-israélienne, nous permet d’avoir un regard précis et une connaissance intime des deux réalites qui caractérisent cette région.
Nous comprenons qu’il n’a plus moyen de faire marche arrière. Du moins, pouvons essayer non pas d’ »équilibrer » – il ne saurait y avoir d’équilibre entre occupants et occupés, colonisateurs et colonisés – mais au moins de permettre aux étudiants-journalistes de sortir du cadre propagandiste de cette initiative.
Nous sommes a votre disposition pour une réorganisation du programme, de telle sorte qu’il devienne une rencontre avec la réalite, telle qu’elle est des deux côtés du mur : entre autres un tour de la colonisation et du mur autour de Jérusalem, rencontre avec des femmes et des hommes qui représentent la societé civile palestinienne, ainsi que des militant/es d’organisations anti-colonialistes israéliennes ; rencontre avec des Syriens du Golan occupé.