La France attribue son Prix des Droits de l’homme à l’Alternative Information Center


lundi 12 novembre 2012 – 07h:38


Le prix sera remis dans une cérémonie à Paris, le 10 décembre 2012, au cofondateur de l’AIC, Michael (Mikado) Warschawski.
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Michel Warschawski, cofondateur de l’AIC (Centre d’information alternative)

Le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, va remettre le Prix des Droits de l’homme de la République française à l’Alternative Information Center, organisation mixte palestino-israélienne, basée en Cisjordanie et à Jérusalem. Le prix reconnaît l’action d’AIC visant à montrer l’impunité israélienne dans les territoires palestiniens occupés et à promouvoir la responsabilisation de l’armée israélienne et la violence des colons. Le prix sera remis dans une cérémonie à Paris, le 10 décembre 2012, au cofondateur de l’AIC, Michael (Mikado) Warschawski.

Warschawski est de longue date un militant israélien pour les droits de l’homme, analyste et écrivain. Son livre, Sur la Frontière, a récemment été traduit en hébreu.

« L’AIC n’a jamais mené son action dans le but de recevoir des prix », déclare Warschawski. « Mais cette reconnaissance institutionnelle prestigieuse de l’action de l’AIC est certainement la bienvenue pour mettre en évidence la nécessité d’une responsabilisation de l’État. C’est dans cette période critique que la France fait preuve d’une compréhension de la nécessité de mettre fin à l’occupation par Israël du territoire palestinien, conformément au droit international ».

Le prix sera décerné à l’AIC et à quatre autres organisations internationales pour leur action dans le domaine des droits de l’homme.

9 novembre 2012 – Alternative Information Center – traduction : Info-Palestine/JPP

Syrie: un religieux modéré élu chef de la Coalition de l’opposition


AlWatan-Doha/AFP Cheikh Ahmad Moaz Al-Khatib, désormais président de la nouvelle Coalition nationale, le 11 novembre 2012 à Doha AlWatan-Doha/AFP
Un religieux modéré, cheikh Ahmad Moaz Al-Khatib, a été élu dimanche soir à Doha président de la nouvelle Coalition nationale regroupant la plupart des composantes de l’oposition syrienne.

L’opposant Riad Seif, un ancien député à l’origine de l’initiative d’unification de l’opposition, et l’activiste Souheir Atassi, qui a joué un rôle dans la coordination du soulèvement à l’intérieur de la Syrie, ont été élus vice-présidents, selon le vote retransmis en direct par la chaîne satellitaire Al-Jazeera.

Originaire de Damas, cheikh Al-Khatib, 52 ans, a quitté la Syrie il y a environ trois mois, après avoir été arrêté à deux reprises depuis le déclenchement du soulèvement contre le régime du président Bachar Al-Assad en mars 2011.

Il est connu pour ses positions modérées sur le plan religieux.

Riad Seif, un ancien député de 66 ans, est quand à lui un des symboles du « printemps de Damas » réprimé en 2001 par le président Bachar al-Assad. Il a été emprisonné pendant huit ans, et s’est fait arrêter à deux reprises depuis le début du soulèvement, avant de quitter la Syrie.

Souheir Atassi a pour sa part quitté la Syrie après sept mois de vie en clandestinité au début du soulèvement, au cours desquels elle a joué un rôle clé dans la coordination des structures mises en place par l’opposition.

Al-Watan Doha/AFP © Al-Watan Doha/AFP

Le militant syrien des droits de l’Homme Haytham al-Maleh (G) félicite cheikh Ahmad Moaz Al-Khatib, le 11 novembre 2012 à Doha

Leur élection est intervenue après que les composantes de l’opposition ont paraphé un accord créant une instance baptisée « Coalition nationale syrienne des forces de l’opposition et de la révolution » pour unifier leurs efforts dans la lutte contre le régime.

La formation de cette coalition est le fruit d’un compromis obtenu après de laborieuses négociations entre les partis d’opposition, dont le Conseil national syrien (CNS), qui bloquait son adoption, de peur d’être marginalisé.

Mais le CNS a été soumis à d’intenses pressions arabes et internationales samedi soir pour accepter une unification des composantes de l’opposition sous la houlette de la Coalition nationale afin de lutter de manière plus efficace contre le régime Assad.

La Syrie est secouée depuis mars 2011 par un conflit déclenché par la répression brutale d’une révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad. Ce mouvement de contestation s’est militarisé au fil des mois, les violences ayant fait plus de 37.000 morts selon une ONG syrienne.

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Syrie : une journée de combats vue de la frontière turque


Le Point.fr – Publié le 10/11/2012 à 15:48 – Modifié le 10/11/2012 à 18:44

À la frontière de la Syrie, Ceylanpinar est l’un des derniers points de passage contrôlés par l’armée de Bachar el-Assad. Reportage.



Ceylanpinar est couvert d’un intense brouillard. Un brouillard qui accentue davantage encore l’impression de ralenti qui émane de cette ville turque frontalière d’avec la Syrie. À l’appel des messages répétés au mégaphone par la police, la quasi-totalité des 70 000 habitants a fui les principales artères de la ville. Une sorte de No-man’s land qui en borde un autre, réel celui-là, entre les deux pays. À quelques dizaines de mètres, les insurgés syriens tentent de prendre Ras al-Ain, l’un des deux derniers points de passage avec la Turquie encore aux mains de l’armée fidèle à Bachar el-Assad.

Huit mille réfugiés dans l’urgence

Depuis Ceylanpinar, les détonations d’armes légères et parfois des tirs de mortiers se font entendre. Un écho quasi régulier, qui dure depuis mercredi soir, début des affrontements. « Les nuits ont été atroces, les combats n’ont jamais arrêté », constate Orhan, Turc, le regard fixé sur la frontière depuis un petit muret où il s’est installé. Comme lui, les habitants sont nombreux à rester aux abords de la frontière, guettant un signe de l’avancée des combats. C’est dans ces circonstances que, la veille, cinq civils ont été blessés côté turc par des balles perdues. Un bilan qui s’ajoute aux 26 Syriens morts comptabilisés jeudi, dont 10 rebelles. À quelques rues de la frontière, l’hôpital de Ceylanpinar ne désemplit pas. Nombre d’ambulances ramènent des Syriens, combattants ou civils, blessés par les combats. Ces derniers ont été acheminés à pied ou en voiture devant l’un des postes-frontières, auprès des secouristes turcs. L’armée – qui a ordre de ne pas s’immiscer dans les combats, sauf en cas d’agression sur son sol – veille à sécuriser les lieux.

Dans les rues de Ceylanpinar, les ambulances croisent des bus, lancés eux aussi à pleine vitesse. Ils acheminent les civils qui fuient Ras al-Ain jusqu’au camp installé par les autorités turques à trois kilomètres du centre-ville. Mais ce dernier est surchargé, surtout depuis l’arrivée des 8 000 réfugiés la nuit passée, afflux auquel ont dû faire face les autorités dans l’urgence. Alors, de nombreuses familles syriennes, après plusieurs heures de marche, déambulent dans les rues désertes, faute d’endroits pour s’installer.

Deux heures plus tard, l’enthousiasme se lit sur les visages des hommes massés à la frontière. Les insurgés, les « muhalifer », l’auraient emporté. Certains, à Ceylanpinar, montrent les vidéos prises avec leurs téléphones portables, depuis Ras al-Ain. Ils ont franchi la frontière de l’autre sens tôt ce matin pour prêter main-forte aux insurgés. Sur ces quelques minutes d’images, on distingue un homme donnant des ordres, kalachnikov à la main, ou encore une veste de soldat tachée de sang et abandonnée au sol. Une autre vidéo, échangée entre de nombreux portables à Ceylanpinar, montre des soldats syriens capturés réunis dans une pièce sombre par les insurgés. Les rumeurs elles aussi s’échangent : parmi elles, celle qui raconte que des corps sans vie seraient laissés à l’abandon dans les ruelles de Ras al-Ain.

La victoire saluée par des « Allah Akbar »

Côté syrien, la victoire laisse place à un défilé de pick-up blancs qui klaxonnent, transportant des combattants qui laissent éclater leur joie aux cris de « Allah Akbar ». Des cartouches sont tirées en l’air. Des Syriens en profitent pour traverser la frontière par petits groupes et regagner Ras al-Ain, aidés par certains soldats turcs postés tout au long de la frontière. « Rien ne dit que c’est fini », prévient un homme âgé.

Un quart d’heure plus tard, des tirs se font encore entendre, se rapprochant de la ligne de démarcation. Côté turc, c’est l’agitation, tous se réfugient derrière des pans de maisons, dans un quartier vidé de ses habitants. Plus loin, un homme d’une vingtaine d’années montre aux curieux les douilles qu’il a ramassées quelques heures plus tôt. Cette agitation n’est pas du goût des autorités turques et des blindés armés de lances à incendie aspergent la foule. Certains jeunes Kurdes répliquent avec des pierres. Comme si le conflit en Syrie ne faisait pas oublier celui qui dure depuis des années entre la Turquie et sa minorité kurde.

Mais quand les tirs reprennent, la foule se montre moins agitée. Moins réguliers, ces tirs auraient pour objectif de « débusquer les derniers snipers pro-Bachar », explique Hamid, un Syrien réfugié depuis la veille. Des poches de résistance qui continuent de se faire entendre, avec parcimonie, signe que la victoire n’est pas réellement acquise. Un silence de plomb s’installe ensuite, seulement entrecoupé par le bruit des sirènes. Certains Syriens, réfugiés en Turquie le temps des combats, en profitent pour traverser la frontière et retourner s’installer chez eux. Ceux qui préfèrent attendre que la situation se soit stabilisée plus durablement et les habitants de Ceyanpinar, eux, regagnent tranquillement le centre-ville. Là, l’épaisse couche de brouillard ne s’est toujours pas levée.

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SYRIE L’armée fidèle au régime fait face à un problème de loyauté


Malgré l’implacable déséquilibre des forces en présence en défaveur des rebelles, il n’est pas sûr que l’armée loyale au régime de Bachar el-Assad pavoise, bien au contraire. En attestent, notamment, les commentaires d’un général de l’armée de l’air qui a récemment fait défection.
Selon Mohammed Fares, 61 ans, qui présente aussi la particularité d’avoir été le premier cosmonaute syrien il y a quelques décennies, seulement 30 % des 100 à 120 pilotes de chasseurs bombardiers sont utilisés lors des raids aériens contre les villes ou quartiers rebelles. Et les autres ? Le régime estime ne pas pouvoir placer sa confiance en eux et il craint des désertions.

Selon le spécialiste belge Thomas Pierret, de l’Université d’Edimbourg, ce témoignage n’a rien d’étonnant. « Regardons la situation, nous explique-t-il : on parle d’une armée qui, sur papier, compte 300.000 400.000 hommes d’active (600.000 avec les réservistes). Or, elle est incapable, face une insurrection mal équipée, de contrôler l’axe géographique principal de la Syrie, de Deraa, à la frontière jordanienne, jusqu’à la frontière turque au nord d’Alep. Ce n’est pas gigantesque : environ 450 km de long sur un grand maximum de 100 km de large en moyenne. En d’autres termes, un territoire grand comme l’Estonie avec une armée dont la taille est dix fois supérieure – sur papier – à celle de l’armée belge. Or l’armée syrienne n’y arrive pas du tout : elle tient les grandes villes mais a perdu le contrôle d’une bonne partie des régions environnantes dont les banlieues de Damas, pour l’instant. »

Ce constat s’explique, confirme Thomas Pierret, par la crainte des désertions. « Même si le nombre de désertions n’est pas gigantesque jusqu’à présent – il s’agit quand même de dizaines de milliers de soldats –, l’armée est neutralisée par sa sous-utilisation. Ce que le général Fares évoque concernant les pilotes s’applique à bon nombre d’unités, cantonnées dans leurs casernes de peur qu’elles désertent si elles sont déployées sur le terrain. Ça explique par exemple les performances pathétiques des forces loyalistes à Alep, incapables de reprendre durablement le quartier de Salah al-Din alors qu’elles ont juré de le reprendre depuis trois mois. »

Autre signe dans le même sens : les difficultés pour l’armée de mettre la main sur les réservistes rappelés. L’agence Reuters citait le 4 septembre dernier l’évaluation d’un officier forcément anonyme qui, de Homs, estimait que seule la moitié des réservistes rappelés obtempéraient. « De nombreuses unités ont subi de lourdes pertes, disait-il, il y a une pénurie d’hommes. Beaucoup de soldats ont été tués et nous subissons des désertions. »

La logique démographique se cache sous ces constats : les soldats de la base et les conscrits, qui doivent faire deux ans de service militaire, proviennent massivement de la communauté sunnite (plus de deux tiers de la population)… où se recrutent surtout les volontaires du côté rebelle, alors que les hauts gradés de l’armée sont souvent originaires de la communauté alaouite, la minorité religieuse (10 %) dont procède le régime. D’où un moral sans doute en berne.

« En dehors des unités d’élite qui combattent à Damas, le moral des troupes est sans doute très mauvais, estime encore Thomas Pierre. Les pertes sont vraisemblablement énormes et minimisées par le régime. Il va par ailleurs de soi que les soldats assiégés dans des bases (comme à Wadi al-Deif, à Taftanaz, le Régiment 46 près d’Alep) ne doivent pas être en grande forme. A propos du matériel, il faut distinguer entre Damas, où la Garde républicaine et la 4e division blindée utilisent des blindés russes de conception récente et bien entretenus, et le reste du pays, où l’on voit passer des antiquités en piteux état. »

Sans l’armée, le régime s’effondrerait en peu de temps. D’où la prudence dans le déploiement des unités peu sûres. Mais le régime garde peut-être aussi certaines armes, chimiques par exemple, au cas où il estimerait son existence menacée.

BAUDOUIN LOOS

LE SOIR Vendredi 9 novembre 2012

Connaître les Israéliens


Gideon Levy

 


Un tiers des Israéliens veulent que les citoyens arabes soient interdits de droit de vote ; environ la moitié des Israéliens sont en faveur d’une politique de « transfert » des Arabes hors du pays ; et une majorité affirme qu’il existe ici un apartheid. Finalement, il nous faut renoncer à tout espoir de voir les choses s’améliorer.

Contents de faire votre connaissance, nous sommes racistes et pro-apartheid. Le sondage dont les résultats ont été publiés dans Ha’aretz ce mardi, réalisé par Dialog pour la Yisraela Goldblum Fund, prouve ce que nous savons depuis toujours, sans savoir que c’était aussi net. Il est important de reconnaître la vérité qui nous est lancée en pleine face, et à celle du monde (où l’enquête est en train de faire des vagues). Mais il est plus important encore d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Étant donné l’actuelle réalité, faire la paix serait un acte presque antidémocratique : la plupart des Israéliens n’en veulent pas. Une société juste, égalitaire violerait aussi les désirs de la plus grande partie des Israéliens : de cela aussi ils ne veulent pas. Ils se satisfont avec le racisme, ils sont à l’aise avec l’occupation, ils sont contents avec l’apartheid ; les choses vont très bien pour eux dans ce pays. C’est ce qu’ils ont dit aux sondeurs.

Jusqu’à ce qu’une direction courageuse survienne ici, de celle qui n’apparaît que rarement dans l’histoire, et qu’elle tente de changer cet état d’esprit nationaliste, raciste, il n’y a indéniablement aucun espoir de changement à attendre de tout cela. Il n’en viendra pas ; et en effet cela ne se peut car il est contraire aux souhaits de la plupart des Israéliens. Cette réalité doit être admise.

Le monde doit aussi en tenir compte. Ceux qui, impatients d’arriver à un accord, élaborent périodiquement des plans de paix doivent finalement bien comprendre ce que les Israéliens leur ont clairement dit : « Non merci, nous ne sommes pas intéressés ». Le monde arabe doit de la même manière comprendre que ce sondage (et d’autres comme lui) est le véritable discours Bar-Ilan d’Israël (discours de Netanyahu à l’université de Bar-Ilan, le 14 juin 2009).

Il est difficile de blâmer les Israéliens. Des années de lavages de cerveau, la diabolisation et la déshumanisation des Arabes en général et des Palestiniens en particulier, associés à des années de terrorisme brutal, ont laissé des traces. Qu’attendez-vous, pour l’amour du ciel, des Israéliens qui sont exposés tous les jours à des médias qui leur affirment, par exemple, que la récente visite à Gaza de l’Émir du Qatar, Sheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani, venu donner des centaines de millions de dollars pour construire des routes, c’est « le Qatar pour le terrorisme » (comme l’a publié le gros titre d’hier de l’édition en hébreu de Israel Hayom) ? Pourquoi voudraient-ils faire la paix avec ceux qui, depuis des décennies, ont été méthodiquement dépeints comme cherchant uniquement à les anéantir ?

Pourquoi l’Israélien moyen serait-il d’accord pour qu’il y ait un étudiant arabe dans la classe de son enfant ou une famille arabe dans son immeuble s’il n’a jamais rencontré d’Arabes et s’il les connaît uniquement que comme des terroristes, des criminels ou un peuple primitif – les seules images des Arabes qui sont diffusées ? Pourquoi penserait-il que la discrimination contre les Arabes par les ministères du gouvernement serait une mauvaise chose si la seule réalité qu’il connaît est que les Arabes sont des égoutiers ou des balayeurs de rues, et s’il ne sait pas que les Arabes sont capables de bien mieux que cela ?

Après tout, même les Israéliens laïcs qui ont exprimé les opinions les plus tolérantes dans ce sondage ne savent pas en réalité de quoi ils parlent. Quand ont-ils même rencontré un Arabe ? Quand leurs enfants en ont-ils rencontré un ? Et s’ils en ont vu, quel genre d’Arabe ont-ils rencontré sinon que le garçon livreur de l’épicerie, le propriétaire de l’épicerie du quartier, le laveur de voiture, Ahmed le plâtrier ou le monteur d’échafaudages ? Et cela sans même parler des Palestiniens : la dernière fois (et aussi la première) qu’ils ont rencontré un Palestinien, si tel est le cas, ce fut durant leur service militaire, à travers la lunette de leur fusil, comme un objet suspect et dangereux.

Néanmoins, ce lavage de cerveau n’absout pas les Israéliens de leur responsabilité. Il est vrai que le système éducatif, et plus encore les médias, incitent et échauffent, sèment la terreur et la haine. Mais ils le font pour se conformer aux goûts de leur auditoire. C’est un cercle vicieux déprimant, dans lequel on ne sait qui a commencé.

Après tout, si les médias israéliens pensaient que leur lavage de cerveau était répulsif pour leurs lecteurs, ils y auraient renoncé depuis longtemps. Mais ils connaissent le cœur de leurs clients. L’establishment politique, lui aussi, comprend la nature des choses. C’est pourquoi nous sommes pris dans une course effrénée vertigineuse vers la droite : Yair Lapid, le président de Yesh Atid, rivalise avec Shelly Yacimovich, dirigeant du Parti travailliste, pour savoir lequel est le plus à droite.

Ainsi, on ne peut excuser la situation par l’incitation : les Israéliens sont toujours heureux de se faire inciter contre l’Arabe de Baka (quartier de Jérusalem), ou le Palestinien de la casbah. Les médias soucieux de leur audimat et les politiciens face à la bataille des primaires cherchent seulement à se nourrir sur leur dos.

Un tiers des Israéliens veulent que les citoyens arabes soient interdits de droit de vote ; environ la moitié des Israéliens sont en faveur d’une politique de « transfert » des Arabes hors du pays ; et une majorité affirme qu’il existe ici un apartheid. Finalement, il nous faut renoncer à tout espoir de voir les choses s’améliorer.

Voir :

-  Un sondage révèle que la plupart des Juifs israéliens soutiennent le régime d’apartheid en Israël de Gideon Levy – Ha’aretz

et

-  Omar Barghouti : A propos du soutien des juifs israéliens au régime d’apartheid en Israël

et aussi :

-  Les Palestiniens aux prises avec un apartheid de fait, selon les Israéliens – Globalnet

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Gideon Levy : Né en 1955, à Tel-Aviv, journaliste israélien et membre de la direction du quotidien Ha’aretz, Gideon Levy dénonce inlassablement les violations commises contre
les Palestiniens 
et le recours systématique 
à une violence 
qui déshumanise 
les peuples dressés l’un contre l’autre.

Du même auteur :

-  Les colons en passe de réussir une prise de contrôle hostile d’Israël
-  Pourquoi les Égyptiens nous haïssent
-  Obama a rejoint le Likud
-  Les masses égyptiennes ne joueront pas l’alliance avec Israël
-  La presse israélienne cache la vérité
-  Israël soulagé de ne pas être le seul criminel de guerre
-  La république juive d’Israël
-  Netanyahu a raison : le monde entier est contre Israël
-  Opération mini Plomb Durci

25 octobre 2012 – Ha’aretztraduction : Info-Palestine/JPP

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