Syrie : Auto-indignation


par Syrie Moderne Démocratique Laïque, dimanche 13 mai 2012, 20:43 ·

Dans ce désarroi historique où vit la Syrie, et parmi tous ces mouvements opposants intérieurs et extérieurs, une grande préoccupation jaillit et s’avère très importante : Comment construire notre nouvelle Syrie ? Quelle est notre vision pour la Syrie libre de demain ? Quels sont nos droits et devoirs dans le pays où règnerait la liberté et l’égalité après des décennies de répression ?

Conscients de cette responsabilité, plusieurs Syriens ont commencé à créer des groupes ou des associations, afin d’unifier les efforts et travailler d’une façon collective, consciente pour organiser le futur de notre Syrie.

De ce fait, j’étais enthousiaste quand on m’a proposé de me joindre à un groupe qui s’intéresse aux sujets de la citoyenneté en Syrie – à supposer qu’elle existe en ce moment !

Khaled Al-Khani

Lors de notre première réunion, j’étais éblouie non seulement par le nombre des gens qui y participent , mais aussi par leur culture, leur connaissance et surtout par ce fabuleux vocabulaire qu’ils utilisaient. Avec un grand sérieux nous avons discuté de notre vision pour la nouvelle constitution syrienne.

J’attendais avec impatience la  prochaine réunion consacrée à la citoyenneté et ses principes. J’avoue que j’ai beaucoup lu pour pouvoir discuter avec mes compatriotes. Ma joie était équivalente à ma déception, une fois tous réunis, un des responsables nous a lancé calmement son avertissement : »Il se peut que nous aurions une visite inattendue et non désirée »…Un grand silence a régné dans la salle, on essayait de mesurer la gravité de cet avertissement. Rapidement nous avons saisi le message : notre travail civil pour construire la Syrie  inquiète ce régime et ils veulent nous empêcher de le poursuivre.

Après une brève discussion, nous avons opté pour annuler cette réunion, essayant de nous convaincre que ce choix n’est pas dû à notre peur ou lâcheté, mais plutôt à notre désir de gâcher leur projet de nous faire arrêter. Réellement, nous avons passé juste à côté de la vérité, la dure vérité qui montre que jusqu’à maintenant, nous avons encore peur de ce maudit régime ! Le mur que nous avons brisé, il y a plus de treize mois, subsiste toujours. En fait, ce que nous avons brisé c’est l’illusion, que nous avions jadis, de notre incapacité à affronter ce régime. Or nous avons réussi à faire face, mais malheureusement, la peur emprisonne toujours nos âmes.

Déçue, je n’ai pas pu m’empêcher de m’indigner contre moi-même, contre cette peur qui refuse de me laisser en paix. Je me demande : N’est-il pas temps de nous sacrifier nous aussi pour notre patrie ? En quoi nos vies sont-elles plus chères que celles qui meurent chaque jour ?

Jusqu’à quand allons-nous rester des « opposants »  face de notre télévision ou notre ordinateur ?

Dorénavant, nous devons déclarer la révolution contre nous-mêmes, contre notre faiblesse-dite humaine- pour pouvoir ensuite la déclarer contre le régime.

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Nassma de Syrie Moderne Démocratique Laïque

« Dans les prisons israéliennes, je n’ai pas vu la lumière du jour pendant trois mois et demi… »


Entretien avec A., incarcéré pendant deux ans et demi
dans les prisons israéliennes

Mai 2012 : A l’occasion de la grève de la faim de près de 2000 prisonniers palestiniens, j’ai choisi de publier un entretien réalisé en 2008 avec un jeune militant palestinien incarcéré pendant deux ans et demi dans les prisons israéliennes. Il donne une idée des conditions d’arrestation et de détention des prisonniers palestiniens. Cet entretien a été publié dans mon livre A la recherche de la Palestine.

Une arrestation ordinaire

Le texte qui suit est issu d’une longue conversation que j’ai eue le 19 avril 2008 au soir avec A, jeune militant palestinien récemment relâché après deux ans et demi de détention dans les prisons israéliennes. Notre discussion a été riche, elle a duré plusieurs heures et j’ai fait le choix, plutôt que de la résumer, de me focaliser sur un moment particulier de son incarcération, la période d’interrogatoire.

Comme souvent lorsque l’on parle de la prison avec d’anciens détenus, notre conversation a été assez chaotique, mon interlocuteur s’interrompant brusquement à de nombreuses reprises, changeant totalement de sujet pour revenir ensuite au cœur de la discussion, se murant dans le silence pendant de longues minutes, perdu dans de désagréables souvenirs, choisissant ceux qu’il allait me raconter et ceux qu’il garderait pour lui. D’après mon expérience, il est assez rare que d’anciens détenus se confient de la sorte. Souvent ils se contentent de dire qu’ils ont été en prison, le nombre de fois où ils y sont allés, le temps qu’ils y ont passé, mais ils entrent rarement dans les détails, notamment ceux des premiers mois.

Les informations relatives aux lieux et aux dates ne seront pas mentionnées dans le texte, pas plus que le nom de mon interlocuteur ou l’organisation à laquelle il appartient. Il s’agit de protéger l’interviewé, qui est de toute évidence loin d’en avoir fini avec les autorités israéliennes. Récemment, plusieurs de ses proches, y compris des membres de sa famille, ont été arrêtés et d’autres convoqués par les services israéliens qui leur ont posé des questions sur les activités de A. depuis qu’il est sorti de prison. Je me contente juste du strict minimum : A. a entre 20 et 30 ans, il vit dans un camp de réfugiés de Cisjordanie, reconnaît avoir appartenu à une organisation armée considérée comme terroriste par l’Etat d’Israël, et affirme ne plus avoir exercé d’activité en son sein depuis sa libération. La conversation a eu lieu à son domicile, dans la nuit du 19 au 20 avril. Nous n’étions que tous les deux.

Comment s’est déroulée ton arrestation ?

Il faisait nuit. J’étais chez moi. J’ai entendu beaucoup de bruit dehors et j’ai compris que les soldats israéliens étaient en train d’encercler le quartier où j’habite. Lorsque j’ai entendu du bruit à la porte, j’ai immédiatement su qu’ils étaient venus pour me chercher. Je me suis rendu tout de suite, sans opposer de résistance, car il était trop tard pour essayer de m’enfuir. Ils étaient plusieurs dizaines. Ils m’ont attaché les mains, bandé les yeux et jeté dans un véhicule. Ils m’ont directement conduit à la prison de …, un lieu réservé aux Palestiniens qui viennent d’être arrêtés et dans lequel se déroulent les interrogatoires, sous la responsabilité du Shabak [acronyme de Shine Beit Klali, « Service Général de la Sûreté » en Hébreu, connu aussi sous le nom de Shin Beit].

Combien de temps es-tu resté là-bas et dans quelles conditions étais-tu détenu ?

J’ai passé trois mois et demi dans cette prison. J’ai été détenu, seul, pendant quatre semaines, dans une cellule minuscule, dans laquelle je ne pouvais même pas m’allonger, ou alors en pliant les jambes. Puis j’ai passé trois semaines, toujours seul, dans une cellule de la même taille, mais avec des murs moins épais, ce qui me permettait d’entendre les détenus des cellules d’à côté et de communiquer avec eux. Enfin je suis resté près de deux mois dans une cellule d’environ 9 m2, dans laquelle nous étions en général 5 ou 6 prisonniers. Dans les cellules il n’y avait rien. Les toilettes, c’était un trou dans le sol avec une arrivée d’eau au-dessus pour nettoyer. C’est tout. Et ce sont des cellules hermétiquement fermées. Il n’y a pas de barreaux, juste une porte avec deux trappes, une pour observer à l’intérieur et l’autre pour faire passer la nourriture.

Durant ces trois mois et demi je ne suis pas sorti une seule fois, même pour une « promenade ». Et comme il n’y avait pas de fenêtre aux cellules, je n’ai pas vu la lumière du soleil pendant toute cette longue période. Je n’ai en fait rien vu d’autre que les cellules, la douche et la salle d’interrogatoire. En effet à chaque fois qu’ils me déplaçaient j’étais menotté et il me bandaient les yeux. En revanche j’ai vu beaucoup de lumière artificielle ! Les lampes sont en effet allumées 24/24h. Parfois j’en avais tellement marre que je mettais du papier toilette imbibé d’eau sur l’ampoule afin de réduire l’intensité de l’éclairage… Mais à chaque fois, très vite, ils me disaient de l’enlever.

Quand je suis arrivé ils m’ont laissé plus d’une semaine sans prendre de douche. Après j’avais le droit à une douche chaque jour, mais en général vers 1 ou 2 heures du matin, quand je dormais. Et pas plus de 5 minutes ! Ils ne m’ont pas donné de vêtements de rechange pendant 3 semaines. Et lorsqu’ils m’en ont apporté, je me suis vite aperçu qu’ils n’étaient pas propres et qu’ils avaient été portés par quelqu’un d’autre : ils sentaient mauvais ! Les serviettes, pour la douche, sentaient très mauvais elles aussi : il y en avait trois ou quatre, par terre, à côté de la douche, qui servaient à tous les détenus de la prison, soit près d’une centaine. Et le savon, lui aussi, sentait horriblement mauvais… Alors je préférais garder les morceaux de savon qu’ils nous distribuaient pour sculpter des petits objets, comme des dominos ou des pièces de jeu d’échecs, et me laver à l’eau.

Que vous distribuaient-ils à part du savon ?

De la nourriture, 3 fois par jour, dégoûtante et en très petite quantité. En général on avait le droit, le matin, à 5 olives et un petit morceau de pain, le midi à de la soupe et l’après-midi une bouillie bizarre au goût atroce. Et puis des œufs. Beaucoup d’œufs. Dégoûtants. Je ne peux plus manger d’œufs aujourd’hui, c’est un trop mauvais souvenir. Les repas étaient distribués vers 6 heures du matin, vers 11 heures puis vers 14 heures. Et après plus rien. Donc en général, on ne mangeait pas le repas du matin et on le mettait de côté pour le soir. Pas de sel, pas de sucre. Nous avons entamé une grève de la faim pour obtenir le droit d’avoir du sucre. Et ce que nous avons obtenu, c’est un petit morceau de mauvais chocolat, un samedi sur deux en général… J’ai passé trois mois et demi dans cette prison : quand je suis entré, je pesais 60 kilos, et quand je suis sorti, 48 kilos. Mieux qu’un régime !

On avait aussi droit à 4 cigarettes chaque jour, qu’ils distribuaient le matin. Pour moi, qui à l’extérieur fumais entre 30 et 40 cigarettes par jour, ça a été très difficile, surtout au début. Mais quand ils m’ont transféré dans la deuxième cellule, celle depuis laquelle je pouvais communiquer avec mes voisins, j’ai réussi à convaincre des prisonniers non-fumeurs de me donner leurs cigarettes. Ce qu’ils faisaient c’est qu’ils les cachaient dans les serviettes, au moment de la douche. Et quand je passais juste après eux, je pouvais les récupérer… On n’avait pas le droit d’avoir du feu pour allumer les cigarettes et donc on devait le demander aux soldats, qui mettaient parfois plus d’une heure avant d’en donner. Mais au bout d’un moment j’ai eu une idée : je roulais du papier toilette très serré pour fabriquer de longes tiges, je l’humidifiais légèrement pour qu’il se consume moins vite et je l’allumais, au bout, avec ma cigarette. Comme ça je pouvais avoir du feu quand je le souhaitais.

Evidemment on n’avait pas le droit aux visites et donc personne ne pouvait rien transmettre de l’extérieur.

Tu dis qu’au bout de quatre semaines tu as été transféré dans une deuxième cellule depuis laquelle tu pouvais communiquer avec tes co-détenus… Comment communiquiez-vous ?

En criant, le plus souvent. Mais généralement les soldats arrivaient et nous disaient de nous taire. Alors on communiquait en tapant sur les murs. Il y a des codes, que l’on apprend très vite car on n’a que ça à faire… Donc on discutait beaucoup, on se racontait nos vies, mais pas trop, car même dans ces cellules il y a des collaborateurs. On discutait de politique, ou d’autre chose…

Durant la période où j’étais dans ma « deuxième cellule », parfois, pour s’amuser et pour passer le temps, on organisait de petits « événements ». Par exemple on se mettait tous, en même temps, à taper du genou contre la porte des cellules, le plus fort possible. Au bout d’un moment les soldats arrivaient et on arrêtait. Ils criaient « Qui a tapé contre sa porte ? ». Et personne ne répondait.

Parfois on jouait au marché. C’était très drôle [sourires]. Comme les cellules étaient alignées, on faisait comme si on tenait chacun un stand. Il y en a un qui criait « Qui veut mes tomates ? », un autre « Qui veut mes pommes de terre ? », un autre « Qui veut mes falafels ? », on marchandait pour échanger nos produits… Tout ça sans se voir, évidemment. Les soldats arrivaient et hurlaient « Silence ! ». Un jour, alors que les soldats étaient là, un détenu a crié « Qui veut mes kalachnikovs ? » [éclats de rire]…  Les soldats n’ont pas trouvé ça drôle du tout et ils l’ont immédiatement envoyé dans une cellule isolée. Mais on a quand même beaucoup ri ce jour-là…

Si je comprends bien, les seules personnes que tu as vues pendant un mois et demi ce sont les soldats qui gardent les cellules et les membres du Shabak qui mènent les interrogatoires. Tu n’as pas vu un médecin, un avocat ?

Tant qu’on est sous la responsabilité du Shabak et à l’isolement, on n’a pas le droit d’être vu par un avocat. Pendant un mois et demi je n’ai donc pas pu en rencontrer. C’est la loi, en Israël. Mes proches avaient contacté un avocat pour s’occuper de mon cas mais il n’a rien pu faire pendant 3 mois et demi. En effet, bien que la loi impose que l’on passe devant un juge, tous les mois, pour que soit reconduite la période d’interrogatoire, c’est par une cour militaire que l’on est jugé. Trois gradés, assis derrière une table, qui se contentent de dire : « Vous appartenez à une organisation illégale, l’enquête vous concernant n’est pas finie, en conséquence nous renouvelons votre détention pour un mois ». Il y a un avocat, commis d’office, mais lui aussi appartient à l’armée israélienne. Autant dire qu’il ne fait rien pour nous défendre… Cela dure quelques minutes et hop, on retourne en cellule pour un mois.

Un médecin ? Oui, on a le droit de voir un médecin. Mais c’est le médecin de la prison et autant dire que la santé des prisonniers de l’intéresse pas. En raison de la mauvaise qualité de l’eau et à cause de mes vêtements sales, j’ai développé une maladie de la peau. J’avais des plaques blanches un peu partout. Donc j’ai demandé à le voir. Il m’a reçu, m’a examiné et m’a dit en souriant que j’étais en bonne santé et que mon problème venait probablement du fait que ma peau était trop exposée au soleil… Le soleil ! Que je n’avais pas vu depuis des semaines… Il m’a juste donné un comprimé d’Acamol [Paracétamol] et m’a renvoyé en cellule. Quand un détenu allait chez le médecin, il avait le droit à un verre d’eau et, s’il semblait vraiment souffrir, à un comprimé d’Acamol. Et rien d’autre. Certains détenus atteints de maladies graves, comme des infections ou des problèmes au foie ou aux reins, ont parfois attendu des semaines avant d’être envoyés à l’hôpital.

Comment se déroulaient les interrogatoires ? Et que voulaient-ils savoir exactement ?

Ils venaient me chercher à deux dans ma cellule, me menottaient, me bandaient les yeux et m’emmenaient dans la salle d’interrogatoire. Là ils me faisaient asseoir et me menottaient les mains et les pieds à la chaise. Puis ils m’enlevaient le bandeau des yeux et il y avait un homme du Shabak, pas toujours le même, avec un dossier, qui me posait des questions. C’était toujours les mêmes questions qui revenaient :

« Etes-vous membre de … ? »
« Comment avez-vous été recruté ? »
« Qui vous a recruté ? »
« Quel est le nom des gens qui faisaient partie de notre groupe ? »
« Avez-vous recruté des gens dans votre groupe ? »
« Connaissez-vous untel ? Et untel ? »
« Avez-vous participé à telle ou telle opération ? »
« Par qui a-t-elle été préparée ? Où ? Quand ? Comment ? … »

Enfin voilà, ce genre de questions. Parfois il leur arrivait de ne pas m’emmener en salle d’interrogatoire pendant des jours et des jours. Je crois que le plus long ça a été deux semaines. Deux longues semaines pendant lesquelles ils ne m’ont rien demandé. Je pensais qu’ils n’avaient plus de questions à me poser… Et peu de temps après j’ai passé 3 jours consécutifs dans la salle d’interrogatoire, pendant lesquels ils n’ont pas arrêté de me poser les mêmes questions. Pendant trois jours j’ai eu les pieds et les mains menottés à une chaise, je n’avais le droit de me lever que pour aller à la douche (5 minutes) et aux toilettes (2 fois par jour).

Alors ils peuvent toujours dire qu’ils ne m’ont pas frappé pour me faire parler. Mais ce genre de méthodes, moi, j’appelle cela de la torture.

Tu n’as jamais été frappé pendant ces trois mois et demi ?

Si tu entends par « être frappé » recevoir des gifles, des coups de poing ou des coups de pied, non. J’ai eu de la chance car ce n’est pas le cas de tout le monde. Mais en revanche, c’est sûr que pendant les transferts, vers la douche ou vers la salle d’interrogatoire, ils étaient assez brutaux avec moi, en serrant les menottes au maximum, et en me poussant alors que j’avais les yeux bandés.

Et surtout plusieurs fois j’ai été « puni ». Par exemple, ils ne supportaient pas que je fabrique des dominos et des pièces de jeu d’échecs avec le savon. Et comme ils nous fouillaient et qu’ils inspectaient la cellule tous les trois jours, plusieurs fois ils en ont trouvé. Quand j’étais dans la cellule à 6, ils m’ont renvoyé plusieurs fois dans la cellule d’isolement. Pendant une heure, deux heures, parfois plus. Une fois j’ai passé 6 ou 7 heures à genoux, avec les pieds et les poings liés, et c’était vraiment très douloureux. Ils voulaient me dissuader d’essayer de trouver des moyens de passer le temps. Mais je préférais être parfois surpris et puni que de ne rien pouvoir faire dans ma cellule.

Et comment faisais-tu pour passer le temps ?

Le temps, c’est étrange en prison. On n’a évidemment pas de montre, et comme il n’y a pas de fenêtre par laquelle on pourrait voir la lumière du jour, il est difficile de savoir l’heure qu’il est. Le seul moyen qu’on avait pour le savoir, c’est lorsqu’ils apportaient les repas. On savait alors qu’il était à peu près 6 heures, 11 heures ou 14 heures. Quand on n’a rien à faire et qu’on ne sait pas l’heure qu’il est, tout semble tellement long… C’est pour ça que je prenais le risque de fabriquer ces petites choses, pour me distraire.

Prison israélienne

Pendant les deux derniers mois, quand j’étais avec des co-détenus, les choses étaient plus faciles. À plusieurs on s’ennuie moins. On discute, on essaie de trouver des occupations ensemble. Mais à la fin j’en avais tellement marre que j’essayais de dormir le plus possible. Le jour, la nuit, j’essayais de dormir. Mais on avait un problème car la cellule était trop petite pour que l’on dorme tous en même temps : au maximum, en se serrant, seules quatre personnes pouvaient s’allonger et dormir. Donc on se relayait : deux qui discutaient ensemble et quatre qui dormaient. Quand on n’était que cinq, seuls trois dormaient, pour ne pas laisser le cinquième seul.

Mais ces trois mois et demi ont vraiment été très, très longs. Et très durs. Lorsque j’ai fini par voir mon avocat qui m’a dit que j’allais être très bientôt jugé et condamné à deux ans et demi de prison, j’étais heureux de savoir que j’allais quitter cet endroit. Après être passé devant le juge, j’ai été envoyé dans la prison de…, puis dans celle de… J’ai également passé plusieurs mois dans la prison du Négev, dans le désert, où les détenus sont sous la tente et où il fait une chaleur insupportable. Partout les conditions de vie étaient très difficiles. Mais ces trois mois et demi resteront les pires.

A m’a donné bien d’autres détails et raconté de nombreuses autres histoires concernant la suite de sa détention. Puis il s’est brusquement interrompu et m’a montré une vidéo tournée le jour de son retour à la maison, après deux ans et demi d’emprisonnement. A la fin du film il m’a dit : « Il faut que je dorme, maintenant ». Il était alors plus de quatre heures du matin. Cela faisait donc plus de trois heures que nous discutions. Nous nous sommes installés sur des matelas de fortune et il s’est immédiatement assoupi. Juste après m’avoir précisé qu’il préférait dormir la lumière allumée…

source

La crise syrienne déborde au Liban


Le Point.fr – Publié le 13/05/2012 à 10:01 – Modifié le 13/05/2012 à 10:36

Des heurts meurtriers ont lieu à Tripoli, entre quartiers hostiles et favorables à Bachar el-Assad.

Pro et anti-Bachar el-Assad se sont affrontés à Tipoli, grande ville au nord du Liban.Pro et anti-Bachar el-Assad se sont affrontés à Tipoli, grande ville au nord du Liban. © Joseph Eid / AFP

Les affrontements se poursuivaient dimanche à Tripoli, grande ville du nord du Liban, entre quartiers hostiles et favorables à la révolte en Syrie voisine, faisant un nouveau mort, a affirmé une source au sein des services de sécurité. Dans un incident séparé, un officier de l’armée a été abattu, selon une source au sein des services de sécurité, par un tireur embusqué, après des échanges de tirs samedi soir entre l’armée et de jeunes islamistes qui manifestaient pour exiger la libération d’un des leurs soupçonné de « terrorisme » en Syrie.

À Bab el-Tebbaneh, un homme a péri lors d’affrontements entre les habitants de ce quartier à majorité sunnite, hostile au régime syrien, et les résidents du quartier de Jabal Mohsen, alaouite et sympathisant du régime de Bachar el-Assad. Un habitant du quartier sunnite de Kobbé avait déjà été tué samedi soir lors de heurts similaires qui avaient également fait cinq blessés. Une centaine de jeunes islamistes avaient dressé samedi un camp à l’entrée sud de Tripoli et planté des drapeaux noirs sur lesquels était écrite la profession de foi musulmane, ainsi que des drapeaux de l’indépendance syrienne, symbole de la rébellion dans ce pays voisin du Liban.

Des tirs ont ensuite éclaté lorsque ces jeunes, sympathisants de la révolte syrienne, ont tenté de s’approcher d’un bureau du Parti social nationaliste syrien (PSNS), une formation libanaise pro-Assad. Les autorités syriennes ont à plusieurs reprises affirmé que des armes et des combattants passaient clandestinement depuis le Liban pour venir en aide aux rebelles qui cherchent à renverser le régime Assad, après 14 mois de révolte réprimée dans le sang. Le Liban est divisé entre l’opposition, soutenue par Washington et hostile au régime syrien, et le camp du Hezbollah, qui domine le gouvernement et qui est appuyé par Damas et Téhéran.

Source

Ce dimanche, venez nombreux pour soutenir une Syrie libre


Marche

d e  s o l i d a r i t é

A v e c  l e p e u p l e  syrien

Dimanche 13 mai 2012

A v . A l b e r t I I   à p r o x i m i t é d e l a G a r e d u N o r d , à 1 4 h

Encore combien de temps devons-nous attendre avant de se bouger ?!?

Plus de 10.000 personnes ont trouvé la mort en Syrie.

Combien de cadavres d’enfants, de bombardements, de viols, d’actes de torture sont nécessaires pour que chacun de nous se sente assez concerné que pour manifester sa colère face à ce monde spectateur d’une horreur quotidienne ???

Rassemblons-nous, ensemble, pour dire STOP à ces massacres !!!

Tram – 3, 4, 25, 31, 32, 55 – Bus 14, 15, 57, 58, 61

Bus – 128, 129, 212, 213, 240, 241, 242, 243, 355, …

C o m i t é b e l g e p o u r s o u t e n i r l a r é v o l u t i o n s y r i e n n e

B e l g i s c h C o m i t e t e O n d e r s t e u n i n g v a n d e S y r i s c h e R e v o l u t i e w w w . 1 5 m a r s r e v o l u t i o n . c o m

E m a i l : i n f o @ 1 5 m a r s r e v o l u t i o n . c o m

Mardi 15 mai 2012, 64 ans de Nakba


A l’occasion du 64e anniversaire de la Nakba, l’Association Belgo-Palestinienne

vous convie à une rencontre avec

Jaber Suleiman

Sur le thème des

La situation des réfugiés palestiniens au Liban

64 ans après la Nakba

(en anglais)

Mardi 15 mai 2012 à 18h30

9 Quai du Commerce, 1000 Bruxelles

Une vie en suspens : à l’intérieur des camps de réfugiés du Liban

Jaber Suleiman est un réfugié palestinien du Liban, chercheur & consultant indépendant. Il a été consultant pour le programme palestinien de l’UNICEF dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban et a été boursier d’études invité au Refugee Studies Programme de l’Université d’Oxford. Il est un militant du mouvement pour le droit au retour, ainsi que le coordinateur du Centre Aidoun pour les droits des réfugiés. Il  a écrit plusieurs études portant sur les réfugiés palestiniens et le droit au retour.

Infos et réservation : abp.eccp@skynet.be – 02 223 07 56

 

A l’occasion de la 64ème année de la NAKBA du Peuple palestinien

INVITATION

A tout les amis de la PALESTINE

Notre Communauté Palestinienne  vous invite cordialement  à participer à son rassemblement pacifique

 le Mardi 15 mai entre 12H30 et 14H au Rond- point Schumann à Bruxelles.

Nous exigeons l’application de toutes les résolutions des Nations Unies et demandons aux pays européens d’assumer  leur responsabilité historique.

la Communauté Palestinienne en Belgique et au Luxembourg

Dieudonné: « Des policiers avaient honte d’être là »


Par: Loïc Struys
11/05/12 – 03h23Dieudonné a commenté jeudi soir les incidents survenus la veille à Bruxelles. L’humoriste s’en est pris à la ville de Bruxelles, qu’il envisage d’attaquer et qui aurait agi de manière illégale sous la pression du lobby des esquimaux (entendez par là sioniste). S’il ne précise pas le motif de son action en justice, Dieudonné est déterminé à faire face à la guerre déclarée par le système « qui lutte, armé, contre le rire ».

Lire aussi

« Maire » hors-la-loi
Dieudonné est revenu sur les incidents qui se sont déroulés au terme de son spectacle « Rendez nous Jésus » qu’il donnait mercredi soir à Bruxelles sans avoir obtenu l’autorisation préalable des autorités. Interviewé au cours de l’émission « Afro Insolent » présentée par Kemi Seba, plusieurs fois condamné pour incitation à la haine raciale, le « terroriste de l’humour » a stigmatisé le comportement du « maire » de Bruxelles (le bourgmestre Freddy Thielemans, ndlr), qui s’est mis hors-la-loi en détachant « un cordon de CRS (sic), de deux cents personnes, de manière illégale, sans même m’arrêter. Juste pour faire pression ». Et d’ajouter « que les contribuables belges doivent comprendre que beaucoup d’argent a été dépensé hier, de manière illégale ».Selon lui, la ville de Bruxelles a agi sous la pression d’organisations, « qui se cachent derrière la lutte antiraciste, qui changent de noms au gré des arnaques qu’elles montent; elles sont obligées de changer d’étiquettes. Mais elles ont un tel pouvoir qu’elles parviennent à faire déplacer jusqu’à deux cents flics. Je n’ai pas été interpellé. Je n’ai pas reçu de PV. Ils ont mis la pression sur le propriétaire de la salle pour qu’il explose en plein vol. C’est un système mafieux. C’est certainement la première fois qu’une scène en France (re-sic) voire en Europe se voit assiégée par deux cents CRS ».Choas, cafards et drones
Policiers dont il dénonce le comportement. « Ils sont passés par toutes les étapes. Ils avaient envoyé des agitateurs dans la salle. Ils ont utilisé tous les moyens. Beaucoup de policiers avaient honte d’être là ; ils ont précisé à la foule qu’ils étaient choqués. Nous, on attaque; j’ai pris un avocat. Cela ne va pas se passer comme ça ». Face à ce qu’il qualifie de déni de liberté d’expression, Dieudonné s’est dit déterminé à poursuivre son combat contre  « l’empire de l’argent », duquel il veut s’émanciper et face auquel il ne veut pas reculer. « Leur empire (des cafards, à savoir les sionistes, ndlr) n’a jamais été aussi flamboyant qu’à la veille de son chaos. Je vais continuer (mon spectacle), en prévenant les gens au dernier moment. Ils vont peut-être nous envoyer des drones. Si on ne peut plus rire, ça ne vaut plus la peine de rester dans cette société. Le rire est la dernière des libertés. Si on m’empêche de rire avec des armes, je vais composer. Qu’elle que soit la fin, la dignité est la chose la plus importante ».
source: http://www.7sur7.be/7s7/fr/1527/People/article/detail/1436758/2012/05/11/Dieudonne-Des-policiers-avaient-honte-d-etre-la.dhtml

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