Cinq ans de guerre et un peuple syrien qui ne compte pas


Baudouin Loos
Mis en ligne il y a 5 heures

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé le retrait de ses troupes en Syrie, alors que le malheur syrien a 5 ans aujourd’hui. L’édito de Baudouin Loos.

 Vladimir Poutine qui annonce, ce lundi soir, le retrait d’une majeure partie de ses troupes en Syrie, ne vise assurément pas le prix Nobel de la paix, même s’il a tenu à préciser que son armée a permis de relancer le processus de paix entre Syriens. Quand il affirme que la mission de son armée est« globalement terminée » alors qu’il ne s’est même pas sérieusement attaqué à Daesh, on ne peut s’empêcher de penser à George W. Bush qui avait proclamé une bien vantarde et illusoire « mission accomplished » après l’invasion de l’Irak en 2003.

Les prochaines semaines permettront sans doute d’apprécier l’ampleur du retrait militaire russe et de voir s’il (re)met en danger l’allié que Poutine venait de sauver d’une fin funeste, à savoir le dictateur Bachar el-Assad. Cela serait du reste fort étonnant

 En tout cas, le président russe a bien choisi la date de son annonce surprise. Non pas tant en raison des pourparlers qui reprennent à Genève sans beaucoup de conviction. Mais parce qu’elle survient à la veille d’un très lugubre anniversaire.

Le malheur syrien a en effet cinq ans ce 15 mars. Le « printemps », en Syrie, avait commencé à Damas par des manifestations, pacifiques mais néanmoins stupéfiantes pour beaucoup car sans précédent dans cet univers totalitaire. Trois jours plus tard, celles de Deraa, dans le sud, plus dures car elles protestaient contre des tortures infligées à des adolescents, tournèrent au bain de sang. Une expression qui va rester pertinente jusqu’à nos jours.

Faut-il convoquer les statistiques, ces froides abstractions ? Oui, quand même. Ne fût-ce que pour le nombre de 270.000 morts environ. Ou pour rappeler les dix à onze millions de déplacés. Parmi eux, près de cinq millions d’exilés. Dont une partie frappe à la porte d’une Europe qui se raidit, qui prend peur. Qui trahit ses idéaux.

Un conflit aux multiples visages

La dictature de la famille Assad a commencé le 12 novembre 1970 par un coup d’Etat. Hafez el-Assad décéda en 2000 et son fils Bachar reprit le flambeau, dans une république devenue propriété familiale. Alors, quand le vent de liberté des « printemps arabes » souffla jusqu’en Syrie onze ans plus tard, peu d’observateurs s’étonnèrent de la résistance du régime.

Mais la répression de la contestation allait échouer. Pire : les tirs à balles réelles contre les manifestants pacifiques allaient, en moins de six mois, déclencher un conflit des plus âpres, le plus sanglant de ce jeune siècle. Un conflit aux multiples visages. Où s’entrechoquent les intérêts des puissances mondiales et régionales. Où s’aiguisent les appétits des laissés-pour-compte comme les Kurdes. Où s’épanouit l’extrémisme religieux nourri par les injustices.

Dans ce sombre tableau, un acteur majeur semble comme occulté. Le peuple syrien. Il ne compte pas. Ou alors juste dans des chiffres. Telles quantités de réfugiés, de blessés. Qui sont autant de vies brisées dans d’indicibles souffrances.

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Ce dimanche 20 mars, la Grande Parade !


En route vers tout autre chose

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La Grande Parade aura lieu ce dimanche 20 mars à 14h à Bruxelles, à côté de la Gare du Nord (Avenue Albert II), Si vous avez encore des questions plutôt pratiques, vous trouverez certainement des réponses sur notre site web.

Pour rappel, cette parade s’articule autour d’un slogan : « Nous ne sommes pas à contre-courant, nous sommes le courant. Pour demain, vos alternatives sont un plus ! ». L’idée est bien de montrer dans un grand défilé coloré et festif l’ensemble des alternatives que nous avons aux politiques actuelles, et ce sur des sujets aussi variés que l’économie, l’écologie, les politiques d’accueil, les services publics, la démocratie, le commerce international, l’agriculture, et bien d’autres encore … Il y aura en plus : des animations pour les enfantsen début de cortège, 7 grands phares avec des artistes-comédiens disséminés le long du parcours pour animer la parade, une quinzaine de chorales et fanfares à différents points du parcours, un passage symbolique où Molenbeek accueille la Grande Parade et pour finir2h de concert sur 5 péniches à la fin du parcours !

Mais d’ici là, vous pouvez encore nous aider sur trois points !

inviterVous pouvez encore inviter vos amis, votre famille, votre boulanger préféré, le pharmacien du coin (oui, la grippe est méchante cette année). Bref, si vous venez, passez le mot ! Et relayez un maximum le message sur les réseaux sociaux en invitant à l’évènement Facebook de la Grande Parade. Ou en changeant votre photo de profil sur Facebook grâce à l’outil créé pour cela !

bénévoleNous avons besoin de bénévoles pour le jour de la Parade. Pour assurer la sécurité, pour pousser des petits chars, pour aider à l’animation, … Pour vous inscrire, n’hésitez pas à remplir le formulaire ici ! Nous avons besoin de :

  • Stewards (Ils accompagnent la parade, gardent un oeil sur le cortège et veille au tempo) (13.00-16.00)
  • Pousseurs de voiles (Ils sont responsables de pousser une des 5 grandes voiles) (13.00-16.00)
  • Vendeurs (Ils vendent des badges dans la Parade pour Tout Autre Chose) (13.00-16.00)
  • Responsables Animation (Ils sont responsables de la gestion des groupes de musiques le long du parcours) (12.00-15.00)
  • Mise en place (Ils assistent à la mise en place de l’espace de clôture de la Parade) (10.00-14.30)
  • Moment de clôture (Ils assistent pendant et après la parade à l’évènement final de clôture) (14.30-19.30)

financer52% du crowdfunding lancé est déjà complété. C’est bien mais on peut mieux faire ! Nous voulons autant que possible assurer un financement citoyen de la parade et c’est grâce à vous et vos relais que cela peut être possible. Plus d’informations sur le financement de la parade par le crowdfunding ici !

A dimanche en forme !

QUELLE UTILISATION DE CES VIDÉOS ?


«L’IDÉE DE MÉMOIRE COLLECTIVE N’EST PAS QUELQUE CHOSE D’ÉVIDENT EN SYRIE»

Et maintenant ? Que faire de toutes ces vidéos ? En 2011, le réseau Shaam News en comptait 700 000 sur sa chaîne YouTube. Plus encore l’année suivante. Il est impossible de savoir avec précision combien ont été mises en ligne ces cinq dernières années. Certaines ont été supprimées par leurs auteurs, d’autres par l’armée électronique de Bachar al-Assad, qui sévit depuis mai 2011. Facebook et YouTube procèdent également à la suspension de pages au contenu trop violent. Hadi s’insurge, huit des siennes ont été fermées par Facebook.

Parce que ces vidéos disparaissent, les hackers du collectif Telecomix ont décidé, dès 2011, de les télécharger pour les archiver et les rendre accessibles à tous. «Au fur et à mesure, nous avons amélioré l’outil, récupéré automatiquement des vidéos, mis en ligne le site broadcast.telecomix.org [qui n’est plus fonctionnel] en essayant d’indexer le contenu par jour et par localisation», explique par mail Okhin, l’un des membres de l’opération #OpSyria menée en Syrie pour contourner la censure. Telecomix aide également les internautes syriens en leur envoyant des guides de connexion traduits en arabe ou en court-circuitant une partie de l’Internet domestique pour les rediriger sur une page qui donne des conseils pratiques. Lassés par la durée de la crise, les hackers de Telecomix ont mis fin à leur opération : «Le site n’est plus maintenu depuis plus d’un an maintenant, essentiellement par manque d’espace disque et de temps. Comme nous préservions les URL d’origine, il devrait cependant être possible de récupérer une grande partie des données assez facilement pour reconstruire ce site si quelqu’un veut s’en donner la peine.»

MANQUE DE MOYENS

Peut-on dire pour autant qu’Internet ou YouTube est une archive ?«Je dirais plutôt qu’il s’agit d’un ensemble de documents, explique Ulrike Riboni, attachée temporaire d’enseignement et de recherche à l’université Paris-VIII. Le document, c’est l’objet brut, et l’archive, c’est ce qui a été hiérarchisé, annoté, classé, réemployé.» «Une vidéo n’est jamais qu’un document parmi beaucoup d’autres qu’il faut contextualiser», complète Barbie Zelizer, responsable de la revueJournalism : Theory, Practice and Criticism. Or de nombreuses vidéos syriennes sont anonymes, il est donc impossible de savoir quelles sont les personnes apparaissant à l’image, qui a filmé et qui a procédé à la mise en ligne.

Des initiatives individuelles essayent de recontextualiser ces vidéos avant de les archiver, comme le site internet la Mémoire créative de la révolution syrienne, fondé en mai 2013 par Sana Yazigi. Elle archive, avec une poignée d’autres, le contenu artistique de la révolution (vidéos, photos, peintures, dessins, graffitis…). Ils cherchent, trient et traduisent (en arabe, français et anglais) ces contenus. «Pour chaque événement – un état de siège, un bombardement par baril… –, on va chercher comment les Syriens et les Syriennes se sont exprimés dessus et on rassemble les documents.» A terme, Sana aimerait ouvrir complètement sa plateforme pour que tous les internautes puissent participer, mais elle manque de moyens.

Le manque de moyens, c’est l’éternel problème des différents projets d’archivage numérique. En 2013, Ulrike Riboni voulait monter un projet pour indexer et archiver les vidéos des mouvements protestataires dans le monde : «Il s’agissait d’un projet collaboratif avec une part de sélection et d’analyse manuelle, et une part d’archivage automatique assistée par ordinateur. On avait même pensé à un développement basé sur la reconnaissance d’images pour permettre une indexation visuelle et non textuelle.» Faute d’argent, son projet n’a jamais vu le jour. Chamsy Sarkis, fondateur de Smart, se bat actuellement pour les mêmes raisons. Smart News Media travaille depuis l’été 2015 à la création d’un lexique sémantique pour un moteur de recherche : «L’idée, c’est de travailler avec les synonymes. Si par exemple l’internaute cherche “Daech”, toutes les occurrences comme “Etat islamique” s’afficheront également car tous les journaux arabes n’utilisent pas tous les mêmes dénominations.» Plus spécifiquement, ce module ne concerne que la Syrie. «Si bien que si l’on cherche “régime”, le moteur va savoir qu’il s’agit du régime syrien.» Pour l’instant, la start-up a répertorié entre 8 000 et 9 000 mots-clés en arabe et croise plus de 600 références (pages Facebook, Twitter, sites internet). Chamsy Sarkis se donne deux ans pour développer son projet s’il ne trouve pas de financements supplémentaires d’ici là.

MÉMOIRE COLLECTIVE

Reste la question épineuse du droit. «Pour l’instant, on ne fait que copier une matière dans un but de préservation. On reproduit le contenu et son contexte (date de production, de reproduction, les liens trouvés) mais on ne peut pas réellement l’utiliser», explique Sana Yazigi. Storyful affirme demander l’autorisation des auteurs mais ne les paie pas. Le rédacteur en chef dit ne faire que «vérifier des histoires et les montrer au monde. Quand les « casques blancs »[les secours] font une vidéo, ils la font dans un but de communication publique, on ne fait que relayer».

 

«La mémoire collective a besoin d’expériences partagées intenses,explique Barbie Zelizer. Et la guerre est l’expérience la plus intense. C’est physique, c’est douloureux, c’est lié à l’émotion.» Reste à savoir quelle mémoire collective les Syriens garderont de cette révolution. Ceux de Damas n’auront pas la même que ceux d’Alep ou de Madaya, ville assiégée et affamée«A la différence de l’histoire, la mémoire collective, elle, n’est jamais stable, jamais distante, et encore moins objective.» Elle est le fruit d’un souvenir, d’un passé subjectif qu’on ressasse. «Elle se transmet même à travers des personnes qui n’ont pas directement vécu les événements», complète Jill Edy, spécialiste des médias et de la politique à l’université d’Oklahoma. YouTube risque de changer notre rapport à cette mémoire. «La préservation des vidéos par YouTube va peut-être réduire le pouvoir social des autorités à créer une histoire qui leur convient. Pour autant, cela ne veut pas dire que la mémoire collective sera plus représentative pour “le peuple”. Elle est souvent influencée par la “fin de l’histoire”. Dans le contexte syrien, si le régime de Bachar al-Assad survit, l’histoire se souviendra de comment il a survécu. Si un nouveau gouvernement le remplace, c’est son arrivée au pouvoir qu’on gardera en mémoire.»

Pendant des décennies, le régime syrien s’est attaché à détruire ou à dissimuler les archives afin de réécrire sa propre histoire. «L’idée de mémoire collective n’est donc pas quelque chose d’évident en Syrie,explique Chamsy Sarkis. Elle est beaucoup plus développée en Occident parce qu’il y a eu un vrai travail dessus après la Seconde Guerre mondiale. En Syrie, à part les intellectuels et quelques activistes, peu de personnes se soucient de l’importance de la mémoire, or ce sont les ruraux et non les intellectuels qui constituent le cœur du milieu révolutionnaire.» Alors que la guerre bat son plein, la question peut aussi paraître prématurée. «On ne sent pas forcément la nécessité de construire une mémoire avant de commencer à oublier.» Mais au lendemain de la guerre, ces vidéos, si elles sont archivées et contextualisées, seront une des pièces essentielles pour permettre aux Syriens de s’approprier l’histoire de leur révolution.

Texte Fanny Arlandis (à Beyrouth)
Production Libé Six Plus

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Othman, Yasser, Khaled, Mountazer, quatre destins bouleversés par la guerre en Syrie


RTL INFO

La guerre en Syrie qui entre mardi dans sa sixième année a bouleversé la vie de millions de personnes dont celles d’un écolier qui aimait les mathématiques, d’un luthier talentueux, d’un marchand d’étoffes épris de liberté et d’un ouvrier. Le conflit a débuté en mars 2011 après la répression sanglante par le régime de Bachar al-Assad de manifestations réclamant réformes et liberté. Il a tué au moins 270.000 personnes et forcé plus de la moitié de la population à fuir. L’AFP raconte quatre de ces destins brisés.

Othman, l’écolier qui aimait les mathématiques

Couvert de graisse et d’huile, Othman al-Najjar, 12 ans, s’extrait des entrailles de la voiture qu’il répare dans un garage du sud de Damas. Depuis que sa famille a dû fuir une banlieue de la capitale ravagée par les combats, il travaille ici, avec son frère Rached, pour 4,5 euros par semaine. Sans leur salaire, la famille ne pourrait pas survivre car leur père, malade, ne peut pas travailler. Othman rêvait d’une autre vie, avec des jouets plutôt que des pièces détachées, mais la guerre en a décidé autrement.

« Avant que tout n’éclate, je passais mon temps à étudier et à jouer. Maintenant mon visage est constamment collé contre le moteur des voitures et couvert de graisse et d’huile. C’est ma vie et je ne peux rien changer », confie-t-il le coeur gros. « J’aurais préféré étudier pour devenir architecte. J’aimais beaucoup les maths à l’école et j’aurais vraiment aimé pouvoir finir mes études », poursuit l’adolescent au corps maigre avant de repartir sous la voiture qu’il répare.

Yasser, le marchand d’étoffes assoiffé de liberté

Avec précaution, Yasser Nabhan, 38 ans, remet son treillis sur la prothèse qui lui sert de jambe droite. « Avant, je vendais des étoffes dans le souk d’Alep, un des plus vieux du monde », se souvient cet homme qui habite aujourd’hui dans une ville divisée entre quartiers rebelles et prorégime. Il se rappelle de ces jours paisibles avec sa femme et ses quatre filles comme « les plus beaux » de sa vie.
Quand les manifestations antirégime ont commencé, Yasser a rejoint les cortèges même s’il savait « que le prix à payer pour la liberté serait très élevé ». Puis il a pris les armes. La journée, il vendait des étoffes au souk et le soir il se transformait en redoutable franc-tireur visant les partisans du régime. Puis la vie bascula en 2013. « J’ai été blessé par une mine posée en bord de route. J’ai perdu ma jambe et je suis devenu handicapé ».

Il y a quelques mois, face à l’offensive du régime et de l’armée russe sur Alep, sa femme et ses enfants ont fui vers la Turquie. Lui est resté, et malgré la solitude, il se sent libre dans la zone où il vit et travaille comme assistant administratif pour les rebelles. « Je ne pourrai jamais quitter ma ville. Tout ce que j’ai sacrifié n’est rien comparé à la liberté, la justice et l’égalité. »

Khaled, le luthier exilé
Visage doux, Khaled Halabi, 31 ans, reçoit dans la petite pièce d’un sous-sol qui lui sert d’atelier dans un pays, le Liban, qui n’est pas le sien. Face aux combats qui ravagent sa Syrie natale, il n’a eu d’autre choix que l’exil avec sa femme et sa fille, laissant derrière lui tout ce que sa famille avait bâti au fil des générations. Les Halabi fabriquent des ouds, ces luth orientaux, depuis 120 ans. L’un de ces instruments fabriqués par le grand-père de Khaled fut même offert à la diva Oum Kalthoum et gardé dans une collection privée du Caire.

« Notre usine était à Daraya (près de Damas) mais lorsque la guerre a éclaté nous n’avons plus pu nous y rendre », raconte Khaled. « La guerre nous a endurcis. Nous avions tout en Syrie, je ne savais pas ce que cela voulait dire de payer un loyer, ma maison était à moi, mon usine était à moi… Ici, je dois courir tout le temps pour juste arriver à payer le loyer ». Khaled fabrique 10 ouds par mois avec l’aide de son ami Khalil, un Syrien d’Alep. Même si son atelier n’est plus qu’une fraction de ce qu’il avait en Syrie, il se réjouit de continuer la tradition familiale.

Mountazer, l’ouvrier devenu photographe
Mountazer, 25 ans, est assis le regard rivé sur l’écran de son ordinateur portable où il télécharge les photos qu’il vient de prendre sur le front, aux côtés de l’armée. « Je travaillais comme ouvrier dans la construction dans mon village de Zahra, près d’Alep. Mais avec la guerre, il n’y avait plus de travail car mon village a été assiégé (par les rebelles) ». Il décide alors de faire de la photo et suit ses amis qui se battent avec le régime. « Je gagne aujourd’hui bien plus que ce que je gagnais comme ouvrier dans la construction et pourtant, j’espère de tout mon coeur que cette guerre va se terminer ».

 

Négationnisme : al-kanz et ses lecteurs font reculer les magasins Auchan


 

Les protestations initiées par le site al-kanz après la mise en vente, par la chaîne Auchan, d’un jeu négationniste, plaçant carrément le dôme du Rocher à Al Qods (Jérusalem) sous la bannière israélienne, ont été payantes.

Auchan a apparemment mis fin au scandale, rapporte le site al-kanz, qui avait invité ses lecteurs à intervenir auprès de la chaîne.

Voici l’offre qui figurait encore jeudi sur le site de l’enseigne :

Mais vendredi, en y retournant, al-kanz en a constaté la disparition, comme l’atteste cette capture d’écran.

Il semble qu’on ait été en présence d’une provocation délibérée, al-kanz précisant en effet que le même jeu avait été commercialisé pendant des années, sans la présence malvenue du drapeau israélien.

Source : https://www.al-kanz.org/2016/03/11/dome-du-rocher-israelien/

CAPJPO-EuroPalestine

Trêve en Syrie : « C’est comme si on invitait les Syriens à s’entretuer »


En excluant de la trêve annoncée le front Al-Nosra, l’accord n’empêchera pas les bombardements russes et syriens contre les rebelles alliés objectifs d’Al-Nosra sur le terrain. Interview du spécialiste Ziad Majed.

Dans la région de Deraa dans le sud de la Syrie. (Photo d'illustration) (MOHAMAD ABD ABAZID / AFP)Dans la région de Deraa dans le sud de la Syrie. (Photo d’illustration) (MOHAMAD ABD ABAZID / AFP)

270.000 personnes tuées en Syrie depuis 2011 et combien d’espoir de cessez-le-feu douchés. Encore une fois, la trêve annoncée lundi 22 février par les Etats-Unis et la Russie ne suscite pas un grand optimisme. Pour le spécialiste de la Syrie, Ziad Majed, professeur des études du Moyen-Orient à l’université américaine de Paris, cet accord montre une « volonté politique de maintenir le processus politique en vie, de dire qu’il est possible finalement, après une certaine trêve, de reprendre les négociations avec Bachar al-Assad ».

Sur le terrain, s’il peut permettre l’acheminement de l’aide humanitaire et du ravitaillement dans les villes assiégées, le cessez-le-feu ne tient pas la route. En excluant de cette trêve l’Etat islamique(EI), la coalition menant sa propre guerre contre les djihadistes, mais surtout le front Al-Nosra, allié objectif de certains groupes rebelles syriens, l’accord laisse faire les bombardements russes sur les positions tenues par les rebelles qui combattent Bachar al-Assad. Décryptage par Ziad Majed,auteur de  Syrie, la révolution orpheline, (Ed.Sindbad/Actes Sud). 

Barack Obama a insisté sur la nécessité du respect de cet accord pour notamment « se concentrer » sur le combat contre l’EI. Cette trêve aura-t-elle des conséquences sur les djihadistes ?

– Je ne pense pas que cela aura des conséquences directes. L’EI, d’ailleurs, se prépare déjà à une campagne militaire pour faire face à une possible concentration de feu sur ses troupes. Une intensification des bombardements sur les positions des djihadistes ne changera rien sur le terrain tant qu’il n’y a pas de possibilités de mener une guerre terrestre contre ces derniers. Une telle guerre ne peut se réaliser sans un consensus politique entre Syriens.

Or, ce consensus ne peut pas être trouvé puisque l’opposition n’acceptera jamais une alliance avec Bachar al-Assad dont le régime a tué plus de 90% des victimes civiles du conflit. Il n’y a aucune raison pour eux de se sacrifier pour une lutte contre l’EI qui permettrait que leur bourreau reste en place. Réduire toute la cause syrienne à une guerre contre l’EI est une perception occidentale qui ne prend pas en considération les centaines de milliers de Syriens tués et les millions de Syriens blessés, détenus et déplacés, même si, bien sûr, il faut lutter aussi contre l’EI.

En revanche, si cet accord n’aura que des conséquences négligeables sur l’EI, sur le front Al-Nosra, les conséquences seront plus compliquées pour l’opposition.

Pourquoi ?

– Il faut rappeler certaines éléments importants. Al-Nosra est la force principale dans la région d’Idlib, au nord-ouest de la Syrie. Elle est également présente à Alep, et beaucoup moins dans le sud du pays à Deraa.

La direction d’Al-Nosra a fait allégeance à Al-Qaïda après la naissance de l’EI en 2013 dans un contexte de concurrence entre les deux groupes djihadistes. Mais une grande partie des membres d’Al-Nosra sont des enfants des villes et des villages où ils combattent. Ils ont rejoint Al-Nosra parce que le groupe paye mieux, parce qu’ils sont plus disciplinés, mieux équipés. Al-Nosra a conclu des accords avec une partie de l’opposition armée, notamment avec Ahrar al-Shal, les « Libres du Levant », une des grandes forces militaires, islamistes mais pas djihadistes, de l’opposition.

Ils ont créé en 2014 « L’armée de la conquête » qui a gagné trois grandes batailles contre les forces du régime, et contrôle aujourd’hui tout le gouvernorat d’Idlib. Ils ont été visés par l’aviation russe dès le 30 septembre. Tout le monde sans distinction. Rien ne permet de dire que ça ne va pas continuer.

Et puis, il y a d’autres groupes, qui ne sont pas liés à al-Nosra directement car il ne partagent ni leur idéologie, ni leur programme politique, mais qui évitent les hostilités : les groupes de l’Armée syrienne libre, les bataillons et les brigades locaux, que ce soit à Idlib ou à Alep.

Les Russes pourront toujours dire qu’ils bombardent al-Nosra, alors qu’ils cibleront ces rebelles. Par ailleurs, le régime syrien considère tous les groupes rebelles comme terroristes. Rien n’est vraiment clair.

Comment vont réagir les forces de l’opposition ?

– Ca va être compliqué, parce qu’avec cet accord on leur demande de se désolidariser d’Al-Nosra. Mais certains sont de la même famille, du même village ! Cette trêve, même si certains peut-être la souhaitent, peut entraîner des conflits entre Al-Nosra et l’opposition syrienne. Al-Nosra, s’ils sont visés, va forcer les autres à se positionner : avec ou contre eux. S’ils les abandonnent, ils perdent des alliés de poids, s’ils restent, ils seront des cibles eux-mêmes.

En fait, c’est comme si on les invitait à s’entretuer pour montrer qu’ils ne sont pas terroristes. C’est ce que les Russes et Assad souhaitent. On les force à une guerre civile dans chaque ville et village sans proposer, un instant, une perspective politique globale.

Dans les territoires contrôlés par l’EI, il n’y aura pas ce genre de problèmes car ils ont chassé tout le monde.

Cet accord entérine-t-il le fait que la priorité de la lutte c’est l’EI, et non plus Bachar al-Assad ?

– C’est plus ou moins cela, même si les Américains insistent en même temps pour dire que Bachar al-Assad « doit partir ». Sauf que dire « doit partir » sans aucune mesure politique ou militaire, avec une accélération de l’offensive contre l’EI, maintient, ce qu’ils appellent, des « ambiguïtés constructives ». Mais en faisant cela, ca devient  « des ambigüités destructrices » dans le cas syrien où la crise pourrit de plus en plus.

Du côté russe, évidemment, c’est Assad le partenaire, il faut anéantir l’opposition. Pour qu’on ne puisse plus choisir qu’entre Assad et l’EI.

Dans une interview au journal espagnol « El Païs », le président syrien dit vouloir être « celui qui aura sauvé son pays ». Peut-on imaginer qu’un accord est déjà négocié pour le laisser au pouvoir ?

– Il y a deux interprétations. L’une, optimiste, qui veut, en effet, qu’il y a déjà des accords entre Russes et Américains qu’ils imposeront à tous les autres acteurs du conflit et qui maintiendra Assad au pouvoir. Les Russes promettant qu’il ne se représentera pas à la fin de son mandat, qu’il y aura une transition après que la guerre contre le terrorisme soit gagnée.

L’autre interprétation, qui me semble plus réaliste, c’est qu’Assad, lui-même, veut rester en créant toutes les conditions pour qu’il soit incontournable. Rien ne le force à partir : les Russes resteront garant de sa présence, les Etats-Unis vont bientôt changer d’administration, et leur nouvelle politique étrangère va mettre du temps à s’élaborer. Cela ne m’étonnerait pas qu’il prépare sa propre succession. Son fils s’appelle Hafez comme son père.

Propos recueillis par Sarah Diffalah

source

#SAFEPASSAGE NOW! :


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FR// Le 27 février, des citoyens se mobilisent dans toute l’Europe pour réclamer à nos gouvernements et aux institutions européennes d’agir maintenant pour garantir les droits humains fondamentaux de toute personne cherchant protection en Europe.

13h30 – Rassemblement – Esplanade de la gare du Nord – Bruxelles
14h – Départ de la manifestation
16h – Discours, musique, stands et convivialité
17h – Fin

NL// Op 27 februari 2016 komen burgers in heel Europa op straat om te eisen van onze regeringen en de Europese instellingen dat ze de fundamentale mensenrechten garanderen voor al wie bescherming zoekt.

13u30 – Verzamelen – Plein voor het Noordstation – Brussel
14u – Vertrek
16u – Toespraken, muziek, eetkraampjes en gezelligheid!
17u – Eind

EN// On 27 February 2016 European citizens will come together in cities across the continent to stand up for human rights in Europe. We are demanding that our governments and European institutions take action now to guarantee the fundamental human rights of people seeking protection.

13.30: Meeting point Esplanade – Brussels North Station
14.00: Start of the march
16.00: Arrival – speeches, music, meeting place
17.00: End

FR//NL//EN

Le 27 février 2016, les citoyen.ne.s européen.ne.s se mobilisent massivement pour manifester en faveur des droits de l’Homme à travers toute l’Europe.

Ce sont plus de 80 villes dans 20 pays d’Europe et du monde qui manifesteront ce jour-là pour demander aux institutions européennes et à nos gouvernements d’agir pour ouvrir des voies de passage sûr pour toute personne qui cherche protection.

#SAFEPASSAGE : des routes sûres et légales : plus aucun mort à nos frontières.
#SAFEPASSAGE : une protection de tou.te.s les réfugié.e.s tout au long de leur parcours en Europe.
#SAFEPASSAGE : des normes d’accueil et d’asile élevées dans tous les pays européens et la cessation de la limitation des droits des demandeur.se.s d’asile et des réfugié.e.s – leur permettre de garder leurs possessions, de faire venir leur famille, d’avoir une stabilité en termes de droit de séjour.

Ces personnes fuient la guerre, la persécution et la famine. Le décompte de 363 femmes, hommes et enfants décédés en Méditerranée rien qu’en janvier 2016 ou les conditions de vie inhumaines dans les camps de Calais et Dunkerque nous le montre quotidiennement.

Il est aujourd’hui urgent d’agir.
Rejoignez-nous à Bruxelles et réclamons à nos gouvernements et aux institutions européennes de garantir les droits humains fondamentaux de toute personne cherchant protection, déjà présente ou non sur le territoire européen.

Une initiative citoyenne en collaboration avec la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, Bredene met een hart voor vluchtelingen, Solidarity4all, Community support group for refugees, Réseau Inter-Collectif Refugees.

Avec le soutien du CIRE, de Vluchtelingenwerk Vlaanderen, de Médecins Sans Frontières, de Médecins Du Monde, de Hart boven hard, de Tout Autre chose, d’Amnesty International, d’Agir pour la Paix, du MRAX, d’Amitiés sans frontières, du réseau ADES, de Greenpeace, de la Ligue des droits de l’homme, de Change Partnership, du Colectivo García Lorca, du CNCD-11.11.11, de Clowns Without Borders, de deMens.nu, du Centre d’action laique, d’Oxfam Solidarité, de WeCanHelp, du MOC, de Humanistisch-Vrijzinnige Vereniging, de la CSC-ACV et la FGTB/ABVV.

La liste des participants: https://www.facebook.com/events/586531178166656/permalink/587252931427814

NL//

#SAFEPASSAGE NOW!
Op 27 februari 2016 komen burgers in heel Europa op straat om te betogen voor de mensenrechten in Europa.
In meer dan 80 steden in 20 landen in Europa en de rest van de wereld wordt er op die dag betoogd om te eisen van onze regeringen en de Europese instellingen dat ze nu actie ondernemen om een veilige doortocht mogelijk te maken voor al wie bescherming zoekt.
Sluit je bij ons aan in Brussel en eis van onze regeringen en de Europese instellingen dat ze de fundamentale mensenrechten garanderen voor al wie bescherming zoekt.

#SAFEPASSAGE : veilige en wettelijke routes: geen doden meer aan onze grenzen.
#SAFEPASSAGE : bescherming voor alle vluchtelingen tijdens hun volledige reis door Europa.
#SAFEPASSAGE : hoge normen qua opvang en asiel in alle Europese landen, geen afbreuk meer doen aan de rechten van asielzoekers en vluchtelingen, dus ook ervoor zorgen dat zij hun bezittingen mogen behouden, gezinshereniging toelaten en stabiliteit garanderen wat het verblijfsrecht betreft.

Deze mensen vluchten voor oorlog, vervolging en honger. Getuige daarvan zijn de 363 vrouwen, mannen en kinderen die in januari 2016 verdronken zijn in de Middellandse Zee en de mensonwaardige leefomstandigheden in de kampen in Calais en Duinkerke.

Het is dringender dan ooit om een veilige doortocht te garanderen.
Stap met ons mee in Brussel en eis van onze regeringen en de Europese instellingen dat ze de mensenrechten garanderen voor al wie bescherming zoekt, zowel wie hier reeds is als wie nog zal komen.

Een burgerinitiatief in samenwerking met het Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, Bredene met een hart voor vluchtelingen, Solidarity4all, Community support group for refugees, Réseau Inter-Collectif Refugees.

Met de steun van CIRE, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, Artsen Zonder Grenzen, Dokters van de Wereld, Hart boven hard, Tout Autre chose, Amnesty International, Agir pour la Paix, MRAX, Amitiés sans frontières, ADES, Greenpeace, Ligue des droits de l’homme, Change Partnership, Colectivo García Lorca, CNCD-11.11.11, Clowns Without Borders, deMens.nu, Centre d’action laique, Oxfam Solidariteit, WeCanHelp, MOC, Humanistisch-Vrijzinnige Vereniging, ACV-CSC en FGTB/ABVV.

De link naar de andere Europese deelnemers: https://www.facebook.com/events/586531178166656/permalink/587252931427814

EN//

#SAFEPASSAGE NOW!

On 27 February 2016 European citizens will come together in cities across the continent to stand up for human rights in Europe.

More than 60 cities in 19 countries in Europe and the world are taking part in this demonstration to ask our governments and the European Institutions to take action now to open safe passage routes for all those who seek protection.

#SAFEPASSAGE : legal and safe routes: no more deaths at our borders.
#SAFEPASSAGE : protection for refugees on their travel through Europe.
#SAFEPASSAGE : high standards of reception and asylum in all European countries, no longer diminishing the rights of asylum seekers and refugees, allowing refugees to keep their belongings, allowing them to be reunited with their families and providing stability as far as their right of residence is concerned.

These people are running away from war, persecution and starvation. A death count in the Mediterranean Sea of 363 women, men and children in January 2016 and appalling conditions in refugee camps like Calais and Dunkirk speak for themselves.

The need to provide safe passage has never been more urgent.
Join us in Brussels to ask our governments and the European Institutions to guarantee the fundamental human rights of people seeking protection, both those already here and those yet to come.

A citizens’ initiative in cooperation with Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, Bredene met een hart voor vluchtelingen, Solidarity4all, Community support group for refugees, Réseau Inter-Collectif Refugees.

Supported by CIRE, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, MSF, MDM, Hart boven hard, Tout Autre chose, Amnesty International, Agir pour la Paix, MRAX, Amitiés sans frontières, réseau ADES, Greenpeace, Ligue des droits de l’homme, Change Partnership, Colectivo Garcia Lorca, CNCD-11.11.11, Clowns Without Borders, deMens.nu, Centre d’action laique, Oxfam Solidarity, WeCanHelp, MOC, Humanistisch-Vrijzinnige Vereniging, ACV-CSC et FGTB/ABVV.

Check the list of European participants here: https://www.facebook.com/events/586531178166656/permalink/587252931427814

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