Djihad au pays de Cham 1/Les Marocains


Début de la refonte de ma série sur les combattants étrangers en Syrie, côté insurrection, baptisée désormais Djihad au pays de Cham. Je commence avec les Marocains, contingent que je n’avais pas encore traité.

En novembre 2013, Fernando Reinares, spécialiste espagnol des djihadistes nationaux partis se battre en Syrie et en Irak, estimait à 900 les Marocains présents en Syrie. En avril 2014, plusieurs spécialistes portaient le nombre à 1 5001, voire 2 000 en ajoutant les Belges, Français ou Espagnols d’origine marocaine, qui ne seront pas traités ici. Le centre israëlien Meir Amit, en mai 20142, estimait leur nombre à quelques douzaines seulement (!). Les autorités marocaines évoquent jusqu’à 2 000 Marocains partis se battre en Irak et en Syrie ; le ministère de l’Intérieur donnait le chiffre de 1 122 en 2014, avec 200 morts au combat et 128 qui sont revenus et font l’objet d’une surveillance. En novembre 2014, des chiffres font état de 219 Marocains tués en Syrie, 32 en Irak, dont 20 dans des attaques suicides3. Mais les autorités expliquent aussi que seulement 18% de ces derniers ont un casier judiciaire avant leur départ en Syrie, ce qui rend difficile la surveillance une fois qu’ils sont revenus. La réputation des Marocains sur le théâtre du djihad n’est plus à faire : ils occupent des fonctions importantes, notamment au sein de l’Etat Islamique, à la fois politiques, militaires et logistiques. Comme combattants, ils sont particulièrement redoutés, et on les dit plus volontaires pour les attaques suicides. D’autres sources pourtant expliquent qu’au sein de l’Etat Islamique, les trois quarts des Marocains seraient pluôt des combattants de base, servant pour la protection des convois ou comme seconde vague lors des assauts4. Le gouvernement marocain est persuadé que les djihadistes nationaux accumulent une expérience destinée à être réinvestie dans leur pays d’origine5.

Pour Romain Caillet, le djihad syrien n’a pas pris l’ampleur, au Maroc, d’un phénomène de société, comme cela peut être le cas en Tunisie6. Néanmoins, comme pour beaucoup d’autres pays, le djihad syrien dépasse déjà par ses proportions tous les autres phénomènes historiques comparables, jusqu’à celui en Afghanistan contre les Soviétiques. Ahmad Rafiqi, qui avait été le chef du djihad marocain en Afghanistan contre l’URSS, est d’ailleurs mort en Syrie le 13 mars 2014. Les Marocains, en outre, privilégient la Syrie et l’Irak comme terre du djihad par rapport au Mali, un autre « point chaud » en particulier depuis l’intervention française (opération Serval) de janvier 2013.
Comme c’est le cas là encore pour d’autres contingents, la présence des Marocains en Syrie est difficile à tracer jusqu’à l’été 20127. Les premiers ont probablement combattu au sein de Jabat al-Nosra, venant d’al-Qaïda en Irak8. En août 2012, on voit un premier martyre marocain, Abu Mus‘ab ash-Shamali, qui se jette contre un bâtiment de l’armée syrienne à Nayrab, entre Alep et Idlib. En septembre 2012, 8 Marocains auraient été tués dans la province d’Idlib au sein du bataillon al-Furqan9. En mars 2013, un autre kamikaze, Abu Ayman, lui aussi de Jabat al-Nosra, se jette sur un checkpoint du régime près de Qusayr (province de Homs). Abu Hajaral Maghribi (Yassin Buhurfa), ancien militant islamiste et commandant de brigade d’al-Nosra, est mort le 26 janvier 2013 au nord de Jish ash-Soughour, dans la province d’Idlib. En février 2013, on parle de plus de 40 Marocains partis faire le djihad en Syrie, venus essentiellement du nord du pays. Les autorités évoquent 80 départs en juillet 2013, chiffre alors probablement sous-estimé10.

Gidéon Levy: Pour les péchés de l’occupation, les boycotts sont une punition légère


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Orange ou SodaStream, boycott universitaire ou artistique, les pénalités s’aggraveront tant qu’Israël persistera dans la colonisation, l’exploitation et le vol de la terre palestinienne

Que défendez-vous ? Pour quoi vous battez-vous ? Sur quoi les Israéliens se retranchent-ils maintenant, avec les agressions des politiciens nationalistes et les médias populistes qui fulminent contre le monde. Pourquoi, de façon patriotique, recouvrent-ils les drapeaux orange d’Orange par le drapeau national bleu et blanc ? Quelqu’un a-t-il demandé pourquoi ? Pourquoi le boycott commence-t-il à ronger Israël aujourd’hui, tout cela en vaut-il la peine ?

Comme d’habitude, il y a des questions que ne sont même pas posées. L’introspection, après tout, est un signe manifeste de faiblesse. Et ainsi, on invente une explication qui nous absout de toute responsabilité : le boycott est tombé du ciel, une force majeure incontournable haineuse d’Israël, et la seule façon de la combattre est de contre-attaquer. Israël détient toujours une profusion de réponses sionistes appropriées (et parfois violentes), mais toujours concernant le résultat, jamais les motifs. C’est comme avec le terrorisme, comme avec la position du monde que le député Isaac Herzog, président de l’Union sioniste, de tous les ultranationalistes israéliens, s’est précipité d’étiqueter du nom ridicule de « terrorisme d’un nouveau genre » (se référant aux déclarations de Stephane Richard, le PDG d’Orange). Ne jamais céder. C’est très bien, mais pourquoi ? Nous combattons le boycott, mais pourquoi a-t-il surgi ?

Aujourd’hui, Israël défend la préservation du statu quo. Il se bat contre le monde entier pour préserver son école très évoluée de brutalité et de cruauté, dans laquelle il instruit des générations de jeunes gens pour qu’ils agissent de façon bestiale envers des êtres humains, des personnes âgées et des enfants, pour qu’ils les tyrannisent, aboient après eux, les écrasent et les humilient, simplement parce que ce sont des Palestiniens.

Israël défend la perpétuation de l’apartheid dans les territoires occupés, dans lesquels vivent deux peuples, dont l’un sans aucun droit. Il défend tout son système de justifications pour cela – une combinaison de récits bibliques, de messianisme et de victimisation, assortie de mensonges. Il défend la « Jérusalem unifiée », qui n’est rien d’autre qu’un monstre territorial, où la séparation existe, là aussi. Il se bat pour le droit de détruire la bande de Gaza aussi longtemps qu’il lui plaira de le faire, pour la maintenir comme un ghetto et rester le gardien de la plus grande prison du monde.

Les Israéliens se battent pour leur droit à persister dans la colonisation de peuplement, l’exploitation et le vol de la terre ; pour continuer d’enfreindre le droit international qui interdit la colonisation de peuplement, pour continuer leur pied de nez au monde entier, lequel ne reconnaît pas les colonies. Ils sont aujourd’hui en train de défendre leur droit à tirer sur les enfants qui lancent des pierres et sur les pêcheurs sans défense qui cherchent en mer des bribes de moyens de subsistance au large de la côte de Gaza, leur droit de continuer à arracher les gens de leurs lits au milieu de la nuit en Cisjordanie ; ils se battent pour le droit de placer en détention des centaines de personnes, sans jugement, de détenir des prisonniers politiques, pour les maltraiter.

Voilà ce qu’ils sont en train de protéger, pour quoi ils se battent – pour une région où la plupart d’entre eux ne sont pas allés depuis des années, et sans se soucier de ce qu’il s’y passe, pour une conduite qui est honteuse, même pour certains d’entre eux. Ce sont les péchés et c’est la punition. Croit-on qu’Israël peut continuer sans être sanctionné ? Sans être mis au ban de la société ? Et pour dire la vérité, Israël ne mérite-t-il pas d’être puni ? Le monde ne s’est-il pas montré incroyablement tolérant jusqu’ici ?

Orange ou SodaStream, boycott universitaire ou artistique, ce sont là des punitions légères. Les pénalités s’aggraveront tant qu’Israël ne voudra pas tirer les conclusions qui s’imposent. Par opposition aux tentatives d’Israël et de l’establishment juif visant à détourner le débat, au cœur du boycott, ce n’est pas l’antisémitisme. Au coeur, c’est l’occupation. C’est cela la source de la délégitimation.

La nation peut lutter contre la position du monde entier. Elle peut se lever pour ses droits (qui ne sont pas ses droits) et penser qu’elle se bat pour sa survie. Mais les Israéliens savent-ils ce qu’ils sont en train de défendre aujourd’hui ? Ce qu’ils ne sont pas disposés à céder ? Tout cela vaut-il le coup pour eux ? Ce débat n’a même pas encore été soulevé ici.

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

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PALESTINE – Nos vacances à Gaza


Tandis que la colonisation juive progresse en Cisjordanie et que les colons y assassinent des enfants dans les villages arabes, la vie quotidienne sous blocus et la menace israélienne permanente pèsent sur plus de 1,8 million de Palestiniens coincés dans la bande de Gaza. Au début de chaque été, les Gazaouis s’interrogent cependant, un peu ironiquement ; ils se posent toujours la même question : « Où va-t-on passer les vacances, cette année ? » Des « vacances » 2015 assombries par l’attentat qui a coûté la vie au petit Ali…

Cette question est posée depuis l’an 2000, depuis la fermeture des frontières ; et notamment en 2006, lorsque le blocus total a commencé, imposé par les forces d’occupation israéliennes. Depuis lors, en effet, le déplacement des Gazaouis vers la Cisjordanie ou les voyages pour quelque destination à l’étranger que ce soit sont pour ainsi dire complètement impossibles pour la plupart des résidants de la bande de Gaza.

Bien sûr, les habitants de Gaza ont d’autres préoccupations… Le sujet semble incongru. Mais les habitants de Gaza essaient de donner une vie « normale » (que peut être une vie « normale » à Gaza ?) à leurs enfants ; ils voudraient qu’ils puissent avoir aussi le droit de passer quelques moments de détente, pendant les mois de vacances scolaires.

Pour la majorité d’entre eux, la plage de Gaza est le seul endroit où passer quelques heures par jour, pour d’oublier un peu les difficultés quotidiennes et le souvenir qui plane sur la ville des deux mille personnes tuées, l’été dernier, par les bombardements israéliens.

La plage attire les familles et les jeunes de toute la bande de Gaza ; ils y fuient la chaleur et les coupures d’électricité. Il y a bien quelques coins de campagne, dans les villages situés dans le sud ou tout au nord de la bande de Gaza ; mais ils sont limitrophes des zones tampon imposées par Israël, et ils sont souvent pris pour cible par les tirs de l’armée.
La plage est donc bien le seul lieu où trouver un peu d’espace ; d’autant qu’il n’existe pour les enfants de Gaza aucune association de loisir, ni aucune structure éducative d’été. Seules quelques associations essaient d’en prendre en charge un maximum ; et quelques bibliothèques publiques également, celles qui n’ont pas été détruites par les bombardements, comme l’ont été la plupart des terrains de sport… Les petits passent le temps devant la maison ; dans des quartiers souvent surpeuplés.

Quant aux plus grands, qui souffrent du chômage et de l’absence de perspectives, ils traînent dans les cafés ou dans les rues, à échanger sur un avenir sombre ; ou bien ils se retrouvent eux aussi sur la plage.

Mais l’accès à ce seul endroit de loisir  est quelquefois rendu difficile, par la présence de la marine israélienne ; par ailleurs, aucune infrastructure d’accueil n’existe et les problèmes sanitaires se multiplient sur la plage…

Heureusement, toutefois, que la mer borde la bande de Gaza, sans quoi  les habitants étoufferaient.

Mais ces « vacances » 2015 ont été brusquement assombries, par des colons israéliens, qui ont tué, le vendredi 31 juillet, un bébé palestinien de 18 mois, lors d’une attaque  préméditée, une attaque qui a volontairement provoqué l’incendie de deux maisons, à coups de cocktails Molotov, dans la bourgade de Doma, près de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie.

Il s’appelait Ali Dwabcha, brulé vif, tandis que ses parents ont été sévèrement blessés et que sont frère, Ahmad, âgé de 4 ans, souffre de graves brûlures.

Ce n’est pas la première fois que ce petit village est attaqué par des colons sionistes extrémistes, par les habitants des colonies de peuplement illégales qui l’entourent –les observateurs des Nations unies ont répertorié 120 attaques, depuis janvier 2015, menées contre des agglomérations palestiniennes de Cisjordanie par des colons israéliens-, des attaques terroristes, souvent appuyées et couvertes par l’armée israélienne, et qui demeurent impunies –le plus souvent, aucune enquête n’est même diligentée, et les plaintes sont classées sans suite ; cette fois-ci, cependant, le symbole est trop puissant : la mort de ce bébé a fait vibrer la presse internationale, et le gouvernement israélien, peut-être, sera obligé de poursuivre jusqu’au bout les coupables.

Ali a été pris au piège dans la maison en flammes, dont il ne reste aujourd’hui que les murs, couverts de graffitis racistes et haineux, écrits en hébreu.

Les deux habitations se trouvaient à l’entrée du village : les colons se sont rapidement enfuis, en direction de la colonie de Maale Efrayim (plus de 500 000 colons juifs peuplent les colonies de Jérusalem-est et de Cisjordanie occupée –rappelons-le : en violation du droit international et de la résolution 242 des Nations unies en particulier- ; et le gouvernement israélien autorise chaque année leur expansion).

Des vacances atroces, dont Riham, la mère du petit Ali et de son frère Ahmad, se souviendra toute sa vie durant.

Saad, leur père, lui, a succombé à ses blessures quelques jours après l’attentat…

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MABROUK: PALESTIJNS FESTIVAL IN OOSTENDE – 23 AUGUSTUS 2015


mabroukZin in Palestijnse muziek, dans, poëzie, hapjes, drankjes, …   ? Dan ben je meer dan welkom op ‘Mabrouk’, een Palestijns cultureel festival met een ruim aanbod voor jong en oud.

Het dagfestival heeft plaats op zondag 23 augustus 2015, van 14 tot 22 u. in en rond Vrijstaat-O (Zeedijk 10, Oostende).

Op het programma:

  • van 14 tot 18 u. doorlopend verschillende workshops met o.a. Dabke-atelier (Palestijnse dans), voorleesatelier, circusschool, ‘The Wall’ (graffiti), cartoonfestival, … U Move 4 Peace is van de partij met een sessie ‘Theatre of the Oppressed’.
  • van 19 tot 21.30 u.: optredens met Palestijnse muziek van Haytham Safia en partner, en poëzie met Dirk en Nathan Ooms.

Doorlopend is er mogelijkheid om te genieten van Palestijnse hapjes en drankjes en om langs te gaan bij infostandjes van de verschillende deelnemende organisaties.

De deelname aan de namiddagactiviteiten is gratis.
Voor het avondoptreden betaal je €7 in voorverkoop en €10 aan de inkom.

Reservaties avondactiviteit en alle info: olijvenendadels@gmail.com

Tijdens ‘Mabrouk’ zetten wij het Palestijnse verhaal in de kijker. Dat verhaal is vaak weinig opbeurend, maar biedt hoe dan ook een inkijk in de culturele rijkdom van het Palestijnse volk.

Dit festival is een initiatief van ‘Olijven en Dadels’, een tijdelijke vereniging van de lokale Oostendse afdelingen van Amnesty International, Broederlijk Delen, Oxfam Wereldwinkels en Pax Christi Vlaanderen.

Met de steun van SROS (Stedelijke Raad voor Ontwikkelingssamenwerking).

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Syrie : raids sanglants du régime près de Damas


La ville de Douma, près de Damas, a été visée par des frappes du régime de Bachar Al-Assad, le 16 août.

Au moins 82 personnes, en majorité des civils, ont été tués dimanche 16 août par des frappes aériennes du régime de Bachar Al-Assad sur un fief rebelle près de Damas, et 250 autres ont été blessées.

L’armée de l’air a frappé à plusieurs reprises Douma, une ville située à 13 km au nord-est de Damas et presque quotidiennement touchée par des raids aériens, principale arme du régime contre les insurgés.

« Un massacre délibéré »

« Il s’agit d’un massacre délibéré », a réagi Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une ONG qui dispose d’un large réseau de sources à travers la Syrie. La Coalition de l’opposition syrienne en exil a également dénoncé l’attaque sur Twitter, en estimant que « Assad commet un nouveau massacre à Douma, en visant un marché bondé ».

Les frappes de dimanche coïncident avec la visite du patron des affaires humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien, qui effectue son premier déplacement en Syrie. Arrivé samedi, M. O’Brien a affirmé qu’il venait « évaluer les besoins du peuple syrien afin de lui offrir de l’aide humanitaire », selon la traduction en arabe de l’agence officielle syrienne Sana.

Mercredi, un rapport d’Amnesty international avait accusé le gouvernement syrien de commettre des « crimes de guerre » dans cette région, parlant d’« attaques directes, aveugles et disproportionnées ».

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Des gardes-côtes grecs ont-ils voulu tuer des migrants en mer ? Une vidéo sème le trouble


[youtube https://youtu.be/-5MCBw1pFL4?]

La vidéo, est en train de faire le tour du monde. C’est le quotidien turc « Hürriyet » qui l’a relayé. Elle date d’il y a quelques jours. Elle a été tournée par des pêcheurs turcs, depuis leur bateau.

Les deux marins observent, entre la côte turque et l’archipel grec du Dodécanèse, un navire des garde-côtes grecs. Ce navire serait entré dans l’espace maritime turc. Les garde-côtes grecs s’approchent doucement d’une embarcation de migrants. Tous sont équipés de gilets de sauvetage. Les deux témoins turcs parlent, mais sans jamais le filmer, d’un objet comme une perche, longue, qui dépasserait du navire grec. Mais la vidéo ne montre pas l’objet. Les grecs auraient transpercé le canot gonflable des migrants. Il se dégonfle effectivement en quelques secondes. Le bateau est filmé ensuite en train de s’en aller.

Ce sont les deux témoins qui ont ensuite appelé les gardes-côtes turcs pour sauver tous les migrants.

Sur la vidéo, aucune trace de l’action en elle-même : on ne voit que le bateau grec arriver, puis repartir, et le canot gonflable des migrants couler. C’est le dialogue entre les deux pêcheurs qui accuse. Le voici dans son intégralité, retranscrit et traduit en français. Ce sont les deux pêcheurs qui parlent entre eux.

– “Il y a beaucoup d’ immigrants sur le bateau”

– “Le bateau grec ne peut pas entrer là. Ce territoire nous appartient, ce sont nos eaux territoriales.”

– “Ils ont crevé le bateau.”

– “Ils ont crevé le bateau, maintenant les gens sont dans l’eau.”

– “Il avait comme une lance à la main, ils ont fait couler le bateau.”

– “Ils s’échappent.”

– “Ismail, est-ce que tu as vu des enfants? Est-ce qu’il y a des enfants?”

– “Oui, il y a des enfants.”

– “On va en sauver autant qu’on peut.”

– “Prends cet enfant, prends-le.”

– “Les garde-côtes turcs arrivent.”

L’accusation est grave. Pour l’instant, les garde-côtes grecs n’ont fait aucun commentaire. Leur version est pourtant essentielle pour établir l’ensemble des faits.

Autour de ces îles de la mer Egée, chaque nuit, des dizaines de canots pneumatiques arrivent après une traversée de quelques heures depuis la Turquie. Depuis le début de l’année, 124.000 migrants sont arrivés enGrèce, autant qu’en Italie. La semaine dernière, ils étaient 1 900 nouveaux arrivant selon le Haut Commissariat aux Réfugiés.

La route pour gagner l’Europe par la Grèce est beaucoup plus courte que celle par l’Italie, et les embarcations employées généralement moins dangereuses. Selon l’Office international des migrations, 1.930 personnes sont mortes cette année en essayant de gagner l’Europe par l’Italie, contre 60 qui ont choisi d’entrer par la Grèce.

source

GAZA PLAGE : La voix de la Palestine


Le monde entier nous a vus et entendus, et nous a donné raison, Madame Hidalgo. En Français, en anglais, en arabe, nous avons dit tout haut ce que pense la grande majorité de la population. (Il n’est qu’à voir le résultat du sondage de BFM TV — pourtant peu suspect de sympathie pour la Palestine— auquel plus de 70 % des personnes interrogées se sont dites « choquées » par votre collaboration avec l’occupation israélienne).

[youtube https://youtu.be/9xmfp5gjagQ?]

 

[youtube https://youtu.be/6e-ZamnQV8I?]

 

«Tel-Aviv sur Seine» : une opération éminemment politique


En Cisjordanie, les exactions commises par les colons israéliens se multiplient, jusqu’à avoir, récemment, entraîné la mort d’un bébé et de son père dans l’incendie criminel de leur maison. À Gaza, un an après l’offensive meurtrière de l’été 2014, le blocus se poursuit, et l’on vient d’apprendre dans un rapport de l’ONU que pour la première fois depuis 50 ans, la mortalité infantile était en hausse. À Paris, pour dénoncer ces crimes, on organise une grande fête sur les bords de Seine, en l’honneur de Tel-Aviv. Vous avez dit indécence ?

TEL-AVIV, C’EST ISRAËL

«Mais il ne faut pas confondre Tel-Aviv, une ville, et Israël, un État !», disent-ils. L’argument pourrait faire sourire si la situation n’était pas aussi grave. Doit-on rappeler aux organisateurs de l’initiative que Tel-Aviv est la seule capitale internationalement reconnue d’Israël, siège de la quasi-totalité des ambassades ? Doit-on préciser que l’agglomération de Tel-Aviv (le «Gush Dan») est de loin la plus peuplée du pays, avec près de 3.5 millions d’habitants, soit près de la moitié de la population du pays ? Doit-on enfin rappeler que Tel-Aviv est la capitale économique et financière d’Israël, et aussi sa capitale technologique, où sont élaborées nombre de petites merveilles à destination de l’armée israélienne ? Non, Anne Hidalgo, Tel-Aviv n’est pas une république autonome.

«Mais Tel-Aviv est de gauche, et elle est opposée au gouvernement et aux colons, qui la détestent !», disent-ils encore. Si certains considèrent qu’un maire membre du Parti travailliste – partie prenante, au cours des dernières années, de diverses coalitions avec la droite et l’extrême-droite – est de gauche, c’est leur problème. Mais si Tel-Aviv était à ce point en rupture avec le gouvernement Netanyahou et les colons, et si «Tel-Aviv ce n’est pas Israël», comment comprendre le soutien apporté à Tel-Aviv sur Seine par le Ministère du tourisme israélien et l’ambassade d’Israël en France, et par des officines aussi amoureuses de la paix que le CRIF ou, pire encore, la Ligue de Défense Juive ? Non, Bruno Julliard, Tel-Aviv n’est pas la Commune de Paris.

BLANCHIR ISRAËL DE SES CRIMES

Il faut être naïf, aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas comprendre que, pour l’État d’Israël et ses soutiens, l’initiative Tel-Aviv sur Seine est une opération éminemment politique, qui vise à blanchir Israël de ses crimes quotidiens, en donnant à voir le visage «ouvert» et «festif» d’un État dont l’image est de plus en plus dégradée sur la scène internationale. Et on pourra conseiller, à ceux qui nous expliqueraient que le tourisme n’a rien à voir avec la politique, de méditer ces propos d’Hila Oren, responsable du Tel-Aviv Global & Tourism, organisme public en charge du développement de la ville : «La marque Tel-Aviv est un outil de contournement du conflit [car] Israël est un label difficile à vendre».

Notre opposition à l’initiative de la Mairie de Paris est donc une opposition politique à une initiative politique. Il s’agit de refuser qu’à l’heure où le blocus de Gaza et la colonisation de la Cisjordanie se poursuivent, on célèbre Tel-Aviv et Israël sur les bords de Seine dans une ambiance chaleureuse et festive. Il s’agit de rejeter toute tentative de blanchiment d’un État qui, tout en piétinant quotidiennement les résolutions de l’ONU et le droit international, essaie par tous les moyens de séduire les opinions publiques occidentales par des opérations de communication bien huilées. Il s’agit de s’opposer à la banalisation des invitations lancées à des institutions dont les plus hauts responsables devraient être traduits devant les tribunaux internationaux.

QUI EST «IRRESPONSABLE» ?

L’un des aspects les plus scandaleux de la polémique est que ce sont ceux qui dénoncent l’initiative qui sont traités d’ «irresponsables». Alors qu’être irresponsable, c’est justement participer à une opération de blanchiment d’Israël un an pile après la meurtrière opération contre Gaza, qui avait soulevé l’indignation aux quatre coins du monde. Être irresponsable, c’est déclarer, comme Patrick Klugman, adjoint d’Anne Hidalgo à qui on fait remarquer qu’il y a un an, l’armée israélienne tuait quatre enfants sur une plage de Gaza, qu’il «récuse» toute dimension symbolique car «la mort de ces quatre enfants a eu lieu en juillet et pas en août». Être irresponsable c’est refuser d’entendre les légitimes protestations contre l’événement et vouloir le maintenir à tout prix, au risque de transformer les bords de Seine en camp militaire.

Mais les pires des irresponsables sont, une fois de plus, ceux qui amalgament la critique d’Israël à l’antisémitisme. Répétons-le : nous ne tolérons aucun antisémitisme dans nos rangs et luttons farouchement contre tous ceux qui tentent d’instrumentaliser la question palestinienne à des fins antisémites. Mais répétons-le aussi : ceux qui laissent entendre que critiquer Israël, c’est critiquer les Juifs, jouent exactement la même partition que ceux qui veulent rendre les Juifs responsables de la politique des dirigeants israéliens, en opérant une identification entre les uns et les autres. Alors non, nous ne nous laisserons pas intimider par ces irresponsables. Oui, nous exigeons de la Mairie de Paris qu’elle fasse marche arrière. Et oui, nous continuerons de critiquer Israël, État hors-la-loi, y compris en défendant le boycott des institutions israéliennes, à défaut de sanctions adoptées par les États censément garants du droit international.

Au programme de GAZA PARIS PLAGE jeudi


Nous avons le plaisir d’annoncer la présence à notre rassemblement de jeudi sur GAZA PLAGE, entre le pont de Notre Dame et celui du Pont au Change, la présence de diverses personnalités qui militent pour le respect du droit international et des Droits de l’Homme, ainsi que la présentation de spécialités palestiniennes.

Merci entre autres à :

  • Me Gilles Devers, qui viendra de Lyon pour expliquer la situation à la Cour Pénale Internationale (avec notamment la victoire remportée récemment contre le classement sans suite du dossier MAVI MARMARA)
  • Monseigneur Jacques Gaillot qui nous fera le plaisir d’être des nôtres
  • Docteur Mohamed Salem de PALMED France qui parlera de la situation médicale à Gaza
  • Me Dominique Cochain, qui fera un point sur l’état du droit en France par rapport aux crimes de guerre et à la torture et à la situation des prisonniers palestiniens.

Des expositions photos, banderoles et distribution de tracts, permettront au public de voir le vrai visage de l’occupation israélienne.

Dans le domaine culturel, seront présentées de vraies spécialités palestiniennes, produits que les Palestiniens sont dans la quasi impossibilité d’exporter, quand ils parviennent encore à les fabriquer. C’est pourquoi notamment il n’est pas question d’acheter les produits de l’occupant israélien !

Parmi diverses animations, un vrai défilé de mode palestinien clôturera la soirée !

Nous vous attendons très nombreux et nombreuses. Les enfants sont les bienvenus.

CAPJPO-EuroPalestine

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