LE RÉVEIL DES MESSEIGNEURS


Ronald Barakat

Il a fallu la persécution et l’exode des chrétiens d’Irak, et notamment de Mossoul, pour pousser les patriarches orientaux à se réunir en catastrophe et émettre un communiqué qui sonne l’hallali général, lequel condamne les conséquences désastreuses de la non-ingérence à population en danger, ici chrétienne, et appelle la communauté internationale à intervenir « par tous les moyens possibles» pour juguler l’avancée des hordes du Baghdadi.

Pendant tout le temps interminable de persécution des manifestants syriens pacifiques, non chrétiens pour la plupart, qui a conduit, faute de secours, à une militarisation puis une radicalisation du conflit syrien, les patriarches orientaux, catholiques et orthodoxes, n’ont pas pipé mot, par accommodement identitaire, faisant fi de la parabole du bon Samaritain qui les invite à se porter au secours de « l’autre », du non chrétien, et dédaignant l’attitude exemplaire des prophètes, des pères et docteurs de l’Eglise qui dénonçaient courageusement les injustices et semonçaient les tyrans, aux dépens de leur propre sécurité.

Mais maintenant que le danger est entré dans le cocon paroissial, les cris d’orfraie fusent de tous les clochers orientaux jusqu’à battre le rappel des troupes ( !) : invoquer (en termes à peine voilés) le recours à l’intervention militaire, donc à la violence, ce qui est surprenant de la part d’ecclésiastiques qui devraient condamner toute forme de violence, en conformité avec les enseignements évangéliques, brandir l’étendard de la bonne parole, de l’amour, de la fraternité, du pardon, de la miséricorde…et laisser au monde laïque le soin d’user de la violence légitime.

Et dire que ce sont les représentants premiers de la chrétienté orientale qui offrent l’exemple contraire et viennent nous rappeler le temps des croisades où la croix papale se mariait à la bannière monarchique.

 

Messeigneurs,

 

Il est bon que vous vous soyez enfin réveillés pour appeler le monde occidental à « votre » rescousse, ce qui viendra profiter à ceux qui ne sont pas de votre « race religieuse » ; il est bon aussi que vous appeliez les ulémas et dignitaires musulmans, sunnites et chiites, à promulguer des fatwas, des décrets religieux, condamnant la persécution de votre «genre», ce qui se répercutera aussi sur les autres communautés, après ce long silence suspect de votre part face aux massacres en série, à la décimation de localités syriennes entières, aux bombardements aveugles de secteurs résidentiels, d’hôpitaux et de boulangeries à coups de barils d’explosifs, au gazage d’enfants de la Ghouta, à la rafle de milliers d’innocents passés à la moulinette de la torture, aux atrocités inouïes commises à l’encontre d’êtres humains qui n’avaient pas la chance de compter parmi vos ouailles pour mériter votre attention ; il «serait » bon que vous en arriviez à insinuer un recours à la violence légitime, salutaire, à l’instar des laïques, mais faites aussi comme eux, ou mieux qu’eux, et portez-vous au secours des « autres », qui ne sont pas de votre « race », en bons ou même mauvais Samaritains !

 

R.B.

source

Les appels au boycott de produits israéliens ont-ils un effet ?


 

WILLY LE DEVIN ET DOMINIQUE ALBERTINI 29 AOÛT 2014 À 06:58

Manifestation propalestinienne à Paris le 26 juillet 2014. (Photo Kenzo Tribouillard. AFP)
Manifestation propalestinienne à Paris le 26 juillet 2014. (Photo Kenzo Tribouillard. AFP)

ENQUÊTE

Chaque jour en France et en Europe, les militants de la campagne BDS organisent des actions dont le résultat commence à se faire sentir.

Tintamarre sous les fenêtres de France 3 Lyon, actions ciblées dans les supermarchés, campagnes suractives sur les réseaux sociaux, la campagne BDS — Boycott, Désinvestissement, Sanctions —, fleurit tous azimuts. Son objectif ? Convaincre les citoyens de ne plus recourir aux marques et financements israéliens tant que l’Etat hébreu n’infléchira pas sa «politique coloniale». Depuis le début du conflit à Gaza, et malgré le cessez-le-feu illimité conclu mardi, l’ampleur des actions grandit à vue d’œil et ce, sur l’ensemble du territoire européen. Jeudi, c’est le festival du film de Bristol, en Angleterre, qui a renoncé à une partie de son financement par l’ambassade israélienne.

SUR LE MÊME SUJET

«Qu’on donne un Etat aux Palestiniens !» 

Par Willy Le Devin

Il y a quelques jours, Libération a assisté à l’une de ces actions musclées mais pacifiques. Durant quelques minutes, cinq activistes ont pris possession des rayons d’un hypermarché de Seine-Saint-Denis pour expliquer aux clients pourquoi, selon eux, il ne faut plus acheter de produits israéliens. Une jeune femme se saisit d’un mégaphone et harangue, devant des vigiles plutôt placides :«Israël est un état colonial qui viole quotidiennement le droit international. Pourtant, Israël n’est pas au-dessus des lois. Tant que ce pays continuera, nous vous demandons de ne plus faire vivre ses entreprises. Nous ne désignons pas un peuple, pas une religion, mais une politique scandaleuse, inhumaine, et dommageable.» Massés autour, mi-curieux mi-amusés, les consommateurs écoutent attentivement. Les militants BDS se lancent alors dans l’énumération d’une longue liste de marques à délaisserde fruits et légumes, boissons

 

«DÉMARCHE CONCRÈTE, CITOYENNE»

Dans les manifestations propalestiniennes qui ont animé l’été hexagonal, les leaders associatifs se pliaient au même exercice, donnant aux cortèges des petits airs de l’émission Téléshopping. Membre du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI), Youssef Boussoumah décèle un réel engouement pour la campagne BDS, notamment auprès des jeunes : «Le ressort semble définitivement cassé entre eux et la politique. Beaucoup annoncent qu’ils ne voteront plus en 2017. En revanche, ils sont séduits par les initiatives de boycott car il s’agit, à leurs yeux, de démarches concrètes, citoyennes et efficaces.»

Partie de la société civile palestinienne en 2004, la campagne BDS a depuis pris une ampleur internationale. Sa déclinaison française, qui a pris du poids en 2009 dans la queue de comète de l’opération militaire israélienne «Plomb durci», regroupe aujourd’hui une quarantaine d’associations et de partis politiques — dont le Parti de gauche, le NPA, la Confédération paysanne et les syndicats Solidaires et CNT.«Souvent les gens ne retiennent de notre action que le boycott des produits israéliens, note Jean-Pierre Bouché, dirigeant du collectif affilié Stop Apartheid à Toulouse. Or, nous incitons également les entreprises internationales à se retirer d’Israël, et les Etats à le sanctionner. Par ailleurs, le boycott a aussi une dimension académique et culturelle.»

L’initiative ne manque évidemment pas de susciter des critiques. Dans un communiqué publié en juin, le président de la chambre de commerce France-Israël, Henri Cukierman, soulignait que «la loi française interdit le boycott en raison de la race, de la religion ou de la nationalité.» Assurant que «10% des Palestiniens travaillent pour des employeurs israéliens», il assimilait l’action du BDS à une nouvelle «Nuit de cristal», en référence aux attaques de commerces juifs menées en novembre 1938 dans l’Allemagne nazie.

«UNIQUEMENT CONTRE DES INSTITUTIONS»

Familier de cette accusation, les animateurs de BDS la contestent avec vigueur.«Nous ne nous mobilisons jamais contre des individus ou une communauté, mais uniquement contre des institutions, explique Imen Habib, une coordinatrice du mouvement. Jean-Pierre Bouché complète : «Nous ne déconseillons à personne d’écouter de la musique israélienne ou de voir les films d’Amos Gitai. En revanche, nous désertons les événements culturels patronnés par l’ambassade ou les consultats d’Israël.»

Le boycott des produits de consommation courante, notamment alimentaires, demeure l’aspect le mieux connu et le plus facilement applicable de la mobilisation. Sur Internet, plusieurs sites, dont celui du BDS, dressent la liste des marques à éviter. Expliquent que le nombre 729, censé caractériser les code-barres israéliens, est en réalité peu fiable. Et dénoncent, photos à l’appui, les supposées tricheries de certains magasins : telle mangue serait ainsi présentée comme dominicaine, alors que son étiquette porte la mention «Pays d’origine Israël». Pour aider ses militants, BDS réfléchit à lancer une application numérique pour guider le consommateur pendant ses achats.

«LA SITUATION AFFECTE VRAIMENT NOS AFFAIRES»

Quel est vraiment l’impact de cette campagne ? Les groupes de grande distribution contactés par Libération n’ont pas souhaité commenter le phénomène. Tout au plus  Auchan confirme-t-il être «confronté à des opérations de boycott»«étudier les suites à donner au cas par cas», et respecter scrupuleusement les règles d’étiquetage. Même discrétion chez le groupe pharmaceutique israélien Teva : «Ils ne veulent pas mélanger le business et la politique», explique une source proche de l’entreprise.

D’autres sont pourtant plus prolixes. «D’habitude, les gens se battent pour vendre nos produits, raconte Yinon Osem, PDG de l’entreprise Edom Fruits, basée dans un kibboutz de la vallée du Jourdain. Là, il se passe quelque chose, en France notamment. Aucun supermarché ne nous a formellement dit qu’il est confronté à un boycott. Mais on se rend compte que, s’ils ont une alternative à nos produits, ils ont tendance à la privilégier.» Un phénomène que l’entrepreneur attribue à«l’influence de la communauté musulmane». Même constat du côté de BeFresh, un groupe exportateur de fruits et légumes : «La situation affecte vraiment nos affaires, reconnaît Oron Ziv, l’un de ses représentant en Europe. Nous recevons des annulations de commandes. Nos clients semblent faire profil bas et attendre que la tension retombe.»

Certes, le conflit à Gaza n’est pas seul en cause : le contexte économique, de bonnes récoltes fruitières en Europe, les sanctions contre la Russie contribuent eux aussi à cette situation. Mais tant les médias que le gouvernement israéliens reconnaissent l’existence d’un boycott, et redoutent ses conséquences. En mars, avant même le début des opérations militaires à Gaza, le ministre des Finances Yair Lapid estimait qu’un tel mouvement pourrait coûter 2,3 milliards d’euros et près de 10 000 emplois à l’économie israélienne. Le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a qualifié la perspective d’un boycott d’«immorale et injustifiée».

Pourtant, le mouvement semble bien s’être étendu ces derniers mois. D’autant que certaines initiatives sont d’une toute autre ampleur que celles de la campagne BDS. Plusieurs grandes entreprises européennes ont ainsi renoncé à des investissements en Israël, en raison de liens entre des sociétés locales et les colonies. A partir du 1erseptembre, ces dernières cesseront par ailleurs d’exporter vers l’UE leurs volailles et produits laitiers, afin de se conformer à des directives européennes. Enfin, plusieurs pays européens, dont la France, déconseillent désormais officiellement d’investir dans les colonies israéliennes – considérées comme illégales au regard du droit international.

Willy LE DEVIN et Dominique ALBERTINI

source

La Syrie oubliée. Les disparitions forcées continuent à être monnaie courante tandis que l’ONU reste inactive


Communiqué de presse de Amnesty International

vendredi 29 août 2014, par Service Presse

Les disparitions forcées en Syrie se poursuivent, plus d’un an après que les Nations unies ont exigé que la Syrie mette fin à cette pratique odieuse, a déclaré Amnesty International à l’approche de la Journée internationale des victimes de disparition forcée, samedi 30 août.

« En Syrie, des personnes sont régulièrement jetées dans l’abîme de la détention secrète, ce qui prouve que les autorités recourent systématiquement aux disparitions forcées afin d’écraser l’opposition », a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Bien que le Conseil de sécurité des Nations unies ait adopté en février une résolution demandant la fin des disparitions forcées et des autres violations des droits humains, d’innombrables personnes perçues comme des opposants au gouvernement syrien – notamment des militants, des journalistes, des professionnels de la santé et des avocats – sont fréquemment enlevées dans la rue ou chez elles, avant d’être avalées par un véritable trou noir. »

Les disparus sont placés au secret dans des lieux de détention inconnus à travers la Syrie. Beaucoup sont incarcérés dans des conditions inhumaines et, ayant été soustraits à la protection du droit, sont soumis à la torture ou à d’autres formes de mauvais traitements. Un nombre inconnu d’entre eux ont été tués alors qu’ils trouvaient en détention secrète.

En février, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies se sont engagés à « prendre des mesures supplémentaires » si la résolution n’était pas respectée. Pourtant, six mois plus tard, le gouvernement syrien continue à mener une implacable campagne d’intimidation à l’égard des dissidents.

« Les promesses selon lesquelles les membres du Conseil de sécurité des Nations unies prendraient des mesures contre ceux qui enfreignent de manière flagrante les termes de la résolution n’ont manifestement pas été tenues. Dans les faits, cela revient à donner au gouvernement syrien carte blanche pour poursuivre son impitoyable campagne de disparitions forcées en toute impunité », a déclaré Philip Luther.

La résolution demandait par ailleurs la levée des sièges et le libre passage de l’aide humanitaire, ainsi que la fin des détentions arbitraires et des actes de torture attribués aussi bien aux forces gouvernementales qu’aux groupes armés. Elle précise que toutes les personnes faisant l’objet d’une détention arbitraire, parmi lesquelles figurent de nombreux prisonniers d’opinion, doivent être immédiatement libérées.

Amnesty International redéploie son action afin qu’elle coïncide avec la Journée internationale des victimes de disparition forcée, de sorte à mettre en relief la difficile situation des Syriens dont on ignore le sort depuis qu’ils ont été enlevés par l’État.

source

Aux patriarches orientaux


du Journal L’Orient le Jour, rubrique Nos Lecteurs ont la Parole
Vos Éminences,
Vos Seigneuries,
Vos Révérences,
Vos Excellences,

Pourquoi établir une hiérarchie de valeur entre une victime et une autre ? Pourquoi discriminer un assassin génocidaire d’un autre criminel tout aussi génocidaire ?

Voilà plus de trois ans que des centaines de milliers de civils innocents de Syrie et du Levant, dont femmes et enfants, sont jetés sur les routes de l’exil à cause des violences atroces que leur font subir un régime tyrannique et ses rivaux des réseaux nihilistes-jihadistes. Pourquoi n’avez-vous pas émis une simple parole de miséricorde chrétienne et de consolation charitable à leur égard ?

Des milliers d’enfants, aussi innocents que ceux de Bethléem massacrés par Hérode, ont été égorgés, asphyxiés au gaz, écartelés, décapités par une dictature barbare et ses émules mimétiques de la violence politique et religieuse. Qu’ont fait les Églises antiochiennes pour rendre justice aux victimes, à toutes les victimes ?

Éminences, Seigneuries et Révérences,

La tribune du discours chrétien en période de troubles, de guerres et de tribulations est toujours la croix de la victime innocente, de toute victime innocente. Il y a deux mille ans, Jésus de Nazareth n’a effectué aucune distinction entre lui-même et le bandit crucifié à ses côtés, et dont nous ignorons à quelle religion il appartenait. Toute cette humanité cruellement écrasée aujourd’hui sous nos yeux au Levant, toutes ces victimes de la violence sanguinaire ne valent-elles pas autant que le criminel du Golgotha à qui il fut dit : « Ce soir tu seras avec moi au paradis. »

Montez sur la croix de toute victime innocente et criez haut et fort à la face de l’univers que le christianisme refuse de discriminer les hommes persécutés, opprimés, victimes de la moindre injustice ou lésés dans leurs droits. Annoncez au monde qu’aux yeux du christianisme, toute victime au Levant et ailleurs s’appelle en vérité Jésus de Nazareth.

La présence chrétienne au sein d’un milieu qui ne l’est pas a pour finalité de faire en sorte que les autres reconnaissent et disent, en parlant des chrétiens : « Ceux-là sont véritablement les disciples de Jésus de Nazareth. » C’est ce témoignage et c’est cet « autre » qui sont, en principe, la préoccupation perpétuelle de ceux qui se disent chrétiens. La présence chrétienne en Orient n’a pas pour but la protection d’un groupe en danger au même titre que la survie de certaines espèces végétales ou animales devenues rares.

L’État islamique (Daech) a tué des chrétiens, des yazidis et des membres de groupes musulmans. Ce monstre hideux des temps modernes continue à tuer quotidiennement, par centaines, des musulmans pieux mais qui refusent de se soumettre à sa dictature des ténèbres.

Éminences, Seigneuries et Révérences,

Merci d’éviter de vous substituer à nous, laïcs, pour faire de la politique. Nous sommes assez grands pour savoir quels choix opérer en la matière. Merci de laisser à César ce qui lui appartient de plein droit.
L’heure est venue d’oublier les privilèges des millets de l’Empire ottoman où chaque chef religieux était considéré comme le chef de sa nation par le padichah osmanli. Le sultan n’est plus là. Il ne reviendra pas. Vous n’êtes plus des ethnarques mais vous demeurez des prélats de l’Église de Jésus-Christ, héritiers directs de la vénérable Église d’Antioche et gardiens de son témoignage. L’Église en Orient est le phare du Levant et non un enclos pour minorités apeurées. Tout le monde a peur, tout le monde panique au Levant, sans distinction de religion.

Dès lors, merci d’user de votre fonction pour demander à la terre entière de mettre fin à l’État islamique, ce n’est que justice. Que la terre entière se ligue contre l’État islamique et contre ses variantes séculières. Que toutes les nations démantèlent l’État islamique s’il le faut mais au nom de la dignité et des droits de tout homme, sans distinction, et non sous le seul prétexte d’assurer la survie de groupes minoritaires et les privilèges de leurs ethnarques.

source

anniebannie leur demanderait aussi d’intervenir pour que la terre entière se ligue contre le pendant de l’EI, son rival, à savoir Bachar l’assassin de son peuple

 

 

Gaza : des perdants à perte de vue


 

 

 

 

Gaza: tentative de bilan nuancé et sans complaisance

 

ANALYSE
Après cinquante jours de bombardements et une invasion terrestre, les Gazaouis se sont réveillés ce mercredi matin en constatant que le calme prévalait enfin. Mais, en quoi consiste le «cessez-le-feu illimité» accepté par Israël et les Palestiniens et qui sont les vainqueurs ou les perdants de ce conflit?

Accord limité
L’accord négocié au Caire par une délégation palestinienne unifiée (Fatah, Hamas, Djihad islamique, etc.) n’a pas été rendu public mardi. Ce qu’on en sait reste vague à l’exception d’une petite extension de la zone de pêche: l’ouverture des passages entre Israël et la bande de Gaza et un allègement du blocus pour l’acheminement rapide de l’aide humanitaire, mais les questions les plus sensibles, comme la libération de prisonniers palestiniens, l’ouverture d’un aéroport et d’un port à Gaza ou la démilitarisation de l’enclave sont remises à de nouveaux pourparlers prévus au Caire dans un mois. Le gouvernement israélien et le Hamas ont tous deux crié victoire. En réalité, tout le monde a perdu.

Le Hamas debout mais sans gain concret
Les islamistes qui dirigent la bande de Gaza d’une main de fer ont signé un accord humiliant. Aucune de leurs revendications – populaires car partagées par tous à Gaza – n’est acquise alors qu’ils avaient juré qu’ils se battraient jusqu’au bout. Israël n’a promis ni l’ouverture des points de passage ni la libération des prisonniers ou l’ouverture d’un port et d’un aéroport. L’Egypte n’a rien promis non plus. Les termes d’un cessez-le-feu déjà promu par les Egyptiens le 15 juillet et rejeté par le Hamas ressemblaient à s’y méprendre à ce que le même Hamas, très affaibli, vient d’accepter.
Certes, l’image du Hamas résistant, résilient, peut être portée aux nues par ses partisans. Les militants, audacieux, inventifs et courageux aux dires mêmes de plusieurs observateurs israéliens, ont infligé à Israël des pertes militaires (64 soldats) sans précédent de la part d’une organisation palestinienne. Ils ont aussi paralysé le sud d’Israël et même, pendant deux jours, l’aéroport de Tel-Aviv.
Mais tout cela à quel prix? Une destruction d’une partie importante de la bande de Gaza, des pertes humaines d’une lourdeur sans précédent non plus (2.100 morts dont 500 enfants, 11.000 blessés). Et une diminution importante des capacités offensives du Hamas, privé de ses tunnels secrets et de la majeure partie de ses roquettes, sans parler de la mort d’un nombre inconnu d’activistes et de plusieurs de ses chefs militaires tués en fin de conflit.
Le Hamas osera-t-il se présenter devant les électeurs avec un tel bilan? L’exécution sommaire, après des simulacres de procès, d’une vingtaine de «collaborateurs» la semaine dernière n’ajoutera rien de positif à sa réputation sauf qu’elle peut apparaître comme une sinistre mise en garde à la population contre toute velléité de contestation.

L’image d’Israël flétrie
Le gouvernement israélien n’a jamais voulu mettre fin au règne du Hamas et prendre le risque de se retrouver aux prises avec Al-Qaïda ou avec le chaos. Tout en se félicitant de l’efficacité du «Dôme d’acier» contre les roquettes palestinienne, son armée a réussi à affaiblir d’importance le mouvement islamiste. Toutefois le retour au statu quo ante signifie qu’un nouveau conflit sanglant peut éclater n’importe quand. Un traitement de fond sur le sort de l’enclave palestinienne est inévitable puisque, décidément, ses habitants ne supportent pas le statut de prisonniers à vie. Est-ce possible sans envisager une paix globale? Encore faut-il que l’exécutif israélien, plus divisé que jamais et composé notamment d’extrémistes, y aspire.
Ces radicaux n’auront sans doute pas l’envie de se pencher sur une conséquence catastrophique des événements sur l’image d’Israël: le monde entier a en effet été abasourdi, voire souvent indigné, par l’ampleur des tueries et destructions infligées par l’armée israélienne à Gaza, qui dépassent d’évidence de loin ce que la traque des cibles «terroristes» impliquerait. Jamais Israël dans son histoire n’a usé d’une telle puissance de feu contre des zones où les victimes civiles sont clairement inévitables.
Quant à la «démilitarisation» de Gaza, exigée avec fermeté par Israël, elle n’a jamais été prise au sérieux par les autres protagonistes au Caire, qui auront constaté qu’Israël négociait, même de manière indirecte, avec les organisations «terroristes» islamistes.

Abbas devient indispensable
A Ramallah, le président de l’Autorité palestinienne (AP) a engrangé des points. Son gouvernement d’unité nationale soutenu de l’extérieur par le Hamas n’a pas explosé. Abbas a même joint la voix de son Fatah à celle des islamistes lors des pourparlers du Caire et les Israéliens semblent désormais le considérer avec moins de mépris car il a su jouer sur tous les tableaux sans rompre avec eux. Si un compromis émerge un jour des futures négociations au Caire, il passera d’évidence par le retour de l’AP à Gaza, pour le contrôle des passages extérieurs et la réhabilitation des infrastructures.
Pour ce cessez-le-feu, Abbas a-t-il dû accepter de ne pas attaquer Israël devant la Cour pénale internationale (où le Hamas aurait aussi des comptes à rendre)? Cette question reste sans réponse pour le moment.

La communauté internationale sans voix.
Si l’Egypte de l’anti-islamiste Sissi a su retrouver une position de médiateur, le reste de la communauté internationale s’est montré indigne de la situation. Personne n’a su peser sur Israël pour lui imposer plus de retenue dans sa politique de destruction massive. L’Union européenne a fait pire, le 22 juillet, en ne blâmant que le Hamas, comme si le contexte de l’occupation et du siège ne constituait qu’un décor négligeable.
Tout reste donc à négocier au Caire. Par des parties qui ont beaucoup perdu. De guerre lasse voudront-elles enfin vraiment parler de paix? L’Histoire commande de voir les choses avec pessimisme, hélas!
BAUDOUIN LOOS
Le Soir du 28 août 2014

Offres de service de Bachar Al Assad


Aïcha Arnaout a publié dans Les syriens en Europe réagissent sur la Syrie

Aïcha Arnaout 27 août 23:03

Communiqué du Collectif Urgence Solidarité Syrie
Mercredi 27 août 2014

Offres de service de Bachar Al Assad :
La ficelle est très grosse

Bachar Al Assad, prétendant se mettre à la disposition de toutes les nations pour combattre l’EI c’est surréaliste .

Depuis des années, ce dictateur instrumentalise les djihadistes contre l’armée syrienne libre et la population syrienne qu’il ne cesse de bombarder comme on l’a encore vu à Raqqa et à Alep, tout en épargnant constamment l’EI. Bachar Al Assad imagine aujourd’hui se donner par ses offres de service une nouvelle virginité et respectabilité !

Nous en appelons aux dirigeants des grandes puissances pour qu’ils envoient en retour à ce régime responsable de crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité un message clair de refus de son impunité, de rejet de tout oubli pour les crimes qu’il a commis et qu’il continue de commettre.

Un silence, une neutralité de leur part auraient de fait la signification d’une complaisance envers le cynisme du régime qui ne cherche qu’à se perpétuer. Un tel choix serait un grave mécompte pour le peuple syrien et constituerait par là même un déshonneur.

C’est un même combat contre l’EI et contre le régime de Bachar Al Assad qui doit être mené aujourd’hui.

La Paix et la Démocratie en Syrie passent par l’éradication de cet hydre à deux têtes mortifère pour le Proche et Moyen Orient et pour le Monde.

Contact presse : urgencesyrie@gmail.com

Etre un Mensch ou un collabo du plan Dalet?


 

En Hommage à Hajo Meyer [1]

 

C’est un bien beau mot yiddish que Mensch!

Dans la communauté juive, il désigne un être humain de valeur, quelqu’un de bien, une personne d’honneur.

J’ai la chance d’en connaître plusieurs qui m’ont donné leur amitié.

Ils et elles ont toujours été antiracistes, se sont opposés à la dictature franquiste, ont soutenu les Vietnamiens, dénoncé le colonialisme belge, appuyé les luttes de libération d’Algérie, d’Afrique du Sud et d’Amérique latine, manifesté pour les Sahraouis, les Kurdes, les Roms, les Amérindiens, les réfugiés d’Afrique et d’Afghanistan… Bref, ils n’ont jamais cessé de défendre les droits des humains, ici et ailleurs.

 

Certains parmi les plus anciens vont régulièrement rencontrer les enfants dans les écoles pour témoigner de l’abjection du nazisme qui a conduit à l’indicible horreur d’Auschwitz.

Et tous, jeunes et vieux, manifestent aujourd’hui contre les crimes du régime de Netanyahu et s’opposent à ceux qui, dans ce pays, prétendent parler au nom de la communauté juive alors qu’ils ne sont que des propagandistes d’un régime criminel.

 

Le mot hébreu Dalet a, lui, une signification bien moins honorable.

Pour ceux et celles qui l’ignoreraient encore, le plan militaire appelé Dalet a été mis au point en 1947 par les leaders du mouvement sioniste et déclenché avant même la création de l’Etat d’Israël.

Son but était simple : « désarabiser » le futur pays!

 

Comme le déclarait alors Ben Gourion, le fondateur de l’Etat : « Le nettoyage de la

    Palestine demeure l’objectif premier du plan Dalet! » [2]

 

Au début, ce fut un réel succès : quelques 750.000 Palestiniens furent expulsés de leurs maisons ou prirent la fuite, on massacra ceux qui osaient résister – la tuerie de Deir Yassin est restée « célèbre » – et près de 400 villages furent rasés. [3]

Mais quand les bombardements cessèrent, Ben Gourion et ses acolytes durent bien constater que tous les Palestiniens n’avaient pas fui!

Il en restait 160.000 sur le territoire du nouvel Etat.

Ils constituent aujourd’hui plus de 20% de la population israélienne, considérés comme des citoyens de seconde zone et soumis aux lois d’apartheid du régime sioniste.

 

De plus, si le nouveau maître avait contraint une bonne partie des « indigènes » à l’exil au Liban, en Jordanie et en Syrie, il en restait encore beaucoup aux abords du territoire conquis.

Ceux de Cisjordanie se retrouveront plus tard derrière le fameux mur et les autres emprisonnés dans le lopin de terre de Gaza (± 480.000 réfugiés)… ou, comme les Bédouins, parqués dans les « townships » du Negev. [4]

 

L’ambition des colonisateurs, Européens pour la quasi totalité, de créer un état sioniste s’étendant, au minimum, du Golan au golfe d’Akaba et du Jourdain à la mer Méditerranée était donc loin d’être atteint. [5]

De plus, la reconnaissance du nouvel Etat par l’ONU, entraînait, paradoxalement, un problème pour le développement du plan.

En effet, aux yeux de la communauté internationale, Israël se devait d’avoir l’apparence d’une démocratie, de montrer un profil de régime respectable.

Plus question de continuer la « désarabisation » au grand jour.

Il fallait changer de stratégie.

C’est ainsi que depuis soixante ans, Israël applique l’expansion territoriale « par paliers ».

Chaque annexion ou occupation de terres est justifiée par des nécessités de sécurité [6] ou l’exigence de riposte à une agression.

 

Une fois le territoire conquis, une campagne de propagande est lancée proclamant tous azimuts la volonté de paix d’Israël.

Des négociations sont ensuite organisées (Camp David, Oslo, Annapolis, Le Caire…)… et tirées en longueur jusqu’à la rupture sous un des prétextes habituels.

Israël est passé maître dans cette stratégie visant à « stabiliser » la conquête pendant d’interminables pourparlers, et rendre ainsi l’occupation irréversible : l’expansion des colonies en Cisjordanie pendant les négociations est un exemple éclairant.

 

L’Histoire est constellée de ces agissements démontrant que, loin d’aspirer à la paix, le régime sioniste n’a jamais cherché qu’à affaiblir les habitants de cette terre, à les humilier, les réprimer, les expulser… ou à les massacrer comme à Kafr Kassem en 1956. [7]

Blocus de Gaza depuis huit ans, érection d’un mur de plus de 700 kms, création de centaines de check-points en Cisjordanie, arrestations arbitraires, lois d’apartheid, emprisonnements d’élus politiques, destructions de maisons et de champs d’oliviers, torture d’enfants [8] , vol de l’eau… etc, etc.

Les preuves sont, hélas, innombrables.

 

Le dernier avatar de « Dalet » est « Barrière de Protection ».

Le déclenchement de cette opération est essentiellement motivé par le danger que représente pour les colonisateurs la décision de réunification du Hamas et du Fatah… Mais, comme toujours, Israël a une bonne justification pour les medias.

Cette fois, c’est l’assassinat de trois jeunes colons et les roquettes lancées sur les colonies proches de Gaza… Ashdod, Ashkelon et Sderot notamment.

La plupart des medias « mainstream » passent bien entendu sous silence que ces roquettes répondent aux exactions de l’occupant (blocus humiliant, bombardements ciblés, agressions des pêcheurs, interdiction de cultiver, etc)…Et qu’elles sont, notamment, envoyées par les Palestiniens originaires de la région.

Chassés par les conquérants européens en 1948, ils se sont retrouvés – avec la clef de leur maison pour seul souvenir – dans les camps de refugiés de Jabalia ou Khan Younis. [9]

Ces villes et villages qu’ils bombardent aujourd’hui étaient les leurs!

Ils s’appelaient Asdud (Ashdod), Najd (Sderot), Asqalan (Ashkelon),… etc. [10]

 

Le plan Dalet était passé par là… sans parvenir à éradiquer la mémoire !

 

Parfois, le régime sioniste fait des « erreurs stratégiques » comme en 1987 quand, pour affaiblir le Fatah, il a soutenu la création du Hamas, ou en 2006 quand, en compagnie des USA, il collabora à la tentative de coup d’état menée par Mohammad Dahlan pour renverser la gouvernement de Gaza, légitimement élu. [11]

 

En 2014, le plan Dalet [12] est toujours opérationnel.

Il n’a, en réalité jamais cessé d’être au coeur de la politique israélienne.

Affirmer cela tient du fantasme? C’est une vision simpliste? Tendancieuse?

 

Il suffit pourtant de regarder les cartes montrant les expansions territoriales année après année – celle de 2005 est déjà largement obsolète – pour constater que ce projet raciste n’a jamais été enterré.

 

 

Depuis plus de soixante ans, de conquête en conquête, d’annexion en occupation, de massacres organisés ou commandités (Sabra et Chatila), de meurtres ciblés (Naïm Khader… et tant d’autres),  de propositions de paix truquées, de refus de respecter le droit international et les ordonnances de l’ONU ou du Tribunal de La Haye, au rejet de propositions de paix [13], les colonisateurs ont méthodiquement continué d’appliquer le plan de « désarabisation ».

 

Cyniquement, avec le soutien des USA et la complicité de la plupart des pays européens, la plus grande puissance militaire du Moyen-Orient a aujourd’hui mis la main sur la quasi totalité de la « terre sainte » et mène en ce moment une action génocidaire contre le peuple palestinien de Gaza.

Ce qui ne l’empêche pas, pendant ce temps, de continuer à harceler les Palestiniens de Cisjordanie et de fermer les yeux sur les ratonnades fomentées, en Israël, par des milices sionistes fanatiques. [14]

 

Au moment où j’écris ces lignes, « Dalet » fait une pause et une fragile trêve s’est installée après la boucherie des dernières semaines. Ce moment de calme permettra au moins d’enterrer les quelques 2.140 morts Palestiniens (71% de civils, dont 555 enfants suivant le décompte de l’UNICEF!) et de soigner les milliers blessés laissés par « l’armée la plus morale du monde ». [15]

Cette trêve permettra aussi de faire le deuil des 17 victimes (dont deux enfants) de Cisjordanie, abattues durant la même période dans les rues de Jérusalem ou d’Hébron par les « snipers » israéliens et de soigner les 2.139 blessés. [16]

 

Et Netanyahu continue de proclamer « Nous ne faisons que nous défendre! »

Il est vrai que pour le colonialiste, l’Histoire ne commence pas au moment où il envahit, massacre et expulse mais toujours au moment où l’opprimé se révolte et l’agresse, tout comme le violeur pour qui l’histoire ne commence pas au moment du viol mais quand sa victime le gifle.

C’est ainsi que les tartuffes sionistes font commencer l’horreur au moment où les roquettes s’abattent sur  leurs villes et villages… Pas au début du crime de colonisation.

 

La Cisjordanie est pratiquement annexée, les habitants n’ont plus que des frondes pour se défendre.

Seule la bande de Gaza se bat encore les armes à la main.

Encore un effort, messieurs les colonialistes, l’apothéose du plan Dalet approche.

 

Encore quelques massacres pour atteindre votre objectif : l’éradication d’un peuple et l’asservissement des survivants!

… Et l’extrême-droite sioniste des pays occidentaux pourra jubiler!

 

Alors, les « Menschs » que je connais hausseront les épaules.

Ils savent depuis longtemps que ces compatriotes qui prétendent parler en leur nom, sont des manipulateurs au service d’une idéologie fasciste! [17]

Ces « Menschs » dénoncent journellement ces agents de la « Hasbara » [18] qui avancent masqués et font croire à des citoyens crédules que des hordes de manifestants islamistes envahissent nos rues en hurlant « Mort aux Juifs » et que des pogroms (émeute avec pillage et meurtres!) ont même été fomentés à Bruxelles et à Paris durant l’opération « Barrière de Protection ». [19]

 

Les « Menschs » sont insensibles au bourrage de crâne politique et ne font pas d’amalgame entre leur appartenance à la communauté juive et le régime de Netanyahu.

Ainsi, ils n’acceptent pas qu’un général israélien vienne, avec la collaboration de rabbins, faire du recrutement dans les synagogues. Ils se demandent d’ailleurs pourquoi le gouvernement ferme les yeux sur cette tentative d’embrigadement, alors qu’il met en prison ceux qui recrutent pour d’autres causes.

Ils ne sont pas les ennemis d’Israël, non!

Ils sont seulement pour un Israël « désionisé » dans lequel un citoyen est égal à un autre citoyen et ils refusent un régime dans lequel les Palestiniens sont considérés comme « des bêtes qui marchent sur deux jambes.«  [20]

 

Hajo Meyer qui vient de nous quitter affirmait : “Les Israéliens essayent de déshumaniser les Palestiniens, exactement comme les Nazis ont tenté de me déshumaniser. Personne ne devrait déshumaniser l’autre et ceux qui essayent de déshumaniser l’autre ne sont pas humains » [21]

Il fait partie de ces « Menschs » qui sont l’honneur de leur communauté.

 

Mais, pas d’angélisme! Ils ne sont pas plus « pro-Hamas » que « pro-Fatah » et conservent leur esprit critique devant les dérives politiciennes de certains responsables.

Ils agissent seulement pour que justice soit rendue aux Palestiniens, pour que le Droit international soit appliqué et que les criminels de guerre soient jugés.

 

Ils refusent aussi de se faire manipuler par les medias qui parlent d’un conflit entre deux forces alors qu’il s’agit de la résistance d’un peuple contre une armée d’envahisseurs, ces medias qui omettent généralement de citer la « Résolution 37/43 » de l’ONU qui « Réaffirme la légitimité de la lutte des peuples pour leur indépendance, leur intégrité territoriale et leur unité nationale et pour se libérer de la domination coloniale et étrangère et de l’occupation étrangère par tous les moyens à leur disposition, y compris la lutte armée. »

Pour les « Menschs », cette résolution est un préalable à toute analyse des événements, à Gaza, Cisjordanie et en Israël même.

 

Parfois, certains d’entre eux s’énervent un peu contre ce qu’ils appellent les progressistes « mous » qui militent pour qu’Israéliens et Palestiniens vivent en paix, parlent de « concessions indispensables » mais restent évasifs sur la justice. Ils critiquent le régime sioniste mais ne s’opposent pas clairement à lui, fermant souvent les yeux sur son orientation fascisante et continuant de propager le mythe du « lien ethnique avec cette terre ».

 

Les « Menschs » pensent surtout qu’il est plus qu’urgent de juger les crimes contre l’humanité perpétrés par les Netanyahu, Lieberman et autres fanatiques d’extrême droite… Et espèrent que de plus en plus de membres de leur communauté viendront grossir leurs rangs, derrière la bannière « Pas en notre nom! »

 

Alors, concitoyens de culture ou de religion juive, Mensch ou collabos silencieux du plan Dalet?

Rudi Barnet

(28/8/2014)

 

 

[1] Mensch survivant d’Auschwitz, anti-colonialiste et anti-sioniste, décédé en août 2014 (Info-Palestine)

[2] Journal de Ben Gourion, repris par Ilan Pappe dans « Le Nettoyage Ethnique de la Palestine, P.174)

[3] « Le Nettoyage Ethnique de la Palestine » de Ilan Pappe (Fayard, 2006)

[4] Voir  Liste des camps de réfugiés : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_camps_de_réfugiés_palestiniens

[5] Walid Khalidi, « Plan Dalet: The Zionist Master Plan for the conquest of Palestine »

[6] Le « Mur de Séparation » de plus de 700 km annexe 9,4% de la Cisjordanie selon l’ONU (OCHA)

[7] Sur ce massacre, voir « Kafr Kassem » le film de Borhane Alaouié (1073)

[8] Rapport 2012 « Children  in Military Custody » du Foreign & Commonwealth Office

[9] Consulter le site web de l’UNWRA, l’organisme d’aide aux réfugiés de l’ONU (www.unrwa.org)

[10] Fadwa Nassar : » Faire déguerpir les colons et vider les colonies » (Assawra du 22/8/2014)

[11] Plan d’action initié par Me Condoleeza Rice, représentante des USA. Dahlan (alors chef des services de

sécurité du Fatah, exclu de l’organisation depuis) assura, en Egypte, la formation de 4700 hommes qui

échouèrent dans la tentative de prendre le pouvoir à Gaza.

[12] Voir wikipedia.org/wiki/Plan_Daleth

[13] En 2002, la Ligue des Etats arabes a proposé la paix au nom des 22 pays arabes et la création de deux

Etats sur base de la frontière de 1967… Pas de réaction d’Israël à cette proposition.

[14] Pour mémoire : Mohammad Abou Khdeir, 16 ans, enlevé et « incendié »à Jérusalem début juillet 2014

[15] Voir les chiffres de Ziad Medoukh dans « La Feuille de Chou » (http://la-feuille-de-chou.fr/archives/70690)

[16] Chiffres publiés par Haaretz et diffusés par « EuroPalestine » (www.europalestine.com/spip.php?article9831)

[17] Dénonciation de Albert Einstein et Hanna Arendt dans le “New York Times“ du 2/12/1948

[18] Ministère de la Propagande d’Israël

[19] Déclaration (12/8/2014) de Mr Bruno Wajskop à la RTBF

(www.rtbf.be/info/belgique/detail_conflit-a-gaza-a-bruxelles-des-juifs-ont-peur?id=8329020)

[20] Menahem Begin, premier ministre, dans un discours à la Knesset en 1982

[21] Déclaration de Hajo Meyer comme témoin au tribunal de Edimbourg en 2010

 

Agenda Caché israélien


 

 

 

                                                                                                                                  Philippe Grell

 

 

Quand on étudie objectivement l’histoire de ces deux peuples sémites-cousins, qui s’entretuent sans vergogne depuis tant d’années sans arriver à la conclusion d’une paix durable et honorable frôlée à plusieurs reprises, on ne peut que conclure à l’existence d’un agenda caché dans la kippa d’une majorité de membres de gouvernements israéliens successifs qui décide de la politique à mener malgré une opposition non négligeable tant dans certains partis que dans la population.

Cette majorité rêve depuis toujours de reconstituer et d’occuper les lieux saints bibliques dans leur entièreté, pour en faire leur pays par tous les moyens et considère cela comme une haute mission divine qui n’admet aucune discussion (la « Terre promise où coule le lait et le miel »).

La reconquête des territoires saints du « peuple élu » n’a en fait jamais cessé depuis 1947, que ce soit par l’écrasement militaire des Palestiniens qui occupaient ces terres paisiblement depuis longtemps (le David palestinien contre le Goliath israélien – oui, les rôles se sont inversés !) ou par la création sournoise de colonies de peuplement (comme les Chinois au Tibet ou au Xinjiang ou encore comme Staline l’a fait du temps de l’URSS) fractionnant le territoire homogène initial en de multiples îlots de manière à ce qu’on ne puisse plus jamais constituer une entité territoriale continue.

Militairement, le rapport des forces est depuis longtemps totalement déséquilibré. Encore aujourd’hui, avec l’opération dénommée pudiquement « bordure protectrice », on annonce aujourd’hui et ce n’est pas fini, 1100 morts palestiniennes pour 53 israéliennes, soit un facteur 20 par calcul cynique car il s’agit de vies humaines, n’est-ce pas (« Tu ne tueras pas »). Quant à la conquête par colonies de peuplement, combien de fois Israël n’a-t’ il pas mangé sa parole pour gagner du temps sans changer de politique ?

Anouar el-Sadate s’est fait assassiné parce qu’il voulait la paix. Itzhak Rabin aussi, pour la même raison. Et il n’y aurait pas d’agenda caché ? Pour les faucons au pouvoir, il ne peut y avoir de paix que quand tout le territoire du « Grand Israël » sera reconquis ! Et nous restons les bras croisés, nous laissons faire ce carnage !

Cette calamité nous en sommes tous responsables, que nous le voulions ou non. Quand après la Shoah, Israël s’est cherché légitimement une terre, il n’y a pas eu, ni de la part des leaders israéliens, ni de celle de la communauté internationale surtout, de véritable négociation avec les habitants de la Palestine, nettement plus pauvres, moins développés, aux moyens très limités. On s’y est mal pris. On a cru pouvoir faire faire n’importe quoi impunément. On les a spoliés de leurs terres, privés de leurs propriétés, enfermés dans des camps, etc. Quelle est alors la réaction à fleur de peau de ce genre de population si ce n’est la vengeance, le courage de reconquérir et de jeter l’envahisseur dehors au péril de sa vie. Cela a été notre réaction en 1914 et en 1940 et nous allons en célébrer fièrement l’anniversaire un de ces jours !

Sous prétexte de sécurité et de légitime défense (53 contre 1100), le puissant Israël appuyé par les puissants États-Unis d’Amérique, n’ont jamais réussi en 66 ans à désamorcer la bombe qu’ils ont eux-mêmes créée. Ils n’ont jamais initié de véritables négociations de paix menant à la création de deux états indépendants selon les recommandations de l’ONU, vivant côte à côte, ayant des niveaux de vie semblables et respectant les convictions des uns et des autres. Il ne peut dès lors n’y avoir qu’un agenda caché soutenu par les lobbies israéliens aux États-Unis !

C’est pourquoi, en Europe, bien qu’infiniment reconnaissants aux États-Unis, nous devrions avoir la volonté politique de prendre nos distances en nous détachant de cette politique américaine de défense d’Israël à tout prix. Car nous nous rendons complices d’une énorme injustice.

 

 

 

Interview de JP Filiu sur Mediapart


« Vous êtes en effet très alarmiste sur la dynamique djihadiste et le risque terroriste. Pourquoi ? »JP Filiu: « Je suis très inquiet car, depuis un quart de siècle que je travaille sur ce phénomène, je n’ai jamais vu cela. La densité de la mobilisation djihadiste, son inscription dans l’espace et dans la durée est sans précédent. Baghdadi, du fait de son trésor de guerre de plus d’un milliard de dollars, a de quoi perpétrer aujourd’hui l’équivalent de mille attentats du « 11 Septembre ». Les djihadistes sont capables, comme organisation totalitaire, d’affecter une partie de leurs ressources à un projet à long terme, et donc au recrutement, à la planification, voire à l’implantation de cellules dormantes.
Il y a bien sûr la propagande sur Internet qui est largement amplifiée par les médias occidentaux. À cet égard, le martyre de James Foley était absolument prévisible, il avait été précisément kidnappé pour être sacrifié dans des circonstances comme celles d’aujourd’hui, avec un impact médiatique aggravé par la barbarie de cet assassinat. Il faut aussi à cet égard rendre hommage aux autorités françaises qui ont œuvré inlassablement pour ne laisser aucun compatriote aux mains de l’État islamique.
La recrue étrangère chez Baghdadi doit, sous peine de sanctions, recruter elle-même trois ou cinq personnes. Donc cette personne envoie des messages sur les réseaux sociaux pour vanter son expérience et inviter à la rejoindre. C’est pourquoi la progression du recrutement djihadiste est exponentielle. On observe d’ailleurs maintenant une émigration familiale avec des femmes qui font des genres de « guide du routard », bourrés d’indications pratiques, pour familles djihadistes.
L’autre force de cette propagande, c’est son insistance sur la notion de butin, ghanima. C’est quelque chose qui parle beaucoup aux voyous ici et ailleurs. Si c’est pour le djihad tu peux braquer, tu peux faire une escroquerie à la carte de crédit, aux prêts à la consommation, etc. Sur place, on leur propose de se « payer sur la bête », par exemple lors des expulsions de chrétiens ou lors des liquidations « pour l’exemple ».
L’appât du butin est un puissant incitatif à l’embrigadement djihadiste. Ma pire crainte est que ces « volontaires » occidentaux, mal formés militairement, ne servent pas à grand-chose sur place aux commandos djihadistes. Ils vont donc en renvoyer un certain nombre en Europe pour perpétrer des actes terroristes, sur le modèle de Mehdi Nemmouche et de la tuerie du Musée juif de Bruxelles. Ils savent bien qu’en Europe le climat est dégradé et xénophobe, avec un risque réel d’escalade raciste en cas d’attentat communautaire. Le projet de Baghdadi est de prendre en otages les musulmans en Europe comme il l’a fait en Irak et en Syrie. »
Itw parue dans Mediapart

Fils de la Mort


Israël a-t-il sciemment brisé le cessez-le-feu? C’est la thèse du pacifiste israélien vétéran Uri Avnery.

 

LA GUERRE était finie. Les familles retournaient à leurs kibboutz près de Gaza. Les jardins d’enfants rouvraient. Un cessez-le-feu était instauré et de nouveau encore prolongé. De toute évidence, les deux parties étaient épuisées.
Et alors, tout d’un coup, la guerre a repris.
Que s’est-il passé ? Eh bien, le Hamas a lancé des roquettes sur Beersheba en plein cessez-le-feu.
Pourquoi ? Sans raison. Vous savez comment sont les terroristes. Avides de sang. Ils ne peuvent s’en empêcher. Tout comme les scorpions.
Mais ce n’est pas si simple.

LES ENTRETIENS DU CAIRE étaient sur le point d’aboutir, du moins le semblait-il. Mais Benjamin Nétanyahou avait des soucis. Il avait caché le projet d’accord égyptien pour un long cessez-le-feu même à ses collègues du gouvernement. Ils ne l’ont appris que par les médias qui l’ont révélé à partir de sources palestiniennes.
Apparemment, le projet disait que le blocus serait considérablement allégé sinon officiellement levé. Des pourparlers au sujet d’un port et d’un aéroport devaient débuter au cours du mois à venir.
Quoi ? Qu’obtenait Israël en contrepartie ? Après tous ces tirs et ces tueries, avec 64 soldats israéliens tués, après tous les discours grandiloquents sur notre victoire retentissante, était-ce là tout le résultat ? Pas étonnant que Nétanyahou ait tenté de cacher le document.
La délégation israélienne reçut l’ordre de rentrer sans signer. Les médiateurs égyptiens exaspérés obtinrent une nouvelle prolongation du cessez-le-feu de 24 heures. Elle devait expirer à minuit mardi, mais tout le monde de part et d’autre s’attendait à le voir être encore prolongé. Et alors c’est arrivé.
Aux alentours de 16 heures, trois roquettes furent tirées sur Beersheba et tombèrent dans des zones inhabitées. Pas de sirènes d’alarme. De façon assez curieuse, le Hamas nia les avoir lancées, et aucune autre organisation palestinienne n’en revendiqua la responsabilité. C’était bizarre. Après chaque lancement précédent depuis Gaza, il se trouvait toujours une organisation palestinienne fière de le revendiquer.
Comme d’habitude, les avions israéliens ripostèrent promptement en bombardant des immeubles dans la bande de Gaza. Comme d’habitude, des roquettes se mirent à pleuvoir sur Israël. (J’ai entendu les interceptions à Tel Aviv).

COMME D’HABITUDE ? Pas tout à fait.
D’abord on a su qu’une heure avant l’arrivée des roquettes, la population israélienne proche de Gaza avait été prévenue par l’armée d’avoir à préparer abris et “espaces de sécurité”.
Ensuite il apparut que le premier immeuble de Gaza frappé appartenait à la famille d’un chef militaire du Hamas. Trois personnes furent tuées dont un bébé et sa mère.
Et puis la nouvelle s’est répandue : il s’agissait de la famille de Mohammed Deif, le chef des Brigades Izz al-Din al-Qassam, la branche militaire du Hamas. (Qassam était un héros palestinien, le premier à s’être rebellé contre le pouvoir britannique en Palestine dans les années 30. Il fut pourchassé et tué par les Britanniques.) Parmi les tués de ce mardi il y avait sa femme et son bébé. Mais il semble que Deif lui-même n’était pas là.
Cela n’est pas en soi une surprise. Deif a survécu à au moins quatre tentatives d’assassinat. Il a perdu un oeil et plusieurs membres mais en est toujours sorti vivant.
Tout autour de lui, ses chefs successifs, des dizaines de ses pairs et subordonnés politiques et militaires ont été assassinés au fil des années. Mais lui a été béni des dieux.
Maintenant, militant palestinien le plus recherché et traqué, il figure en tête de la liste noire israélienne. Il est le “Fils de la Mort” N° 1, une formule quelque peu biblique utilisée en Israël pour qualifier ceux qui doivent être assassinés.
Comme la plupart des habitants de la bande de Gaza, Deif est un enfant de réfugiés d’Israël. Sa famille vient du village de Kawkaba, maintenant en Israël. Je l’ai traversé en 1948, avant qu’il ne soit complètement rasé.
Pour le Service de Sécurité israélien, il représente un enjeu qui vaut bien de rompre le cessez-le-feu et de relancer la guerre.

POUR BEAUCOUP de services de sécurité dans le monde, dont l’américain et le russe, l’assassinat est un sport et un art.
Israël revendique la médaille d’or.
Un assassinat est une opération complexe. Elle exige beaucoup de temps, d’expertise, de patience et de chance. Les exécutants doivent recruter des informateurs proches de la victime, poser des appareils électroniques, obtenir des informations précises sur tous ses mouvements, mettre à exécution leur projet en quelques minutes dès que l’occasion se présente.
C’est la raison pour laquelle on n’a pas le temps d’obtenir une confirmation de l’échelon supérieur. Peut-être le Service de Sécurité (couramment appelé Shin Bet) a-t-il obtenu la permission de Nétanyahou, son unique chef politique, peut-être pas.
Il étaient évidemment informé que Deif rendait visite à sa famille. C’était une occasion en or. Depuis des mois, même des années, Deif menait une vie souterraine, au sens littéral – quelque part dans le labyrinthe de tunnels que ses hommes avaient creusés sous la Bande. On ne l’apercevait jamais.
Depuis le début de cette guerre, tous les autres chefs importants du Hamas vivaient également sous terre. D’Ismaïl Haniyeh aux niveaux en-dessous, aucun n’a été vu. La maîtrise totale de l’air par les avions et les drones israéliens impose ces précautions. Le Hamas ne dispose pas d’armes anti-aériennes.
Il me semble hautement improbable que Deif mettrait sa vie en danger en rendant visite à sa famille. Mais le Shin Bet a de toute évidence obtenu un tuyau et y a cru. Les trois roquettes bizarres tirées sur Beersheba fournissaient le prétexte pour rompre le cessez-le-feu, et c’est ainsi que la guerre a repris.
Les vrais aficionados de l’art de l’assassinat ne se préoccupent pas beaucoup des conséquences politiques ou militaires de leurs actes. C’est “L’art pour l’art”.
À propos, la dernière guerre de Gaza, il y a deux ans, avait débuté de la même façon. L’armée israélienne avait assassiné le chef de-facto d’al-Qassam, Ahmed Jaabari. La guerre qui s’ensuivit avec ses centaines de morts ne fut qu’un dommage collatéral.
Jaabari était à l’époque le suppléant de Deif qui était en convalescence au Caire.

TOUT CELA est, bien sûr, beaucoup trop compliqué pour des diplomates américains ou européens. Ils aiment les histoires simples.
La Maison Blanche a immédiatement réagi à la reprise des hostilités en condamnant le lancement de roquettes par le Hamas et en réaffirmant qu’“Israël a le droit de se défendre”? Les médias occidentaux l’ont répété comme des perroquets.
Pour Nétanyahou, qu’il ait été prévenu de la tentative d’assassinat ou non, c’était une issue à un dilemme. Il se trouvait dans la situation fâcheuse de beaucoup de dirigeants dans l’Histoire qui déclenchent une guerre et ne savent plus comment en sortir.
Dans une guerre, un chef prononce des discours grandiloquents, promet la victoire et des résultats merveilleux. Il est rare que ces promesses se réalisent. (Si elles se réalisent, comme à Versailles en 1919, cela peut être encore pire.)
Nétanyahou est un homme doué en marketing, à défaut d’autre chose. Il a beaucoup promis et les gens l’ont cru et l’ont approuvé à 77%. Le projet de cessez-le-feu permanent proposé par les Égyptiens, bien que manifestement en faveur d’Israël, était loin de représenter une victoire pour Israël. Il confirmait seulement que la guerre se concluait sur un match nul. Le propre gouvernement de Nétanyahou y était opposé, l’opinion publique y répugnait manifestement. La reprise de la guerre le tira d’embarras.
Mais que faire maintenant?

LE BOMBARDEMENT de la population de Gaza suscite de plus en plus de critiques de la part de l’opinion publique mondiale. Il a aussi perdu son attrait en Israël. La maxime “bombardons les jusqu’à ce qu’ils cessent de nous haïr” ne fonctionne visiblement pas.
La solution alternative est d’entrer dans la bande de Gaza et de l’occuper complètement, de sorte que même Deif et ses hommes soient obligés de monter à la surface pour être assassinés. Mais c’est une proposition dangereuse.
Lorsque j’étais soldat au cours de la guerre de 1948, on nous avait appris à ne jamais nous mettre dans une situation qui ne laisse aucune échappatoire à l’ennemi. Dans un tel cas il se battra jusqu’au bout, provoquant de nombreuses pertes.
Il n’est pas possible de sortir de la bande de Gaza. Si l’armée israélienne est envoyée conquérir toute la Bande, les combats seront féroces, causant des morts et des blessés par centaines chez les Israéliens et par milliers chez les Palestiniens, et des destructions incalculables. Le Premier ministre sera l’une des victimes politiques.
Nétanyahou en est pleinement conscient. Il ne le veut pas. Mais que peut-il faire d’autre ? On peut presque plaindre l’homme.
Il peut bien sûr donner l’ordre à l’armée d’occuper seulement des parties de la Bande, un village ici, une ville là. Mais cela aussi répandra mort et destruction, sans gain manifeste. Au bout du compte, le mécontentement du public sera le même.
Le Hamas a menacé cette semaine d’ouvrir “les portes de l’enfer” pour nous. Cela n’affecte guère les habitants de Tel Aviv, mais pour les villages et les villes proches de Gaza c’est réellement l’enfer. Les morts et les blessés sont peu nombreux mais la peur est dévastatrice. Les familles avec enfants s’en vont en masse. Lorsque le calme revient, elles essaient de revenir chez elles mais ensuite les nouvelles roquettes les poussent à repartir.
Leur situation critique suscite une réaction émotionnelle forte dans l’ensemble du pays. Aucun politique ne peut l’ignorer. Le Premier ministre moins que tout autre. Il lui faut mettre fin à la guerre. Il lui faut aussi afficher clairement une image de victoire. Mais comment l’obtenir ?
Le dictateur égyptien tente d’apporter son aide. Barack Obama aussi, bien qu’il soit furieux contre Nétanyahou et qu’il ne puisse pas le blairer. Mahmoud Abbas aussi, lui qui craint une victoire du Hamas.
Mais pour le moment, l’homme de la décision finale est le Fils de la Mort, Mohammed Deif, s’il est bien vivant. Sinon, son successeur.
S’il est en vie, l’assassinat de sa femme et de son fils peut ne pas l’avoir rendu plus doux et plus pacifique.

[Article écrit en hébreu et en anglais, publié sur le site de Gush Shalom le 23 août 2014 – Traduit de l’anglais “Son of Death” : FL/SW]

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑