Sur les stèles : massacre et le nom des villes
Manifestation : pas de Genève 2 avec Assad
rappel
Comité belge pour soutenir la révolution syrienne
Bruxelles, le 12 janvier 2014
INVITATION
Pas de Genève 2 avec Assad
Après près de trois années de répression en Syrie, la situation ne s’améliore pas et devient de plus en plus complexe, dans l’indifférence de la communauté internationale.
Annoncée par l’ONU, une conférence sur la paix en Syrie doit s’ouvrir le 22 janvier à Genève, baptisée « Genève 2 ».
Alors que « Genève 1 » excluait la présence de Bachar Al Assad ou de ses représentants, la prochaine conférence ne l’exclut plus.
Ceux qui préparent cette conférence semblent oublier que le problème majeur est la dictature de 43 ans des Assad et ne soutiennent pas la révolution, sous prétexte d’extrémisme et de terrorisme, alors que ceux-ci ne sont que la conséquence de la répression sanglante du régime. L’extrémisme et le terrorisme ont été voulus par les ennemis du peuple syrien pour justifier leur soutien au régime des Assad.
Le droit à la liberté et à la justice est dénié au peuple syrien.
Plus de 130.000 morts, des milliers de personnes disparues, enlevées, emprisonnées, torturées, 9 millions de déplacés et de réfugiés selon les chiffres officiels, ne troublent pas les organisateurs de la conférence.
L’échec de l’opposition syrienne en exil à soutenir la révolution des Syriens ne signifie pas l’échec de la révolution. Le Comité Belge et les sympathisants de la révolution syrienne à travers le monde continuent à soutenir la révolution syrienne pour la dignité et la liberté, quels que soient les choix et les difficultés de celle-ci.
C’est dans ce contexte que nous organisons une manifestation statique à Bruxelles, avec comme principale revendication « Pas de Genève 2 avec Assad ».
Le samedi 18 janvier, de 14h à 16h,
Place du Luxembourg
1000 Bruxelles
Pour le Comité Belge pour soutenir la révolution syrienne
Hasan Addaher
Ch. De la Hulpe 515, 1170 Bruxelles
Tel. : +32.491364600
La faim comme stratégie de guerre
(« Le Soir » du 14 janvier 2014)
On meurt de faim en Syrie. Et ce n’est pas fortuit. Il s’agit d’une stratégie, d’une méthode de répression du régime. Une dizaine de zones aux alentours de Damas aux mains des rebelles ont expérimenté des sièges mis en place par l’armée loyaliste qui ne laisse rien passer.
Dernier cas connu : le plus grand camp de réfugiés palestiniens au Proche-Orient appelé « Yarmouk », à la lisère sud de la capitale syrienne. Il y aurait déjà eu plus de 24 décès dus à la faim et l’ONU lance des appels à l’aide.
Yarmouk, bombardé depuis fin 2012 par l’aviation du régime, n’est plus qu’un pitoyable champ de ruines. Mais, dans ces décombres survivent encore quelque 20.000 personnes sur les 170.000 qui y habitaient sur 2,2 km² avant les événements. La majorité a réussi à fuir, mais ceux qui y sont restés subissent, en même temps que les groupes rebelles qui s’y sont infiltrés, un siège en règle depuis février 2013. Pire : depuis l’été, le dernier point de passage vers le monde extérieur a été fermé et, depuis, plus rien n’entre dans le camp.
Le 20 décembre dernier, constatant que les communiqués de son agence tombaient dans des oreilles sourdes ou indifférentes au sein de la communauté internationale, l’Italien Filippo Grandi, commissaire général de l’Unrwa (l’agence spécialisée de l’ONU qui vient en aide aux réfugiés palestiniens à travers le monde depuis 1950) a lancé un appel solennel.
« La situation à Yarmouk n’a cessé de se détériorer, écrit-il. 20.000 Palestiniens sont piégés dans le camp et malgré que des rapports très alarmants sur la souffrance et la faim se soient multipliés, nous n’avons plus été capables d’entrer dans la zone depuis septembre pour prodiguer l’assistance désespérément souhaitée. (…) Il est de ma responsabilité d’informer la communauté internationale du fait que les conditions humanitaires dans le camp assiégé de Yarmouk empirent dramatiquement (…). Si rien n’est fait de manière urgente, il se pourrait qu’il soit trop tard pour sauver des milliers de personnes dont des enfants. (…) »
Cet appel n’a eu plus d’échos que les précédents. Le 30 décembre dernier, un porte-parole de l’Unrwa à Beyrouth signalait que des rapports parvenus à l’agence annonçaient « le décès de 5 réfugiés par malnutrition, ce qui portait le nombre dont nous avons eu connaissance à 15 ».
Ce 10 janvier, l’Observatoire syrien des droits de l’homme basé en Grande-Bretagne communiquait un nouveau bilan, établi à 41 personnes mortes en raison de la faim et du manque de soins et de médicaments, dont au moins 24 décédées de malnutrition. Sur les réseaux sociaux circulent d’insoutenables photos de civils, dont des vieillards et des enfants qui ressemblent aux survivants des camps nazis de la mort.
Des sources comme le Réseau palestinien pour l’aide aux réfugiés en Syrie relayé par l’agence Maan à Bethléem indiquaient le 10 janvier que les habitants de Yarmouk en étaient réduits à se nourrir d’herbe et qu’une tentative de faire sortir 300 malades du camp avait été empêchée par des tirs de soldats du régime.
Si tous les rebelles de Yarmouk ne sont pas palestiniens, il n’est guère étonnant que la contestation contre le régime qui a débuté en 2011 ait rapidement trouvé un écho fort parmi les populations d’origine palestinienne en Syrie. Quelque 500.000 réfugiés palestiniens sont enregistrés officiellement dans ce pays.
Ces Palestiniens savent mieux que quiconque que l’aura de défenseur de leur cause dont le régime Assad s’est affublé depuis toujours est demeurée superficielle : jamais Hafez el-Assad ou son fils Bachar maintenant au pouvoir n’ont osé défier Israël même s’ils se sont parfois servis du champ libanais pour titiller l’Etat hébreu via des milices à leur solde.
Les directions exilées des organisations palestiniennes radicales comme le Hamas ont vite quitté Damas après le début de la répression en 2011 et n’y mettent plus les pieds, dénonçant la répression et le siège. A Ramallah, des centaines de Palestiniens ont manifesté le 5 janvier pour l’ouverture de l’aide humanitaire à Yarmouk et Mahmoud Abbas, le président palestinien, qui avait tenté une médiation l’été dernier selon le journal libanais Al Akhbar, a réitéré un appel en ce sens.
Côté régime, s’agissant de la stratégie militaire presque aussi vieille que le monde qui consiste à affamer son adversaire cerné, elle trahit – outre une absence de scrupules qui ne peut surprendre de la part d’un pouvoir qui n’hésite pas à bombarder hôpitaux et boulangeries – une cruelle vérité des chiffres, celle d’une absence de troupes en nombre suffisant pour attaquer les fiefs adverses.
Sans le concours des combattants du Hezbollah libanais et des miliciens chiites irakiens et iraniens, Bachar el-Assad eût sans doute d’ailleurs éprouvé bien du mal à survivre.
source via B.Loos sur fb
L’impasse syrienne
Sale temps pour la révolution syrienne. Rien ne va plus, ou presque. Des manifestations populaires contre le régime de 2011, il n’est plus guère question. Le stratagème de Bachar el-Assad, la communautarisation et la montée des haines, a fonctionné. Et comment ! Pourtant, rien n’est gagné, pour personne…
Qu’on se souvienne : dès avril 2011, le « raïs » s’était écrié que la Syrie faisait face à des terroristes djihadistes. Mais ceux-ci n’ont vraiment commencé à entrer en scène qu’en 2012. Notamment les centaines d’entre eux que le régime, curieusement, venait de… libérer. Sur le terrain, les rebelles, dont l’Armée syrienne libre, qui ne sont pas une armée mais une myriade de groupes hétéroclites sans commandement uni, ont quand même réussi à conquérir du terrain, dans les campagnes surtout, une moitié du pays au moins.
Mais en 2013, les choses sont allées de mal en pis. Les méthodes du régime – bombardements massifs de la population, arrestations, tortures, exécutions – ont rendu aiguë la problématique des réfugiés, qui sont environ sept millions (un tiers de la population syrienne !), dont plus de deux millions au Liban, en Turquie et en Jordanie, où ils vivent dans des conditions très précaires et passent un hiver actuellement dantesque.
On a pu croire que le déséquilibre des forces – et surtout le très létal monopole des airs du régime – allait être remis en cause par une intervention militaire, aérienne aussi, de la part des Américains et des Français, très remontés après des attaques chimiques le 21 août dernier dans des banlieues de Damas sous contrôle rebelles.
L’origine de ces attaques reste controversé, mais les menaces américaines ont tôt fait de convaincre Bachar et les siens de capituler sur ce point : en quelques semaines, l’affaire était entendue, les armes chimiques du régime vont être neutralisées, et tant pis pour l’orgueil de son chef, trop content de sauver sa peau et son aviation.
Barack Obama s’est donc résolu à annuler les frappes aériennes préparées. Au grand dam des Syriens sous les bombes et des rebelles. Ceux-ci se divisent désormais en de très nombreux camps : les débris de l’ASL (quand ils n’ont pas pris le chemin du grand banditisme), les nombreuses katiba (brigades) islamistes, les deux grands mouvements qui se réclament d’al-Qaïda (dont l’un, l’Etat islamique d’Irak et du Levant, multiplie les horreurs sans subir les foudres du régime) et enfin les Kurdes, qui consolident leur autonomie dans le nord-est du pays.
Alors, non seulement on reparle de diplomatie – une grande conférence devrait avoir lieu en Suisse en janvier – mais le pire, pour les rebelles, paraît acquis : la communauté internationale, face aux exactions hideuses des djihadistes, paraît même prête à réhabiliter Bachar, comme s’il représentait un moindre mal, lui qui n’hésite jamais – au grand jamais ! – à bombarder les hôpitaux, les boulangeries, enfin toute cible qui peut faire très mal à ces misérables qui ont osé défier l’autorité de son régime mafieux.
Personne ne semble capable de remporter une victoire définitive, même pas ce régime qui reçoit bien plus d’aide que le camp rebelle, lui qui dispose à loisir des armes russes, des conseillers iraniens, des miliciens chiites irakiens et des combattants du Hezbollah libanais.
Tout se passe comme si un conflit de longue durée, d’une âpreté inouïe, s’était engagé, dans lequel les acteurs régionaux, l’Iran, la Turquie, les pétromonarchies du Golfe sans parler des grandes puissances, sont impliqués à des degrés divers. Avec un perdant, déjà : le peuple syrien.
BAUDOUIN LOOS
LE SOIR – Samedi 28 décembre
Journal de Syrie : Une mendiante à ma porte
IRIN
>
DAMAS, 20 novembre 2013 (IRIN) – L’auteur de ce récit est un jeune diplômé de l’université de Damas, issu d’une famille aisée appartenant à une minorité religieuse syrienne. Il souhaite conserver l’anonymat pour des raisons de sécurité. Dans ce cinquième extrait, il nous fait part des signes qu’il observe autour de lui et qui montrent que la population est de plus en plus mal nourrie et désespérée.
J’étais seul chez moi lorsque quelqu’un a frappé à la porte. En ouvrant, j’ai découvert une jeune femme maigre, âgée d’une vingtaine d’années comme moi. Elle portait des baskets, une paire de jeans, un pull et elle n’était pas voilée, ce qui indiquait que c’était probablement une citadine. Ses vêtements étaient propres, mais incontestablement vieux et usés. D’une voix tremblante, elle a dit :
« Je suis originaire de Homs et j’ai des enfants. Nous vivons ici maintenant et nous avons besoin d’aide. Peux-tu m’aider ? Si tu avais du pain, ce serait formidable. »
Elle n’a pas dit « s’il te plaît ». Elle n’a pas prononcé les formules ou les prières que les mendiants utilisent habituellement. Elle ne semblait même pas chercher à ce que l’on s’apitoie sur son sort. Elle a seulement présenté les faits et posé une question. Cependant, elle semblait gênée – même s’il n’y avait pas de quoi. Je savais qu’elle n’avait pas d’autre moyen de gagner dignement sa vie. J’étais bouleversé, mais j’ai continué à sourire, j’ai sorti un billet de mon portefeuille et je le lui ai tendu en disant : « Les choses vont s’arranger, et si tu as besoin de quelque chose, tu peux revenir ici. »
Elle a souri et ajouté « Si Dieu le veut, merci » ; puis elle a disparu dans l’escalier. Elle n’est pas allée frapper à d’autres portes dans l’immeuble. Je suis sûr que pour elle ce jour-là, cela suffisait.
Je pense aux personnes mal nourries en Syrie chaque fois que je passe à table avec ma famille. Nos repas ne sont plus ce qu’ils étaient. Les rations sont plus petites et nous utilisons moins d’ingrédients coûteux comme les épices ou les noix (un kilo de pignons de pin équivaut aujourd’hui à 40 pour cent du salaire de mon père), mais nous avons la chance de manger régulièrement. Nos repas n’ont rien à voir avec ceux des Syriens qui vivent dans les zones assiégées.
D’après les médias, de nombreux enfants syriens sont morts de faim dans les zones assiégées le mois dernier. Je n’y croyais pas en entendant les informations. J’ai pensé à la Somalie et je me suis demandé : est-ce que cela pourrait aussi se produire en Syrie ?
Un de mes amis est l’un des rares docteurs restants à al-Hajar al-Aswad, la banlieue sud assiégée de Damas. Il m’a raconté que les nouveau-nés sont les plus touchés. Leurs mères ne produisent pas suffisamment de lait et il est impossible de se procurer du lait en poudre.
Les adultes, m’a-t-il dit, survivent grâce à de maigres rations provenant des réserves de produits alimentaires traditionnels syriens, comme des olives, du thym et de la confiture ; et dans certains cas, des chats et des chiens. « Bientôt, ce sont aussi les adultes qui commenceront à mourir de faim », a-t-il déclaré.
Dans mon quartier, les gens ne mangent pas de chats ni de chiens, mais j’ai remarqué des petits signes de privation. Dans un supermarché près de chez moi, connu pour ses produits moins chers, j’ai vu une femme acheter 100g de margarine, 200g de fromage et trois œufs. J’étais stupéfait. Traditionnellement en Syrie, même les personnes très pauvres n’achetaient jamais de nourriture en si petite quantité.
Mais en regardant les prix, j’ai vite compris. Un kilogramme de margarine, qui coûtait auparavant 450 livres syriennes, coûte aujourd’hui 2 500 livres [avec la dévaluation de la monnaie syrienne, près de 17 dollars au marché noir]. Un kilogramme de fromage est passé de 140 à 700 livres ; un œuf de 4 à 23 livres ; et l’agneau, un ingrédient de base de la cuisine syrienne, de 700 livres le kilo à 2 600. Cette situation est intolérable pour de nombreux Syriens dont les salaires, s’ils en perçoivent toujours, ont à peine augmenté. En ce moment, le salaire moyen ne dépasse pas les 16 000 livres par mois (110 dollars).
D’autres signes attestent de la détérioration de la situation. Récemment, je suis retourné en Syrie après avoir passé un mois au Liban, où j’ai essayé (encore une fois en vain) d’obtenir un visa pour l’Europe. Lorsque j’étais là-bas, j’ai reçu plus de dix coups de téléphone de la part de gens qui voulaient que je leur rapporte des médicaments. Même des choses simples comme des antibiotiques et des vitamines sont désormais introuvables en Syrie.
Aujourd’hui, alors que la Syrie ne fait plus la une des journaux, l’hiver qui approche risque d’alourdir les souffrances de cette crise humanitaire.
Tant de personnes ont été touchées par cette guerre : tuées, détenues, déplacées ou mutilées. Parmi les morts et les détenus, on compte surtout des hommes, et les membres de leur famille à charge se retrouvent privés de moyens de subsistance et en proie à la famine. Ma famille peut aider une ou deux personnes qui demandent de l’aide de temps en temps, mais ce n’est jamais assez.
Lorsque j’ai raconté l’histoire de la jeune femme qui avait demandé du pain à ma mère, elle m’a confié que bien des personnes dans la même situation étaient venues demander de l’aide. Au bord des larmes, elle s’est indignée : « Que pouvons-nous faire ? Nous sommes impuissants. »
Et nous ne sommes pas à l’abri.
Mon père est ingénieur. Il était consultant freelance pour arrondir ses fins de mois en tant que fonctionnaire. Il a perdu son emploi de freelance, mais a eu la chance de pouvoir conserver son deuxième poste, qui rapporte 30 000 livres syriennes par mois (près de 200 dollars) à notre famille. Il est impossible de vivre avec cette somme, alors nous puisons dans nos économies. Mais avec la dévaluation de la monnaie et une inflation constante, nous ne savons vraiment pas combien de temps nous allons pouvoir tenir.
Journal de Syrie : Quitter la Syrie – sur Info-Palestine
Journal de Syrie : La vie en exil – sur Info-Palestine
Journal de Syrie : Retour à Damas – sur Info-Palestine
Journal de Syrie : Dans l’incertitude – sur Info-Palestine
Au Liban, les réfugiés syriens s’enfoncent dans la pauvreté
Si vous pouvez aider, rendez-vous sur la page facebook https://www.facebook.com/SB.overseas.charity?fref=ts Lama prépare un camion de fournitures et de vêtements à destination des réfugiés. Elle recherche des fauteuils roulants pour les nombreux handicapés

jeudi 21 novembre 2013, par
Des familles syriennes réfugiées au Liban s’enfoncent dans l’endettement et dans la pauvreté, ce qui affecte l’éducation de leurs enfants et leur dignité, prévient jeudi l’agence internationale d’aide Oxfam.
« Les réfugiés syriens sont confrontés à une lutte quotidienne pour survivre dans un pays où les emplois et les logements abordables sont rares. La quête perpétuelle d’un travail anéantit leurs espoirs », a déclaré Nigel Timmins, qui dirige depuis Beyrouth l’action d’Oxfam en Syrie.
L’agence s’appuie sur les résultats d’une étude qu’elle a commandée à un institut de recherche libanais sur 1.500 familles réfugiées au Liban.
Cette étude « montre que les gens dépensent plus de deux fois plus qu’ils ne gagnent : les revenus mensuels des familles réfugiés sont d’environ 250 dollars mais les dépenses moyennes sont d’environ 520 dollars », quasiment uniquement pour la nourriture (225 dollars) et le logement (275 dollars), relève Oxfam.
En moyenne, les familles arrivent avec 370 dollars d’économies, qui fondent vite au Liban, où le coût de la vie est plus élevé qu’en Syrie.
Surtout, « l’étude montre que seulement 25% des enfants sont scolarisés, ce qui laisse entrevoir une génération d’enfants syriens privés d’une éducation nécessaire », s’inquiète l’ONG.
Les écoles publiques sont gratuites au Liban, mais de nombreux parents ne peuvent payer les frais annexes comme le transport.
Oxfam cite l’exemple de Hadir Jasem, 21 ans, arrivée avec sa famille il y a deux ans : elle « brûle de rentrer chez elle en Syrie et de commencer l’université », mais son emploi d’aide-enseignante à 200 dollars par mois représente le seul revenu des 13 membres de sa famille.
Plus de 2 millions de Syriens ont fui les violences dans les pays limitrophes, dont 800.000 au Liban.
Selon Oxfam, les opérations humanitaires pour faire face à cet afflux massif ne sont financés qu’à 61%, et « une injection massive de fonds » est nécessaire pour éviter qu’une génération de réfugiés syriens ne se voie condamnée à « une vie de misère noire ».
Maysaloon : Tant pis
| Est-ce que je dois vraiment m’émouvoir de la mort de Abu Mohammad al Golani dans une embuscade tendue par le régime ? Je pense que non.Le but de la révolution syrienne n’est pas d’échanger un dictateur alaouite contre un dictateur sunnite ; elle a pour objectif d’assurer la dignité et les droits fondamentaux des citoyens. Je ne vais pas pleurer pour quelqu’un simplement parce qu’il est opposé à Assad alors que son groupe appelle ouvertement au nettoyage ethnique et qu’il a été accusé d’horribles violations des droits humains.
Beaucoup de Syriens m’ont dit « ce sont les seuls qui combattent Assad » et nous devrions donc ignorer leurs erreurs. Je ne suis pas d’accord.Personne n’a demandé cette guerre, c’est Assad qui l’a imposée au pays afin de garder le pouvoir. Ce qu’il voulait, c’était précisément le type de réaction dont des groupes comme Jabhat al-Nusra et ISIS (Islamic State of Iraq and al-Shams) sont capables. Il voulait également renforcer sa position aux niveaux international et intérieur en se faisant passer pour le champion de la laïcité. À y réfléchir, le régime redoutait deux éléments qu’il a voulu éviter à tout prix : le déploiement de manifestations pacifiques dans le pays-parallèlement à un mouvement en faveur d’une société civile-et l’ intervention étrangère-spécifiquement occidentale. Ces deux options semblent bien lointaines maintenant mais si nous voulons que la tuerie s’arrête, s’arrête véritablement, nous devons les remettre sur la table. Peu importe que l’on me gueule « Irak et impérialisme », c’est une question de survie pour tout le pays. Assad et ses alliés présentent maintenant au monde des scénarios pour la Syrie, tous deux inacceptables. Soit le pays devient une variante de la Corée du Nord, soit il se transforme en Afghanistan. Pour des raisons évidentes, ces deux options conviendraient à la perfection à l’Iran, au Hezbollah et à Assad. Mais il y a une mise en garde importante : l’Iran, le Hezbollah et Assad ne peuvent pas imposer leur volonté à la Syrie. C’est ce qu’ils essaient de faire depuis trois ans et ils n’y sont pas arrivés. C’est très important, même si le prix à payer a été très lourd Les Syriens peuvent préconiser une troisième option, celle d’un pays qui respecte les droits de ses citoyens et leur donne l’occasion d’améliorer leurs conditions de vie. Pour y arriver, il ne leur est pas nécessaire d’applaudir et d’encourager n’importe quel fou qui tire avec sa kalachnikov contre le régime. traduction : annie bannie |
SYRIE. Les déplacés, oubliés de la communauté internationale
Les 4 millions de déplacés dans le pays sont aujourd’hui abandonnés par la communauté internationale. Après dix jours passés en Syrie, deux responsables de MSF témoignent.

Une réfugiée dans un abris de fortune (Daniel Leal-Olivas-AFP)
« La volonté politique n’est pas aussi forte pour autoriser l’aide humanitaire que pour permettre à une centaine d’inspecteurs de l’ONU de visiter les installations chimiques dans le pays », dénonce Laurent Sury, responsable des urgences à Médecins sans frontière. « Et alors que l’hiver approche, quatre millions de déplacés vivent dans la précarité absolue dans le pays ». Lui et Dounia Dekhili reviennent de Syrie où ils coordonnent ce qu’ils peuvent d’aide, dans ce pays en guerre depuis deux ans et demi.
La déception est grande pour eux, de voir que la volonté politique et la relative efficacité des discussions pour encadrer les armes chimiques en Syrie, sont totalement absentes des agendas diplomatiques concernant l’aide aux personnes sur le terrain. Le conflit a provoqué jusqu’à présent la mort de plus de 120.000 personnes. Et 4 millions de Syriens sont désormais déplacés à l’intérieur du pays.
« Ces 4 millions de personnes manquent de tous les besoins basiques : santé, alimentation, accès à l’eau. Et si le système de santé syrien a pu tenir le coup pendant de longs mois, ce n’est plus le cas », explique Laurent Sury. « On est passé dans nos centres médicaux d’une activité liée aux traumas, à la guerre, à une activité d’hôpitaux généraux, de maternité, de prise en charge de maladie aiguës ou chroniques », souligne-t-il. « Les déplacés qui n’ont pas trouvé d’accueil en ville vivent dans une situation de précarité absolue, sans abri ou sous des bâches plastique, parfois simplement sous des oliviers alors que l’hiver et ses températures négatives arrivent », renchérit Dounia Dekhili.
Sans eau ni abris
MSF, qui tente tant bien que mal d’organiser du secours sur place, a réussi voici quelques mois à venir en aide à un camp de réfugiés à al-Safira, près de la ligne de front au sud-ouest d’Alep. Une aide rapidement anéantie.
« On a assisté quelque 1.000 familles qui, depuis leur arrivée fin février, n’avaient absolument rien : ni abris, ni eau, ni latrines. Ils vivaient sous des bâches en plastique. Nous leur avons fourni des tentes, de la nourriture, des kits NFI (objets de première nécessité) », raconte Laurent Sury.
« On a aidé un jeune interne en médecine qui faisait des consultations à mettre en place une petite clinique, puis on a installé des réservoirs d’eau. On a travaillé deux mois sur place », détaille Dounia Dekhili. Avant de lâcher : « Et la semaine dernière, le camp a été bombardé ». Autrement dit, sans volonté politique et organisation autorisée, l’aide semble presque vaine. « Il y a eu environ 450 morts selon nos contacts sur place et tout le monde a dû fuir vers le nord ». « Nous ne savons pas très bien où sont passées ces familles… », regrette la jeune femme.
Pour MSF, il est urgent de mettre fin à la précarité de l’aide humanitaire sur place. « Nous ne sommes pas officiels. Passer les frontières est difficile. Il n’est jamais exclu de se retrouver sous un bombardement du régime ou d’être pris entre différents groupes armés avec lesquels les négociations sont compliquées », décrit Laurent Sury.
« Il faut des décisions politiques pour que les Nations unies déploient une aide enfin conséquente », demande Dounia Dekhili. Pour enquêter sur les armes chimiques, les inspecteurs de l’ONU sont allés dans le quartier damascène de la Ghouta. Un quartier enclavé depuis des mois où les populations civiles sont prises au piège, sans nourriture, sans médicaments, sans aide médicale… Pourquoi eux et aucune organisation humanitaire ?
Céline Lussato – Le Nouvel Observateur
Si j’étais Syrien…
Je ne reconnais rien de la Syrie dans les images et les discours qui me viennent du front. Je cherche désespérément ces hommes et ces femmes, aux conversations raffinées, croisés aux terrasses des cafés d’Alep, de Homs ou de Hama. Ils étaient Sunnites, Alaouite, Kurdes, Assyriens ou Arméniens, mélangeaient leurs langues et leurs cuisines.
Où sont passés les étudiants et les chauffeurs de taxis, qui me prenaient à témoin de leurs espoirs, manifestants pacifistes de la première heure, enthousiasmés par les toutes jeunes révolutions arabes.
Ces démocrates qui nous suppliaient de leur venir en aide quand tout était encore possible. Leur rêve ressemblait à celui des grévistes polonais de Gdansk en 1981, simple et universel: rejoindre le camp de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.
Nous en avions fait notre devise, et ils comptaient sur nous pour les y aider. Par deux fois déjà nous sommes coupables d’avoir abandonné ces Syriens-là. Aux couteaux des escadrons de Bachar d’abord, puis à l’idéologie moyenâgeuse des islamistes. Nous avons laissé s’éteindre la petite flamme qu’ils nous tendaient à bout de bras. Nous avons laissé les armes des deux camps faire taire leur voix.
LIRE AUSSI:
Alors si j’étais de ces Syriens-là, de ces démocrates que plus personne ne voit, dont plus personne ne se souvient. Si chaque nuit, je devais enjamber les corps de mes voisins pour rejoindre dans la crasse d’un sous-sol en ruine mes enfants terrorisés et affamés. Si je n’avais plus le choix qu’entre suffoquer sous le gaz sarin ou étouffer sous le soleil d’un camp de tentes.
Alors sans hésitation, je prierais de toutes mes forces pour que l’on bombarde mes bourreaux. Pour que l’on s’acharne sur leurs palais et leurs salons. Pour que l’on pulvérise leurs golfs et leurs limousines. Pour que le métal des bombes éventre leurs coffres et leurs bunkers.
Pour que la belle Asma et ses convives apprêtés des grandes soirées Damassiennes connaissent eux aussi la terreur des murs qui tremblent, des éclats d’os et de verre, des gargouillis du sang et l’angoisse d’accoucher debout. Et aux fins stratèges qui s’interrogent sans fin sur l’efficacité de frappes ciblées, je poserais cette question simple: au nom de quelle loi physique les bombardements ne terroriseraient que les pauvres et les innocents?
Au contraire même, l’histoire montre que les bourreaux ont rarement le courage de leurs victimes. Saddam Hussein, responsable du gazage de dix mille Kurdes à Halabja, Slobodan Milošević ordonnateur du massacre de huit mille musulmans à Srebrenica, les salauds n’ont bien souvent que le pouvoir qu’on leur accorde. Puis un jour vient le courage, et le moment opportun de faire chanceler leur statue; alors ils finissent emportés par le mouvement de balancier, avec plus ou moins de bonheur, plus ou moins de martyrs.
Un courage dont souvent les peuples s’emparent avant les États. Et, chaque fois, l’image du roi dénudé est pitoyable: Saddam terré au fond de son trou, Laurent Gbagbo transpirant à grosses gouttes dans son marcel blanc, Radovan Karadžić grimé derrière sa barbe de gourou, autant d’épouvantails qui n’effraient plus qu’eux-mêmes.
À l’heure où j’écris ces lignes, le coeur noyé de chagrin, je pense à George et Zaina, mes amis d’Alep. Aux salons éventrés, aux parkings saturés de corps mutilés, aux jardins creusés de tombes, à leur citadelle impuissante devant tant de barbarie. Aurons-nous le courage de faire vaciller Bachar le Syrien et de l’envoyer rejoindre la grande galerie des inutiles?
Aurons-nous le courage d’entendre ceux que nous avons abandonné au fond des caves? Où laisserons-nous Bachar donner ses ordres, jour après jour, mort après mort? À Sarajevo aussi, pendant plus de quatre ans, nous avons autorisé les Serbes à saigner la ville de ses musulmans sous prétexte qu’agir c’était prendre le risque d’embraser la région.
Un jour de février 1993, en quittant la ville martyre, j’ai croisé sur mon chemin ces Serbes dont j’avais tant de fois évité les balles et les obus en vivant terré comme un rat. Des gosses en uniformes neufs, commandé par des fous barbus brandissant des crucifix arrachés aux églises. Des morveux, qui jouaient à la guerre sans jamais sentir le souffle d’un obus.
Ils se sont envolés comme des moineaux aux premiers bombardements alliés. Mais dix milles morts trop tard. C’est la même chose, depuis longtemps, de Beyrouth à Kigali, de Grozny à Damas, les morts ne sont pas les nôtres, alors on attend, on négocie, on calcule, on tergiverse en les laissant s’empiler dans les ruines, avec de temps en temps, entre deux couches, le corps d’un photographe ou d’un journaliste, qui eux n’ont attendu aucun vote, aucun sondage pour partir faire leur métier.
Mais la diplomatie semble-t-il a encore faire des miracles. Les stocks d’armes chimiques, qui officiellement n’existaient pas, vont être mis à l’abri du dictateur, qui officiellement ne les utilisait pas.
La guerre propre, dans les règles de l’art, va pouvoir perdurer, et dans les caves, les enfants continuer à trembler. Il y a quinze jours, la France commémorait le soixante-dixième anniversaire du massacre de 642 civils. En Syrie, la guerre a déjà fait 170 Oradour-sur-Glane.
SYRIE. Damas disséminerait ses armes chimiques
Publié le 13-09-2013 à 06h50 – Mis à jour à 07h50
Par Le Nouvel Observateur avec AFP
Le régime chercherait à compliquer le travail des enquêteurs chargés de contrôler et de mettre en place le plan de démantèlement de l’arsenal chimique.
La Syrie a commencé à disséminer son arsenal chimique sur une cinquantaine de sites différents, dans le but de compliquer la tâche de ceux appelés à les contrôler, affirme vendredi 13 septembre le « Wall Street Journal ».
Le journal, qui cite des responsables américains anonymes, affirme qu’une unité militaire spécialisée, l’unité 450, déplace depuis des mois, y compris la semaine dernière, ces stocks d’armes chimiques, qui dépassent le millier de tonnes, selon des experts.
Ces armes chimiques ont commencé il y a environ un an à être déplacées depuis l’ouest de la Syrie où elles sont normalement stockées, vers deux douzaines de sites importants à travers le pays.
L’unité 450 a également commencé à avoir recours à des dizaines de sites plus petits, pour un total de quelque 50 sites disséminés à travers tout le pays, selon le journal.
En dépit de cette stratégie, les services de renseignement américain et israélien pensent toujours savoir où se trouvent l’essentiel de ces stocks d’armes chimiques, ajoute le quotidien américain des affaires.
Nous en savons nettement moins qu’il y a six mois quant à la localisation de ces armes chimiques », a toutefois reconnu l’un de ces responsables, cité par le journal.
Le président syrien Bachar al-Assad s’est engagé à envoyer aux Nations unies les documents nécessaires pour signer l’accord sur l’interdiction de l’utilisation des armes chimiques, tout en réclamant en échange des concessions importantes à Washington.
Américains et Russes ont entamé jeudi à Genève des discussions, prévues pour au moins deux jours, et auxquelles participent des experts en désarmement, qui portent sur la façon de placer l’arsenal chimique syrien sous contrôle international, une initiative lancée lundi par Moscou qui a éloigné la menace de frappes aériennes occidentales sur le régime de Damas.

