Maysaloon : Tant pis


Est-ce que je dois vraiment m’émouvoir  de la mort de Abu Mohammad al Golani dans une embuscade tendue par le régime ? Je pense que non.Le but de la révolution syrienne n’est pas d’échanger un dictateur alaouite contre un dictateur sunnite ; elle a pour objectif d’assurer la dignité et les droits fondamentaux des citoyens. Je ne vais pas pleurer pour quelqu’un simplement parce qu’il est opposé à Assad alors que son groupe appelle ouvertement au nettoyage ethnique et qu’il a été accusé d’horribles violations des droits humains.

Beaucoup de Syriens m’ont dit « ce sont les seuls qui combattent Assad » et nous devrions donc ignorer leurs erreurs. Je ne suis pas d’accord.Personne n’a demandé cette guerre, c’est Assad qui l’a imposée au pays afin de garder le pouvoir.

Ce qu’il voulait, c’était précisément le type de réaction dont des groupes comme Jabhat al-Nusra  et ISIS (Islamic State of Iraq and al-Shams) sont capables. Il voulait également renforcer sa position aux niveaux international et intérieur en se faisant passer pour le champion de la laïcité.

À y réfléchir, le régime redoutait deux éléments qu’il a voulu éviter à tout prix : le déploiement de manifestations pacifiques dans le pays-parallèlement à un mouvement en faveur d’une société civile-et l’ intervention étrangère-spécifiquement occidentale.

Ces deux options semblent bien lointaines maintenant mais si nous voulons que la tuerie s’arrête, s’arrête véritablement, nous devons les remettre sur la table. Peu importe que l’on me gueule « Irak et impérialisme », c’est une question de survie pour tout le pays.

Assad et ses alliés présentent maintenant au monde des scénarios pour la Syrie, tous deux inacceptables. Soit le pays devient une variante de la Corée du Nord, soit il se transforme en Afghanistan. Pour des raisons évidentes, ces deux options conviendraient à la perfection à l’Iran, au Hezbollah et à Assad.

Mais il y a une mise en garde importante : l’Iran, le Hezbollah et Assad ne peuvent pas imposer leur volonté à la Syrie. C’est ce qu’ils essaient de faire depuis trois ans et ils n’y sont pas arrivés. C’est très important,  même si le prix à payer a été très lourd

Les Syriens peuvent préconiser une troisième option, celle d’un pays qui respecte les droits de ses citoyens et leur donne l’occasion d’améliorer leurs conditions de vie. Pour y arriver, il ne leur est pas nécessaire d’applaudir et d’encourager n’importe quel fou qui tire avec sa kalachnikov contre le régime.

source

traduction : annie bannie

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