Demain : Grand rassemblement de la société civile en soutien aux Afghans


Mercredi 20 novembre

11h – Grand rassemblement de la société civile en soutien aux Afghans: rendez-vous à 10h30 devant le Cabinet de Maggie de Block (itinéraire en cours de finalisation). Plus d’infos: cliquez ici

Une initiative des signataires des revendications communes pour les Afghans, avec le soutien particulier de la FGTB et de Bruxelles Laïque.

14h –  Ciné-Débat sur l’accès aux droits fondamentaux pour les familles migrantes: projection de film « Enfants Valises » (en français) suivie d’un échange. Au théâtre des Martyrs, place des Martyrs 22, 1000 Bruxelles.

Une initiative du Mrax.

Solidariteitsmars ngo’s en middenveldorganisaties met afgewezen Afghanen – Brussel

Woensdag 20 november zullen 58 organisaties samen met alle afgewezen Afghaanse asielzoekers stappen in een betoging.

Daarmee willen we de situatie van Afghaanse mannen, vrouwen en kinderen onder de aandacht brengen. Zij krijgen geen bescherming, asiel van België ondanks de onveiligheid in hun thuisland.

Ook willen we met  deze mars de solidariteit tonen van heel wat burgers en organisaties van het middenveld (die de oproep naar de regering hieronder hebben ondertekend).

Deze mars is ook de gelegenheid voor de ondertekenaars om hun eisen over de situatie van de Afghanen in België aan de regering te herhalen. Zij roepen de regering op om:

         Een duidelijke standpunt in te nemen over de veiligheidssituatie in Afghanistan en de reële terugkeermogelijkheden, rekening houdend met de terugtrekking van de internationale troepen in 2014. Deze analyse moet gebaseerd zijn op het advies van onafhankelijke experts.

          Een tijdelijke opschorting, een zogenoemd moratorium, op alle uitwijzingen naar Afghanistan door te voeren tot België een duidelijk en geargumenteerd standpunt heeft over de situatie in het land.

          In de tussentijd, een verblijfsvergunning te geven aan de Afghanen die geen beschermingsstatus hebben gekregen om hen de mogelijkheid te geven hier veilig en waardig te leven.

Tenslotte vragen de ondertekenaars aan de asielinstanties om de nood aan bescherming van alle afgewezen Afghanen in België opnieuw te onderzoeken. Dit moet gebeuren  op basis van een herevaluatie van de veiligheidssituatie ter plaatse, rekening houdend met de risicogroepen zoals opgelijst door UNCHR en de reële en concrete mogelijkheid van terugkeer

Praktische info

10u30 : verzameling voor het kabinet van de staatsecretaris voor Asiel en Migratie Maggie De Block, Waterloolaan 115, 1000 Brussel

10u45 : aan het woord : een lid van het collectief van de Afghanen, een vertegenwoordiger van de steuncomité, de verantwoordelijken van verschillende organisatie die de eisen hebben ondertekend en van de organisatoren van de acties in de voorbije actieweek.

11u15 : vertrek van de mars

12u :  stop bij de Anderlechtsepoort

12u30: stop bij het ‘t Klein Kasteeltje

13u: Aankomst van de mars bij de Dienst Vreemdelingenzaken

14u: Einde van de betoging

« J’ai hélas découvert le visage hideux de la Belgique! »


Annick Hovine Publié le vendredi 15 novembre 2013 à 05h48 – Mis à jour le vendredi 15 novembre 2013 à 11h50

Belgique Une enseignante, qui aide les Afghans sans droit de séjour, « effrayée » par ce qu’elle a vu.
Du chaos, de la terreur et de la violence généralisée qui sévissent en Afghanistan, Tessa de Briey en connaissait, jusqu’en septembre, surtout ce qu’en rapportaient les médias. Peu après la rentrée scolaire, une amie propose à cette maman de quatre grands enfants, professeur de français, d’animer un atelier créatif, rue du Trône à Ixelles, où des familles afghanes qui ont fui leur pays ont trouvé un (fragile) refuge. Elle y entend les témoignages, parfois terribles, de victimes d’un conflit qui s’éternise depuis trente ans. « J’ai gardé le dessin d’une petite fille de 5 ou 6 ans qui nous a expliqué que son papa était mort. »
Au-delà de cette confrontation avec la réalité afghane, elle découvre, « hélas ! » , au contact de ces familles sans droit de séjour mais inéloignables, « le visage hideux de la Belgique » . « J’y suis allée et j’ai été sidérée de voir tous ces enfants, non scolarisés, alors que tous parlent français ou néerlandais. Ils étaient ravis de chanter des petites chansons d’école. » Le lendemain, c’était l’expulsion de la rue du Trône. « J’ai été interdite d’accès au bâtiment. Je voulais récupérer le matériel pour le donner aux enfants. » Malgré son insistance, cela a été impossible. Raconter des histoires

Le lundi suivant, 30 septembre, l’enseignante se rend à l’église Sainte-Croix avec l’intention de lire des histoires aux enfants. « On ne pouvait faire entrer ni eau ni nourriture. Une amie qui était à l’intérieur m’a dit qu’un policier leur avait dit de boire l’eau des bénitiers. »

A l’extérieur, les forces de l’ordre lui répliquent que les enfants peuvent sortir et qu’elle peut leur raconter des livres sur la place. « Je savais que, comme moi, ces enfants ne pourraient plus revenir dans l’église près de leurs parents. Je leur ai dit, très calmement, que ce n’était pas possible d’accepter cela, que ma grand-mère, mon arrière-grand-mère et mon grand-oncle n’avaient pas fait de la résistance en 1940-1945 pour voir cette Belgique-là. » Réponse du responsable policier : « Je vais vous mettre en arrestation administrative. » Symptôme de l’attitude répressive adoptée à l’égard des actions citoyennes de soutien aux sans-papiers.

Il y a eu aussi ce cri, aux échos sinistres, « Raus ! » , lancé par un des cinq policiers alignés sur le parvis de l’église à une dame qui les photographiait.

Quand, finalement, les Afghans sont sortis de l’église, une partie d’entre eux ont été dirigés vers un local paroissial où il n’y avait rien, sinon une toilette et une cuisine. Tessa de Briey et son mari se mettent dare-dare à la recherche de matelas et couvertures pour la trentaine de femmes et enfants qui, sans cela, auraient dû dormir à même le carrelage et le ventre vide. « J’étais sidérée de voir que cela pouvait exister en Belgique, que personne ne se préoccupe d’une trentaine de personnes, dont une vingtaine de jeunes enfants, en détresse. » Deux soirs de suite, l’enseignante et son mari ont apporté et partagé le repas du soir avec ces demandeurs d’asile afghans. L’occasion de lier des liens privilégiés.

Camion poubelle

Tessa de Briey suit ensuite ces familles, d’hébergements provisoires en expulsions : chaussée de Charleroi, rue Vandeuren, rue du Trône, bis… « Cette fois-là, je ne me suis plus laissée faire et j’ai réussi à trouver un policier humain qui m’a laissé entrer dans le bâtiment pour récupérer les couvertures. » Même si un employé communal, « visiblement hostile » , s’arrangeait pour les jeter dans le camion poubelle dès que les sympathisants des Afghans avaient le dos tourné. Des enfants et des femmes en état de choc sont arrivés de la manif aux abords de la zone neutre, qui avait donné lieu à des brutalités, poursuit Mme de Briey. Des policiers se moquaient d’eux et ont refusé qu’une personne récupère un médicament pour son enfant cardiaque. « J’ai alors exprimé haut et fort mon indignation devant tant d’inhumanité et un excès de zèle confinant au racisme. »

Depuis quinze jours, l’enseignante se rend tous les deux jours à la rue de la Poste, où ont échoué plusieurs familles afghanes, pour des aides ponctuelles.

Au-delà de cette solidarité très concrète, l’enseignante essaie aussi de sensibiliser les citoyens. « Ce qui m’effraie, c’est d’entendre et de voir chez nous et aujourd’hui, des comportements, des paroles qui rappellent étrangement des faits lus dans des œuvres autobiographiques ou des journaux intimes écrits dans les années trente , alerte-t-elle. Même si le contexte est différent, je pense que si on n’y prend pas garde, nous nous dirigeons vers des années d’obscurantisme dont je voudrais préserver mes enfants et éventuels petits-enfants. »

Dans ce but, la citoyenne a pris contact avec des élus communaux et envoyé des e-mails au Premier ministre, Elio Di Rupo (PS), et à la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet (CDH). Demeurés jusqu’ici sans réponse.

source

Un photographe arrêté à deux reprises vendredi, la fin de la liberté de la presse en Belgique ?


by Thibault Kruyts , 4 comments

Ce vendredi 18 octobre, l’un de nos photographes s’est fait arrêter deux fois dans la même journée. Depuis une vingtaine de jours, dans le cadre de son actuel reportage pour “Press for more” sur la problématique des Afghans sans-papiers, il était régulièrement victime de menaces, intimidations et violences verbales de la part d’officiers de police. Voici son récit :

Des activistes ont lancé de la peinture rose et fermé à l'aide de cadenas les portes de l'Office des étrangers ce vendredi 18 octobre. ©Thibault Kruyts
Des activistes ont lancé de la peinture rose et fermé à l’aide de cadenas les portes de l’Office des étrangers ce vendredi 18 octobre. ©Thibault Kruyts

Cela fait presque deux ans que je travaille régulièrement comme photographe de presse. C’est un métier fascinant, aux multiples facettes et relativement étranger à toute routine. J’ai souvent l’occasion de couvrir les nombreuses manifestations dans la capitale, j’y côtoie entre autres des personnalités politiques, des ouvriers, des militants, des étudiants, des policiers… A force de se croiser, on se reconnait, se serre la main, on échange quelques mots. Les rapports sont généralement courtois entre les différents corps et je n’ai que très rarement subi des pressions avant de m’intéresser au sujet des Afghans.

Cependant, avant-hier, au cours d’une seule journée, j’ai été arrêté deux fois par les mêmes policiers. J’ai été victime de violences physiques et psychologiques, de menaces, d’humiliations et d’intimidations. Mes droits ont été à plusieurs reprises bafoués. J’ai vu mes images être saisies, volées et supprimées par la police. Aujourd’hui, j’ai peur pour ma sécurité et celle des gens que je photographie, ainsi que pour ma liberté à exercer le métier de photographe de presse. Le porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixelles, M. De Coninck, était injoignable dès ma deuxième arrestation et ce malgré les nombreux appels de différentes rédactions.

Tout commence vendredi matin, lorsque je suis réveillé par le message d’un contact : « Action choc à 9 heures. Rendez-vous Gare du Nord ». En quelques minutes, le temps de prévenir l’un ou l’autre collègue et de prendre mon matériel, je suis sur la route. A deux pas des voies se situe l’Office des étrangers, tout y est encore calme à mon arrivée. En quelques instants, des ombres surgissent, cadenassent les portes et projettent de la peinture rose contre celles-ci, avant de disparaître sous les yeux ébahis des quelques badauds présents. Une équipe de TV Brussel, un citoyen-photographe et moi-même prenons alors des images de la scène. Deux minutes plus tard, cinq activistes arrivent, quatre d’entre eux s’allongent sur la chaussée tandis que le dernier, déguisé en Maggie de Block, s’enorgueillit de ces nouvelles victimes de sa politique.

Arrestation violente du photographe indépendant Thibault Kruyts par petite dizaine de policiers, après l'action devant l'Office des étrangers. ©Maxime Van Laere
Arrestation violente du photographe indépendant Thibault Kruyts par petite dizaine de policiers, après l’action devant l’Office des étrangers. ©Maxime Van Laere

De l’une des voitures bloquées sortent trois policiers en civils, interloqués. Après avoir demandé aux militants d’évacuer les lieux, alors qu’un seul portait son brassard, ils déplacent les corps inertes sur le côté de la route. J’ai photographié leur intervention dans sa totalité. L’action, comme les arrestations, se sont – selon moi – bien déroulées, l’ambiance semblait plutôt bon enfant. Cependant, des combis d’intervention arrivent en nombre dans les rues adjacentes. De loin, je remarque que l’équipe de TV Brussel se fait violemment interpeller alors qu’ils rejoignent leur voiture, idem pour le photographe-citoyen. Je vois quelques secondes après que des policiers se dirigent vers moi, accompagnés d’un agent de sécurité. J’ai reconnu le visage de plusieurs d’entre eux, ils étaient en effet venus harceler la semaine précédente les réfugiés afghans au 127, rue du Trône. Certains m’avaient ce jour-là menacé : « Toi, si on t’attrape, on va te niquer ta sale gueule, on va te démonter et détruire ton appareil photo ». Prenant peur, plus pour mon matériel que pour moi, je me mets à cavaler. L’agent de sécurité m’a rattrapé et immobilisé au milieu de la Gare du Nord, j’ai été très brutalement plaqué au sol et menotté par huit à dix agents de police selon les témoins. C’est sous bonne garde, plié en deux et tel un dangereux criminel que l’on me fait rentrer dans un combi. A cet instant, je les ai entendus dire « Tu vois, on t’avait dit qu’on te retrouverait, maintenant, tu vas le regretter ». Ils savaient que j’étais photographe de presse, ils me connaissaient. Le gradé m’avise que je suis désormais en garde à vue, mais refuse de me donner l’heure de mon arrestation (sans doute 9 h 30).

L’arrivée de manifestants afghans, accompagnés par une rédactrice Belga (avec qui je travaille comme freelance), modifie alors leurs priorités. Ils doivent rejoindre leurs collègues devant l’Office des étrangers. La rédactrice, ayant appris mon arrestation, vient trouver le commissaire pour confirmer mon identité, mon statut de photographe de presse et exiger ma libération immédiate. Après un temps certain, de nombreux coups de fil à M. De Coninck (porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixelles) de la part de la rédaction Belga et la pression d’officiers supérieurs m’ayant reconnu, mon statut passe de « garde à vue » à « témoin » forcé. Contre mon gré et sous de nombreuses menaces (saisie de mon matériel, entrave à une enquête, etc.), je suis emmené au commissariat de Bockstael. Un des policiers détient mon téléphone portable et mon matériel photo, je ne suis manifestement pas « libre » et mes droits sont bafoués. Ma carte mémoire me sera prise une fois sur place.

Libéré aux alentours de midi (soit deux bonnes heures après mon arrestation), je prends le métro pour rejoindre cinq militants devant le commissariat central de Bruxelles. Sur place, je discute avec eux pour avoir des informations quant au déroulement des événements auxquels je n’ai pas pu assister. Je les prends en photo pendant qu’ils scandent « Libérez nos camarades ! », une policière vient gentiment leur demander combien de temps ils comptent rester sur le trottoir en face du commissariat. Cinq minutes après, sans avertissement, ils sont très violemment arrêtés. Le commissaire lui-même vient me chercher, alors que j’étais à dix mètres de là, « Tu n’as pas compris avec ce matin ? Eh bien cette fois, tu vas comprendre et on va bien te le faire regretter », tels étaient ses mots. Aucun motif et de nouveau en arrestation administrative. Mon sac photo est immédiatement confisqué, je suis menotté, déshabillé et fouillé. Certains policiers, surpris de me revoir dans cette situation rocambolesque, ont essayé de demander à ce que je sois libéré, sans y parvenir. Je suis emmené en cellule, où je resterai durant cinq longues heures. Malgré des demandes répétées pour de l’eau ainsi qu’une gaufre, aucun d’entre nous n’a pu en avoir, mais nous avons subi les moqueries gratuites d’agents du commissariat. En sortant, j’ai pu découvrir que la majorité de mes images avait été supprimée et j’ai ressenti des douleurs lancinantes dans mon bras gauche toute la soirée.

Cette journée ubuesque marque un tournant important des rapports entre la Presse et les Forces de l’ordre. Des journalistes ont été volontairement inquiétés et j’ai été arrêté parce que je gênais certains officiers. Dans un pays démocratique, comment est-il possible d’en arriver à une telle situation ? De quel droit la Police peut-elle saisir et se servir des images d’un photo-journaliste alors qu’il n’y a aucun crime, seulement un petit délit qui s’effacera à l’aide d’un jet d’eau ? Photographes, rédacteurs, cameramen, preneurs de sons, sommes-nous encore libres d’exercer nos métiers d’Information, sans pour autant devenir involontairement des auxiliaires de police, ou nous faire arrêter pour refus de leur donner ce qu’ils veulent ? Un goût amer me reste dans la bouche. Je laisserai donc les derniers mots à Victor Hugo, ceux qu’il a prononcés le 11 septembre 1848 devant l’Assemblée :

« La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c’est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l’une c’est attenter à l’autre. Eh bien, toutes les fois que ce grand principe sera menacé, il ne manquera pas, sur tous ces bancs, d’orateurs de tous les partis pour se lever et pour protester comme je le fais aujourd’hui. La liberté de la presse, c’est la raison de tous cherchant à guider le pouvoir dans les voies de la justice et de la vérité. Favorisez, messieurs, favorisez cette grande liberté, ne lui faites pas obstacle ; songez que le jour où, après trente années de développement intellectuel et d’initiative par la pensée, on verrait ce principe sacré, ce principe lumineux, la liberté de la presse, s’amoindrir au milieu de nous, ce serait en France, ce serait en Europe, ce serait dans la civilisation tout entière l’effet d’un flambeau qui s’éteint ! »

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Grèce : grève de la faim d’immigrés afghans et syriens sur le port de Mytilène


Par Okeanos

30 avril 2013 – 9:24

(dernière modification le 30/04/2013 – 9:24)

Photos par Stelios Kraounaki. Texte par Stelios Kraounaki traduit et adapté par Okeanews.

Depuis quelques temps, la situation à Lesbos est alarmante. Les syriens, les afghans, les somaliens et les immigrés de nombreux autres pays ont supplié en vain la police et la gendarmerie du port de les arrêter. Étrange ? Pas tant que ça, quand on sait que leur arrestation est nécessaire pour qu’ils puissent s’enregistrer et déclencher la procédure administrative d’expulsion, ce qui leur permet de rester légalement dans le pays pendant un mois (six mois pour les syriens suite à une très récente décision ministérielle). C’est pour eux le seul moyen légal de se rendre à Athènes et de poursuivre leur voyage, avant de trouver d’autres moyens pour atteindre la destination envisagée au départ (en dehors de la Grèce généralement, et dans les pays d’Europe du nord de préférence).

Photo par Stelios Kraounaki

Pourtant, la gendarmerie du port et la police refusent de les arrêter, sous prétexte de « ne pas savoir quoi faire d’eux ». D’après eux, les cellules de détention de la police sont totalement inadaptées pour accueillir en nombre et n’ont même pas l’infrastructure sanitaire la plus rudimentaire. Il faudrait nourrir les immigrés, les soigner et les cellules sont déjà pleines à craquer. Les policiers préfèrent donc rester indifférents à ces flopées de migrants, tous les jours plus nombreux, qui défilent devant eux. Les gendarmes du port et les policiers se les renvoient tour à tour (et la distance entre le bureau de police et la gendarmerie du port n’est pas moindre à Mytilène), aucun ne voulant faire usage de son autorité pour les arrêter. Et s’ils ne les renvoient pas à leurs collègues, ils se dédouanent du devoir de les arrêter en leur servant des excuses fallacieuses.

Photo par Stelios Kraounaki

Photo par Stelios Kraounaki

Suite à toutes ces marques de mépris et d’indifférence, le ras-le-bol des immigrés s’est radicalisé : depuis mercredi 24 avril, 12 Afghans et 4 Syriens ont commencé une grève de la faim, refusant la nourriture apportée par des bénévoles locaux, qui avaient pris l’habitude de s’occuper des immigrés bloqués au port. Il est indubitable que leurs conditions de vie sont plus que déplorables : pas la moindre trace d’installation d’hébergement, pas même de quoi s’abriter, ils dorment là où ils peuvent, dans les limites des grilles du port, sur le quai. Etant empêchés de fabriquer ne serait-ce qu’une installation rudimentaire, les immigrés tentent de faire face à l’absence d’emplacements en dormant dans des barques abandonnées ou directement sur le ciment, dans les sacs de couchages que leur a distribué Médecins Du Monde, tout ça sans la moindre aide de l’Etat grec.

Photos par Stelios Kraounaki.

Photos par Stelios Kraounaki.

Même pour les actes les plus élémentaires du quotidien, il leur faut improviser : Les toilettes, par exemple…ils sont contraints d’utiliser celles, communes et mal entretenues, de la douane. Ne parlons même pas de l’eau, qui leur faut boire à même les robinets extérieurs du port ; quant à la douche, au vu de leurs conditions de vie, ce serait du luxe !

Pourtant, à la gendarmerie du port, rien n’est prévu pour l’alimentation ou l’hébergement des immigrés et des réfugiés, bien que la loi donne la possibilité de le faire. Si on pose aux gendarmes la question pourtant simple « Qu’est-ce que vous allez faire d’eux si vous les arrêtez ? », la réponse reste évasive et personne ne pense aux centres d’Athènes, qui seraient pourtant une solution viable. A croire que les immigrés sont délibérément retenus loin de la capitale, dans des conditions honteuses…

Photos par Stelios Kraounaki.

Photos par Stelios Kraounaki.

Il faut dire que curieusement, on n’a pas pu compter sur l’Etat grec dans cette histoire, et s’il n’y avait pas eu les bénévoles et certains membres très actifs de l’église pour nourrir les immigrés, ils seraient probablement morts de faim. De même, s’il n’y avait pas l’équipe de Médecins du Monde pour donner les premiers soins, en collaboration avec les hôpitaux et les médecins bénévoles de Votsaneiou, les personnes souffrant de problèmes chroniques, les handicapés, les femmes enceintes et les bébés seraient restés sans les soins les plus élémentaires.

Hier, suite à la pression exercée par les immigrés sur l’Etat, une famille avec 2 enfants de 8 et 10 ans, une femme avec un handicap au pied, un cardiaque et un enfant de 18 mois diagnostiqué épileptique ont pu obtenir le papier leur donnant le droit de se déplacer en Grèce. Cela faisait pourtant 3 jours que tous ces gens avec des problèmes de santé sérieux appartenant à la catégorie des êtres vulnérables et bénéficiant de ce fait d’un traitement spécial censé être garanti par les traités internationaux, cela faisait pourtant trois jours que tous ces gens avaient été abandonné à leur triste sort, sur le port, sans aucun intervention de la part de l’Etat. Une fois de plus, ils n’ont pu compter que sur l’équipe de Médecin Du Monde et sur les bénévoles.

Photos par Stelios Kraounaki.

Photos par Stelios Kraounaki.

« Nous ne sommes pas venus pour manger !» s’indignent les afghans qui ont entamé une grève de la faim. « La Grèce n’est qu’un lieu de transition pour notre périple ». En refusant de s’alimenter, ils protestent contre ce blocage inexplicable de maintenant 35 jours dans le port de Mytilène.

Heureusement, et une fois plus grâce à l’initiative courageuse des bénévoles, ils ont pu passer une semaine dans le centre d’accueil pour immigrés PIKPA improvisé par les bénévoles de l’association locale « Tout le village ensemble ». Ces derniers 12 jours, ils se trouvent à la gendarmerie du port de Mytilène en attendant en vain le papier tant espéré de l’expulsion administrative, regardant avec impuissance ceux qui s’en vont, alors qu’eux-mêmes restent coincés au même endroit.

Récemment, 4 syriens se sont joints à la grève de la faim pour soutenir les afghans et protester eux aussi contre ces conditions indignes.

Cette situation n’a en fait qu’un responsable : Le gouvernement grec, qui mène une politique de dissuasion aveugle, qui ne tient aucun compte de l’humain, allant jusqu’à se permettre de ne pas respecter les traités internationaux, prétextant son incapacité à accueillir dignement les immigrés sur son sol. Or, il existe des centres à Athènes, et l’ouverture du centre PIPKA prouve qu’il est possible de les accueillir dans des conditions décentes, avec humanité.

Photos par Stelios Kraounaki.

Photos par Stelios Kraounaki.

Il y a maintenant longtemps que ce qui devrait être de la responsabilité de l’Etat retombe sur le dos des associations. Or, au rythme où vont les choses, elles ne pourront pas éternellement faire face à la demande. Pour l’instant, nous sommes au printemps, mais qu’adviendra-t-il des arrivées massives d’immigrés et de réfugiés prévues pour l’été ?

source  : Απεργία πείνας Αφγανών και Σύριων μεταναστών στο λιμάνι της Μυτιλήνης

adaptation : Okeanew

Lire la suite : http://www.okeanews.fr/20130430-grece-greve-de-la-faim-dimmigres-afghans-et-syriens-sur-le-port-de-mytilene#ixzz2RwwcVn27
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Afghanistan : retrait des troupes belges pour la fin 2014


Belga

Mis en ligne le 16/05/2012

VIDEO Près de 600 soldats belges participent aux forces de l’Otan en Afghanistan.

La Belgique a confirmé mercredi qu’elle allait achever le retrait de ses troupes en Afghanistan à la fin 2014 après l’avoir entamé en septembre prochain, conformément à la stratégie de l’Otan qui sera réaffirmée à son sommet de Chicago des 20 et 21 mai.

« La Belgique confirme le retrait de ses troupes d’ici la fin 2014 », a-t-on indiqué de source gouvernementale à l’issue d’un conseil des ministres restreint, consacré à ce dossier, sous la présidence du Premier ministre socialiste Elio Di Rupo.

Près de 600 soldats belges participent aux forces de l’Otan en Afghanistan, essentiellement basés à l’aéroport de Kaboul, qu’ils contribuent à sécuriser, et sur la base aérienne de Kandahar (sud). Le processus de leur retrait débutera cet automne par l’aéroport de Kaboul.

Les conditions de retrait des 130.000 soldats internationaux seront au menu des discussions du sommet de l’Otan dimanche et lundi à Chicago. Le nouveau président français, François Hollande, devrait y confirmer sa décision de rapatrier les soldats combattants d’ici la fin 2012.

La Belgique s’est en outre déclarée prête à continuer à participer à la reconstruction de l’Afghanistan après 2014, avec une contribution financière de 12 millions d’euros par an pendant une période qui pourrait atteindre dix ans. « Sur la question du rôle militaire éventuel de l’Otan après 2014, tout rôle de combat devrait être exclu. Il va de soi qu’en cas de nécessité, ces troupes devront pouvoir se défendre », a-t-on précisé de source gouvernementale.

Quand les soldats US urinent sur les dépouilles des combattants afghans


Une vidéo montrant des forces américaines en Afghanistan en train d’uriner sur des combattants talibans morts au combat, pourrait retarder les efforts pour l’organisation de pourparlers de paix au moment où l’administration Obama lance une nouvelle série de contacts diplomatiques.

Il n’y a pas à dire, les Marines savent « gagner les coeurs et les esprits »… On attend avec impatience l’explication que va nous fournir Obama…

La vidéo, qui a été postée sur YouTube et d’autres sites Web, montre quatre hommes en uniforme de camouflage des Marines urinant sur trois cadavres. L’un d’eux plaisante : « Bonne journée, mon pote. » Un autre fait une blague obscène.

Ceci est susceptible d’attiser encore plus le déjà solide sentiment anti-américain en Afghanistan, après une décennie de guerre qui a vu tant d’autres cas d’abus, et cela pourrait aussi compliquer les efforts pour la réconciliation alors que les troupes étrangères se retirent progressivement.

L’administration du président américain Barack Obama, espérant pouvoir organiser des pourparlers, lance une nouvelle série de navettes diplomatiques avec un objectif immédiat de boucler un accord avec les Talibans pour que ceux-ci ouvrent une représentation dans l’État du Qatar.

Marc Grossman, représentant spécial d’Obama pour l’Afghanistan et le Pakistan, entame un tour diplomatique ce week-end qui comprend des entretiens avec le président afghan Hamid Karzaï à Kaboul et avec de hauts responsables en Turquie, en Arabie saoudite et dans les Émirats arabes unis.

La vidéo ne va pas aider ses efforts pour renforcer la confiance entre les parties belligérantes.

« Cet acte aura un impact très, très mauvais sur les efforts de paix », a déclaré Arsala Rahmani, le négociateur en chef de Karzaï.

« En voyant de telles pratiques, les Talibans peuvent facilement recruter des jeunes et leur dire que leur pays a été attaqué par des chrétiens et des juifs et qu’ils doivent le défendre », a-t-il dit dans ce qui correspond aux premiers commentaires livrés par un responsable afghan.

Le Corps des Marines des États-Unis a déclaré qu’il allait enquêter. L’ISAF, force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan, a qualifié les actes montrés dans la vidéo de « hautement répréhensibles » et « dégoûtants ».

« Le comportement décrit dans cette vidéo est répréhensible et n’est pas en harmonie avec les valeurs des forces armées américaines, » a éructé le porte-parole de l’ISAF, le Lieutenant colonel Jimmie Cummings.

« Illégale, contre l’humanité »

La vidéo n’avait pas encore atteint les rues de Kaboul jeudi, mais les Afghans qui avaient déjà visionné la bande ont été horrifiés.

« Selon l’Islam et le droit international, c’est inhumain et c’est interdit », a déclaré Sayed Abdul Samad, un homme âgé avec une longue barbe blanche et un turban blanc.

Le sentiment anti-américain s’est traduit en violences à plusieurs reprises en Afghanistan ces dernières années. Les protestations suite à des informations sur des profanations du livre saint musulman, ont déjà déclenché des émeutes meurtrières à deux reprises.

« Ils ont commis un crime. Nous ne voulons pas d’eux dans notre pays », a déclaré Feda Mohammad, un homme d’âge moyen en jeans, une veste et un chapeau de laine, quand on lui parle de la bande vidéo. « Nous n’aimons pas les étrangers dans notre pays et ils doivent partir. »

Comme plusieurs autres habitants de la ville, Qaisullah, un commerçant de 44 ans, qui vit près de la mosquée Shah-e-dushamshera dans la capitale, a dit que les soldats visibles dans la vidéo devaient être punis.

« Le gouvernement doit discuter avec le gouvernement américain des poursuites contre ces soldats, pour qu’à l’avenir nul ne puisse plus se moquer des Afghans », a-t-il dit.

« Je n’ai pas vu la vidéo mais je dirais que cela va nuire à notre pays et aux pourparlers de paix. Cela commence juste avec des images à la télévision, mais on va se retrouver avec des manifestations partout dans le pays et peut-être dans le monde », a déclaré Qaisullah.

Le bureau de Karzaï a refusé de faire des commentaires et le porte-parole des Talibans n’étaient pas joignable.

Aux États-Unis, deux responsables militaires, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat ont déclaré la vidéo semble être authentique, mais Reuters n’a pas pu encore faire toutes ses vérifications.

L’armée américaine a intenté des poursuites contre les soldats de la 5e brigade Stryker pour le meurtre de civils afghans non armés, alors qu’ils étaient déployés dans la province de Kandahar en 2010.

Au Pentagone, le capitaine John Kirby a déclaré que le ministère de la Défense avait été « profondément troublé » par la vidéo.

Près d’un an d’efforts déployés en arrière-plan par les négociateurs américains semblaient porter leurs premiers fruits alors que les Talibans acceptent des contacts indirects qui pour les responsables américains pourraient devenir de véritables pourparlers sur l’avenir politique de l’Afghanistan.

À Kaboul, Grossman va demander l’approbation de Karzaï – dont le soutien à un effort des Etats-Unis est réservé car il craint d’être marginalisé – pour aller de l’avant avec une série de mesures considérées comme un préalable indispensable à des négociations qui pourraient donner aux Talibans un rôle important dans le gouvernement de l’Afghanistan.

L’objectif est de faire avancer les négociations au-delà des discussions sur des « mesures de confiance » réciproques.

« Nous essayons d’avoir des contacts au sujet de mesures de confiance afin de permettre des négociations entre les Afghans et les Talibans », a déclaré un haut responsable à Washington, mais qui a refusé d’être identifié.

L’initiative diplomatique inclut un éventuel transfert de prisonniers Talibans de la prison de Guantanamo Bay.

Une percée pourrait marquer une étape importante pour l’administration Obama, qui s’active pour obtenir un minimum de stabilité en Afghanistan tout en allant vers un dégagement progressif d’une guerre longue et coûteuse.

Les Etats-Unis et leurs alliés se sont fixés pour but de retirer leurs troupes d’ici la fin 2014.

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12 janvier 2012 – Ma’an News – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/eng/ViewDet…
Traduction : Info-Palestine.net

Près de six Américains sur dix opposés à la guerre en Afghanistan


AP

Mis en ligne le 20/08/2010

En ce qui concerne l’Irak, 65% des Américains sont également opposés à la guerre

Près de six Américains sur dix (58%) sont opposés à la guerre en Afghanistan, selon un sondage GfK pour l’Associated Press qui traduit les doutes de la population, après neuf ans de conflit et alors que le président Obama envoie des dizaines de milliers de soldats supplémentaires au combat.

Plus de 1.100 militaires américains ont trouvé la mort en Afghanistan depuis l’invasion en octobre 2001, dont 66 pour le seul mois de juillet. A l’automne 2009, Barack Obama a autorisé le déploiement de 30.000 hommes de plus, pour porter l’effectif total à 100.000, soit trois fois plus qu’en 2008. Mais de plus en plus de parlementaires s’interrogent sur la possibilité d’un succès militaire sans une campagne vigoureuse contre la corruption, qui sape la confiance des Afghans dans leur gouvernement.

A dix semaines des élections de mi-mandat en novembre, 38% des personnes interrogées soutiennent la stratégie du président en Afghanistan, contre 46% en mars. Seules 19% pensent que la situation devrait s’améliorer la semaine prochaine, contre 29% qui tablent sur une dégradation et 49% qui s’attendent à ce qu’elle ne change pas.

Cette perception pourrait coûter cher au chef de l’Etat et à la majorité démocrate, confrontés à un chômage élevé (9,5% en juillet), une reprise économique poussive et un déficit budgétaire qui devrait dépasser les 1.300 milliards de dollars (1.015 milliards d’euros). Une forte opposition à la guerre en Afghanistan pourrait décourager les sympathisants de la majorité alors que le Parti démocrate, majoritaire aux deux chambres du Congrès, a désespérément besoin de mobiliser ses partisans pour le scrutin de novembre.

En ce qui concerne l’Irak, 65% des Américains sont également opposés à la guerre (31% sont pour), après sept ans de conflit, mais 68% approuvent la décision de Barack Obama de mettre fin aux opérations de combat. La dernière brigade de combat américaine a quitté le pays jeudi, devançant la date-butoir du 31 août fixée par le président.

Ce sondage a été réalisé par téléphone du 11 au 16 août auprès de 1.007 adultes. Marge d’erreur de plus ou moins 4,5 points de pourcentage.

Source

Les secrets de fabrication des «carnets de guerre» de WikiLeaks


Par LIBÉRATION.FR

ulian Assange, le fondateur de WikiLeaks, le 26 juillet 2010 (REUTERS/Andrew Winning)

La guerre ordinaire en Afghanistan. Embuscades, bombes artisanales, échanges de tirs entre soldats «amis», corruption… la publication par le site WikiLeaks et trois titres mondialement connus (New York Times, Guardian et Spiegel) des «carnets de guerre» du conflit afghan passionne. Retour sur les secrets de fabrication de ce scoop à grande échelle.

L’ampleur de la fuite

Pour de nombreux observateurs, il s’agit de la plus grande fuite de l’histoire militaire, plus importante encore que l’affaire des «papiers du Pentagone» en 1971. Les autorités américaines savaient d’ailleurs qu’elles avaient été victimes d’une fuite majeure.

Au total, 92.201 fichiers, datant de janvier 2004 à décembre 2009, ont été mis en ligne sur WikiLeaks. Ils proviennent notamment de l’ambassade américaine à Kaboul. Ces rapports de routine sont «utilisés par des officiers du Pentagone et par les troupes sur le terrain». Pour le Guardian, ils soulignent le «fossé entre un compte-rendu soigneusement policé pour les opinions publiques et la réalité bien plus compliquée du terrain»

Le mode opératoire

WikiLeaks aurait-il atteint l’âge de raison? C’est ce que semble penser Blake Hounshell, dans un billet traduit par le blog Déclassifiés. Le site, fondé en 2006, se veut «la première agence de renseignement du peuple». Il avait déjà défrayé la chronique en mettant en ligne début avril la vidéo d’une bavure de l’armée américaine en Irak.

Critiqué pour sa propension à publier des informations «brutes» et manquant de mise en perspective, WikiLeaks a cette fois travaillé de concert avec trois grand journaux, de trois pays différents, engagés dans la guerre en Afghanistan. Le site prend contact, il y a quelques semaines, avec les rédactions concernées et leur fournit l’intégralité des données à sa disposition.

Les journalistes du New York Times ont ainsi pu enquêter un mois sur le dossier, vérifier les informations, démêler l’essentiel de l’anecdotique. L’accord avec WikiLeaks prévoit aussi une publication simultanée. Elle a lieu ce lundi. Chacune des rédactions a pu effectuer un travail de mise en valeur des données, souvent arides.

Cette stratégie permet à WikiLeaks de jouer sur deux tableaux: elle donne d’abord un retentissement bien plus important à son travail, mais lui permet également de se «protéger» des remontrances de l’administration américaine. Au final, note le Washington Post, on perçoit une «puissance et une sophistication grandissante du site». Celui-ci, rappelons-le, était au bord du dépôt de bilan il y a quelques mois.

Quid des informations sensibles?

WikiLeaks assure avoir pris toutes les précautions pour ne pas mettre en danger de vies humaines. Les noms de personnes dont l’identité devait être protégée ont été effacés et près de 15.000 documents n’ont pas été mis en ligne.

De même, seule une partie des 92.000 fichiers a été reprise par les trois journaux. Quand des éléments mettaient en danger la «sécurité nationale», ils n’ont été publiés que partiellement. Si les données sont classées au rang de «secret», elles ont un «niveau de sécurité relativement faible», relève le Guardian.

Quelles réactions?

WikiLeaks est un «ennemi» bien connu de l’administration américaine. Dès 2008, la CIA écrivait: «WikiLeaks représente une potentielle menace pour l’armée américaine […], ses informations pourraient être de grande valeur pour les insurgés étrangers et groupes terroristes planifiant des attaques contre le pays et ses ressortissants». Quant au soldat responsable de la fuite sur la bavure de 2007 en Irak, il a déjà été inculpé.

Sans confirmer ni démentir la véracité des documents, les Etats-Unis n’ont pas manqué de «condamner fermement la publication d’informations confidentielles par des personnes et des organisations qui pourraient mettre en péril la vie d’Américains et de nos alliés, et menacer notre sécurité nationale». L’ambassadeur du Pakistan aux Etats-Unis a lui jugé «irresponsable» la publication des documents confidentiels, les qualifiant même de «rumeurs».

De son côté, Julian Assange, fondateur de WikiLeaks et militant contre la guerre en Afghanistan, a affirmé que «le bon journalisme est controversé par nature». L’homme, qui vit quasi-caché et à qui ses avocats recommandent de ne pas se rendre aux Etats-Unis, invoque l’intérêt du public pour justifier la publication des fichiers: «Ils montrent non seulement les événements graves mais aussi le côté sordide de la guerre, de la mort d’un enfant aux opérations majeures qui tuent des centaines de personnes.»

«Il revient à un tribunal de dire clairement si on est en présence ou non d’un crime. Cela dit, à première vue, il semble qu’il y ait des preuves de crimes de guerre dans ces documents», a-t-il déclaré.

Afghanistan : en direct depuis le terrain


Lettre d’un ami médecin travaillant avec une mission humanitaire sur place

Chers amis,
 
Voilà quelques semaines de silence dû sans doute à un manque d’imagination ou une certaine lassitude, non pas celle de vous écrire, mais celle de décrire l’atmosphère pesante d’un hôpital de province qui se débat tant bien que mal avec les funestes conséquences d’une guerre interminable et inutile.

La semaine dernière, quatre bombes ont explosé simultanément dans la ville. Dans le jargon local, elles sont appelées IED (Improvised Explosive Device), et du fait de leur caractère artisanal, elles n’ont fait heureusement que peu de dégâts : trois morts et une vingtaine de blessés. Un plan catastrophe pour l’hôpital est prévu pour ce genre d’événement, mais il n’existe que sur papier. Je vous laisse deviner le désordre qui, une fois de plus, régnait dans l’hôpital !

Une autre réflexion est que la réalité est bien différente de celle des communiqués de l’IMF, assurant que, depuis la dernière offensive de l’OTAN, la province d’Helmand, bastion des talibans, est sous contrôle. Manifestement, la sécurité n’est pas assurée dans la région. Quant à la nôtre, si elle dépend de l’approbation, même tacite, de toutes les parties embarquées dans le conflit, elle dépend aussi de la bonne tenue de notre projet, à savoir procurer des soins de qualité à ceux qui en manquent le plus.
En Afghanistan, c’est un véritable défi, du fait des difficultés d’importation du matériel et médicaments indispensables, du profil bas que nous adoptons pour des raisons de sécurité, et du manque de ressources humaines pour mener à bien le projet.

L’Afghanistan n’est pas un pays très attractif pour les travailleurs humanitaires. Tous ces facteurs conjugués sont une source de frustrations, non seulement pour les expatriés, ce qui n’est pas encore trop grave, mais aussi pour tous ceux qui s’adressent à nous pour trouver quelques bonnes médecines. Se poser la question de savoir s’il existe encore un espace humanitaire aujourd’hui en Afghanistan n’est ni ridicule ni superflu.

Comme toujours, il y a quelques touches de lumière dans ce tableau un peu sombre. L’une est certainement l’accueil sincère que j’ai reçu de tous mes confrères afghans. Je m’imagine parfois à leur place et je m’interroge si, étant afghan, je serais prêt à collaborer aimablement avec une organisation occidentale, alors que mon pays est envahi par une coalition militaire de la même eau.

Si le degré de civilisation s’apprécie à la capacité de reconnaître l’humanité de l’autre, beaucoup d’Afghans, loin d’être les barbares que l’on croit, sont authentiquement civilisés.

Afghanistan : ave Petraeus !


vendredi 25 juin 2010, par Philippe Leymarie

Vingt minutes : c’est le temps qu’il aura fallu au président Barack Obama pour limoger le général Stanley McChrystal, commandant en chef des troupes américaines et de l’OTAN en Afghanistan. Et pour remplacer l’élève par le maître : le général David Petraeus, qui était déjà patron du Commandement pour le Moyen-Orient (Centcom), c’est-à-dire de l’ensemble des troupes américaines dans le Golfe, en Irak et en Afghanistan. « On se moque de savoir qui commande, a fait aussitôt savoir Yousouf Ahmadi, un des porte-paroles réguliers du commandement taliban : nous combattrons les envahisseurs jusqu’à leur départ. »
Table des matières

Ancien chef des opérations spéciales de l’US Army, McChrystal – qui remplaçait le général David McKiernan, remercié par le président américain en juin 2009 – avait :

– remis la population au cœur de la stratégie de l’OTAN ;
– mis un frein aux frappes aériennes (génératrices de « bavures » et autres « dommages colatéraux ») ;
– demandé aux GI’s de sortir des casernements (et donc de prendre des risques avec leur propre sécurité) ;
– convaincu l’exécutif américain d’envoyer 30 000 hommes en renfort (au prix d’une périlleuse annonce de début de retrait à partir de l’été 2011) ;
– banni l’alcool sur les bases de l’OTAN ;
– fait fermer des postes dans les secteurs les plus reculés, pour concentrer davantage de forces au sein des zones peuplées ;
– et poursuivi la politique « d’afghanisation » (armée et police).

La « grande offensive » lancée en février dernier dans la région rurale de Marjah, dans le Helmand (sud), un des bastions talibans, n’avait pas convaincu. Le général en préparait une autre, plus importante, sur Kandahar, mais qui – de son propre aveu – avait pris du retard. Les chefs militaires de l’OTAN avaient prévenu que les premiers signes positifs du changement de stratégie ne pourraient être constatés avant la fin 2010, au plus tôt.

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