Gaza : aujourd’hui à Bruxelles


Appel pour un rassemblement de protestation devant le ministère des Affaires étrangères Mercredi 16 juillet de 16h30 à 18h30

Rue des Petits carmes à 1000 Bruxelles

 

 

Stop aux bombardements de Gaza !

 

Soyons-y nombreux pour dénoncer l’agression israélienne contre Gaza et interpeller le ministre Didier Reynders !

 

 

Les organisations signataires réclament avec vigueur au gouvernement belge et à l’Union européenne d’agir immédiatement afin de :

–         dénoncer et condamner avec fermeté les violations du droit international commises depuis le début de l’offensive ;

–         exiger un cessez-le-feu et imposer un embargo sur les armes ;

–         exiger d’Israël la levée du blocus illégal de la bande de Gaza ;

–         suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël tant que ce dernier ne respectera par le droit international systématiquement violé par l’occupation et la colonisation des Territoires palestiniens ;

–         soutenir le gouvernement palestinien d’entente nationale.

 

Premiers signataires : Association belgo-palestinienne WB, CNCD 11.11.11, Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC), Présence et Action culturelle (PAC),  Communauté Palestinienne en Belgique et au Luxembourg, Agir pour la Paix, Coordination namuroise belgo-palestinienne, Coordination PJPO du Brabant Wallon,  Intal, Artistes contre le Mur, Comité Verviers Palestine, Palestina Solidariteit, Plate-forme Charleroi-Palestine, Médecine pour le Tiers Monde (M3M) / Geneeskunde voor de Derde Wereld (G3W), Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB),   …

 

Ce même collectif organisera une grande manifestation nationale le dimanche 27 juillet à Bruxelles

 

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En outre :

Vendredi 18 juillet de 17h à 19h

A liège, Place du Marché au Perron

 

WE ARE WITH YOU PALESTINE
SOLIDARITY PROTEST FOR PALESTINE

Qui a cherché l’escalade ? Le Hamas, Israël, ou personne ?


Le Hamas a-t-il voulu cette escalade? Ce n’est pas mon avis.
Papier dans Le Soir du jour:
ANALYSE

Une crise de plus. Une confrontation à Gaza, avec cet air de déjà-vu : le Proche-Orient réécrit le même scénario en lettres de sang, avec les civils comme figurants et martyrs. Dans cette histoire maintes fois répétée, le Hamas occupe un rôle de choix. Celui du « méchant », du va-t-en-guerre…

Cette organisation islamiste considérée comme « terroriste » par l’Union européenne et par les Etats-Unis, qui contrôle une bande de Gaza sous blocus depuis 2007, se flatte de sa réputation radicale. Pas question pour elle d’effacer les articles de sa charte qui nient à Israël le droit à exister.
Pour les autorités israéliennes, tout est clair, comme le signale un communiqué des Affaires étrangères : « Depuis l’opération Pilier de défense en Novembre 2012, le Hamas a continué à s’armer de vastes quantités d’armes et est actuellement en possession de 10.000 roquettes, dont des Fajer 3 et Fajer 5, missiles produits dans les usines d’armes iraniennes. Le Hamas exploite délibérément et systématiquement la population civile palestinienne et l’utilise comme bouclier humain lors du lancement des roquettes vers Israël. ».

Même du côté palestinien, on trouve des voix pour mettre la responsabilité des derniers événements sur le Hamas. Ainsi en est-il du politologue Mahdi Abdoul Hadi, qui répondait ce 10 juillet à Libération : « La réconciliation avec le Fatah est finie et il a perdu le soutien de l’Egypte. La seule façon, pour le Hamas, de sortir de cette impasse, c’est la confrontation avec Israël afin de pousser la communauté internationale à s’engager, quitte à en payer un prix très lourd. D’où les roquettes qui provoquent les Israéliens et les poussent à riposter, seul moyen de réveiller la communauté internationale et d’obtenir que les Egyptiens se ressaisissent du dossier israélo-palestinien. C’est peut-être une politique suicidaire, une fuite en avant mais, pour le Hamas, il n’y a pas d’autre option ».

Les choses, pourtant, se révèlent plus complexes. Le dernier enchaînement de violences a débuté avec l’enlèvement (et l’exécution quasi immédiate) de trois adolescents israéliens capturés par des activistes en Cisjordanie occupée le 12 juin. Le gouvernement israélien a vite accusé le Hamas de ce triple meurtre et déclenché une vaste opération à travers les territoires occupés, arrêtant des centaines de personnes, dont beaucoup de cadres du Hamas. Or la responsabilité des dirigeants du mouvement reste très hypothétique. Ils n’ont certes pas condamné les assassinats, au contraire, mais ils ont admis ne pas savoir de quoi il retournait.

Mais, alors que, à Gaza, des organisations palestiniennes rivales du Hamas répondaient par des tirs de roquettes au « nettoyage » israélien en Cisjordanie et au meurtre d’un jeune Palestinien de Jérusalem brûlé vif par des extrémistes juifs en « représailles » au triple assassinat, des bombardements de l’armée de l’air israélienne tuaient dimanche dernier sept activistes du Hamas, poussant ce dernier à entamer l’escalade avec Israël en déployant ses roquettes de plus en plus puissantes. Depuis mardi et l’opération militaire israélienne, la spirale paraît sans fin, chaque camp répondant aux derniers tirs de l’autre.

L’un des meilleurs spécialistes du Hamas, le chercheur Jean-François Legrain, voit bien les choses ainsi dans une interview au Monde : « L’élimination de sept combattants du mouvement dans une attaque de drone israélien sur la bande de Gaza, le 7 juillet, a ainsi été considéré comme un acte d’agression rompant le cessez-le-feu avec Israël négocié avec le partenaire égyptien en novembre 2012. L’engagement avait été pris qu’aucune partie ne mènerait une opération militaire contre l’autre. Le Hamas et son aile militaire, les brigades Ezzedine Al-Qassam, ont alors considéré qu’ils devaient répondre ».

De là à dire que le Premier ministre israélien Binyamin Netanyhaou a cherché à provoquer le Hamas, il n’y a qu’un pas que des experts franchissent en observant qu’il n’a qu’une obsession : faire voler en éclats le gouvernement palestinien d’unité nationale, Hamas compris, mis en place quelques semaines plus tôt et accepté pour son plus grand courroux par l’Union européenne et même par les Américains.

Pour sortir de cette spirale infernale, il n’y a pour le moment aucun médiateur qui s’impose : seule l’Egypte se prêtait régulièrement à ce rôle, et avec talent. C’était du temps de Moubarak ou de l’islamiste Morsi, déposé en 2013. Le régime du maréchal Sissi, qui qualifie tous les Frères musulmans de terroristes, ceux d’Egypte comme également le Hamas, semble se plaire à voir ce dernier en difficulté. Et tant pis pour les civils.

BAUDOUIN LOOS

source: Le Soir du 11 juillet

… et souvent on ne te laisse même pas 10 minutes


samedi 12 juillet 2014

Dix minutes*

Je vais vous raconter quelque chose de plus dur que de mourir à Gaza par un missile de luxe. Le plus difficile est qu’on te demande, par un coup de fil de l’ennemi israélien, d’évacuer ta maison qui sera bombardée dix minutes plus tard.

Imagine un peu. En dix minutes, ta petite histoire sur la terre sera effacée. Tes cadeaux,les photos de tes frères et de tes enfants, qu’ils soient martyrs ou bien vivants. Les petites choses que tu aimes. Ta chaise, tes livres, le dernier recueil de poésie que tu as lu, la lettre de ta sœur qui vit à l’étranger, tes souvenirs avec les gens que tu aimes, l’odeur du lit, ta petite habitude de caresser les fleurs de jasmin qui arrivent jusqu’à ta fenêtre, la barrette de ta petite fille, la chaleur de ta chaise, tes vieux vêtements, le tapis de prière, les bijoux de ta femme, tes économies.

Imagine juste que tout ceci déroule devant tes yeux en dix minutes. Toute cette douleur te pénètre, alors que tu es encore en état de choc.

Tu décides enfin de prendre les papiers d’identité qui sont dans la petite boîte métallique. Tu sors pour mourir mille fois ou bien tu refuses de quitter pour mourir à une seule reprise.

Mahmoud Jawdat, Facebook

* Traduit de l’arabe par Taïeb Moalla. Le titre est de l’article traducteur. Le message d’origine est ici :https://www.facebook.com/MohammadAlwakeelshow/photos/a.328384060526820.83855.195486037149957/935206903177863/?type=1&theater

Une ancienne étudiante de Marianne Blum à Gaza écrit



Statut
De Marianne Blume

Un témoignage de Gaza d’une ancienne étudiante:

Chers amis,

Ça fait quelques jours que j’essaie de vous écrire. Mais à chaque fois, je me trouve comme un handicapé qui n’arrive même pas à prendre son stylo pour commencer son texte.

Cette fois, je ne vais plus parler des dégâts, je ne vais plus donner des chiffres. Je trouve que c’est de l’inhumanité de donner le nombre des morts ou des blessés : un être humain et un humain, ce n’est pas un chiffre. Désormais, je ne vais plus jamais comparer entre nos dégâts et les leurs. Je ne vais pas dire que les Israéliens ont tué des femmes et des enfants sans parler des hommes perdus, comme si c’est légal de tuer les hommes : la Palestine a besoin de ses hommes , de ses femmes, de ses enfants et de ses arbres.

Je ne vais pas répéter les histoires des salaires, de manque d’électricité et de carburant ou de tout ce qu’il faut pour une vie honorable, parce que nous avons besoin de vivre en dignité et ça fait des années et des années qu’on vit avec toutes ces difficultés.

Je vais peut-être vous surprendre cette fois si je vous dis que je me sens INDIFFERENTE : je n’ai plus la peur dans le cœur, ni les larmes dans les yeux, ni la haine, vraiment, je ne hais personne.
Aujourd’hui, je ne vais plus parler de la paix, je vais parler du droit d’existence et celui de résistance. Lors de la première Intifada (1987-1993), la pierre était l’arme utilisée contre les crimes de l’armée israélienne, d’où vient le nom « guerre des pierres».

Alors l’équation : la pierre aux mains des Palestiniens face aux armes militaires des Israéliens et toujours le même résultat : « TERRORISTES PALESTINIENS ou ARABES.»

Depuis des années, les armes israéliennes se développent mais ce n’était pas le cas des armes de la résistance palestinienne. En 2006, tout le monde a décidé de punir ces Palestiniens qui ont voté pour ces « terroristes ». Israël a cru que c’était le temps d’extermination du Hamas, mais d’après tout ce qu’on a vu durant les offensives israéliennes, je crois que c’est le contraire qui est arrivé.

Le Hamas a construit les tunnels pour fournir tout ce qu’il manque au peuple de Gaza, c’est normal parce que la nécessité est la mère de l’invention. Ici, l’histoire commence : une pierre ne peut pas faire reculer une roquette ou un missile. Ces deux dernières doivent être affrontées par des roquettes. On ne peut pas rester les mains serrées et attendre que les Israéliens nous disent, « on vous redonne vos territoires parce que vous êtes pacifistes. » !!
Dans mon témoignage, j’ai décidé de vous parler de mon cousin, tué par les roquettes israéliennes. Cette fois, je vous parle de quelqu’un que je connais bien. Mon cousin est résistant, je n’ai pas peur de le dire, au contraire, j’en suis fière. Lui, il a choisi son chemin de résistance, il s’est rendu compte qu’il fallait sacrifier son cœur, sa vie, son sang pour que la Palestine soit libre. L’année dernière, le premier jour de la fête d’aïd Aladha, il m’a rendu visite avec son papa, il a beaucoup rigolé, a joué avec mes enfants et m’a promis de revenir cette année pour manger de bons gâteaux. La fête est dans 3 semaines à peu près et mon cousin ne va plus me rendre visite. Le mois dernier, il a ajouté une photo de lui sur Facebook : il était avec ses amis dans un restaurant, les assiettes vides et lui en train de penser. Des commentaires montrent que ces gens veulent rire, rigoler, vivre et vivre en paix. Il y en a un qui disait, « Je sais bien à quoi tu penses : qui a mangé ces sandwichs ? », l’autre qui lui disait , « euh l’ami, tu veux un autre sandwich, non ? » et lui avec son sens de l’humour leur répondait, « Mais les potes, vous me comprenez pas, je pense à ma future fiancée, je rêve qu’elle soit avec moi dans ce restaurant, les sandwichs auront un goût plus délicieux et l’endroit sera plus beau. »

Le jour précédant son assassinat, il jouait au foot avec ses copains et ses voisins et disait, « la coupe de monde, c’est ici à Gaza. »
Je vous raconte ces histoires pour vous dire que ces jeunes aiment vivre à en mourir.
On en a marre de tous ces actes. Nous, nous aimons la vie, on n’est jamais né avec la haine ou l’agressivité dans le cœur.
Je n’ai plus peur pour mes enfants, rien n’est cher à la Palestine. L’amour de la Palestine nous fait aimer la mort pour elle.
Mon petit de deux ans pensait, à chaque fois qu’on avait bombardé, qu’on frappait à la porte de la maison et il nous demandait de l’ouvrir. Ce matin, il me semblait qu’il ne croyait plus à ce qu’il pensait !!!! Il a raison, le pauvre, personne ne frappe à la porte de cette manière agressive.

Salma AHMED ELAMASSIE

source : fb

Bombardements israéliens dans la bande de Gaza.


De Ziad Medoukh
Cinq écoles touchées par les bombardements israéliens dans la bande de Gaza.
gazagaza1Cinq écoles ont été touchées par les bombardements israéliens intensifs dans plusieurs régions dans la bande de Gaza ce jeudi 19 juin 2014.
Selon le ministère palestinien de l’éducation, deux écoles primaires, un collège et deux lycées, ont été touchés par les derniers raids sur la bande de Gaza.
Trois écoles se trouvaient dans la ville de Gaza, une école dans la ville de Nussirat au centre de la bande de Gaza, et une école à Beit Lahya, au nord de la bande de Gaza.
Ces bombardements arrivent en pleine session des épreuves du baccalauréat dans la bande de Gaza.
Les agressions israéliennes contre les infrastructures civiles se poursuivent dans la bande de Gaza, une région toujours sous blocus.
Les matériaux de construction sont toujours interdits d’entrer à Gaza par ordre militaire israélien.
Quelle honte pour cette armée d’occupation de bombarder les écoles et les maisons qui appartiennent à des civils.
Les élèves palestiniens encouragés par leurs familles vont continuer de fréquenter les écoles malgré ces nouveaux bombardements israéliens aveugles.
L’éducation est sacrée en Palestine
L’avenir est pour l’éducation en Palestine
Gaza l’espoir résiste !
Gaza l’avenir vit !
Et Gaza la blessée espère !

Israel fait perdre la face au gouvernement égyptien


Chères amies, Chers amis,

Comme vous l’avez sans doute appris, le retentissement médiatique ayant été considérable, nous n’avons pu entrer dans la Bande de Gaza, où nous étions invitées par de nombreuses associations de femmes, à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme.

Nous avons été bloquées, pour la plupart d’entre nous, à l’aéroport du Caire, par le gouvernement égyptien, qui a bassement relayé son homologue israélien, et ainsi montré au monde entier qu’il collaborait pleinement au blocus de Gaza.

La frontière entre l’Egypte et la Bande de Gaza est en effet hermétiquement fermée, et non pour des raisons de sécurité. En effet, comme viennent de l’écrire des jeunes de Gaza qui lancent à leur tour un appel au secours, de même que le PCHR (Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme), le motif sécuritaire n’est qu’un prétexte, puisque la frontière égypto-israélienne de Taba, qui est celle où ont eu lieu récemment des attentats, n’a pas été fermée un seul jour !

Mais qu’a gagné la dictature militaire du général Sisi à nous bloquer au Caire ?

Une grande manifestation qui a duré quelque 48 h dans l’aéroport, au vu et au su de tous les passagers égyptiens et du personnel qui, au grand dam des exécuteurs de basses oeuvres, nous ont manifesté leur approbation et leurs encouragements, montrant qu’ils ne sont pas dupes de la propagande anti-palestinienne gouvernementale.

Photo à l'aéroport du Caire

Les dizaines de femmes venues de différents pays ont transformé ce checkpoint en une véritable dénonciation publique et ridiculisé leurs geôliers à la face du monde, comme vous pouvez en juger par ces images :

http://www.europalestine.com/spip.php?article9150

Voir aussi : Aéroport du Caire : hommes enragés, femmes engagées !

Voir aussi : Quelle ambiance ! Merci Donna pour ces deux vidéos !

Voir aussi : Pas triste le retour de la Coalition dans les aéroports !

Voir aussi : Aéroport du Caire : ils en ont eu pour leur argent : !

Voir aussi : Témoignage de Donna en texte et en images :

Les Palestiniennes qui nous attendaient, nous ont dit à quel point elles étaient fières de notre résistance et de notre solidarité. Plus qu’un passage de quelques jours parmi elles, ce qu’elles attendent de nous, de nous tous, c’est que nous les aidions à ouvrir la grande prison dans laquelle elles se trouvent, que nous les aidions à ne pas dépendre de la charité d’institutions européennes ou autres, que nous les aidions à briser le silence sur la barbarie de ce camp de concentration du 21ème siècle, que nous les aidions à recouvrer la liberté.

Nous vous invitons donc à poursuivre la lutte pour cette libération avec elles, avec nous, par tous les moyens à notre disposition : la campagne de boycott contre l’occupant israélien, l’expression publique de notre indignation, nos voix pour les seuls candidats aux élections qui dénoncent l’existence de ce blocus et qui veillent à ce que les commerçants de leur municipalité ne vendent pas les produits illégaux exportés par l’occupant israélien.

Et nous pouvons également demander à tous les élus, à tous les partis, à toutes les associations qui disent « plus jamais ça » d’inviter officiellement des Palestiniennes de la bande de Gaza à venir nous rendre visite en France. 

Si vous souhaitez en débattre avec nous, avec elles, nous vous invitons à une grande réunion le samedi 22 mars à partir de 17 H à la librairie Résistances à Paris. Au programme :  une visioconférence avec des Femmes de Gaza, la projection de films sur notre blocage au Caire et sur notre campagne contre le blocus de Gaza, en présence de nombreuses femmes de la Coalition qui viendront témoigner.

Nous vous informons également que les dons recueillis avant notre départ, et devant être remis à des associations de femmes à Gaza, le seront rapidement. Nous vous tiendrons informés de leur utilisation précise et nous vous remercions à nouveau pour votre solidarité..

Amicalement,

CAPJPO-EuroPalestine

http://www.europalestine.com

Gaza : le statu quo n’est plus une option


L’UE doit se dépêcher d’agir pour mettre fin au bouclage et au climat d’impunité à Gaza.
Le CNCD-11.11.11 et une série d’ONG internationales et européennes de défense des droits de l’homme et de développement réagissent dans un communiqué conjoint à la détérioration de la situation humanitaire et aux violations des droits de l’homme qui se poursuivent en toute impunité. Ils exigent que l’UE exhorte Israël à lever le bouclage illégal de la bande de Gaza et toutes les parties à respecter leurs obligations en vertu du droit international.

Mise en ligne le 14 février 2014
Actualités
Crédit : SonOfJordan. Licence Creative Commons.

En tant qu’organisations internationales et européennes de développement et de défense des droits de l’Homme, nous nous inquiétons de la détérioration de la situation humanitaire dans la bande de Gaza occupée, ainsi que du piètre respect des droits de l’Homme. Alors que l’UE discute actuellement d’une politique conjointe vis-à-vis de Gaza, nous demandons à l’Union européenne d’exhorter Israël à lever le bouclage illégal de la bande de Gaza. L’UE devrait également exiger de toutes les parties qu’elles respectent leurs obligations en vertu du droit international.

Le bouclage de la bande de Gaza par Israël se poursuit et affecte 1,7 million de Palestiniens, en totale violation du droit humanitaire international. La destruction par les autorités égyptiennes des tunnels de contrebande entre l’Égypte et Gaza depuis juin 2013 n’a par ailleurs fait qu’accentuer les pénuries. La multiplication des attaques transfrontalières par l’armée israélienne et des groupes armés palestiniens ces dernières semaines a aggravé une situation déjà précaire dans la bande de Gaza et fait craindre un nouveau conflit. L’impact du bouclage et de la violence sur les droits de la population à la vie, à la santé, à l’éducation, à l’alimentation, à l’eau et à un niveau de vie suffisant n’a jamais été plus flagrant. Tous les civils, Palestiniens et Israéliens, devraient pouvoir vivre en sécurité, sans crainte et sans attaque, protégés par l’État de droit. Le meilleur moyen de garantir la sécurité demeure de prendre des engagements, d’ouvrir le dialogue et de respecter les normes relatives aux droits de l’Homme, et non pas de miser sur l’isolement et les sanctions.

Gaza s’apprête à entamer sa huitième année consécutive de bouclage par Israël et ces années de restrictions à l’importation et à l’exportation ont mis en péril ses infrastructures de base. Les secteurs de l’agriculture et de la fabrication ont été particulièrement touchés à Gaza. Le taux de chômage a grimpé à 32,5 % au troisième trimestre de 2013 et les chiffres du quatrième trimestre devraient être encore plus élevés. La croissance économique limitée a donné lieu à une dépendance accrue et intenable vis-à-vis de l’aide humanitaire. Récemment, le gouvernement néerlandais a fait don d’un nouveau scanner à l’Autorité palestinienne, afin de faciliter l’exportation de marchandises à partir de Gaza, tout en prenant en compte les inquiétudes d’Israël en matière de sécurité. Tandis qu’un nombre limité de produits sont exportés vers l’Europe, les autorités israéliennes continuent d’interdire le transfert de marchandises de Gaza vers la Cisjordanie.

Les autorités égyptiennes ont quant à elle détruit la plupart des tunnels de contrebande desquels Gaza dépendait de plus en plus, au motif que leurs opérations militaires sont nécessaires pour la sécurité nationale de l’Égypte. Elles ont également limité la circulation des personnes au point de passage de Rafah. Au cours des mois qui ont suivi la destitution de Mohamed Morsi en juillet 2013, les postes de contrôle, le personnel de sécurité et les bâtiments du gouvernement en Égypte ont fait l’objet de plus en plus d’attaques perpétrées par des groupes qualifiés de « terroristes » par les autorités égyptiennes. Le pays tout entier est secoué par la violence, la région du nord du Sinaï étant particulièrement touchée. Les mesures prises par les autorités égyptiennes ont accentué les pénuries de marchandises (notamment de carburant et de matériaux de construction) à Gaza, laissant des milliers de Gazaouis attendre des semaines, voire des mois, avant de pouvoir se rendre en Égypte ou ailleurs à l’étranger pour suivre des études ou bénéficier d’un traitement médical. Fin 2013, les pénuries de carburant ont entraîné la fermeture prolongée de la seule centrale électrique de Gaza, ce qui a mis en péril les services cruciaux de distribution d’eau, d’assainissement et de soins de santé.

Certains patients, en raison de l’absence de services adaptés à Gaza suite à des décennies d’occupation, doivent suivre un traitement médical en Cisjordanie ou à l’étranger et leur situation est particulièrement préoccupante. En décembre 2013, l’OMS a fait état d’une pénurie de 30 % des médicaments et de 50 % des articles médicaux jetables. Elle a exprimé ses inquiétudes quant à l’incapacité croissante des infrastructures de santé fragiles à faire face à ces graves pénuries. Les patients doivent par ailleurs souvent attendre longtemps avant d’obtenir un permis les autorisant à traverser le point de passage d’Erez vers Israël. Ces pratiques mettent en danger la vie des patients et enfreignent leur droit à la santé. Des patients ont été arrêtés et interrogés par les autorités israéliennes à plusieurs reprises. Depuis le début de l’année 2013, au moins huit patients ont été retenus prisonniers au point de passage d’Erez. Dans la mesure où d’importantes restrictions sont également imposées par l’Égypte au point de passage de Rafah, certains patients nécessitant un traitement médical d’urgence sont exposés à des risques inutiles.

Selon les chiffres du BCAF, en 2013, cinq civils palestiniens ont été tués et 66 autres, dont 20 enfants, ont été blessés dans les zones d’accès limité de Gaza, ou « zone tampon [1] », sur terre et en mer. Le 24 janvier 2014, les forces israéliennes ont abattu un civil palestinien qui protestait près de la frontière à Bet Lahia et en ont blessé plusieurs autres. Les pêcheurs gazaouis font eux aussi fréquemment l’objet d’attaques de la part d’Israël. Depuis le début de l’année 2014, au moins cinq incidents impliquant des coups de feu contre des bateaux de pêche ont été signalés dans la limite des 6 milles nautiques.

Cinq ans après la fin de l’opération « Plomb durci », le conflit de 22 jours lors duquel des centaines de civils ont perdu la vie à Gaza, Israël n’a toujours pas dûment enquêté sur les accusations portées à l’encontre de ses forces militaires et il n’a entamé aucune poursuite pour violations du droit international des droits de l’Homme et du droit humanitaire international. [2] Cette absence d’imputabilité renforce le climat d’impunité existant, comme l’a démontré le déroulement en novembre 2012 de l’opération « Pilier de défense », lors de laquelle plus de 100 civils palestiniens ont été tués en huit jours. Les victimes palestiniennes n’ont par ailleurs toujours pas accès aux tribunaux israéliens et à des recours effectifs, en raison de l’imposition par Israël de barrières juridiques, administratives, financières et physiques. L’administration de facto du Hamas n’enquête pas non plus sur les tirs aveugles de roquettes de Gaza vers Israël, un crime de guerre qui a mis en danger les civils des deux côtés de la frontière. Aucune poursuite n’a été lancée dans ce contexte.

Bien qu’Israël ait le droit de vérifier qu’aucune arme n’entre ou ne sort de Gaza, il se borne à ne pas respecter ses obligations de puissance occupante, à savoir garantir la sécurité et le bien-être de la population occupée et respecter leurs droits, en raison de sa politique globale de bouclage, malgré quelques changements ces dernières années. Israël continue de limiter la circulation de la population, ce qui s’apparente à une punition collective, dans une mesure qui dépasse de loin celle nécessaire pour garantir sa sécurité. L’objectif explicite et punitif de la politique de bouclage d’Israël est de consolider la séparation entre la bande de Gaza et la Cisjordanie, considérées comme un seul territoire par le droit humanitaire international. Il est du devoir d’Israël de protéger ses civils, mais elle est tenue de pleinement respecter les règles du droit international des droits de l’Homme et du droit humanitaire international, y compris l’obligation de toujours opérer une distinction entre les civils et les combattants, de ne pas lancer des attaques aveugles et d’éviter d’avoir recours à des munitions réelles.

Bien qu’Israël, en tant que puissance occupante, doive assumer la responsabilité principale du bien- être de la population civile à Gaza, l’Égypte est quant à elle tenue de ne pas imposer de restrictions arbitraires et discriminatoires à la liberté de circulation des Gazaouis. Au vu de la gravité de la situation sur le plan humanitaire dans la bande de Gaza, l’Égypte devrait également travailler avec les parties prenantes concernées pour s’assurer que les besoins de la population sont pris en compte. L’Autorité palestinienne doit elle aussi assumer des responsabilités vis-à-vis des résidents de la bande de Gaza et elle reçoit d’ailleurs des fonds de la part de bailleurs internationaux pour remplir ce rôle. Enfin, le Hamas, l’autorité de facto de la bande de Gaza, est dans l’obligation de respecter le droit coutumier international.

Nous demandons à toutes les parties de respecter l’ensemble des dispositions du droit humanitaire international et du droit international des droits de l’Homme, ce qui implique notamment de mettre un terme aux attaques prenant des civils pour cibles.

Les droits de 1,7 million de personnes dans la bande de Gaza ne sont plus respectés depuis des années. Le respect du droit international, la protection des civils et la levée du bouclage par Israël, ainsi que le maintien et le renforcement des liens existants entre la bande de Gaza et la Cisjordanie, constituent des étapes essentielles pour remédier à cette situation. L’UE se doit de jouer un rôle constructif dans ce contexte et elle ne devrait pas attendre l’issue des négociations de paix israélo- palestiniennes pour faire respecter le droit international. En tant qu’organisations de développement et de défense des droits de l’Homme, nous insistons sur la nécessité d’une collaboration entre tous les acteurs concernés dans l’intérêt de la population civile de la bande de Gaza.

Les organisations signataires de la présente déclaration exhortent l’UE à :

1. fonder ses relations bilatérales avec Israël sur le respect du droit international et à s’assurer que ses lignes directrices sur la promotion du droit humanitaire international sont mises en œuvre par Israël et toutes les parties prenantes.

2. Elles exhortent Israël à :

2.1 lever immédiatement, totalement et sans condition le bouclage de la bande de Gaza, et notamment à :

  • lever les restrictions générales et disproportionnées en matière de circulation des personnes, y compris entre Gaza et la Cisjordanie ;
  • faciliter le commerce ou le transit des marchandises de Gaza vers la Cisjordanie et Israël ;
  • faciliter l’entrée de matériaux de construction et de matières premières sur le territoire, y compris pour le secteur privé, en développant les opérations aux points de passage ;
  • garantir l’accès aux terres agricoles de Gaza, y compris les zones proches des frontières et les zones de pêche, ainsi que la protection des civils à ces endroits ;
  • faciliter la sortie des patients nécessitant un traitement médical en dehors de Gaza.

2.2 s’assurer que les violations du droit humanitaire international et du droit international des droits de l’Homme par ses forces de sécurité à Gaza fassent l’objet de poursuites, en menant des enquêtes conformes aux normes internationales, y compris lorsque des civils sont tués, et en poursuivant les responsables.

2.3 s’assurer que les victimes palestiniennes des violations du droit international par Israël bénéficient d’un accès adéquat aux tribunaux israéliens, ainsi qu’à des recours effectifs.

3. Elles exhortent l’Égypte à faciliter la circulation des résidents de Gaza au point de passage de Rafah et à garantir le passage sans encombre de l’aide humanitaire.

4. Elles exhortent l’Autorité palestinienne à s’assurer que les acteurs palestiniens non étatiques respectent les règles du droit international et à renforcer sa coopération avec toutes les parties prenantes, afin que la bande de Gaza puisse bénéficier d’un approvisionnement stable en carburant industriel et en médicaments de première nécessité.

Co-signée par les organisations internationales et européennes de droits de l’Homme et de développement suivantes :

1. ACSUR Las Segovias
2. ARCI associazione di promozione sociale
3. Amnesty International- European Institutions Office
4. Broedelijk Delen
5. CCFD- Terre Solidaire
6. CNCD-11.11.11
7. Dignity-Danish Institute Against Torture
8. Euro Mediterranean Human Rights Network (EMHRN)
9. Federacion DDH
10. Greek Committee for International Democratic Solidarity (EEDDA)
11. Ligue des droits de l’Homme
12. Trocaire

Document joint

Notes

[1] La zone tampon s’étend tout le long des frontières terrestres et maritimes de la bande de Gaza. Cette zone est interdite aux Palestiniens et est surveillée par des patrouilles militaires israéliennes. La délimitation précise de cette zone est changeante et le manque de clarté à ce propos pose un important problème de sécurité pour les civils palestiniens. Dans le sillage de l’accord de cessez-le-feu du 21 novembre 2012 qui a mis fin à l’opération « Pilier de défense », les restrictions maritimes ont été portées à 6 milles nautiques. Sur terre, la zone d’accès interdit s’étend de 100 à 300 mètres à partir du mur israélien. En pratique, les autorités israéliennes ont imposé une « zone interdite » dans un rayon de 500 mètres à partir du mur, et une « zone à haut risque » pouvant s’étendre jusqu’à un rayon de 1500 mètres.

[2] Plusieurs organes de l’ONU ont documenté les lacunes législatives, structurelles et opérationnelles du système d’enquête militaire israélien, comme l’a confirmé le Comité d’experts indépendants de l’ONU le 18 mars 2011.

source

Vivre en cage à Gaza


mardi 21 janvier 2014 par Pierre Stambul

Article paru dans le numéro 118 de la revue CQFD de Janvier 2014 [1]

Depuis 7 ans, le blocus israëlien a transformé Gaza en un véritable laboratoire, où près de 1.800.000 personnes survivent sans pouvoir quasiment sortir dans la pauvreté, le chômage et les pires pénuries. À l’étranglement israélien s’ajoute le blocus égyptien par « mesure sécuritaire » depuis que le coup d’État de l’armée égyptienne, laquelle accuse le Hamas de collusion avec les Frères Musulmans. Pierre Stambul a pu passer deux jours fin décembre dans cette cage avec le réseau de soutien international Unadikum.

Ils tuent et ne sont jamais sanctionnés.

Le 24 décembre, l’armée israélienne a attaqué la bande de Gaza avec les chars et l’aviation en 15 endroits différents. Un char israélien a pulvérisé à 800 m de distance une maison dans un camp de réfugiés. Une dangereuse terroriste, la petite Hala, trois ans, est morte. Sa mère est ses frères ont été bléssés-e-s. À l’hôpital, la famille nous a demandé de filmer et de témoigner. Deux jours auparavant, un autre redoutable terroriste, un chiffonnier qui recyclait les ordures, avait été abattu sans motif par un snipper israélien. En 7 ans de blocus, 150 paysans et des milliers d’animaux qui avaient l’outrecuidance d’approcher trop près la « barrière de sécurité » – pour reprendre le vocabulaire de l’occupant – ont perdu la vie. « Pourquoi la justice internationale protège-t-elle les criminels de guerre israéliens ? », s’interroge le militant des droits de l’homme Khalil Shaheen. Quand les soldats de Tsahal ne tirent pas sur les paysans, ils visent les pêcheurs. La marine israélienne interdit aux pêcheurs de s’éloigner à plus de 3 Km des côtes mais viole ses propres lois puisqu’elle a confisqué des bateaux à 700 mètres des côtes et tué deux pêcheurs [quand ?]. Les quelque 4200 pêcheurs sont réduits à la misère. « Le droit international permet de cultiver et de pêcher. Israël viole ce droit en disant que c’est contraire à sa sécurité », explique Mohamed al-Bakri, secrétaire général du syndicat des comités de travailleurs agricoles (UAWC) [2]

Comment la pénurie est organisée

Gaza est aussi une terre agricole. La superficie agricole a diminuée d’1/3 à 1/5 de la bande en 7 ans. Les Israéliens interdisent la commercialisation des produits et les fraises pourrissent sur place. Les paysans survivent avec 1/2 hectare de terre en moyenne. Gaza est autosuffisant en légumes et en poulet mais tout le reste doit être importé (œufs, viande rouge, poisson). Lors des récentes inondations 3 000 serres ont été inondées, le blocus israélien empêche de les remplacer.

L’eau à Gaza vient de Cisjordanie par l’aquifère. Les Israéliens ont creusé des puits sur la frontière tous les 100 m pour capter cette eau. Résultat, il manque à Gaza 40 % de l’eau nécessaire à son agriculture. La nappe phréatique est envahie par la mer et l’eau, devenue saumâtre, est impropre à la consommation.

En Egypte, l’essence est subventionnée et ne coûte que 0,12 euro le litre. Avant que le gouvernement égyptien ne bloque la frontière et ne détruise les tunnels, on trouvait de l’essence à Gaza. À présent, elle vient d’Israël, est rare et hors de prix. Les charrettes remplacent souvent les voitures. Conséquence de cette pénurie de pétrole, il n’y a en moyenne que 6 heures d’électricité par jour. Alors c’est la débrouille : groupes électrogènes, lampes de poche sont indispensables, mais ne garantissent rien.

Dans les hôpitaux, on manque de médicaments, d’hygiène, de médecins qualifiés. Les grands malades essaient de partir à l’étranger, mais sortir n’est pas évident et ça coûte très cher.

Un énorme effort est entrepris pour l’éducation. Il y a très peu d’illettrés. On compte à Gaza 100000 étudiant-e-s dans 5 universités. Au bout du compte, il y a 35000 chômeurs diplômés et d’autres survivent avec des petits boulots. Le chômage total ou partiel touche 60% de la population. L’économie a été détruite.

« Sans solution politique, on continuera à manquer d’eau, de terre, de médecins, d’éducation et ça va exploser », ajoute Mohamed al-Bakri.

Colère et auto-organisation

Tous nos interlocuteurs/trices disent la même chose : la désunion palestinienne, l’existence de deux gouvernements, deux parlements, deux lois sont un scandale : « ils ne pensent qu’à leur propre intérêt », « ils ont perdu toute légitimité », « cette désunion est une victoire de l’occupant », « nous avons un grand problème de leadership », « rien ne changera avec Abou Mazen ». « Il n’y aura pas de troisième Intifada à cause de la division palestinienne, pense Ziad Medoukh, responsable du département de français a l’université al-Aqsa de Gaza. Depuis la mort d’Arafat, il n’y a plus de leadership. La direction à prendre vient de l’extérieur de la société palestinienne et non de l’intérieur. Les deux gouvernements profitent de l’occupation pour garder le pouvoir. Ces deux gouvernements ont perdu la légitimité. Les deux sont en échec. Mais ils savent que la population ne va pas se révolter contre eux. »

L’impopularité des deux gouvernements est certaine. « Notre rêve, c’est un seul État. Notre référence c’est Mandela, [mais] nos dirigeants sont stupides, estime Eyad Al Alam, avocat au Centre palestinien des droits de l’homme (PCHR). On a deux parlements, deux gouvernements, deux lois. Pourquoi n’y a-t-il pas réunification ? Je me fous des relations Fatah-Hamas. On voudrait des élections mais Israël contrôle tout et ne laissera pas faire . »

Le PCHR fait partie de ce grand réseau d’associations qui viennent au secours des pauvres et des exclu-e-s, qui permettent à la population de s’organiser, d’exiger le droit de « vivre comme un être humain normal ». Le PCHR enquête sur toutes les exactions, même sur les violences interpalestiniennes. Il aide les prisonniers politiques, combat la torture, dénonce l’impunité de l’occupant et la complicité occidentale. Il a fourni aux enquêteurs de l’ONU (Dugard, Falk, Goldstone) une grande aide pour leurs rapports. « Comme Palestinien, j’ai été victimisé et maltraité. La Naqba est en moi. Je suis né ici, c’est mon pays. Un Russe obtient la nationalité et moi, je n’ai rien. La loi vient du pouvoir, pas de la morale. Avec la globalisation, j’ai espoir que les barrières disparaîtront. Pourquoi la communauté internationale accepte-t-elle cette punition collective ? », s’indigne Khalil Shaheen.

Politiquement, il existe une gauche palestinienne dont le parti le plus important est le FPLP. Ce parti a payé un très lourd tribut à son rôle dans la résistance (le secrétaire général Ahmed Saadat a été condamné à la prison à vie et le précédent a été assassiné). Il essaie aujourd’hui de renouveler ses cadres et d’unifier un troisième pôle face au Fatah et au Hamas. Il se concentre aussi sur l’action sociale du FPLP : les jardins d’enfants, les projets, les instituts, les hôpitaux (comme à Jabaliya), les ONG, l’aide aux agriculteurs et aux pêcheurs ». Dans son programme, il exige la fin des négociations avec Israël.

Aujourd’hui les accords d’Oslo sont plus que jamais morts. On est passé à une lutte antiapartheid sur un espace unique. L’hypocrisie des discours de la France, de l’Union Européenne et les Etats-Unis renforce l’économie israélienne et le blocus. Avec Ziad Medoukh la discussion se porte sur le boycott : « La notion est peu développée en Palestine parce que les marchés sont captifs. Il y a peu de produits israéliens, pas de produits des colonies mais les Palestiniens n’ont aucune marge de manœuvre. « Toutes les formes de solidarité sont les bienvenues. Mais la priorité, c’est de lever un blocus qui dure depuis 7 ans. S’il n’y a pas un mouvement comparable à ce qui s’est fait en Afrique du Sud, ça ne marchera pas ».

Pierre Stambul

Coprésident de l’Union Juive Française pour la Paix

Le cadeau de Noel


26 décembre 2013, 03:10

Le cadeau de Noel

Dis-moi grand-mère, quels cadeaux ont eu tes petites filles ? Celle qui a 4 ans ?

Mon amie Belge, connais tu Héla ? Elle a 4 ans, Elle avait 4 ans. Moi non plus je ne la connaissais pas, et maintenant elle hante ma conscience. Son gros cadeau de fête a été une bombe. Une bombe et la mort,offerts par des hommes plein d’humanité. Mon amie Françoise, tu me l’as dit, toi aussi la gorge te serre devant tes petites filles en rires.

Héla et ses belles joues d’enfant nous sont offertes pour que nous devinions par une photo quelle enfant elle était, mais nous la connaissons au fond de nous. Elle était enfant à éclats de rires comme tous ceux qui nous entourent. Elle était enfant comme tous les enfants du monde à se cacher et faire « coucou », à rechigner à aller se coucher, à ne jamais se lasser des chatouilles de ses parents. Elle aussi était enfant aux yeux à dévorer le monde, même si son monde à elle était enfermé dans un ghetto.

Mon amie Belge, je sais que les larmes te viennent en ce réveillon de Noel malgré la vue de tes petites filles. Tu penses à elle, elle à Gaza.

Est-ce d’avoir eu trop de larmes ? Je n’ai plus de larmes, j’ai du dégout ! Je vois cette enfant comme tout humain doit lavoir, avec sa vie promise, avec sa vie volée, avec indignation. Je n’ai pas eu le temps de me laisser envahir par les larmes que déjà le dégout m’assaille. J’ai lu les commentaires de ceux qui trouvent des raisons, toujours de bonnes raisons. Et mon dégout monte, et j’éprouve l’envie de leur cracher à la gueule ! Quoi, ces barbares se drapent de mon histoire juive, des mots de mes parents, grand parents, arrières grand parents pour recouvrir ces forfaitures ! Quoi, ils honorent Anne Frank, ils pleurent Auschwitz-Birkenau,et tuent sans vergogne, sans état d’âme, sûrs de leur fait, une enfant, et puisd’autres avant, juste avant. Une enfant après trois pêcheurs tentant de nourrirleur famille.

Françoise, mon amie Belge, pardonne ma colère qui pour une fois surpasse ma compassion pour cette enfant, pour sa famille,pour ses proches si couramment martyrisés. Françoise, comprends moi, ce ne sont pas les extrémistes qui entourent Netanyaou qui ont trouvé encore et encore de bonnes raisons. Non, ce sont de respectables personnages se présentant comme« de gauche », des « pacifistes » de « Paix Maintenant » ou de « JCall » au mot « paix » gentimentutilisé avec « on verra plus tard »  ou « un jour peut être ». Ce sont des modérés prêts à reconnaître la Palestine quelque part loin de Jérusalem et du Jourdain. Voila, à être si modérés ils en renient la conscience humaine et mettent leurs pas dans les pas de leurs extrêmes droites. Bande de lâches ! Le sang de cette enfant coule sur vos faces de soumis !

Pardonne-moi grand-mère amie. Pardonne ma colère mais tant et tant de sang coule et la justice se fait tellement attendre.

Enfants de Palestine, enfants de Gaza. Pour Noel, chez nous,tous les enfants ont eu de l’eau fraiche et pure. Mais c’est tous les jours Noel. Pour Noel,  chez nous, tous les enfants ont eu à manger à satiété. Mais c’est tous les jours Noel. Les jouets denos enfants sont venus du monde entier sans passer par de périlleux souterrains.  C’est tous les jours Noel. Les jouets sont enveloppés dans de beaux papiers brillant de mille couleurs et nous sommes assurés d’avoir de l’électricité pour la lumière qui les fait briller. C’est tous les jours Noel. Enfants, imaginez cette vie si votre voisin n’avait décidé de vous interdire d’exister, de disposer de votre pays légalement reconnu. Si vous pouviez avoir ce Noel ! C’est bien pour vous interdire d’avoir ce cadeau de la vie que votre voisin vous tue et vous provoque. Il a besoin de sang pour camoufler sa détermination à rendre une fois de plus la négociation impossible.

Enfants de Palestine, ce cadeau que vous méritez, c’est tous les jours que nous nous engageons à vous l’apporter un jour prochain. Enfants de Palestine à la vie si dure nous vous aimons.

Serge Grossvak

Le 25 décembre 2013

A Gaza, le double blocus impose une diète draconienne aux Palestiniens


vendredi 15 novembre 2013, par La Rédaction

C’était le coup de publicité de l’année à Gaza : la livraison de fast-food sous la frontière avec l’Egypte. Depuis, les tunnels de contrebande ont été condamnés et les commandes ont chuté, comme l’ensemble de l’économie du territoire palestinien sous blocus israélien.

Dans la zone frontalière de Rafah, la poussière soulevée par le fourmillement d’activité est retombée après la démolition de centaines de tunnels par l’armée égyptienne, à la suite de la destitution du président islamiste Mohamed Morsi le 3 juillet.

Sous les bâches abritant les entrées de tunnels à l’abandon, quelques rares équipes s’affairent à creuser de nouvelles voies – « pour l’avenir ».
« L’avenir… Est-ce qu’il y a un avenir pour les tunnels ? Pas avec Sissi (le général Abdel Fattah al-Sissi, homme fort de l’Egypte) », soupire un membre de la police des frontières du gouvernement du Hamas, au pouvoir à Gaza, sous le couvert de l’anonymat.
Le trafic de carburant égyptien subventionné s’est effondré, d’environ un million de litres par jour en juin, à 10.000 à 20.000 litres par semaine actuellement, selon le dernier rapport hebdomadaire du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU(Ocha).

Cette pénurie a provoqué l’arrêt le 1er novembre de l’unique centrale électrique, qui assurait près de 30% des besoins du territoire palestinien, où les coupures de courant atteignent désormais 16 heures par jour.

Faute d’électricité, des stations de traitement des eaux ont cessé de fonctionner et les égouts ont commencé cette semaine à déborder dans les rues de plusieurs quartiers de la ville de Gaza.

Un des associés de l’entreprise de livraison Al-Yamama, qui s’est illustrée en mai en acheminant des commandes de Kentucky Fried Chicken(KFC)du Sinaï égyptien à ses clients à Gaza, parle de cette période comme d’un « Âge d’or » enfui.

« Malgré le prix élevé à cause du transport, les gens en achetaient pour avoir quelque chose qui n’existe pas ici », raconte Haïtham al-Chami, l’un des gérants, âgé 29 ans.
« C’était un défi », explique-t-il, « montrer que Gaza, ce n’est pas que la guerre et la mort. Nous aimons la vie, mais nous n’avons rien. Le KFC, ce n’est rien, bien sûr, mais il n’y en a pas à Gaza ».

L’opération, largement promotionnelle, n’a duré qu’un mois, jusqu’à son « interdiction pour des raisons sanitaires » par les autorités de Gaza, au nom de la protection des consommateurs, avant même la destruction des tunnels, précise Haïtham al-Chami.

Depuis, c’est tout le carnet de commandes de la société Al-Yamama qui subit les retombées, avec « 250-300 livraisons quotidiennes ces jours-ci, contre 500 il a cinq mois », ajoute-t-il.
Selon l’économiste palestinien Omar Chaabane, »Gaza est une société moderne, les gens connaissent tous ces produits, le Nescafé, le cappuccino, etc. ».
« Maintenant nous sommes devenus une société sous assistance, nous dépendons de l’aide humanitaire internationale pour la nourriture », déplore-t-il.
« Le siège a détruit le secteur productif industriel, il a empêché toute exportation de Gaza, à part cinq ou six articles », rappelle-t-il.

Après la capture en juin 2006 d’un de ses soldats – libéré en 2011 – Israël a imposé un blocus à Gaza, renforcé en juin 2007 lors de la prise de contrôle de l’enclave par le Hamas.

« Nous ne souffrons pas à cause du manque de pluie ou de nourriture, c’est une catastrophe d’origine humaine », remarque Omar Chaabane, directeur du groupe de réflexion Palthink, à Gaza.

« Nous sommes un otage kidnappé par quatre ravisseurs », résume-t-il, incriminant à la fois Israël, le Hamas, l’Autorité palestinienne, qui gouverne la Cisjordanie, et la communauté internationale.

Dans un tribune en octobre, le négociateur palestinien Mohammad Chtayyeh insistait aussi sur la prépondérance des causes politiques, rejetant le mirage d’une « paix économique » chère à l’émissaire du Quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne, ONU) Tony Blair.
« Ces dernières années, certaines parties internationales ont tenté de convaincre le monde que les solutions consistaient à enlever un barrage ou autoriser le ketchup et la mayonnaise à Gaza », écrivait-il, « mais ce dont la Palestine a besoin, c’est la fin de l’occupation israélienne ».

(15-11-2013 – Avec les agences de presse)

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