Tarik Ramadan : « Notre intelligence doit avoir la dignité de ne pas répondre et de regarder au-delà. »


jeudi 20 septembre 2012, par La Rédaction

Attaquer en justice Charlie Hebdo, manifester dans les rues de France, c’est totalement contre-productif.
Il ne faut absolument pas manifester, il appartient aux élites, aux intellectuels, aux savants, à ceux qui sont les dirigeants d’organisations musulmanes de dire avec force ceci : « Même si notre coeur est blessé, notre intelligence doit avoir la dignité de ne pas répondre et de regarder au-delà, ça c’est la réponse qu’il faut donner« .
La seule attitude noble, en face de la provocation de ceux qui cherchent à développer une islamophobie en France ou de Charlie Hebdo, qui surfe sur la vague, c’est d’ignorer ces attaques, regarder au dessus en disant nous sommes Français, nous sommes pour l’avenir de France.

(20 Septembre 2012 – Sur Europe 1)

***

Tariq Ramadan est un intellectuel islamologue, professeur et universitaire à Oxford1, suisse d’origine égyptienne.
Son œuvre s’articule sur une réflexion théologique, philosophique et politique en lien avec la religion musulmane, les spiritualités et les différentes philosophies. Il est engagé depuis plusieurs années dans le débat concernant l’islam en Occident et dans le monde.
Expert consultant dans diverses commissions attachées au Parlement de Bruxelles, il participe à divers groupes de travail internationaux se rapportant à l’islam, à la théologie, à l’éthique, au dialogue inter-religieux et interculturel, et plus largement au développement et aux questions sociales.

Oeuvres choisies :
L’Islam et le réveil arabe, Éd. Presses du Châtelet, nov. 2011
Mon intime conviction, Éd. Presses du Châtelet, oct. 2009, 183 p.
L’islam en questions, Éd. Actes Sud, oct. 2000, 231 p.

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#MUSLIMRAGE – Non, « Newsweek », tous les musulmans ne sont pas « en colère »


C’est l’histoire d’un coup médiatique manqué. L’hebdomadaire américain Newsweek avait pourtant tout prévu. Le magazine du 24 septembre devait donner la parole à tous les musulmans qui avaient « la rage » après la diffusion du film Innocence of Muslims, cet ovni vidéo qui a provoqué une vague de colère d’une violence rarement atteinte dans le monde musulman.

Sur la couverture, deux hommes à la barbe touffue, le haut du crâne enturbanné, les poings serrés, hurlent leur colère à travers le papier glacé. Au-dessus de ces visages crispés par la fureur, de grosses lettres noires forment les mots « Muslim rage » (« la colère musulmane »). En sous-titre, l’annonce d’un article de la féministe Ayaan Hirsi Ali figure sous la phrase-clé « Comment j’y ai survécu, comment on peut en finir. » Pour promouvoir son édition choc, Newsweek ne lésine pas sur les moyens et lance, lundi 17 septembre, un appel sur Twitter « Vous voulez parler de notre dernière couverture ? Faites-vous entendre avec le hashtag : #MuslimRage » [#ragemusulmane].

Las, cet appel au « buzz » – et, implicitement, au commentaire islamophobe – de Newsweek a été largement ridiculisé par les abonnés du réseau social. A la clé, un déferlement de tweets ironiques pour désamorcer la polémique. « J’ai peut-être la #ragemusulmane mais c’est caché sous mon niqab », plaisante @missyasin, « Tu perds ton neveu à l’aéroport mais tu ne peux pas crier son nom parce qu’il s’appelle Jihad #muslimrage », écrit Hijabi Girl, « Quand tu es le seul au pub à boire du pepsi #muslimrage » ou « Quand tu décapites un infidèle mais que ton iPhone ne l’a pas enregistré correctement alors tu n’es pas reconnu à ta juste valeur #MuslimRage », pouvait-on encore lire mardi sur le réseau.

You lose your nephew at the airport but you can’t yell his name because it’s JIHAD. 

#MuslimRage When you behead an infidel but your iPhone did not record properly so you don’t get the credit you deserve.

Les médias ne sont pas les derniers à moquer la mauvaise tournure de l’opération marketing de Newsweek. Il faut dire que l’hebdomadaire n’en est pas à son coup d’essai en la matière. Le correspondant au Pakistan du quotidien britannique The Telegraph en profite ainsi pour dénoncer la vision « démodée et bigote » du monde musulman véhiculée par le magazine. « La photo en plan serré [en une du journal] élimine tout contexte. Il pourrait très bien s’agir de deux hommes qui viennent de voir leur équipe de foot perdre un match. Cela pourrait être un enterrement. Ces hommes peuvent être au milieu d’un groupe de cinq personnes ou de 5 000. Cela n’a pas d’importance. On nous demande seulement de penser : ils sont à nos trousses. » En résumé, c’est « un article de journalisme choc écœurant, qui rabaisse ce qui fut un jour un grand magazine. » 

Pour The Atlantic, l’hebdomadaire américain a méprisé non seulement son lectorat, mais aussi le journal lui-même. Les internautes « ont transformé le cynisme du magazine en quelque chose de mieux, quelque chose de drôle et qui a du sens, qui est pertinent et vrai. Ils ont transformé ‘l’expérience déjà écrite à l’avance’ de Newsweek en quelque chose qu’ils ont écrit eux-mêmes. » Le Los Angeles Times dénonce pour sa part la stratégie marketing suicidaire du magazine, dont le seul but est de vendre le maximum d’exemplaires sans réfléchir aux conséquences de la ligne éditoriale.

En recensant un florilège des tweets les plus drôles, le site américain Gawker en profite également pour publier d’autres types de photos qui montre une « colère musulmane » bien différente. Une petite fille emmitouflée dans une doudoune rose, drapeau égyptien à la main, est présentée comme « une démonstration insoutenable de la colère musulmane ». Quatre iraniennes voilées, hilares devant le bonhomme de neige qu’elles viennent d’achever sont une preuve de la « colère de la neige » musulmane. Bref, des clichés qui présentent plutôt la « rage » de vivre de tous ces musulmans, bien plus nombreux, qui restent silencieux et ont – enfin – fait leur« coming out » humoristique sur Twitter. Le plus beau pied de nez aux islamophobes.

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Au sujet du film merdique et de ses conséquences


Récapitulatif approximatif, suite à une discussion avec un ami
par Tewfik Aclimandos, mardi 18 septembre 2012, 00:42 ·

Je me trompe peut être mais voilà comment je reconstitue la séquence de la semaine dramatique qui s’est écoulée.

1- Il y a quelques mois, une bande de fanatiques coptes vivant aux USA tourne ou participe au tournage d’une sorte de merde qu’ils prennent pour un pamphlet anti Prophète. Personne ne le note, malgré le fait que ces génies postent des extraits de cette « oeuvre » sur youtube.

2- Il y a une semaine, un « entrepreneur religieux » se disant salafiste, une sorte de présentateur télé ou de prédicateur qui s’est spécialisé dans la vitupération anti libérale, anti copte, anti tout, diffuse sur sa chaîne télé les 14 minutes d’extraits de la merde en question.

Première Remarque: on ne me fera pas croire que les personnes impliquées dans un et dans deux ne savaient pas ce qu’elles faisaient. Reste à savoir quels ont été leurs calculs et si elles ont eu des commanditaires.

3- Comme prévu la colère a été immense

4- Les différentes autorités et acteurs coptes vivant en Égypte ont très vite condamné le film.

5- les frères musulmans, les salafistes institutionnels et la jama’a islamiyya ont redouté une sorte de saint Barthélémy anti copte voire pire. Il fallait à tout prix éviter une catastrophe « confessionnelle ».

6- Ils ont décidé de croire ou de faire semblant de croire que les États-Unis étaient « coupables ». Le but de ce message est de ‘dévier » la colère des extrémistes, de la base, de ceux qui voulaient défendre leur religion, pour qu’elle ne s’exprime pas contre les coptes. Les USA étaient un bouc émissaire commode, et on pourrait toujours recoller les morceaux après.

7- Malheureusement cela a dérapé en Égypte et en Libye, avec des conséquences dramatiques dans les deux cas.

Deuxième remarque: reste à savoir si les dérapages sont dus à des mouvements de foule en colère, ou s’ils ont le fait d’acteurs politiques ou terroristes voulant piéger les islamistes et les États-Unis.

8- Qui plus est les Frères ont très mal géré leur communication avec les USA. Mais il faut dire qu’ils avaient à résoudre une quadrature du cercle: comment éviter un désastre confessionnel, sans apparaître tiède dans la défense de la foi, sans aller trop loin dans l’escalade contre les USA.

9- Mais dans l’ensemble, je pense, et mon ami Sherif Younis est d’accord (je lui dois certains points cruciaux dans ce développement), l’attitude du camp islamiste, si on excepte les électrons libres et les salafo/anarchistes, a été la bonne. En tant que citoyen Égyptien et en tant que copte, je leur dis merci.

10- Tous les acteurs islamistes et coptes ont à réfléchir sur les contraintes qu’imposent leurs dispositifs discursifs, idéologiques et organisationnels. Un dérapage de plus, et cette crise prenait des proportions encore plus effrayantes. Cette fois ci, les dynamiques mortifères et belliqueuses ont (pour l’instant) tant bien que mal été contenues. Rien ne dit que ce sera le cas la prochaine fois.

Je le redis en conclusion: merci aux frères, aux salafistes responsables et à la jamaa islamiyya. Prions ensemble pour l’Égypte.

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Quand haine et bêtise s’enchaînent


LOOS,BAUDOUIN; BUSSARD,STEPHANE

Page 9

Jeudi 13 septembre 2012

USA L’ambassadeur américain en Libye est mort asphyxié

new york

de notre envoyé permanent

Le choc des images et du calendrier. Alors que les proches des victimes des attentats du 11 Septembre 2001 commémoraient la tragédie qui frappa l’Amérique voici onze ans, des islamistes radicaux prenaient d’assaut, mardi soir, le consulat américain de Benghazi en Libye ainsi que l’ambassade des Etats-Unis au Caire. Dans cette irruption de violence apparemment liée à la diffusion d’un extrait de film réalisé par un Israélo-Américain dépeignant Mahomet comme un grand séducteur, un homosexuel et un pédophile, l’ambassadeur américain en Libye Christopher Stevens a été tué ainsi que trois autres collaborateurs. Il est mort d’une asphyxie due à l’inhalation de fumées malgré les efforts fournis pendant 90 minutes par un médecin pour le ranimer.

Mercredi matin, dans la Roseraie de la Maison-Blanche, aux côtés de Hillary Clinton, le président Barack Obama a été ferme pour dénoncer le raid de Benghazi : « Les Etats-Unis condamnent dans les termes les plus forts cette attaque scandaleuse et choquante. » Il a aussi mis en garde : « Justice sera faite. » Les capitales occidentales, Londres et Paris en particulier, ainsi que l’ONU et l’Otan ont vivement condamné l’attaque perpétrée par des islamistes radicaux au moyen de lance-grenades. La secrétaire d’Etat américaine a attribué la tragédie à un « petit groupe de sauvages » et assuré Tripoli que l’amitié des Etats-Unis serait préservée. Washington a renforcé la sécurité de ses ambassades et envoyé des marines en Libye.

De leur côté, les autorités libyennes ont pointé du doigt les fidèles de l’ancien régime de Kadhafi et le réseau Al-Qaïda. Le président du Congrès libyen, Mohammed Magarief, a présenté ses excuses au peuple américain.

Le décès du diplomate américain arabophone et francophone de 52 ans, qui avait déjà travaillé pour le Département d’Etat à Jérusalem, Damas, au Caire et à Riyad, a suscité une vive émotion aux Etats-Unis. Jusqu’à dimanche, les drapeaux américains sont en berne sur les édifices publics.

Jusqu’ici, seuls cinq ambassadeurs des Etats-Unis ont été tués lors d’attentats terroristes, dont le dernier en date, Adolph Dubs, en 1979 en Afghanistan. Christopher Stevens, qui avait déjà officié en qualité d’ambassadeur auprès des rebelles libyens au début du Printemps arabe, venait d’être nommé envoyé spécial en Libye en mai dernier. Basé à Tripoli, il se rendait à Benghazi pour ouvrir un centre culturel.

Rompant avec une tradition d’unité du pays après une telle tragédie et se distinguant des républicains du Congrès, le candidat à la présidence des Etats-Unis Mitt Romney a mis fin sans tarder à la trêve électorale décrétée tacitement pour l’anniversaire des attentats du 11 Septembre. Il a fustigé mardi soir déjà la réaction de la Maison-Blanche alors qu’il n’était pas au courant de la mort de l’ambassadeur Stevens : « Il est scandaleux que la première réaction de l’administration Obama ne consistait pas à condamner les attaques contre nos missions diplomatiques, mais de sympathiser avec ceux qui ont fomenté ces mêmes attaques. » Mercredi, il n’en démordait pas, évoquant le message envoyé sur Twitter par l’ambassade américaine du Caire qui condamnait implicitement le film et « les efforts continus d’individus mal avisés pour heurter les sentiments religieux de musulmans (…) et les tentatives d’offenser les croyants de toutes religions ».

Si l’Amérique s’est beaucoup penchée sur la dérive islamiste de mardi soir, elle a beaucoup moins parlé de ce qui était à l’origine des violences : un film, très médiocre, L’innocence des musulmans, réalisé par un Israélo-Américain de 52 ans, Sam Bacile, dans lequel ce dernier décrit le prophète Mahomet comme un coureur de jupons, un homosexuel, pédophile et un voyou sanguinaire. Le film, « qui est politique et non religieux » selon son auteur, et qui souligne que « l’islam est un cancer », a été financé à hauteur de 5 millions de dollars par une centaine de donateurs juifs anonymes.

Même si pour l’heure, les extraits du film n’ont pas provoqué une vague d’indignation semblable à celle causée par la publication des caricatures de Mahomet en 2005 au Danemark, les protestations se sont multipliées mercredi en Tunisie, Egypte et Maroc.

Le film a un promoteur de renom : Terry Jones, le pasteur chrétien intégriste qui avait déjà provoqué des dizaines de morts en Afghanistan en 2010 et 2011 après avoir menacé de brûler, puis avoir effectivement bouté le feu à un Coran.

anniebannie: pas un mot sur les morts libyennes. Intéressant article de Max Blumenthal sur l’auteur du film.

« L’innocence des musulmans » : sanglante provocation


Le film traîne depuis des semaines sur internet. Il est signé d’un homme d’affaire israélo-américain selon qui « l’Islam est un cancer« . Curieusement, c’est ce mardi 11 septembre que la vidéo a mis le feu aux poudres en Egypte et en Libye. A Benghazi, l’ambassadeur américain et trois fonctionnaires du consulat ont été tués.

Les faits

12.09.2012Par AFP

L’ambassadeur des Etats-Unis en Libye, J. Christopher Stevens, et trois fonctionnaires américains ont été tués mardi soir dans l’attaque du consulat à Benghazi, dans l’est de la Libye, a déclaré mercredi à l’AFP un haut responsable du ministère de l’Intérieur.
« L’ambassadeur a été tué ainsi que trois autres fonctionnaires« , a déclaré le vice-ministre de l’Intérieur Wanis al-Charef. La mort de M. Stevens a été confirmé par un tweet du vice-Premier ministre libyen, Moustapha Abou Chagour.

I do condemn the cowardly act of attacking the US consulate and the killing of Mr Stevens and the other diplomats.

Le président de la Haute Commission de sécurié à Benghazi, Fawzi Wanis, a indiqué de son côté que l’ambassadeur américain se trouvait au consulat au moment de l’attaque.
Des manifestants armés se sont attaqués mardi soir au consulat et des roquettes ont été tirées sur le bâtiment, selon des sources de sécurité libyennes qui avaient fait état dans un premier temps d’un Américain mort et un autre blessé dans l’attaque.
Les manifestants protestaient contre un film jugé insultant pour l’islam.

Emotion également en Egypte, les coptes accusés

12.09.2012 – Durée : 2:46Par Isabelle Mourgère et Alexandre Buccianti

L’auteur du film : un agent immobilier

12.09.2012Par AFP

Le film à l’origine des manifestations et attaques anti-américaines, mardi en Egypte et en Libye, est signé par un Israélo-américain qui décrit l’islam comme un « cancer« , selon le Wall Street Journal.
Le film, « Innocence of Muslims » (« L’Innocence des musulmans »), a été réalisé et produit par Sam Bacile, un promoteur immobilier israélo-américain de 54 ans originaire du sud de la Californie, qui affirme que l’islam est une religion de haine.
Sam Bacile a dit au WSJ qu’il était l’auteur du film, précisant qu’il l’avait produit avec cinq millions de dollars levés auprès d’une centaine de donateurs juifs, qu’il a refusé d’identifier.
Il assure avoir travaillé avec 60 acteurs et une équipe de 45 personnes pour réaliser en Californie, en trois mois,  ce film de deux heures. « Le film est politique. Pas religieux« , dit-il.
Le long métrage a été défendu par le pasteur très controversé Terry Jones, qui s’est attiré de nombreuses critiques par le passé, notamment pour avoir brûlé un exemplaire du Coran et s’être résolument opposé à la construction d’une mosquée près de Ground Zero à New York.
Le pasteur a précisé qu’il comptait montrer un extrait de 13 minutes du film, mardi soir, dans son église de Gainesville, en Floride (sud-est).
« C’est une production américaine, qui n’a pas pour objectif d’attaquer les musulmans mais de montrer l’idéologie destructive de l’islam« , explique-t-il dans un communiqué publié par le WSJ.
Une porte-parole de Terry Jones a indiqué que le film était aussi diffusé sur le site internet du mouvement du pasteur américain.

Libye et Egypte : le film à l’origine de violences signé par un israélo-américain


anniebannie n’approuve ni le film ni les violences; mais le coup est calculé pour exacerber les tensions. On a tort de réagir de cette manière.

mercredi 12 septembre 2012, par La Rédaction

Le film à l’origine des manifestations et attaques anti-américaines, mardi en Egypte et en Libye, est signé par un Israélo-américain qui décrit l’islam comme un « cancer », selon le Wall Street Journal.

Le film, « Innocence of Muslims » (« L’Innocence des musulmans »), a été réalisé et produit par Sam Bacile, un promoteur immobilier israélo-américain de 54 ans originaire du sud de la Californie, qui affirme que l’islam est une religion de haine.

« L’islam est un cancer », déclare M. Bacile au Wall Street Journal.

Mardi, des manifestants ont déchiré un drapeau américain devant l’ambassade américaine au Caire, tandis qu’un groupe armé a attaqué le consulat américain à Benghazi, en Libye, et mis le feu au bâtiment, tuant un Américain et en blessant un autre.

Sam Bacile a dit au WSJ qu’il était l’auteur du film, précisant qu’il l’avait produit avec cinq millions de dollars levés auprès d’une centaine de donateurs juifs, qu’il a refusé d’identifier.

Il assure avoir travaillé avec 60 acteurs et une équipe de 45 personnes pour réaliser en Californie, en trois mois, ce film de deux heures. « Le film est politique. Pas religieux », dit-il.

Le long métrage a été défendu par le pasteur très controversé Terry Jones, qui s’est attiré de nombreuses critiques par le passé, notamment pour avoir brûlé un exemplaire du Coran et s’être résolument opposé à la construction d’une mosquée près de Ground Zero à New York.

Le pasteur a précisé qu’il comptait montrer un extrait de 13 minutes du film, mardi soir, dans son église de Gainesville, en Floride (sud-est).

« C’est une production américaine, qui n’a pas pour objectif d’attaquer les musulmans mais de montrer l’idéologie destructive de l’islam », explique-t-il dans un communiqué publié par le WSJ.

Une porte-parole de Terry Jones a indiqué que le film était aussi diffusé sur le site Internet du mouvement du pasteur américain.

(12 Septembre 2012 – Avec les agences de presse)

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VIncent Geisser, « Mouloud Aounit, une marche pour l’égalité »


Le 93 au cœur de la république d’Aubervilliers appelle à soutenir le film de Vincent Geisser et Jean-Michel Riera sur Mouloud Aounit.

Pourquoi soutenir ce film? Ce film propose de retracer un parcours militant, celui de Mouloud Aounit, enfant d’Algérie, « fils de bougnoule » et d’Aubervilliers, formé à l’éducation populaire dans les « banlieues rouges » de la France des années 60 et de leur forte culture ouvrière, puis devenu le président d’une des principales organisations françaises de défense des droits de l’Homme.  Cette histoire se confond avec celle de tous les grands combats pour l’égalité et contre tous les racismes des trente dernières années.

Nous allons aussi vous raconter une histoire de l’immigration en France, principalement algérienne, mais pas n’importe quelle histoire : une histoire politique de cette immigration où de jeunes militants qui, en détruisant les rêves de leurs pères accrochés au mythe du retour, ont revendiqué avec force les valeurs républicaines et leur appartenance à la communauté nationale.

Comment soutenir le film ?

Le scandale Moureaux


La RTBF a pris connaissance, ce mardi, avec stupeur et indignation des qualificatifs et comparatifs utilisés par le bourgmestre de Molenbeek Philippe Moureaux concernant l’émission Questions à la une du 11 avril dernier.

Le reportage de l’équipe de Questions à la Une pose la question, sur base de plusieurs études et de faits d’actualité, de la réislamisation des communautés arabo-turques et de la radicalisation partielle d’une petite minorité de ses membres. Il montre que des écrits et des paroles circulent, par exemple, sur la place et le rôle des femmes tels que vus par certains et donne la parole à des acteurs culturels et politiques qui montrent que la question est bien d’intérêt public, le fait d’une minorité, et qu’elle suscite débat dans la communauté musulmane elle-même.

Le travail a été réalisé en respectant tous les points de vue y compris celui de Philippe Moureaux. Il a été fait sur base des critères journalistiques et déontologiques conformes à la pratique professionnelle d’usage et fidèles à la ligne éditoriale de l’émission Questions à la Une, les mêmes que ceux que l’émission applique depuis sept ans et qu’elle a mis en œuvre au cours de ces années pour aborder plus de trois cents sujets d’actualité. Pour rappel, le reportage de ce mercredi 11 avril a, par ailleurs, été prolongé d’un débat avec des interlocuteurs totalement pertinents sur ces dossiers.

La RTBF et son directeur de l’information ne peuvent en aucun cas admettre les accusations gratuites de pure manipulation et d’usage de méthode « à la Goebbels » telles que proférées par le bourgmestre de Molenbeek sur la chaine Maghreb TV.

Cette prise de position est particulièrement déplacée au regard d’une émission qui fait partie d’une rédaction où l’information est réalisée en toute autonomie et indépendance. Elle est également outrancière en comparaison à une période de l’histoire où la liberté de la presse était réduite à néant et où les droits d’expression des médias et de la population étaient totalement bafoués, interdits et cruellement réprimés.

La RTBF, la direction de l’information et l’équipe de Questions à la Une rappellent les conclusions du reportage de Frédéric Deborsu : « La population arabo-turque est en constante augmentation en Belgique. Elle est variée, très souvent conviviale, parfois repliée sur elle-même mais pour de nombreux musulmans, l’intégration est parfaitement réussie. Mais le pouvoir politique doit désormais se retrousser les manches pour éviter les dérapages et favoriser le vivre ensemble« .

Même réaction du côté de la Société des journalistes de la RTBF

Dans un communiqué, la Société des journalistes (SDJ) de la RTBF dit également « avoir pris connaissance avec stupéfaction » des propos tenus par Philippe Moureaux ».

« Ces accusations sont graves et non fondées« , dit-elle, « Elles sont de nature à jeter le discrédit sur l’ensemble des journalistes de la RTBF et leur travail d’information. La SDJ estime que cette question sensible –l’augmentation du fait religieux dans la communauté arabo-turco-musulmane en Belgique – mérite mieux que les propos outranciers et inadmissibles tenus par Philippe Moureaux« .

Un soutien unanime du Comité Permanent de la RTBF

Autre réaction, celle du Comité Permanent de la RTBF qui « tient à manifester son soutien à la rédaction » et qui parle de « critiques injustifiées et excessives« .

Les critiques de Philippe Moureaux

« C’est une émission tout à fait scandaleuse« , a-t-il dit lors d’une interview téléphonique diffusée sur Maghreb TV, en se disant « tout à fait furieux » du fait que son intervention avait été « caviardée« , « avec uniquement comme plaisir de montrer des images désagréables, de donner la parole à des islamophobes bien connus« .

« Il n’y a pas une seule image positive qui a été retenue« , a ajouté le bourgmestre de Molenbeek, la commune où une partie de l’émission a été tournée.

« Présenter ça (le fait que certaines femmes portent le voile intégral dans la commune en dépit d’une interdiction déjà ancienne, ndlr) comme une image qui montre la montée de l’islamisme, c’est tout simplement de la manipulation« , a-t-il poursuivi.

Molenbeek compte quelque 94 000 habitants, dont une grande partie est d’origine maghrébine.

« C’est une population qui mérite le plus grand respect. Et ce n’est pas parce qu’il y a quelques personnes qui ont des comportements que nous n’aimons pas que l’on peut condamner une population. L’antisémitisme a fait un moment ses succès sur ce genre de méthodes. C’est comme ça que Goebbels (Joseph Goebbels, le ministre de la Propagande et de l’Information de l’Allemagne nazie de 1933 à 1945, ndlr) essayait aussi d’attaquer les Juifs, comme maintenant certains attaquent les musulmans« , a déclaré le sénateur-bourgmestre.

« Je me rends compte que je n’ai servi que de faire-valoir à des racistes et à des islamophones« , a conclu Philippe Moureaux dans cette interview postée lundi sur Youtube.
RTBF et Belga

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