Pourquoi les journalistes israéliens ne remettent-ils pas en question l’action dévastatrice de leur armée dans la bande de Gaza?


Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Moshe Ya’alon attendent de prendre la parole en conférence de presse, le 28 juillet 2014 à Tel Aviv. REUTERS/Nir Elias

Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Moshe Ya’alon attendent de prendre la parole en conférence de presse, le 28 juillet 2014 à Tel Aviv. REUTERS/Nir Elias

Les médias n’arrivent à couvrir pleinement le conflit, et le pays souffre d’une sorte de blackout médiatique.

En 2008, Israël lance l’opération Plomb Durci pour mettre un terme aux tirs de roquettes du Hamas depuis Gaza: les journalistes sont alors friands de détails au sujet de l’opération militaire. Ils veulent savoir combien de militants du Hamas ont été tués, combien ont été capturés, quelles infrastructures ont été touchées, quels objectifs sont encore à atteindre, et bien d’autres choses encore. En revanche, les conséquences de cette opération pour l’autre camp, par exemple combien de civils palestiniens ont trouvé la mort, ne les intéressent pas. La seule question qui se pose à ce moment-là n’est pas «pour quelle raison autant de Palestiniens sont tués?», mais «pourquoi l’opération n’a pas commencé plus tôt?»

En 2012, après le déclenchement de l’offensive Pilier de défense, Keshev, un groupe israélien de surveillance des médias, dénonce le fait que cette guerre a «plus que jamais rendu flou la différence entre les porte-parole officiels de l’armée et les médias israéliens». Cette affirmation est encore vraie aujourd’hui.

De très bons interviewers, sauf pour la guerre

J’ai connu et admiré de nombreux journalistes israéliens au cours des deux décennies pendant lesquelles j’ai couvert ce conflit: leur professionnalisme n’est plus à démontrer. Ils savent être des interviewers tenaces et des analystes implacables, sans pour autant se couper des personnalités de premier plan. Donnez-leur un bon vieux scandale financier ou sexuel, et ils feront regretter à n’importe quel politicien de s’être un jour porté candidat à une élection. Demandez par exemple à l’ancien Premier ministre Ehud Olmert ou à l’ancien président Moshe Katsav de quelle façon les médias ont couvert leurs procès.

Mais avec la guerre, de nombreux journalistes israéliens, peut-être même leur majorité –à quelques remarquables exceptions près–, préfèrent faire profil bas, tout comme le reste de la population.

Surtout dans les premiers jours d’une opération militaire, ils ont peur de poser les questions qui fâchent: ils choisissent donc de répéter comme des perroquets les discours des leaders politiques et militaires du pays (en hébreu, on utilise le mot meguyasim,«appelé» ou «recrue», pour critiquer les journalistes en temps de guerre). D’ailleurs, parce qu’il est interdit aux Israéliens d’entrer dans la bande de Gaza et que l’opinion publique montre étonnamment peu d’intérêt pour les questions palestiniennes, seuls de très rares journalistes israéliens ont développé un réseau de sources sur le terrain.

Seuls de très rares journalistes israéliens ont développé un réseau de sources palestiniennes sur le terrain

 

Cela permet de comprendre pourquoi Israël voit la guerre à Gaza de façon si différente du reste du monde. Avec leur pays sous le feu des roquettes et leurs soldats se faisant tuer au combat, les journalistes israéliens cessent d’être des enquêteurs obstinés pour se transformer en fournisseurs d’informations prémâchées transmises par l’armée. Le patriotisme prévaut soudainement sur le devoir d’offrir une information impartiale.

Ce qui laisse aux Israéliens –encore nombreux à préférer les médias en hébreu à la presse internationale, pourtant de nos jours facile d’accès– une vision incomplète et faussée des évènements. Le soutien populaire à la guerre est ainsi total. Et la vision du Premier ministre Benjamin Netanyahou à propos de Gaza et du Hamas fait aujourd’hui consensus.

Les médias américains, pourraient dire certains, ont agi de la même façon avant la guerre en Irak, quand ils ont échoué à mettre en doute les renseignements sur les présumées armes de destruction massive de Saddam Hussein.

En Israël, presse et armée sont très liées

Mais les deux situations sont complètement différentes. Aux Etats-Unis, on ne retrouve pas cette intimité entre presse et forces militaires qui existe en Israël, où tout le monde fait son service militaire et où l’armée reste l’institution la plus prestigieuse. En 2003, il y avait d’ailleurs de nombreuses voix dans les médias américains pour dénoncer la guerre. Mais aujourd’hui en Israël, ils ne sont qu’une poignée à s’élever contre cette opération, aussi inconsidérée soit-elle aux yeux du reste du monde.

Les rares qui s’y emploient sont critiqués avec véhémence. «Vous êtes un traître, a-t-on hurlé à Gideon Levy, un éditorialiste du Haaretz, alors qu’il était interviewé dans la rue au sujet d’une tribune où il mettait en cause les pilotes israéliens bombardant Gaza.

«Vous n’avez pas honte? C’est vous qui devriez vivre avec le Hamas. Nous avons les pilotes de chasse les plus responsables au monde. Vous pensez qu’il est normal que des enfants passent leurs vacances d’été dans un abri? Quelle honte!»

Un journal a d’ailleurs révélé que les lignes téléphonique de Channel 2 ont été saturées par le flot d’appels protestant contre le passage du journaliste à l’antenne. De la même façon, l’Israël Broadcasting Authority a interdit une émission de radio produite par une organisation de défense des droits humains parce qu’on y entendait les noms d’enfants palestiniens tués par des tirs d’obus israéliens. Pour cet organisme de régulation, ces informations étaient bien trop «polémiques».

Dans un climat où toute tentative de contestation est perçue comme une trahison, les médias israéliens choisissent le plus souvent de ne couvrir que partiellement ce qui se passe à Gaza. Ils évitent ainsi d’être accusés de prendre partie pour l’ennemi ou d’affaiblir l’Etat en guerre.

Avant cette calamiteuse guerre, une forme de lassitude vis-à-vis de la question palestinienne associée à une chute spectaculaire du nombre d’attaques contre Israël avait conduit le pays à se replier sur lui-même et à croire que le conflit avait disparu. L’opinion voulait désormais des articles sur les succès d’Israël dans le domaine des technologies de pointe, et pas sur l’occupation militaire.

La plupart des Israéliens sont devenus «post-palestiniens» et les médias ont suivi le mouvement. Ils sont ainsi nombreux à avoir été surpris par cette guerre qui semble surgie de nulle part. Elle était pourtant parfaitement prévisible.

L’info, oui, si elle parle d’eux-mêmes

Ce manque d’intérêt ne se reflète pas du côté palestinien. «Vous arrivez à croire ce qui s’est passé, vous?», me demandait une palestinienne lors qu’un reportage à Gaza pour le Washington Post. Je n’avais aucune idée de ce dont elle parlait. Elle évoquait en fait une affaire particulièrement choquante de violences domestiques dans laquelle un Israélien avait assassiné sa femme. Elle en avait entendu parler à la radio.

Les Israéliens sont devenus «post-palestiniens» et les médias ont suivi le mouvement

 

Pour s’informer, les Israéliens ont recours aux mivzak, des bulletins diffusés toutes les heures à la radio, aux journaux télévisés du soir de Channel 1, 2 ou 10, et aux analyses des deux quotidiens les plus largement distribués, le Yedioth Ahronoth et le Maariv. Ces tabloïds en couleur mélangent informations, analyses sérieuses et photos de femmes en bikini sur la plage. Quant au Haaretz –le média qui va le plus loin dans sa critique de l’opération militaire– il a beau être le quotidien israélien le plus lu à l’étranger (dans sa traduction anglaise), c’est celui qui, parmi les journaux d’importance du pays, est le moins consulté en Israël. Car les Israéliens sont extrêmement friands d’informations… quand elles parlent d’eux-mêmes.

Mabat, le magazine d’information diffusé en prime time sur Channel 1, est caractéristique de la façon de couvrir le conflit. Son édition du dimanche 20 juillet a ainsi été entièrement consacrée à la mort de 13 soldats israéliens. C’est compréhensible: presque chaque Israélien connaît quelqu’un qui a été appelé à combattre à Gaza et un tel bilan pour une seule journée est le plus grave des huit dernières années. C’est ce dont les spectateurs voulaient entendre parler.

Des reporters avaient été envoyés près de la frontière avec Gaza, dans les hôpitaux, aux funérailles… partout, sauf à Gaza. Et, bien que le gouvernement interdise aux Israéliens d’entrer dans la bande de Gaza, l’émission aurait pu donner la parole à des journalistes américains, européens ou palestiniens pour raconter ce qui s’y passait.

Ils font leurs les arguments du gouvernement

Au moment même où Mabat était diffusé, la dépêche informant du nombre de civils palestiniens tués par les forces israéliennes dans le quartier de Shejaia, à l’est de Gaza –le jour le plus meurtrier de l’opération à ce moment-là– était déjà vieille de plusieurs heures et l’information faisait la une des médias internationaux.

Les images d’une atroce violence d’enfants morts étaient partout. Benyamin Netanyahou les décrira plus tard comme «des morts palestiniens extrêmement télégéniques». Plus tôt dans l’émission, un reporter israélien avait fait une brève référence aux civils tués en disant que le Hamas utilisait les images de Shejaia pour ternir le visage d’Israël dans le monde, reprenant ainsi le discours du gouvernement.

Vers la fin de l’émission, qui dure plus d’une heure, un reportage de trois minutes sur Shejaia, utilisant des images d’une chaîne arabe, est finalement diffusé. Le journaliste israélien présente la séquence en disant que selon certaines allégations plus de 60 Palestiniens, principalement des femmes et des enfants, ont été tués et que l’armée israélienne aurait ordonné une évacuation quelques jours auparavant. Même si les téléspectateurs peuvent se faire une idée des dommages, le reporter ajoute qu’il préfère épargner aux Israéliens les images les plus choquantes, celles que l’on pouvait pourtant voir partout ailleurs dans le monde.

Au beau milieu de l’émission, les présentateurs doivent laisser l’antenne à Benyamin Netanyahou et au ministre de la Défense, Moshe Ya’alon, s’adressant au pays. «Nous devons rester unis et forts dans ces jours difficiles», déclare Netanyahou. «Nous nous battons pour notre pays», ajoute-t-il faisant de cette bataille une question de survie.

Reconnaître que l’opération terrestre aurait pu être évitée est un aveu stupéfiant. Pourtant, aucun journaliste ne renchérit

 

Tout ce que Netanyahou dit a pour objectif de faire de cette guerre une absolue nécessité.«Nous n’avons pas choisi cette situation», explique-t-il. Il parle de l’importance de détruire les tunnels du Hamas –la raison mise avant pour une invasion terrestre– pour qu’ils ne puissent pas être utilisés en vue de prochaines attaques.

La première question d’un journaliste israélien tape dans le mille: il demande pourquoi le gouvernement a accepté, cinq jours plus tôt, un cessez-le-feu qui aurait évité l’actuelle offensive, si les tunnels sont bel et bien une menace pour la survie d’Israël? Netanyahou répond que la question des tunnels aurait pu être réglée par la voie diplomatique si le Hamas avait accepté le cessez-le-feu.

Or, reconnaître que l’opération terrestre aurait pu être évitée, qu’il y avait peut-être une façon pacifique de résoudre le problème, est un aveu stupéfiant. Pourtant, aucun journaliste ne renchérit. Ils laissent Netanyahou et Ya’alon se vanter de la réussite de l’opération à ce jour.

Voici quelques questions qui auraient pu être posées:

• Est-ce pour cet objectif limité –détruire certains tunnels– que l’armée israélienne tue autant d’enfants palestiniens et que tant de jeunes soldats israéliens sont en train de mourir?

• Nous savons que le Hamas a rejeté le premier cessez-le-feu. Mais si vous reconnaissez que cette affaire aurait pu être réglée diplomatiquement, pourquoi Israël n’a pas continué pas à en négocier les termes pour éviter l’escalade?

• Les Israéliens ne risquent-il pas de regretter d’avoir trop affaibli le Hamas quand des groupes de type al-Qaida commenceront à s’implanter à Gaza?

• En combien de temps le Hamas pourra-t-il construire de nouveaux tunnels?

Dans les faits, compte tenu de la lamentable inertie de journalistes habituellement plus agressifs, Netanyahou a pu faire taire toute remise en question de sa stratégie. Et cela fonctionne parfaitement: un sondage, effectué durant la semaine du 20 juillet, a montré que 80% de la population israélienne soutient l’opération et que 94% des Israéliens s’estiment satisfaits de l’action militaire.

Des médias cheerleaders

Si la guerre s’étend en longueur et que le nombre de victimes israéliennes augmente sans aucune fin de conflit en vue, d’autres journalistes deviendront sûrement plus critiques. Mais pour le moment, il y a bien peu de contestation. Car, plus qu’autre chose, les journalistes jouent aujourd’hui le rôle de cheerlearders. Ben Caspit, l’un des analystes les plus influents d’Israël, a ainsi écrit le lundi 21 juillet dans le quotidien Maariv:

«Nous devons continuer à serrer les dents, à détourner les yeux et à faire notre job.»

Il y a eu beaucoup de discussions sur la façon dont les réseaux sociaux influencent la perception de cette guerre à l’étranger. Mais Facebook et Twitter ne sont que des moyens pour les militants pro-israéliens et pro-palestiniens de s’écharper virtuellement.

En fait, la façon dont Netanyahou a réussi à garantir un soutien populaire à cette offensive a plus à voir avec le fait que les éditorialistes israéliens et les principaux médias le laisse imposer sa propre vision. Et la diplomatie n’arrivera jamais à conduire Israël à explorer des alternatives à l’option militaire tant que la presse israélienne ne créera pas les conditions d’un débat national aussi honnête et approfondi que le mérite sa démocratie.

Gideon Levy : la barbarie d’Israël à Gaza


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Dans le journal israélien Ha’aretz :
Barbarie à Gaza

Gideon Levy Haaretz 3 8 2014

La barbarie d’Israël à Gaza

Samedi matin, le Ministre Palestinien de la Santé a appelé A. de Rafah et lui a demandé de libérer sa chambre froide où il stocke les légumes. L’idée était de faire de la place pour des dizaines de corps empilés dans le petit hôpital local. La chambre froide de A. a été rapidement remplie de corps dont ceux de plusieurs enfants.

A Rafah samedi on a compté 120 morts et près de 500 blessés en une nuit lors des opérations israéliens de recherche du sous-lieutenant Hadar Goldin. A minuit, dans la nuit du vendredi au samedi j’ai reçu un appel de Y., le frère de A., qui m’a dit, en excellent hébreu, la voix étranglée puis en pleurs  » ce qui s’est passé à Rafah aujourd’hui est un massacre à tous les sens du terme ».

Y. et sa famille sont partis à pied de chez eux vers la mer sous les bombardements.  » Tous les F-16 et les avions sans pilotes que possède Israël sont maintenant dans le ciel de Rafah  » m’a dit cet homme qui a travaillé 33 ans en Israël.

« Nous avons passé Rafah, comme tu le voulais Tal », chantait Arik Lavie dans une chanson vantarde d’une autre guerre. Lavie parlait du Major Général Israël Tal qui commandait la division qui a pris Gaza en 1967. Mais cette fois, effroyablement, nous n’avons pas encore passé Rafah, la ville la plus dévastée de la Bande, où les corps de samedi s’empilent.

Alors qu’Y. pleurait le massacre de Rafah, un commentaire du porte-parole de la Maison Blanche traitait le capture d »un officier israélien et la mort de deux de ses camarades de « violation barbare » de l’accord de cessez-le-feu. D’habitude réservé, le porte-parole employait le mot « barbare » pour la première fois durant cette guerre.

Rien d’autre n’est donc barbare. Ni le bombardement israélien deux jours auparavant du marché très achalandé de Shujayeh qui fit 17 morts et 150 blessés en plein cessez-le-feu, ni le bombardement qui frappa une école de l’UNRWA où 3000 personnes avaient trouvé refuge, ni le bombardement de la centrale électrique de Gaza, ni le bombardement de l’Université, ni la bombe lancée par les excellents pilotes de l’Armée de l’air israélienne sur un immeuble de quatre étages à Khan Yunis, sans sommation, tuant 35 personnes, dont 18 enfants et 8 femmes, sans doute le bombardement le plus meurtrier jamais lancé sur Gaza.

Seuls l’enlèvement et la mort de deux soldats. Voici un porte-parole américain qui souffre aussi de racisme : la « barbarie » pour lui est l’apanage d’un seul camp. Oui, le Hamas est connu pour sa « barbarie » , comme tous les palestiniens, et l’emploi du mot barbarie fait de Washington un nouveau trophée des relations publiques israéliennes.

Mais la vérité est que cette guerre est barbare depuis le début. Le nombre de morts dépasse d’ores et déjà celui de l’attaque barbare précédente, l’opération Plomb durci, avec un nombre atterrant de civils tués.

En proportion de la taille de la population de Gaza, le nombre de victimes est de l’ordre de celui de la guerre de Syrie. celui qu’Israël brandit pour prouver la nature animale des arabes. La semaine dernière, on a battu en Syrie le record de 1700 morts. A Gaza, dont la population est d’un dixième de celle de la Syrie, on est arrivé à sensiblement le même nombre de morts en trois semaines et demi d’intoxication des sens par Israël – pas une énorme différence.

Ce qui a débuté avec l’opération Plomb durci et continué avec l’opération Pilier de la défense, peut tourner à l’opération Paix en Galilée. On parle de rester un an à Gaza. Plus de 60 soldats et officiers ont été tués, ainsi que que plus de 1500 palestiniens dans une guerre qui n’arrive à rien sinon un bain de sang.

Le monde ne peut concevoir à quel point Israël est insensible, Y de Rafah ne le peut pas non plus. La nuit de vendredi, il me disait au téléphone,  » je suis honteux pour ma culture israélienne. J’ai grandi avec vous jusqu’à 16 ans, et cela me fait mal quand j’entends une sirène à Ashkelon, la ville où j’ai travaillé pendant des années, et vous ne vous préoccupez pas de nous, pas du tout ». Il a encore pleuré, et j’ai gardé le silence.

source page fb de Marianne Blum

[bds-ulb] [ABP] Actions GAZA : prochaines dates à bloquer!


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Merci de votre présence en nombre dimanche 27 juillet pour la grande manifestation nationale de solidarité avec le peuple palestinien, et en particulier avec la population de Gaza.

Malheureusement, malgré cette belle mobilisation, Israël poursuit inlassablement les bombardements sur la bande de Gaza. Les victimes sont de plus en plus nombreuses et la situation humanitaire est catastrophique depuis le bombardement de la seule centrale électrique de Gaza, privant ses habitants en électricité et en eau.

 

C’est pourquoi nous devons continuer à nous mobiliser!

Voici donc les prochaines dates de mobilisation à bloquer dans vos agendas  :

Mercredi 6/8 de 17h30 à 19h : Manifestation devant le SPF Affaires étrangères (15 rue des Petits Carmes, 1000  Bruxelles) – Venez habillés en blanc!

Vendredi 8/8 – Jour de Colère – de 12h30 à 13h30  : Manifestation devant l’ambassade d’Israël (40 avenue de l’Observatoire, 1180 Bruxelles)

Dimanche 17/8 à 14h : Grande manifestation nationale (objectif 20.000 personnes) – Détails à suivre.

En régions :

– à Liège Vendredi 8/8 – Jour de Colère – de 17h à 18h30 : rassemblement de solidarité avec le peuple palestinien – Place du Marché, devant le Perron, symbole des Libertés liégeoises.

– à Charleroi tous les vendredis à 18h – Jour de Colère : rassemblement devant l’Hotel de Ville, place Charles II.

 

 

On espère vous voir nombreux à ces occasions!

 

L’équipe de l’ABP

site web

L’aéroport de Liège contribue-t-il à fournir l’armée israélienne ?


Alors que les bombes continuent de pleuvoir sur Gaza, une vingtaine d’organisations, francophones et néerlandophones, soulignent le rôle joué par l’aéroport de Bierset (Liège) dans l’approvisionnement de l’armée israélienne et appellent les dirigeants belges et européens à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à l’assassinat de civils palestiniens.

Il pleut des bombes sur Gaza. Les gouvernements européens sont très forts pour déplorer les morts civils et ensuite étaler leur impuissance. Mais le siège israélien de la bande de Gaza n’est possible que parce que la communauté internationale le permet. Pour faire tourner la machine de guerre, quasiment chaque pays doit, après quelques jours, faire appel aux moyens logistiques venant de l’étranger. Cela s’applique aussi à Israël. Nous pouvons en faire le constat concernant le siège en cours dans la bande de Gaza. Il n’y a pas d’appui logistique au Hamas dont la capacité militaire est relativement insignifiante par rapport à celle de l’armée israélienne. Israël par contre peut compter sur un approvisionnement continu de munitions et de carburant et dispose donc d’une force militaire à laquelle les factions armées palestiniennes ne peuvent se mesurer.

Sans approvisionnements de l’étranger, les avions de combat seraient restés au sol depuis longtemps sur les bases militaires israéliennes.

La Belgique joue aussi un rôle dans cette logistique vitale pour la machine de guerre israélienne. L’approvisionnement en munitions pour l’armée israélienne se fait en grande partie via les avions de sociétés aériennes israéliennes. Cet approvisionnement vient des Etats-Unis mais les avions atterrissent souvent à l’aéroport liégeois de Bierset pour se ravitailler en carburant. El Al, la société aérienne israélienne y tient le rôle principal mais il est probable que CAL Cargo Airlines, qui emploie l’aéroport liégeois comme nœud aérien international, y contribue. Il n’y a aucune transparence concernant les marchandises qui passent par Bierset mais nous pouvons supposer avec raison que ce trafic peut être considérable. Autrefois, avant de déménager vers Bierset, El Al faisait escale à l’aéroport néerlandais de Schiphol. En 2005 et 2006, plus de 160 millions d’amorces explosives, 17 millions de pièces d’armement et plus d’un million de cartouches, de grenades fumigènes et de détonateurs ont été délivrés par les Etats-Unis à l’armée israélienne en passant par Schiphol. Ce matériel militaire a été utilisé par Israël au Liban, tuant plus d’un millier de personnes. La société aérienne israélienne El Al n’a pas apprécié la transparence du gouvernement néerlandais concernant la nature des transports. C’est pour cette raison qu’elle a déménagé vers Bierset. On n’a pas de données claires concernant le passage de matériel militaire, mais on peut présumer qu’une partie passe par l’aéroport liégeois. Contrairement à la réglementation néerlandaise concernant le trafic d’armes, la Belgique ferme les yeux sur le transport de matériel militaire si ce matériel ne subit pas un transbordement vers un autre moyen de transport.

La Belgique choisit l’impuissance en prétendant qu’elle ne sait rien. Pourtant le gouvernement régional wallon est compétent et peut agir pour interdire le transport. L’information nécessaire est disponible auprès de l’administration aérienne qui reçoit une liste des chargements pour chaque vol transportant de l’armement, comme l’exigent les régulations concernant le transport de marchandises dangereuses.

Avec un peu de volonté politique, l’UE, et donc aussi la Belgique, peuvent jouer un rôle déterminant dans le siège israélien de la bande de Gaza, ce qui pourrait éviter des victimes civiles. Cela peut se faire en mettant fin le plus possible à l’approvisionnement en matériel militaire et en tout autre matériel pour faire la guerre aux parties combattantes ou au moins en mettant des entraves à ces transports. Pour le Hamas l’embargo existe déjà depuis longtemps. Vu le grand nombre de victimes civiles suite aux bombardements par Israël, il serait logique de soumettre aussi Israël à un embargo sur les armes d’autant plus que la colonisation israélienne du territoire palestinien est à la base du conflit.

En 2009, durant un autre siège israélien de la bande de Gaza, la Belgique a déjà fait un pas important par sa décision de “ne pas donner des licences d’armes qui pourraient renforcer la capacité militaire des parties combattantes”. La Belgique peut plaider au sein de l’UE pour en faire une politique européenne, par une application stricte des critères pour le transport d’armes comme inclus dans la position commune européenne 2008/944. Cette position commune prévoit entre autres que les licences d’exportations doivent être refusées “s’il existe un risque manifeste que le destinataire envisage d’utiliser la technologie ou les équipements militaires dont l’exportation est envisagée de manière agressive contre un autre pays ou pour faire valoir par la force une revendication territoriale” ou quand le droit humanitaire international est violé.

C’est pourquoi nous demandons que le nouveau gouvernement confirme cette décision de 2009 en ce qui concerne Israël et inscrive également un renforcement de la législation concernant l’exportation d’armes comme priorité de la politique européenne. De plus, nous demandons aux différents gouvernements régionaux, et spécifiquement au gouvernement wallon en ce qui concerne Bierset, d’être transparent en ce qui concerne tout transit de matériel militaire et de mettre fin à tout transport de matériel militaire vers Israël.

Mesdames et Messieurs les responsables politiques, engagez-vous pour mettre fin à la coopération logistique avec des pays en guerre. Les civils palestiniens n’ont rien à tirer de déclarations larmoyantes, ce dont ils ont besoin c’est de changements structurels. En mettant fin à la livraison d’armes, nous pouvons apporter une contribution significative.

Associations signataires :

11.11.11

Agir pour la Paix

Artistes contre le Mur asbl

Association Belgo-Palestinienne WB

Broederlijk Delen

CNCD-11.11.11

Comité BDS – ULB

Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie

Comité Verviers Palestine

Ecolo

GAPP

Geneeskunde voor de Derde Wereld (G3W) – Médecine pour le Tiers Monde (M3M)

Fédération Euro-Tunisienne pour une Citoyenneté Active (FETCA)

FOS

Intal

Leuvens Actieplatform Palestina

Links Ecologisch Forum » – « Forum Gauche Ecologie »

Palestina Solidariteit

Pax Christi Vlaanderen

Solidarité Socialiste

UPJB

Via Velo Palestina – PJPO – Ittre

ViaVelo Palestina – Solidarity with Bedouins

Vredesactie

Vrouwen in het Zwart Leuven

Vrede

source: courriel

BDS liste des produits à boycotter


Israël a la supériorité militaire; en outre, son armée étant la plus immorale du monde il nous reste une seule arme : le boycott. Voici la liste des produits que je n’achète jamais sauf s’il n’y a vraiment pas d’autre choix

 

bdsliste

Ma lettre au Parlement Européen pour sa session concernant l’attaque Israélienne sur Gaza. Nurit Peled-Elhanan


16 juillet 2014

Chers amis et militants de la paix
Je vous écris depuis la bouche de l’enfer. Génocide à Gaza, pogroms et massacres en Cisjordanie et la panique des roquettes sur Israël .Trois colons israéliens enlevés et tués, et la police qui a été informée immédiatement n’a rien fait. Leur mort a été utilisée comme un prétexte pour mener l’assaut planifié à l’avance sur la Cisjordanie et Gaza. Un garçon palestinien de Jérusalem enlevé et brûlé vif et la police, immédiatement informée, ne fait rien. Plus de 200 victimes dans le raid sur Gaza. Des familles entières tuées par les pilotes israéliens, et pour résultat, des bombardements de roquettes sur tout Israël . Le racisme dangereux et violent contre des citoyens israéliens arabes, encouragé avec enthousiasme par les ministres israéliens et des membres du Parlement, conduit à des émeutes dans les rues, engendre l’agressivité et de graves discriminations contre les Palestiniens, avec une violence renouvelée qui éclate contre les militants de la paix juifs.

Malgré les accords, les résolutions internationales et les promesses israéliennes, les colonies se développent – tandis que les maisons palestiniennes à Jérusalem-Est et la Cisjordanie sont constamment détruites. L’eau coule sans limitation dans les piscines des colonies, tandis que les enfants palestiniens sont assoiffés et que des villages et des villes entières vivent sous un régime cruel de distribution d’eau , comme cela a été récemment souligné par le président Schultz. Des routes de ségrégation réservées pour les Juifs seulement et de nombreux points de contrôle rendent la vie et les déplacements des Palestiniens impossibles. Le caractère non démocratique de l’Etat d’Israël est de plus en plus en train de se transformer en un Etat d’apartheid dangereux. Toutes ces atrocités ont été conçues par le même esprit diabolique et criminel – l’esprit de l’occupant raciste et impitoyable de la Palestine.

Par conséquent, la responsabilité de tous ces crimes contre l’humanité doit être imputé à qui de droit : sur les mains sanglantes des dirigeants politiques racistes d’Israël , des généraux, des soldats et des pilotes, des hooligans de la rue et des membres de la Knesset. Tous sont coupables de l’effusion de sang et devraient être traduits devant la Cour pénale internationale de justice.

A ce jour, la communauté internationale n’a pas fait assez pour arrêter le régime d’occupation israélien. Les pays européens l’ont sévèrement critiqué alors que dans le même temps , ils continuaient à coopérer pleinement avec Israël, économiquement, politiquement et militairement. En conséquence, Israël ne paie pas de prix pour ses graves violations du droit international et des valeurs humaines.

Au contraire, c’est l’Europe qui paie pour la plupart des dommages humanitaires de l’occupation, ce qui rend encore plus facile pour Israël de la maintenir. Bien que les directives aient été émises interdisant aux institutions de l’UE de sponsoriser ou de financer les organismes de recherche et les activités dans les colonies et que 20 pays européens aient publié des avertissements officiels à leurs citoyens et aux entreprises, à l’encontre des relations commerciales et financières avec les colonies, ce n’est pas suffisant.

Ces mesures ne remettent pas sérieusement en cause la politique israélienne en Palestine occupée. L’Europe pourrait faire beaucoup mieux, ainsi que l’illustre sa réponse dure à l’annexion par la Russie de la Crimée. En quelques semaines, l’Union européenne a imposé des sanctions ciblées sur les responsables russes et ukrainiens et entreprises commerciales en activité en Crimée. L’UE est allée encore plus loin et a élargi les sanctions en interdisant l’importation de marchandises de Crimée.

Nous, les citoyens d’Israël et les apatrides de la Palestine, ne pouvons pas réaliser la fin de l’occupation et arrêter le bain de sang par nous-mêmes. Nous avons besoin de l’aide de la communauté internationale en général et de l’UE en particulier. Nous avons besoin de vous pour poursuivre en justice le gouvernement et l’armée israélienne, nous avons besoin de vous pour boycotter l’économie et la culture israélienne, nous avons besoin de vous pour exhorter votre gouvernement à cesser de tirer profit de l’occupation et nous avons besoin d’appeler à un embargo des armes contre Israël et à lever le siège de Gaza.

Israël est la plus grande et la plus dangereuse organisation terroriste existant aujourd’hui. Toutes ses munitions sont utilisées pour tuer des civils innocents, femmes et enfants. Ce n’est rien de moins qu’un génocide. Comme lauréate du Prix Sakharov du Parlement européen pour les Droits de l’Homme, en tant que mère et en tant qu’être humain, je demande à l’UE d’utiliser tous les outils diplomatiques et économiques à sa disposition pour aider à sauver mon pays de cet abîme de mort et de désespoir dans lequel nous vivons.

S’il vous plaît , il faut mettre Israël au ban de la communauté internationale jusqu’à ce qu’il devienne un véritable Etat démocratique, et il faut boycotter et sanctionner quiconque fait des affaires avec cet état d’apartheid et nous aider à nous débarrasser de ce gouvernement raciste et sanguinaire pour restaurer la vie des Palestiniens et des Juifs eux-mêmes.

* Nurit Peled-Elhanan, professeur de littérature comparée à l’université hébraïque de Jérusalem, est connue comme militante pacifiste en Israël. Née en 1949, c’est la fille de Matti Peled, un général de l’armée israélienne qui, après la guerre des Six Jours, s’est élevé contre la politique de colonisation.

 Après avoir perdu sa fille de 14 ans dans un attentat kamikaze palestinien (et interdit aux officiels israéliens dont Benjamin Netanyahou de venir à ses obsèques), elle déclare « ne pas avoir cédé au désespoir mais prononcé un discours avec pour thème la responsabilité d’une politique myope qui refuse de reconnaître les droits de l’autre et fomente la haine et les conflits ».

 Elle est cofondatrice de l’association israélienne et palestinienne des Familles endeuillées pour la paix. Elle reçoit le prix Sakharov en 2001 en tant que représentante de « tous les Israéliens qui prônent une solution négociée du conflit et revendiquent clairement le droit à l’existence des deux peuples et des deux États avec des droits égaux ». Izzat Ghazzawi, un professeur de littérature palestinien militant également pour la paix malgré la perte d’un fils dans le conflit le reçoit en même temps. Elle est l’une des trois promoteurs du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.
 

Cinq points de discussion israéliens sur Gaza: démystifiés


« Israël prétend qu’il ne fait qu’exercer son droit à la légitime défense et que Gaza n’est plus occupée. Voici ce que vous devez savoir sur ces points de discussion, et plus encore. »Lire l’article de l’avocate Noura Erekat publié dans le quotidien américain « The Nation »,  traduit en français sur le site de l’Agence.

 

‘Le bilan s’alourdit au dix-neuvième jour de l’offensive militaire israélienne contre la bande de Gaza et sa population civile :1020 morts palestiniens jusqu’à cette heure-ci, dont 200 enfants, 110 femmes et 83 personnes âgées suite à des bombardements israéliens en dix-neuf jours. »Lire le billet de Ziad Medoukh publié sur le site de l’Agence.
« Plus de 1000 morts à Gaza, et ça continue »

 

La France s’abstient lors d’un vote de l’ONU demandant le respect du droit international dans les territoires palestiniens dont Jérusalem Est
La France s’est abstenue le 22 juillet dernier lors d’un vote de l’ONU  pour “faire respecter le droit international dans les territoires palestiniens dont Jérusalem Est”.Lire la suite sur le site de l’Agence.
Rassemblement du Samedi 26 juillet à Paris: COMMUNIQUÉ
« Une réunion du Collectif aura lieu dès demain pour convenir des moyens de poursuivre dans la plus grande unité les actions de soutien dans les rues, au peuple palestinien dans les jours qui viennent malgré l’attitude partiale du gouvernement. »Lire le communiqué publié sur le site de l’Agence.
PHOTO: Respect à Massive Attack pour leur soutien à #GAZA durant leur concert
« Gaza est occupée ou sous restrictions depuis 1948 ». C’est à travers ces mots que le groupe « Massive Attack » a témoigné de son soutien à Gaza au festival Longitude 2014 .Lire la suite sur le site de la Campagne BDS France. Un article à ce sujet dans le Figaro  également.

 

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« C’est la faute au Hamas ! »


Cette conversation à bâtons rompus avec le Premier ministre israélien n’a jamais existé. Les arguments développés, en revanche, n’appartiennent pas à la fiction. Ils illustrent le fossé qui sépare les parties au Proche-Orient.

M. Le Premier ministre, merci pour cette occasion rare de pouvoir vous poser des questions…

De rien, c’est normal. Je vous écoute.

M. le Premier ministre, Israël a déjà tué à Gaza ces deux dernières semaines plus de 650 personnes dont plus de 450 civils parmi lesquels près de 200 enfants, l’émotion croît dans le monde devant ces souffrances terribles, allez-vous encore continuer à tuer des civils désarmés et sans protection?

Israël ne cherche jamais à tuer des civils. Nous avons l’armée la plus morale du monde et nous en sommes fiers. Pourtant, c’est vrai, de nombreux civils palestiniens sont morts ces derniers jours, à notre plus grand regret. Mais je ne vais pas demander pardon: la population palestinienne n’a qu’à demander des comptes au Hamas. Cette organisation considérée comme terroriste non seulement par Israël mais aussi par les Etats-Unis, l’Union européenne, etc., se sert des civils comme boucliers humains. Ces terroristes tirent leurs roquettes à partir de quartiers habités par des civils. Nous, nous prévenons les habitants, leur demandons de fuir, puis nous tentons d’éliminer ces terroristes là on nous les repérons. Mais le Hamas leur dit de rester…

Donc, ils meurent. Mais, M. le Premier ministre, d’une part beaucoup d’habitants disent qu’ils ne savent où aller, qu’ils ne reçoivent souvent que quelques minutes (!) pour fuir leurs maisons; d’autre part, quant au Hamas, croyez-vous qu’il est raisonnable de penser qu’il accepterait d’aller tirer ses roquettes sur un terrain de football et d’y attendre vos frappes?

Je ne puis que répéter que nous faisons tout pour éviter les pertes civiles. Pour le reste, une seule adresse: les terroristes du Hamas!

Des quartiers entiers sont détruits, des hôpitaux bombardés, que restera-t-il de Gaza dans quelques jours?

(Agacé) Je le répète: nous visons les infrastructures terroristes du Hamas où nous les détectons. En faisant tout pour éviter les pertes civiles.

Le Hamas porte une revendication qui fait l’unanimité chez les Palestiniens: l’exigence de la fin du siège de Gaza, devenue prison à ciel ouvert depuis huit ans au moins. Or la communauté internationale, dont même vos meilleurs alliés, demande aussi la fin du blocus…

Seul Israël peut juger de ses besoins en matière de sécurité. La satisfaction de cette exigence mènerait rapidement au réarmement des factions terroristes palestiniennes de plus en plus minées par l’extrémisme djihadiste et la situation empirerait de notre point de vue. Il n’en est donc pas question.

Mais croyez-vous que les Gazaouis pourraient jamais accepter ce sort indigne de prisonniers à vie? En toute logique, ils vont continuer à résister, y compris par tous les moyens… Vous êtes-vous jamais mis dans leurs souliers ne serait-ce qu’une ou deux minutes?

La question n’est pas là. Je suis Premier ministre de l’Etat d’Israël. Aucun pays au monde n’accepterait que sa population civile soit bombardée à tout moment. Croyez-vous que la France tolérerait une seule roquette tirée par la Belgique?

Certainement pas, vous avez raison. Mais la France n’occupe pas une partie de la Belgique.

Gaza n’est plus occupée! Nous l’avons quittée en 2005, il y a neuf ans! Et au lieu de construire «un nouveau Singapour», ils en ont fait une base terroriste qui vise à détruire Israël!

Pour construire Singapour, encore eût-il fallu que les frontières fussent ouvertes. Or tout est fermé, y compris côté égyptien. Fermé à double tour. Pour les biens comme pour les personnes. Pour aller à Singapour, il suffit d’avoir un visa en règle. Pour Gaza, c’est bien plus compliqué, le plus souvent simplement impossible… Quant à la destruction d’Israël par les «terroristes», elle ne paraît pas pour demain. En revanche, celle de Gaza est en bonne voie.

Parlez-en au Hamas, il est responsable de toute cette situation!

Pourtant, à l’origine de cette dernière crise, l’horrible assassinat de trois jeunes Israéliens en territoires occupés le 12 juin, vous avez immédiatement accusé le Hamas alors que celui-ci tombait des nues. La responsabilité de cet acte injustifiable repose vraisemblablement sur plusieurs hommes d’un clan de Hébron qui n’obéissaient pas ou plus au Hamas. Ensuite, vous avez embastillé plus de 500 membres du Hamas en Cisjordanie occupée, abattu des militants à Gaza…

Nous n’allions pas rester sans réagir! Le Hamas s’est félicité de la mort atroce de nos jeunes, il est complice, de près ou de loin. Sa charte, antisémite, exige la destruction d’Israël…

Celle du Fatah aussi, pourtant vous avez signé des accords avec Arafat… Si vous le voulez bien, M. le Premier ministre, penchons-nous sur les racines du problème, Israël dit vouloir la paix et deux Etats côte à côte, mais il continue à coloniser sans relâche à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, les deux territoires supposés, avec Gaza, devenir la Palestine, selon le droit international et les vœux non seulement des Palestiniens mais aussi de la communauté internationale. Colonisation et paix riment mal, vous ne trouvez pas?

La racine du problème n’est pas là mais dans la volonté palestinienne de détruire Israël. Ceux qui évoquent les implantations juives donnent raison aux Palestiniens qui cherchent des prétextes pour refuser la paix généreuse que nous proposons. Car nous n’avons aucune envie de dominer un autre peuple. Certes, Jérusalem n’est pas négociable. Ni le retour d’un seul réfugié palestinien. Mais en Cisjordanie, on peut trouver un accord, pour autant que la sécurité d’Israël soit préservée – nous garderons ainsi la vallée du Jourdain proche de la Jordanie, quoi qu’il arrive – et pour autant aussi que les grands blocs de colonies restent du côté israélien. L’Etat palestinien devra aussi être démilitarisé, bien entendu. Il devra également et tout d’abord reconnaître Israël comme l’Etat juif et l’Etat des Juifs!

Les Palestiniens contestent ce point car ils considèrent que cela serait leur demander de s’asseoir sur les droits de leurs réfugiés et aussi de la minorité palestinienne en Israël. En outre, si Jérusalem et les réfugiés ne sont pas au menu de la paix, il n’y aura jamais d’accord, le monde entier le sait et l’admet, sauf Israël. Pour les frontières de l’Etat palestinien, vous semblez envisager une série de petites enclaves cernées par le mur-barrière de sécurité, votre armée et les colonies juives, une perspective peu attrayante du point de vue palestinien, qui devrait tout de même être aussi pris en compte. Permettez-moi pourtant d’insister sur les colonies: vous continuez à les développer à bon rythme un peu partout en territoire palestinien occupé. N’est-ce pas aller ostensiblement dans une direction opposée à la paix, cela ne convainc-t-il la population palestinienne qu’Israël parle vaguement de paix mais nourrit en fait jour après jour la violence, l’humiliation et le désespoir qu’engendrent la colonisation et le comportement belliqueux voire volontiers agressif de nombreux colons juifs? En outre, plusieurs ministres de votre coalition ne veulent pas entendre parler d’un Etat palestinien ou de l’évacuation d’une seule colonie juive…

Vous ignorez peut-être que ce que vous appelez la Cisjordanie s’appelle la Judée et la Samarie: c’est le berceau de la religion hébraïque! C’est notre âme! Il est ainsi pour nous très difficile, d’un point de vue religieux et affectif, de quitter ces lieux. Néanmoins nous pouvons trouver un arrangement avec les Palestiniens si ceux-ci se montrent raisonnables en respectant nos impératifs de sécurité.

M. le Premier ministre, je suis désolé d’insister: croyez-vous possible de négocier l’avenir de territoires qui continuent à être colonisés sans répit?

J’ai déjà répondu à cette question. L’entretien est terminé. Je vous remercie pour votre attention.

Propos imaginés par BAUDOUIN LOOS
source

Gideon Levy, un sioniste détesté en Israël


Publié le  par Baudouin Loos

Contre la vague nationaliste imposante qui soutient avec ferveur l’attaque de l’armée israélienne contre Gaza, les voix israéliennes juives qui réussissent à se faire entendre ne sont pas légion. L’une d’elles bénéficie d’un support médiatique de choix, le très minoritaire mais estimé quotidien de gauche Haaretz. Au sein de sa rédaction, en effet, un homme symbolise «l’autre Israël», celui qui refuse la logique de guerre, et qui dénonce d’ailleurs depuis des décennies l’occupation. Cet homme s’appelle Gideon Levy et les menaces contre lui s’accumulent ces derniers jours.

Le journaliste a tenté la semaine dernière de se rendre dans les villes israéliennes proches de Gaza – l’entrée dans la bande maudite étant interdite aux Israéliens par Israël. Mais son reportage a tourné court devant la tension que sa présence suscitait quand il arrivait quelque part. Il estime même avoir échappé à un lynchage grâce à la présence d’une équipe de la télévision de la seconde chaîne nationale qui devait l’interviewer dans un «mall» d’Ashkelon (l’interview n’a d’ailleurs pas pu avoir lieu en raison de l’hostilité du public présent). Il a raconté cet épisode dans un article publié le 19 juillet.
Que dit donc Gideon Levy pour provoquer une telle ire contre lui?
Dans la rubrique «Opinions», il a par exemple signé le 17 juillet un papier intitulé «Voudriez-vous vivre dans le nouvel Israël qui vous tend la main?».

L’Israël qui se dessine, explique-t-il, sera celui «qui ne tolérera aucune opinion différente, aucune idée alternative. (…) Le peuple parlera à l’unisson, comme un chorus, aussi uniforme qu’un choeur de l’Armée rouge. Les médias aussi parleront d’une seule voix, déclamant les communiqués dictés par le gouvernement et l’armée».

Plus fort encore, car évoquant le climat de ces derniers jours: «En temps de guerre, la situation est différente, bien sûr. (…) On peut critiquer l’armée et la Défense mais dans une seule direction: ”Pourquoi ne laisse-t-on pas l’armée gagner? Laissons-la faire son travail, les battre tous, les bombarder, les écraser plus encore, conquérir plus encore, couper l’électricité, resserrer le siège, accroître autant que possible les tueries, la souffrance et les dévastations (…). Ramener les Arabes à l’âge de la pierre et Gaza au Moyen Age”. C’est autorisé.»

Dans un article plus analytique publié dans la même rubrique ce dimanche 20 juillet, Levy examine les dix conditions posées par le Hamas et le Djihad islamique pour cesser le feu. Et d’estimer qu’il n’y en pas une seule d’infondée parmi elles! Comme la fin du siège imposé à Gaza (que le droit international et la communauté internationale condamnent, d’ailleurs, n’écrit-il pas), la réouverture de l’aéroport de Gaza, celle du passage vers l’Egypte sous supervision internationale, l’ouverture d’un port, etc.) «Ces conditions sont d’ordre civil; les moyens utilisés pour y arriver sont militaires, violents et criminels. Mais l’amère vérité est que quand Gaza ne tire pas de roquettes sur Israël personne ne s’en préoccupe.»

L’animosité rencontrée par Gideon Levy en Israël ne date pas d’hier. Ce journaliste s’est spécialisé dans les affaires palestiniennes durant les années 1980. Ses fréquents reportages très crûs dans les territoires occupés, bien avant qu’il ne commençât à également remplir les colonnes des pages «Opinions», lui ont valu une solide réputation: celle d’un «prophète» pour les uns, comme l’intellectuel juif américain Noam Chomsky, ou celle d’un «traître» pour nombre d’Israéliens.

Nous l’avions rencontré à Bruxelles en 2010. Il assumait son impopularité chez lui en Israël. «Il y a de plus en plus d’Israéliens qui sont furieux contre moi. Eh bien! quelque part, ça me rend fier de moi. Car je lutte contre l’indifférence. Si je les fâche, c’est au moins que je les réveille, je touche leurs nerfs sensibles. Cela dit, la société israélienne devient de plus en plus intolérante. Beaucoup d’Israéliens trouvent que Barack Obama flirte avec l’antisémitisme, les associations qui défendent les droits de l’homme sont traitées de nazies, il y a de moins en moins de contre-pouvoirs, la société civile est dans le coma…»

Depuis lors, le journaliste a aggravé son cas, si l’on ose dire: depuis l’année dernière, lui le sioniste convaincu qui dit se battre «pour un Israël dont je pourrais être fier», s’est résolu à appeler au boycott de son pays«Le changement ne viendra pas de chez nous. C’est clair depuis longtemps. Aussi longtemps que les Israéliens ne paient pas le prix pour l’occupation, ou au moins ne font pas la connexion entre cause et effet, ils n’auront aucune raison d’y mettre fin. Et pourquoi un résident lambda de Tel-Aviv serait-il dérangé par ce qui se passe dans une ville de Cisjordanie comme Jénine ou de la bande de Gaza comme Rafah ? Ces endroits sont loin et pas particulièrement intéressants.»

Avec l’escalade actuelle à Gaza, comme il l’écrivait le 19 juillet, voici pour lui «le temps des menaces, de la haine, des intimidations (mais aussi les encouragements, le réconfort et la solidarité) dans la rue, par courriels, par téléphone, sur Twitter et Facebook. Les ténèbres sont tombés sur nous.»

Et de conclure de manière sombre: «Toutes les semences des incitations à la haine, toutes les lois nationalistes, racistes et la propagande incendiaire, les campagnes de peur et la subversion de la démocratie par le camp de la droite, tout cela a porté ses fruits, et ces fruits sont répugnants et pourris».

BAUDOUIN LOOS

Cette entrée a été publié sur le blog de Baudouin Loos  sur  ce permalien.

GRINÇANT – L’asymétrie du conflit israélo-palestinien caricaturée par l’humoriste Jon Stewart


Capture d'écran de l'émission The Daily Show. L'humoriste compare les envoyés spéciaux à Gaza et à Tel-Aviv.

Peut-on rire de tout ? Mille fois posée, la fameuse question revient avec une vidéo virale de l’humoriste américain Jon Stewart, qui raille l’asymétrie du conflit israélo-palestinien dans son émission quotidienne « The Daily Show« Si certains internautes et médias grincent des dents face à un traitement humoristique qui s’attaque plus volontiers à l’Etat hébreu, d’autres saluent un humour noir percutant.

« Les deux côtés bombardent, mais un côté semble être plus doué que l’autre« , commence l’humoriste en citant le système de défense antimissile israélien « Dôme de fer », qui est parvenu à neutraliser, depuis le début de l’opération « Bordure protectrice », la plupart des roquettes tirées par les mouvements palestiniens depuis la bande de Gaza.

L’humoriste prend ensuite l’exemple du deux poids deux mesures entre la façon dont les civils israéliens et gazaouis peuvent fuir les bombardements. Tandis que les premiers peuvent être prévenus, en temps réel, des tirs de roquette palestiniens grâce à une application pour smartphone, les habitants de la bande de Gaza, eux, doivent se contenter des avertissements envoyés avec seulement quelques minutes d’avance par l’armée israélienne. Cette dernière n’hésite pas à prévenir de ses bombardements imminents… par de plus petits bombardements. « Un ‘amuse-boom’, si vous préférez« , plaisante Jon Stewart.

Lire notre précédent post : Un « Yo » pour avertir des attaques contre Israël

« Fuir mais où ?! Avez-vous vu Gaza ? interroge-t-il tandis qu’une carte montre la taille minuscule de la bande de Gaza, Israël bloque cette frontière, l’Egypte celle-là. Alors que peuvent-ils faire ? Sont-ils censés s’enfuir en nageant ? »

Mais pour le caricaturiste, rien ne résume mieux l’asymétrie du conflit qu’une comparaison des envoyés spéciaux sur place. Exemple avec les reporters de la chaîne américaine NBC. Côté Gaza, le journaliste, combinaison intégrale pare-balles floquée de la mention « press » et mâchoire serrée ressemble à « un figurant du filmDémineurs« , tandis que celui de Tel-Aviv, tee-shirt orange et mine plus décontractée,« ressemble à un mec qui vient de se lever pour aller à un concert de musique country ».

La vidéo, importée et traduite par le site Arrêt sur images

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