Le régime syrien très malmené


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OLJ/Agences | 10/10/2012
Un habitant d’Alep transporte un concitoyen blessé vers un hôpital de la ville, après des bombardements massifs hier. Tauseef Mustafa/AFP
Un habitant d’Alep transporte un concitoyen blessé vers un hôpital de la ville, après des bombardements massifs hier. Tauseef Mustafa/AFP
RÉVOLTE La ville stratégique de Maaret al-Noomane tombe aux mains des rebelles ; Ban exige d’Assad un cessez-le feu unilatéral.

Un double attentat-suicide a visé l’un des principaux sièges des redoutables renseignements de l’armée de l’air, près de Damas, a rapporté hier l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). « Des dizaines de personnes ont été tuées (…) et on ignore le sort des centaines de prisonniers qui s’y trouvaient », a indiqué le président de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. Selon lui, le site visé par deux explosions à 20 minutes d’intervalle est le plus grand centre de détention de la province de Damas. Une source au sein des services de sécurité a démenti ce bilan, affirmant que les attentats avaient été déjoués, même si un des véhicules piégés a explosé à proximité du site visé. La double attaque a eu lieu lundi soir à Harasta. Elle a été revendiquée par le Front al-Nosra, un groupe jihadiste inconnu avant le début du conflit, qui a déjà affirmé avoir mené la plupart des récents attentats en Syrie. Les autorités n’ont pas réagi à ces attaques, passées sous silence par les médias officiels.

Les 800 familles…
Sur un autre plan, les rebelles se sont emparés d’une ville stratégique entre Damas et Alep, selon M. Abdel Rahmane. D’après lui, « les forces régulières se sont retirées de tous les barrages à l’intérieur de Maaret al-Noomane, à l’exception d’un seul à l’entrée de la ville, à l’issue de 48 heures de combats ». Maaret al-Noomane est stratégique car les renforts qui se rendent à Alep doivent nécessairement la traverser. Les régions rurales alentour, dans la province d’Idleb, sont déjà tenues par la rébellion.
À Alep, enjeu d’une bataille cruciale depuis juillet, l’armée a bombardé plusieurs quartiers, selon l’OSDH. Dans le nord de la ville, la tension est vive entre rebelles et combattants kurdes qui contrôlent le quartier de cheikh Maksoud. Selon un habitant, « deux obus tirés de Boustane al-Bacha (quartier tenu par les rebelles), sont tombés chez nous (…) tuant deux ouvriers et en blessant quatre ». « Depuis que nos combattants ont empêché (il y a une dizaine de jours) les rebelles d’entrer dans notre quartier, nous sommes la cible d’obus. »
Et à Homs, les troupes loyalistes ont pénétré dans le quartier rebelle de Khaldiyé, où « elles traquent les terroristes encore présents », selon la télévision officielle. « Si l’armée réussit à prendre le quartier, ce sera une catastrophe pour les 800 familles qui s’y trouvent », a souligné un militant sur place.
Au total, les violences ont fait hier au moins 135 morts, selon diverses sources.

Ban exige
Au niveau diplomatique, estimant que « la situation a atteint un stade inacceptable », le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a dit avoir « fait comprendre au gouvernement syrien qu’il doit immédiatement déclarer un cessez-le-feu unilatéral ». Il a ajouté : « J’exhorte les forces d’opposition à accepter ce cessez-le-feu unilatéral, si et lorsque le gouvernement syrien l’annonce. » M. Ban a également souligné que l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, est « en contact régulier » avec le régime syrien. « Il va se rendre à Damas bientôt. Il est actuellement dans la région. Il va aller dans plusieurs pays et essayera de se rendre à Damas et d’y rencontrer le président Assad », a-t-il précisé, évoquant la possibilité d’un déplacement la semaine prochaine si les consultations préalables dans la région sont productives. « Le gouvernement syrien est prêt à recevoir (Lakhdar) Brahimi n’importe quand », a-t-il assuré. M. Ban a conclu : « J’exhorte à nouveau les pays qui fournissent des armes aux deux parties d’arrêter d’envoyer ce matériel militaire. Une militarisation accrue ne fera que mettre le peuple syrien dans une situation plus difficile, la seule solution est une résolution politique par un dialogue politique. »

Prématuré
D’autre part, Washington estime « prématuré » de reconnaître un gouvernement provisoire de l’opposition syrienne, a affirmé dans un entretien au quotidien Le Monde le secrétaire d’État adjoint américain chargé de l’Europe, Philip Gordon. « L’opposition n’est pas encore suffisamment coordonnée et organisée », regrette M. Gordon, soulignant qu’elle « ne peut pas être une opposition sunnite ou kurde ou chrétienne ». « Toutes les forces de Syrie doivent être représentées », résume-t-il. En outre, le pape Benoît XVI et les 262 évêques du monde entier rassemblés au Vatican pour le synode sur la « Nouvelle évangélisation » se sont associés par la prière au peuple syrien, souhaitant une « issue pacifique et juste » au conflit actuel, a-t-on rapporté au synode. Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a de son côté appelé la Turquie et la Syrie à « éviter l’escalade », après une nouvelle riposte lundi de l’armée turque à la chute d’un obus syrien sur son territoire. Toutefois, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a répété hier que son pays répondrait systématiquement à toute attaque syrienne.
Parallèlement, M. Assad a nommé un nouvel ambassadeur en Irak, Sattam Jadane al-Dandah, en remplacement de son prédécesseur qui avait fait défection en juillet, a rapporté l’agence SANA. M. al-Dandah a prêté serment hier devant M. Assad, a précisé l’agence.
Enfin, sur le plan humanitaire, le transfert de déplacés, installés dans un campement de fortune le long de la frontière turque, a débuté hier vers un camp spécialement aménagé dans le village voisin de Qah pour accueillir jusqu’à 5 000 réfugiés. Selon les Nations unies, le nombre de réfugiés s’élève actuellement à 335 000 personnes, soit dix fois plus qu’en mars dernier.

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Laurent Van Der Stockt en Syrie


Laurent Van Der Stockt, Journaliste reporter, Le Monde

De retour de Syrie où il a couvert le conflit à Alep, le photographe de guerre Laurent Van Der Stockt témoigne de la violence des bombardements subis par la population. Il va plus loin en disant que les mots ne suffisent plus pour témoigner de l’ampleur du massacre.
Commentaires

Syrie- Non assistance à personne en danger

Par Anonyme – 09/10/2012 – 13:14

Les Syriens se font tuer comme des lapins, quasi en direct sous nos écrans TV. Confortablement installés, nous regardons .. ou zappons pour « ne plus voir ces horreurs ». Même les rédactions ont peur de publier, de déranger… Merci à ceux qui ont le courage d’aller sur place, de chercher la vérité et de nous interpeller. En Lybie, les interventions militaires étaient préfinancées sur des contrats pétroliers. Ici, rien… même au niveau humanitaire. Je ne suis pas fier en tant que citoyen de ce monde! Que direz-vous aux Syriens, du moins à ceux qui restent… demain ? On ne poura pas dire qu’on ne savait pas !

Par Nerohiti – 09/10/2012 – 04:34

Je partage la colère contre l’inaction face à la situation en Syrie. Oui même nous les peuples occidentaux avons à faire entendre notre voix et enjoindre nos gouvernements à cesser leur politique de l’autruche criminelle. Nous peuples occidentaux connaissons pourtant bien le prix de la liberté ! Et si nous l’avons oublié car cela fait 60 ans que nous connaissons la paix et la prospérité et que les plaies se sont refermées depuis longtemps, les syriens sont là qui vivent cette expérience extrêmement douloureuse et nous offrent une magistrale piqûre de rappel ! Je trouve indigne de détourner la tête de ce peuple incroyablement courageux. Au contraire, il faut les écouter chanter dans leurs manifestations, regarder leurs enfants sourire même quand ils sont blessés, rire grâce à leurs caricaturistes, lire leurs messages souvent pleins d’humour sur leurs banderoles, admirer leur résilience et leur fierté ! Sinon, nous ne méritons plus la liberté et la paix que les générations précédentes nous ont offertes !

Par Anonyme – 09/10/2012 – 03:05

Mille mercis à tous ces magnifiques journalistes qui osent aller sur ces terrains et reviennent témoigner. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Honte à ceux qui peuvent faire quelque chose et ne font rien.

Par Anonyme – 09/10/2012 – 01:21

MERCI Laurent pour ce témoignage, que la voix de la vérité se fasse entendre !!

Les kidnappings crapuleux, nouvelle plaie dans une Syrie en plein chaos


Marie Kostrz | Journaliste Rue89

Un homme soupçonné d’être un chabiha, avec un sac sur la tête, est arrêté par des rebelles syriens, près d’Alep, le 15 septembre 2012 (Marco Longari/AFP)

(De Beyrouth, Liban) « Je passais la soirée chez un ami dans le centre de Damas lorsqu’on a entendu beaucoup de bruit dans la rue et dans la maison d’à côté. Le lendemain, on a appris que six jeunes hommes s’étaient fait enlever. »

Khaled – tous les prénoms sont modifiés –, habitant de Damas, avoue avoir eu très peur cette nuit-là. Les kidnappeurs, qui circulaient selon lui dans une grosse voiture noire, n’ont, depuis, plus donné signe de vie.

Le jeune homme de 26 ans a le sentiment que plus personne n’est en sécurité en Syrie, même dans les zones où aucun affrontement n’a lieu entre le régime et l’Armée syrienne libre (ASL) :

« Les enlèvements ne cessent de se multiplier. Les ravisseurs appellent parfois la famille pour demander une rançon. Ou bien on apprend que la personne a été tuée, sans qu’aucune raison ne soit avancée. »

L’argent, première motivation des ravisseurs

Une chose est sûre : ils tendent à se multiplier, comme l’explique à Rue89 Jodat Bitar, jeune Syrien qui joue le rôle d’intermédiaire lors des négociations de libération des otages :

« Des personnes sont kidnappées pour leurs opinions politiques, leur appartenance communautaire et d’autres encore pour servir de monnaie d’échange de prisonniers. Mais la plupart des enlèvements ont surtout une motivation financière. »

Selon lui, 10 000 personnes auraient été kidnappées depuis le début de la révolution, un chiffre difficilement vérifiable. Les sommes demandées varient entre 3 000 et 10 000 dollars (entre 2 300 et 7 650 euros).

Suzan Ahmad, porte-parole pour la banlieue de Damas du Conseil de commandement de la révolution, groupe d’activistes actifs, explique que les rançons sont souvent revues à la baisse :

« Les sommes demandées sont très élevées mais les ravisseurs finissent par accepter des sommes beaucoup plus petites, ils essayent juste d’avoir autant d’argent qu’ils peuvent. »

Eau bouillante et menace de mort

Ça a été le cas du beau-frère d’Aytham, à Alep. L’homme, commerçant assez aisé, a été kidnappé à la fin du mois de septembre. Les ravisseurs exigeaient 25 millions de livres syriennes (environ 280 000 euros) contre sa libération.

Trois jours plus tard, le montant de la rançon est descendu à 3 millions (34 000 euros) et il a finalement été libéré contre 330 000 livres syriennes (3 700 euros).

Sa détention n’en a pas été moins rude :

« Tous les jours, notre famille pouvait lui parler, mais c’était en fait un moyen de nous mettre la pression et payer.

Ses yeux étaient toujours bandés, de l’eau bouillante a été versée sur ses mains. Ils ont apporté des couteaux et lui ont fait croire qu’ils allaient le tuer. »

Profiter du chaos pour s’enrichir

La famille d’Aytham n’a aucune idée de l’identité des ravisseurs :

« Cela peut être des personnes de l’opposition, un groupe lié au régime… on ne sait pas. Ce qui est sûr, c’est que ces individus profitent du chaos qui s’installe en Syrie.

Par exemple, près de ma maison, à Alep, l’ASL a démantelé un gang qui se faisait passer pour l’Armée libre et kidnappait des personnes en son nom. »

Nadim Houry, directeur de Human Rights Watch au Moyen-orient, fait le même constat. L’Etat n’assurant plus systématiquement la sécurité des civils et le nombre d’armes en circulation augmentant, il explique qu’il est aisé pour des groupes autonomes d’agir en toute impunité.

Les deux camps semblent également pratiquer le kidnapping pour des raisons financières, ajoute-t-il :

« Nous savons que ce procédé est utilisé par certains groupes liés à l’Armée libre pour se financer. Il s’agit aussi pour le gouvernement de réprimer, grâce aux “chabihas”, ses milices. »

Chabihas et prisonniers de droit commun

C’est aussi de cette manière que Suzan Ahmad explique l’augmentation des kidnappings :

« Le régime n’a plus assez d’argent pour rémunérer ses miliciens, les chabihas. Il les a donc autorisés à faire tout ce qu’ils veulent pour trouver de l’argent et les kidnappings sont un des moyens qu’ils utilisent. »

D’après les différentes personnes interrogées par Rue89, les lieux particulièrement touchés par ce type d’enlèvements sont la région d’Alep, d’Idlib au Nord et la banlieue de Damas, notamment Yarmouk et Muadamiya.

Jodat Bitar, l’intermédiaire, avance lui une autre explication :

« Au début de la révolution, plusieurs prisonniers de droit commun, des criminels, ont été relâchés par le régime. »

Pour lui, les mêmes réseaux de criminels, actifs surtout dans la contrebande avant même la révolution, organisent actuellement des kidnappings. « Plus le temps passe, plus l’anarchie s’installe », regrette-t-il.

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La révolution syrienne et ses détracteurs


Par Farouk Mardam Bey
2012 – 10
Que Frédéric Chatillon, gros bras du Front
national, soit le principal diffuseur en France de la propagande du régime syrien n’est pas très difficile à comprendre. Que Richard Millet, l’apologiste de l’assassin néonazi Anders Breivik, ait consacré dans la foulée un opuscule à la gloire des Assad, père et fils, est aussi dans l’ordre des choses. Mais les autres ? Pourquoi des hommes et des femmes qui se disent de gauche, démocrates, altermondialistes, défenseurs des peuples opprimés, et qu’on ne peut a priori soupçonner de racisme antiarabe ni d’islamophobie, s’abaissent-ils jusqu’à soutenir Bachar et son clan ?
Il y a d’abord les tenants de l’interprétation policière de l’histoire, et ils sont plus nombreux qu’on ne le croit. Ils vous disent que tout ce qui s’est passé dans le monde arabe depuis décembre 2010 n’est finalement qu’une ruse de l’impérialisme américain pour propulser au pouvoir ses affidés islamistes, avec l’Arabie saoudite et le Qatar dans le rôle de tiroirs-caisses. Mais quand vous leur rappelez leur enthousiasme pour les révolutions tunisienne et égyptienne, et même pour le Qatar tant que son émir jouait les trouble-fête et que la chaîne al-Jazeera épargnait le pouvoir en place à Damas, ils se ravisent pour limiter le champ d’application de la théorie du complot à la « Syrie récalcitrante ». Là, les manifestations populaires à travers le pays, les dizaines de milliers de morts et de blessés, les centaines de milliers de réfugiés, les arrestations massives, les tortures, les viols, les pillages, les bombardements des villes et des villages à l’artillerie lourde et à l’aviation de combat ne sont qu’une illusion d’optique, des images fabriquées dans les officines de la CIA et les studios d’al-Jazeera. Et quand bien même tout cela serait vrai, poursuivent-ils, que valent la liberté et la dignité du peuple syrien en regard de la bombe atomique iranienne et des missiles du Hezbollah libanais ?
Or ces mêmes « anti-impérialistes », généralement très complaisants à l’égard de l’islam politique, se métamorphosent en laïcistes intransigeants dès qu’il s’agit de la Syrie. Ils s’offusquent d’entendre implorer Dieu dans une manifestation guettée par des snipers ; ils voient des salafistes là où le régime voudrait qu’ils les voient ; ils grossissent le rôle des volontaires islamistes étrangers – que Bachar n’avait pas hésité naguère à infiltrer en Irak ; ils se lamentent sur le sort des minorités à la manière des chancelleries occidentales du temps de la Question d’Orient ; ils gomment toute initiative citoyenne de l’opposition, qu’elle soit politique ou culturelle ; ils traitent de laïque un régime dont l’un des fondements est l’esprit de corps communautaire, l’une des pratiques éprouvées la manipulation des minorités, et qui a délibérément favorisé la « réislamisation » bigote et obscurantiste d’une partie de la société sous prétexte de combattre l’islamisme politique.
Il est remarquable par ailleurs que les défenseurs prétendument « anti-impérialistes » du régime, et qui sont censés avoir un minimum de conscience sociale, évitent soigneusement d’en faire usage, concentrant leurs efforts soit sur le fameux complot, soit sur les déficiences et les maladresses de l’opposition. Pas un mot sur l’assise clanique du pouvoir, sur le libéralisme économique sauvage et ses réseaux mafieux, sur la dérive monarchique et le culte délirant de la personnalité, sur cinquante ans de despotisme prédateur et ses dizaines de milliers de victimes syriennes, libanaises, palestiniennes, irakiennes. Aucune réflexion non plus sur les forces sociales en présence, en dehors évidemment de la rengaine éculée d’un pays qui serait une juxtaposition de communautés ethniques et religieuses, et par conséquent ingouvernable démocratiquement. N’est-il pas irritant, et en même temps éclairant, que des militants de gauche ne se posent pas la moindre question sur les classes et les catégories sociales qui subissent le régime et le combattent, celles qui en profitent et s’y accrochent, et celles qui hésitent à s’engager d’un côté comme de l’autre ?
Ce qui rapproche, en fait, ces militants-là d’un dictateur sanguinaire comme Assad n’est pas à proprement parler politique, mais idéologique. C’est l’indéracinable culturalisme qui assigne aux autres peuples, consciemment ou inconsciemment, une culture à jamais différente de la nôtre, et qui leur colle à la peau comme une seconde nature. S’il est en France tout à fait naturel, quand on est de gauche, de défendre les acquis sociaux et les libertés individuelles et collectives, il est en revanche impensable, inouï, aberrant, contre nature, selon cette même gauche, de vouloir en Syrie vivre libres et égaux. Sauf, évidemment, quand on se laisse prendre dans les rets du « complot américano-saoudo-qatari »…

Ronald Barakat, une voix libanaise


Je me demande si, après plus d’un an et demi de crise, le régime syrien a toujours intérêt à cultiver la théorie du «complot» et la terminologie des «bandes terroristes», s’il ne lui serait pas plus digne d’admettre qu’il a (fort) affaire à une armée dissidente et une révolte populaire si ce n’est une révolution, ce qui est la vérité. Car si la théorie du complot et l’existence des bandes terroristes étaient fondées, il devrait, au bout de dix-neuf mois, être parvenu à déjouer l’un et mater l’autre. Comment peut-il préserver le moral et l’honneur de ses troupes qui continuent à en découdre avec des « bandes terroristes » (selon ses dires) qui ont fini par prendre le contrôle de 70% du territoire syrien ?
Et comment peut-il préserver l’honneur de la nation lorsqu’il impute tous ces soulèvements populaires aux comploteurs et manipulateurs américano-sionistes ? N’est-il pas en train de leur attribuer un pouvoir extraordinaire ? Il serait plus honorable pour ce régime déshonoré de reconnaître un adversaire de taille, issu de ses propres rangs, pour justifier ses difficultés ou son incapacité, que de prétexter des bandes et des complots extérieurs, car «on juge un homme sur ses ennemis aussi bien que sur ses amis» (Joseph Conrad). Que serait-ce donc si l’ennemi n’est pas de taille et qu’il gagne la partie. Ceci sans compter que la théorie du complot n’est pas pour honorer les ex-redoutables services de renseignement syriens qui n’ont pas vu ou pré-vu ces foyers de terroristes proliférer à leur nez et à leur barbe, cette période d’incubation dans un pays si bien verrouillé. Ce qui dénoterait une mauvaise «intelligence» qui viendrait s’ajouter au manque d’intelligence.
source : fb

Le retour de l’empire


vendredi 5 octobre 2012, par Al Faraby

« Les Turcs lancent des opérations militaires en Syrie »
« peut-être qu’ils veulent reconquérir le terrain perdu »
« quel terrain ? »
« celui perdu à l’issue de la Première guerre »
« tu confonds avec les Ottomans »
« … !? »

Al Faraby
Vendredi, 05 octobre 2012

L’Empire ottoman est un empire qui a duré de 1299 à 1923 (soit 624 ans). Il a laissé la place, entre autres, à la République de Turquie. Fondé par un clan turcique oghouze en Anatolie occidentale, l’Empire ottoman s’étendait au faîte de sa puissance sur trois continents : toute l’Anatolie, le haut-plateau arménien, les Balkans, le pourtour de la mer Noire, la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie, la péninsule Arabique et l’Afrique du Nord (à l’exception du Maroc).

source

HISTOIRE DE LA REVOLUTION SYRIENNE


Par Bernard le vendredi, septembre 28 2012, 21:15

 

http://www.alencontre.org/laune/syrie-une-revolution-populaire.html

Une révolution populaire

Jeudi 27 Septembre 2012

Par le Mouvement Pour le Socialisme de Suisse

La révolte populaire contre le pouvoir dictatorial du clan Assad en Syrie s’inscrit dans la foulée des soulèvements populaires contre les autocrates Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Egypte. Une date et un fait le rappellent. Ils sont oubliés. Le 31 janvier 2011, six jeunes femmes et hommes ont appelé, sur Facebook, à un rassemblement à Damas de solidarité avec le peuple égyptien. Leurs banderoles demandaient que l’armée ne tire pas sur les manifestants de la place Tahrir. Elles lançaient aussi un cri: «Oui à la liberté!» Quelque cent personnes se réunirent devant l’ambassade d’Egypte à Damas. Une équipe de TV russe a filmé cette manifestation. Quelle a été la réaction du pouvoir de Bachar el-Assad ? Arrêter, maltraiter, torturer les organisateurs et le maximum de manifestants!

La dictature syrienne avait parfaitement compris que la contestation du pouvoir de Moubarak pouvait susciter le même élan en Syrie. Un des organisateurs de cette manifestation, après son arrestation, a pu entrer dans la clandestinité et sortir du pays. Dans un entretien avec Sue Lloyd Roberts de la BBC (17 août 2012), il déclare: «Les Tunisiens s’étaient déjà libérés. Les Egyptiens étaient sur la voie de se libérer. Nous pensions que c’était aussi notre tour d’être libres.» Il rappelle que ses amis étaient sunnites, chrétiens et Kurdes ainsi que Druzes. Il ajoute que le régime a toujours stimulé les conflits interconfessionnels ou ethniques pour mieux assurer son pouvoir, pour coopter une base et distiller des divisions. Ce à quoi le type de guerre menée par le pouvoir peut, partiellement, aboutir.

En février 2011, trois manifestations pacifiques eurent lieu à Damas. Un jeune blogueur est condamné à cinq ans de prison au nom de «liens avec la CIA»! Or, le 6 février 2011, encore, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan saluait les excellentes relations économiques et la collaboration entre les deux régimes ; ce qu’avaient fait les gouvernements français ou anglais. Bachar al Assad ne dérangeait pas, au contraire, les puissances impérialistes et Israël.

Le clan Assad ne s’était-il pas engagé, dès 1991, dans la coalition américano-saoudienne pour mener leur guerre du pétrole en Irak contre la dictature de Saddam Hussein ? Le 26 mars 2011, le secrétaire de l’ONU, Ban Ki-moon, demandait à Assad plus de «retenue» dans le «maintien de l’ordre». L’hypocrisie institutionnelle des «délégations d’observateurs» de la Ligue arabe, puis de l’ONU, traduit la volonté des puissances dominantes de trouver une solution de changement dans la continuité. Comme a tenté de le faire, le 22 septembre 2012, la réunion à Damas (autorisée par le gouvernement!) d’une opposition voulant négocier le départ d’Assad combiné avec le maintien de l’essentiel des structures du régime, comme au Yémen. De quoi cultiver les illusions et laisser faire Assad.

article complet ici

La Turquie riposte après des tirs meurtriers venus de Syrie


Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 03.10.2012 Mis à jour le 03.10.2012 à 23h20

Sur le lieu de l'explosion dans le village turc d'Akçakale, visé par un tir d'obus syrien, le 3 octobre.

La Turquie a bombardé, mercredi 3 octobre, des cibles situées en territoire syrien, en représailles aux tirs d’obus venus de Syrie, qui ont causé la mort de cinq civils dans un village turc proche de la frontière, a annoncé le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. « Cette attaque a fait l’objet d’une riposte immédiate de nos forces armées […] qui ont bombardé le long de la frontière des cibles identifiées par radar », a-t-il indiqué.

L’OTAN, qui avait convoqué une réunion d’urgence mercredi soir à Bruxelles, à la demande de la Turquie, a appelé la Syrie à « mettre un terme à ses violations flagrantes du droit international ». « L’Alliance continue de se tenir aux côtés de la Turquie », l’un de ses 28 membres, « et exige la cessation immédiate de tels actes agressifs envers un allié », a déclaré l’OTAN. La réunion avait débuté à 21 h 30 au siège de l’Alliance atlantique, suite à cet incident – le plus grave entre la Turquie et la Syrie depuis la destruction d’un avion militaire turc par un missile syrien en juin, provoquant la mort de ses deux pilotes.

MORT D’UNE MÈRE ET DE SES QUATRE ENFANTS

Cette brusque escalade de la tension entre les deux voisins a débuté mercredi après-midi, lorsque plusieurs obus ont frappé le petit village turc d’Akçakal, tuant cinq civils turcs et en blessant neuf autres. Même si l’origine des tirs n’a pas été formellement déterminée, le chef du gouvernement turc a accusé le régime de Damas d’en être le seul responsable. Selon le maire de la localité, ce bombardement, qui a détruit une maison, a provoqué la mort d’une « mère et ses quatre enfants ». Les images diffusées sur les chaînes de télévision turques montraient mercredi des policiers au chevet de personnes gisant dans des mares de sang.

Depuis la mi-septembre, la localité turque d’Akçakale a été à plusieurs reprises victime des combats qui ont opposé, juste de l’autre côté de la frontière, les troupes fidèles au régime syrien aux rebelles. Selon son maire, elle a déjà été touchée par des balles perdues et des obus tirés autour du poste-frontière syrien de Tall Al-Abyad. Celui-ci, comme plusieurs postes-frontières avant lui, est tombé aux mains de rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) il y a une dizaine de jours, à l’issue de violents combats qui ont fait cinq blessés du côté turc de la frontière. Les écoles du secteur sont fermées côté turc depuis plusieurs semaines pour des raisons de sécurité.

UN INCIDENT « QUI DÉPASSE LES BORNES »

Après ces tirs d’obus, le vice-premier ministre turc, Besir Atalay, avait estimé qu’il s’agissait d’un « incident très grave qui dépasse les bornes ». Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a demandé au gouvernement syrien de « respecter totalement l’intégrité territoriale de ses voisins ». Selon M. Ban, cet incident « démontre que le conflit en Syrie […] a de plus en plus un impact négatif sur les voisins » de Damas.

Ces tirs constituent un « nouvel exemple du comportement dévoyé » du régime de Bachar Al-Assad, a dénoncé le porte-parole du Pentagone, George Little. Plus tôt, les Etats-Unis se sont déclarés « indignés » et ont déploré « les pertes en vies humaines du côté turc ». Ce nouvel événement dans le conflit syrien est, aux yeux de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, « très, très dangereux ». La France a aussi « fermement » condamné ces tirs d’obus et affirmé sa « solidarité » et son « plein soutien » à son allié turc, a indiqué le ministère des affaires étrangères, précisant que le ministre Laurent Fabius s’était entretenu avec son homologue turc, Ahmet Davutoglu.

Longtemps proche du régime syrien, la Turquie, qui accueille aujourd’hui près de 100 000 réfugiés syriens sur son sol, soutient ouvertement depuis des mois les rebelles de l’ASL et a appelé à de nombreuses reprises à la chute de Bachar Al-Assad.

ATTENTATS À ALEP, OFFENSIVES À DAMAS

Mercredi matin, près de 50 personnes, en majorité des militaires, ont été tuées, et une centaine d’autres blessées dans un triple attentat qui a secoué le centre d’Alep, la grande métropole du nord de la Syrie que se disputent depuis fin juillet rebelles et forces gouvernementales. Des images de la télévision officielle Al-Ikhbariya montraient au moins deux immeubles totalement détruits sur la place et des corps ensanglantés recouverts de débris et de poussière en train d’être évacués. Un groupe djihadiste, le Front Al-Nosra, a revendiqué ces attentats, selon le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE. Dans un communiqué posté sur des sites djihadistes, Al-Nosra affirme avoir « touché quatre cibles utilisées par les forces du régime, dont un club des officiers et l’hotel Al-Amir ». Al-Nosra a revendiqué la plupart des attentats dans le pays et récemment le double attentat contre le siège de l’état-major syrien à Damas.

Au moins seize personnes, dont trois enfants et cinq femmes, ont par ailleurs trouvé la mort dans le bombardement par l’armée syrienne d’un village de la province de Hama, Sahn, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Plus au nord, au moins 15 soldats ont été tués dans des attaques rebelles coordonnées contre des barrages militaires et des combats à Bdama, une localité de la province d’Idlib dans le Nord-Ouest, selon l’OSDH. L’armée menaient dans le même temps une offensive majeure dans des banlieues ouest de Damas selon l’OSDH, des militants et des journalistes de l’AFP, qui ont rapporté un déploiement militaire inhabituel dans la zone.

A travers le pays, les violences ont fait au moins 147 morts mercredi, dont 52 civils, selon un décompte provisoire de l’OSDH, qui a établi un bilan de plus de 31 000 morts, en majorité des civils, en dix-huit mois de violences. Aucune issue au conflit n’est en vue en raison des divisions de la communauté internationale, entre l’Occident d’une part qui réclame un départ du président Assad, et l’axe RussieChineIran, alliés de Damas. Dans ce contexte, le médiateur international Lakhdar Brahimi doit retourner dans la région cette semaine dans l’espoir d’obtenir une réduction des violences.

source

Bachar Al-Assad aurait rejeté la demande de responsables du régime d’une solution pacifique


Le Monde.fr avec Reuters | 03.10.2012 à 02h3

Le président syrien Bachar Al-Assad a rejeté la demande d’une solution pacifique faite par de hauts responsables du régime après l’attentat qui a coûté la vie à plusieurs piliers du clan dirigeant en juillet, déclare son ancien premier ministre.

Riad Hijab, ancien premier ministre syrien qui a fait défection début août, a déclaré à la chaîne de télévision Al-Arabia que la mort du ministre de la défense, le général Daoud Rajha, et du beau frère du président également vice-ministre de la défense, Assef Chaoukat, dans un attentat à Damas, l’avaient persuadé qu’il n’existait pas de solution à la crise.

Il dit avoir rencontré des hauts responsables du régime, dont le vice-président Farouk Al-Chara, les dirigeants du parlement et le secrétaire général adjoint du parti Baas au pouvoir, et s’était mis d’accord avec eux pour demander à Bachar al Assad d’entamer des discussions avec l’opposition. « Bachar a accueilli cela par un refus catégorique. Il a refusé toute forme de dialogue avec l’opposition, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, et a dit : « Je ne négocie pas avec une opposition divisée avec un programme. Ce n’est pas une opposition patriote et elle est armée » », indique Riad Hijab.

« Ce fut un choc pour chacun d’entre nous et nous avons quitté le palais. J’ai complètement perdu espoir, en particulier dans les derniers jours, lorsque l’Armée syrienne libre a pris le contrôle de près de 70 % d’Alep », ajoute-t-il. « Toute forme de soutien doit être fournie à cette révolution pour que la tragédie et la souffrance se terminent. La solution vient de l’intérieur et les fils de la Syrie sont capables d’apporter une solution ».

Riad Hijab critique aussi l’action de la diplomatie internationale. « Le régime veut gagner du temps. Je l’ai entendu de Bachar lui-même et il n’y aura pas de solution autre que ce que les rebelles et l’Armée syrienne libre sont en train de faire. »

Deux responsables militaires du Hezbollah, qui auraient été tués en territoire syrien par des rebelles, ont été inhumés au Liban, a dit mardi le mouvement chiite libanais. Les rebelles syriens ont à plusieurs reprises accusé le Hezbollah de soutenir les forces gouvernementales syriennes en déployant des éléments le long de la frontière, en territoire syrien.

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