Stéphane Lacroix : «La génération de 2011 a beau être massacrée, elle ne disparaîtra pas»t


Par Jean-Pierre Perrin et Luc Mathieu 15 janvier 2016 à 19:01

Si politiquement les mouvements qui ont ébranlé le monde arabe en 2011 ont échoué à transformer radicalement le Moyen-Orient et fait le lit du jihadisme, ils ont fait naître une conscience révolutionnaire qui perdure, estime le professeur à Sciences-Po

Professeur associé à l’Ecole des affaires internationales de Sciences-Po et chercheur au Centre de recherches internationales, Stéphane Lacroix est spécialiste de l’Egypte et de l’Arabie Saoudite. Il revient pour Libérationsur l’avenir du projet révolutionnaire au sein du monde arabe.

Que reste-il des printemps arabes ?

Ce qui s’est produit en 2011 est d’abord un grand mouvement d’émancipation des peuples. Un ras-le-bol de l’autoritarisme et de la situation économique. Avec des gens qui viennent des classes moyennes pour porter des slogans anti-autoritaires. Et d’autres qui viennent des classes populaires pour les slogans économiques et de justice sociale. Cela ne veut pas dire que cela soit exclusif l’un de l’autre. Dans les classes populaires, on est aussi anti-autoritaire, mais on veut avant tout manger et travailler. Dans les classes moyennes, on défend aussi la justice sociale, mais on est moins touché par des problèmes de pauvreté immédiate. La conjonction de ces deux grands thèmes va donner naissance au fameux slogan égyptien : «Pain, liberté et justice sociale.»Ce mouvement transcende donc les classes sociales pour s’incarner dans une nouvelle génération, jeune, mondialisée, celle qui articule le mieux le message et va apparaître comme le porte-étendard de ce basculement historique.

Cette révolution fut donc très générationnelle ?

C’est une donnée fondamentale pour comprendre sa dimension anti-autoritaire. On le voit en Egypte : la plupart de ceux qui ont plus de 40 ou 50 ans glorifient aujourd’hui le maréchal Al-Sissi, qu’ils voient comme l’homme du retour à l’ordre et à la stabilité qu’ils ont toujours connus. Chez les moins de 40 ans, il n’y a pas forcément une opposition marquée, mais au moins un certain scepticisme face à cet ordre. Ils se sont d’ailleurs abstenus en masse aux élections depuis 2014. Cette distinction générationnelle vaut à mon sens pour tout le monde arabe : l’état d’esprit d’un jeune Saoudien n’est pas différent de celui d’un jeune Egyptien, même si la façon dont il va s’exprimer dépend évidemment du contexte. Ce mouvement n’est pas terminé, même s’il est aujourd’hui occulté par d’autres dynamiques. On peut en trouver les origines à la fin des années 90 avec tout le mouvement de diversification de l’espace intellectuel et médiatique arabe, via les chaînes satellitaires puis avec l’arrivée d’Internet, qui fait que la socialisation de la génération des années 2000 est fondamentalement différente de celle des générations précédentes. Pour ces jeunes, il n’y a plus une seule opinion, mais des dizaines, plus une seule vérité, mais des dizaines de façons de penser la vérité. Les régimes n’arrivent plus à leur faire croire que les choses sont simples.

A quelles résistances ce mouvement a-t-il été confronté ?

D’abord à la résistance des régimes ou des Etats. La contre-révolution va parfois se manifester de façon franche et directe, comme en Syrie, où elle a joué aussi sur les divisions de la société. Elle l’avait toujours fait mais, à présent, elle va l’exacerber pour parvenir à ses fins. En Egypte, c’est d’abord plus subtil, mais le résultat est le même avec l’arrivée au pouvoir de Al-Sissi. Ensuite, la montée en puissance, à partir de 2012, d’une alternative radicale, le jihadisme, qui est là depuis les années 2000 et dont on avait proclamé à tort la fin avec la mort de Ben Laden. Pour les jihadistes, les révolutions arabes ne sont qu’un épisode dans une sorte de lutte de libération islamique qui s’inscrit dans la durée. Ils vont profiter de la radicalisation que produit la violence de la contre-révolution, de l’effondrement des Etats, du vide politique et territorial qui en résulte et du désenchantement d’une génération, qui dans certains cas, limités mais bien réels, va, faute de pouvoir, faire advenir un projet révolutionnaire démocratique, se solidariser avec le seul projet révolutionnaire disponible, celui du jihadisme. Car la grande force du projet jihadiste, c’est sa capacité à se présenter comme un projet révolutionnaire. En Egypte, des personnes qui ont milité dans le Mouvement du 6 avril, fait la révolution, essayé la politique ont finalement dérivé vers le jihadisme pour rejoindre l’Etat islamique, faute de pouvoir faire advenir une autre alternative révolutionnaire.

S’ajoute le jeu international…

Il y a d’abord celui des Occidentaux qui, après une petite période d’euphorie initiale, vont choisir de se ranger du côté des régimes. On l’a vu en Egypte avec le soutien apporté à Al-Sissi. Dans le cas de la Syrie, dès qu’ils ont senti que le mouvement leur échappait, ils ont préféré limiter leur soutien à des mots. Mais la partie la plus importante, c’est le jeu régional. Celui-ci va rapidement s’immiscer dans les dynamiques locales, avec cette guerre froide entre l’Iran et l’Arabie Saoudite sur laquelle se greffe une lutte pour la redéfinition des équilibres stratégiques entre tous ceux qui, dans la région, ont une prétention à la puissance. L’axe structurant, c’est l’Iran contre l’Arabie Saoudite. Mais le Qatar et la Turquie se positionnent également. Chacun cherche à limiter au maximum l’influence de l’autre et à maximiser la sienne en s’alliant avec tel ou tel acteur selon les nécessités du terrain et en fonction de ses intérêts propres. On voit ainsi de plus en plus cette dynamique régionale se greffer sur des conflits locaux, ce qui altère la logique des conflits, comme en Syrie.

Là, on passe par trois phases : un soulèvement populaire, qui ressemble aux révolutions arabes classiques. On voit ensuite le régime confessionnaliser le conflit et utiliser cette confessionnalisation pour porter la contre-révolution. Cette confessionnalisation entre en résonance avec le jeu des puissances régionales, les deux logiques se renforçant l’une l’autre. Nombre d’acteurs continuent certes de s’accrocher à la rhétorique révolutionnaire, mais ils ont de plus en plus de mal à se faire entendre. On a ainsi un mouvement pris entre la contre-révolution, la montée du jihadisme comme projet révolutionnaire alternatif – qui, avec l’Etat islamique, montre qu’il est capable de bâtir un contre-modèle institutionnel – et cette dynamique régionale qui se soucie souvent peu de l’aspiration des peuples. C’est très différent en Tunisie… La grande chance de la Tunisie, c’est que si la contre-révolution existe bel et bien, sa capacité de nuisance demeure plus limitée, notamment parce qu’il n’y a pas d’armée forte et politisée sur laquelle s’appuyer pour renverser le système existant. Les acteurs de l’ancien régime doivent donc composer avec le jeu politique actuel, quoiqu’ils en pensent. Et il n’y a pas de divisions confessionnelles, donc pas de possibilité de jouer sur les dynamiques communautaires. En outre, le pays est loin des grandes lignes de failles stratégiques du Moyen-Orient, ce qui fait que les acteurs occidentaux et régionaux considèrent la Tunisie comme suffisamment peu importante pour y laisser se dérouler le processus politique sans interférences majeures. Le vrai risque, c’est le jihadisme, qui se nourrit du fait que la transition politique s’est faite au détriment de la justice sociale. Les acteurs de la contre-révolution risquent aussi de chercher à instrumentaliser cette violence pour justifier un durcissement autoritaire.

Ces mouvements qui ont traversé le monde arabe étaient-ils vraiment des révolutions ?

Si on entend par révolution une transformation profonde du système politique, cela a relativement peu été le cas. C’est presque vrai en Tunisie. En Libye, il y a eu changement de régime, mais cela n’a pas donné naissance à un nouveau régime stable et pérenne. Mais si on parle de révolution sur le plan culturel, les choses sont différentes. 2011 marque l’affirmation d’une conscience révolutionnaire qui perdure aujourd’hui. La génération qui la porte a beau être massacrée, exilée, emprisonnée, elle ne disparaîtra pas. Ses aspirations peuvent certes être dévoyées au profit de l’Etat islamique, qui se nourrit au même imaginaire. L’EI est en effet aussi un mouvement de révolte contre l’ordre social et politique, il remet en cause toutes les structures. Il défie l’autorité des Etats, mais aussi des tribus ou des cheikhs de l’islam, qui se sont très majoritairement prononcés contre lui, même lorsqu’ils appartenaient au courant jihadiste. Cela dit, la logique de l’EI est perverse au sens où elle dévoie la logique révolutionnaire pour restaurer un nouvel ordre autoritaire, dont certains acteurs d’ailleurs sont des baasistes irakiens. L’Etat islamique, c’est un peu la révolution au service d’un projet in fine contre-révolutionnaire.

Pourquoi nombre d’observateurs ont-ils cru que ces révolutions marquaient la fin de l’islamisme ?

Quoiqu’en disent les slogans, les révolutions sont toujours le fait de la minorité active d’une population. Ceux qui ont lancé le mouvement de 2011 étaient majoritairement jeunes et, pour beaucoup, ne s’identifiaient pas aux groupes islamistes existants. Beaucoup étaient pieux, ce que l’Occident n’a pas voulu voir. Mais ils étaient pieux avec leur propre subjectivité, sans se sentir tenus par l’autorité du cheikh ou du groupe. Par exemple, les jeunes Frères musulmans qui participent aux premières journées révolutionnaires égyptiennes de 2011 y vont contre l’avis de la confrérie. On voit monter en puissance des acteurs qui ne croient plus aux logiques d’allégeance politiques, religieuses ou sociales. Certains observateurs se disent d’abord que les vieux partis islamistes de type Frères musulmans vont avoir un sérieux problème.

Mais dès qu’on entre dans une transition politique, c’est la majorité silencieuse qui vote et ses logiques sont complètement différentes. Une partie d’entre elle vote pour les Frères musulmans par adhésion islamiste et une autre partie pour revenir à l’ordre et à une forme de stabilité politique. On ne voit pas venir non plus la montée de l’alternative radicale de l’Etat islamique, même si sa montée en puissance résulte surtout des blocages des processus commencés en 2011.

Les révolutions n’ont-elles pas montré l’impuissance de l’Occident dans cette région ?

Les Occidentaux ont beaucoup de mal à l’admettre, mais la région est en train de leur échapper. Ils sont dans la réaction plus que dans l’action. Les puissances régionales sont désormais beaucoup plus influentes et elles sont à la manœuvre. Pour le meilleur et pour le pire, la région s’émancipe. Quand les Occidentaux agissent, sauf dans le cas libyen au début, ils sont à la remorque des puissances régionales. Sur le papier, il s’agit plutôt d’une bonne nouvelle. Mais en réalité, c’est tout aussi problématique, parce que la lutte devient fratricide – comme entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, qui se sentent existentiellement menacés – et donc très violente.

Jean-Pierre Perrin , Luc Mathieu

En Syrie, l’armée mexicaine des États-Unis


… Ou le fiasco des rebelles syriens modérés formés et armés par Washington à coups de millions de dollars pour venir à bout de l’organisation État islamique.

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Des rebelles syriens participent à une séance d'entraînement dans la ville de Maaret Ikhwan, près d'Idleb, en 2012 (photo d'illustration).   
Des rebelles syriens participent à une séance d’entraînement dans la ville de Maaret Ikhwan, près d’Idleb, en 2012 (photo d’illustration).     AP/SIPA©Muhammed Muheisen

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Syrie : soutien aux forces vives de la révolution


Une centaine d’écrivains, de journalistes et d’artistes syriens ont publié mercredi 17 juillet 2013 une déclaration dans laquelle ils affirment leur « soutien aux forces vives de la révolution qui militent pour l’instauration d’un régime démocratique, garant des libertés individuelles et collectives et de l’égalité entre tous les citoyens sans aucune forme de discrimination ».

Refusant l’engagement de la Syrie dans les conflits stratégiques et confessionnels entre les puissances régionales, ils considèrent qu’il n’est pas de salut pour la Syrie sans « le départ de Bachar al-Assad et des piliers de son régime, et la dévolution du pouvoir sous l’égide de l’ONU à un gouvernement de transition chargé de réunir les conditions nécessaires à l’élection d’une assemblée constituante ».

Parmi les signataires, on relève les noms de plusieurs figures de l’opposition laïque, comme le philosophe Sadeq al-Azm qui préside l’association des écrivains syriens, la première présidente de la « Déclaration de Damas » Fidaa Haurani, les écrivains Yassine al-Hajj Saleh, Subhi Hadidi et Fayez Sara, les romanciers Rafik Schami, Fawwaz Haddad, Samar Yazbek et Rosa Yassine, les poètes Racha Omran, Hazem Azmeh, Nuri Jarrah et Hala Muhammad, les plasticiens Youssef Abdelké, Assem Al-Bacha et Mounir Chaarani, les cinéastes Haytham Haqqi, Hala Abdallah et Ali Atassi, les comédiens Mayy Skaf, Fares El-Hélou et Darina al-Joundi.

Déclaration

Fidèles aux sacrifices du peuple syrien, à sa longue épreuve, à son courage exemplaire dans la lutte contre la tyrannie et l’arbitraire,
attentifs aux changements en cours sur les plans local, régional et international dont les conséquences seront déterminantes dans les semaines et les mois à venir,
se référant au Pacte national signé au Caire le 3 juillet 2012 par toutes les forces de l’opposition,
les signataires, écrivains, artistes, travailleurs dans les différents secteurs culturels, affirment:

1- Leur totale adhésion aux principes de la révolution populaire déclenchée en mars 2011 et que résument les mots d’ordre de liberté, dignité, justice sociale et unité nationale.

2- Leur soutien aux forces vives de la révolution qui militent pour l’instauration d’un régime démocratique pluraliste, garant de l’indépendance, de la sécurité et de l’intégrité territoriale du pays, ainsi que des libertés individuelles et collectives et de l’égalité entre tous les citoyens sans aucune forme de discrimination.

3- Leur attachement à l’autonomie de décision du peuple syrien et leur refus de toute politique qui engage la Syrie dans les conflits stratégiques et confessionnels entre les puissances régionales.

4- Leur conviction que le régime despotique et corrompu qui sévit en Syrie depuis plus de quarante ans porte l’entière responsabilité de la situation tragique dans laquelle se trouve le pays, et que le salut de la Syrie réside dans le renversement de ce régime.

5- Leur aspiration à une solution pacifique permettant d’arrêter le carnage et de préserver l’unité nationale et l’intégrité territoriale, ce qui implique le départ de Bachar al-Assad et des piliers de son régime, et la dévolution du pouvoir sous l’égide de l’ONU à un gouvernement de transition chargé de réunir les conditions nécessaires à l’élection d’une assemblée constituante dont la mission serait l’adoption d’une constitution démocratique et la supervision d’élections législatives libres et loyales. (lm)

COUP DE GUEULE – NON LA REBELLION N’A PAS BESOIN D’INTERVENTION NI D’ETRE COMMANDEE !


– EDITO CHRONIQUE – Oui, la rébellion a perdu Qusayr (29 000 âmes). Oui, la rébellion a perdu le village de Khirbet Ghazaleh (6000 âmes). Oui, la rébellion a perdu al-Otaybah (5 000 âmes) et une partie de Jobar à Damas. Mais… oui, la rébellion a pris Inkhril (35 000 âmes). Oui, la rébellion a pris, en deux semaines, le centre et l’est d’une capitale de gouvernorat (Daraa) de 100 000 habitants. Oui la rébellion a pris Bosra al-Sham (36 000 âmes). Oui la rébellion a pris l’immense partie de la campagne orientale de Hama, même si elle y a reperdu du terrain dans la zone de Ma’an. Oui, les médias et alter-médias ont parlé des premiers évènements… et… non, les seconds, bien plus importants, n’ont pas eu un tel suivi. Cela laisse songeur… 73 000 articles référencés sur la prise de Qusayr, au bout de trois semaines, et avec renforts d’avions, de 35 blindés, de légions étrangères, etc… et… 2 ! 2 articles sur la prise par la rébellion, en trois jours, d’Inkhil ! Mais passons !

Au même moment où nos inutiles journaleux se lèchent le postérieur entre eux en rapportant de mêmes inutiles discussions sur l’armement des « bons » dans la rébellion pour écarter « les méchants ». D’inutiles bavardages de la Maison-Blanche où Obama, le Drone-Killer, préfère bien davantage la question afghane avec sa zone stratégique vers les réserves pétrolières d’Asie Centrale que la grande force économique de la Syrie ! Et oui, la Syrie, c’est 1/3 de la production de pistaches dans le monde ! Quoi ? La pistache on s’en fou ?! Et Laurent Fabius, avec sa déclaration sur les armes chimiques… Depuis aout 2012, la Chronique renseigne sur l’usage, avec documentations factuelles, de phosphore blanc : même outil que le régime de Tel Aviv utilisé sur les civils de Gaza (cela en dit longs sur les méthodes une fois de plus très proches entre les deux régimes…). Mais passons !

La Chronique le réaffirme violemment ici ! Dehors les ingérences ! La rébellion n’a pas besoin d’intervention ! Et elle n’a pas besoin d’être redevable à quiconque sous prétexte d’armement bidon et de promesses en l’air ! La rébellion, ce sont 165 000 combattants, dont un peu plus de 6000 jihadis étrangers. Son poids est largement supérieur à celui des derniers loyalistes locaux, dont désormais la domination confessionnelle alaouite n’a plus rien de représentatif de la Syrie (un agrégat de milices dominé par une communauté représentant seulement 10 % de la population… contre une rébellion disparate dotée d’une orientation confessionnelle représentant plus de 70 % de la population…). Les loyalistes ne tiennent plus aujourd’hui que grâce à 19 000 combattants étrangers (et ils continuent d’arriver via le Liban, l’Irak et la Turquie, par bus entiers).

Les récentes batailles de Menagh et la base 17 nous montrent une chose : sans le soutien aérien agaçant pour la rébellion qu’envoie la chasse syrienne à chaque offensive rebelle, la rébellion aurait déjà depuis longtemps mis la main sur ces bases. La rébellion n’a pas besoin d’immenses livraisons d’armes. La rébellion n’a pas besoin d’intervention. Elle n’a pas besoin de la Coalition « Nationale Syrienne », ni du Haut-Commandement de l’ASL, dont Sélim Idriss est contesté (et contestable tellement il est grotesque). Elle n’a pas besoin des influences des Etats-Unis, du Qatar, de la France ou de l’Arabie Saoudite, ces hypocrites prêts à lécher les mocassins de cuir du clan Assad à nouveau… Elle n’a besoin que de 1500 armes de type anti-aérien. Uniquement et seulement cela (et de quelques outils anti-blindés…). Mais la Chronique va surprendre ! Elle s’oppose à ce que l’Occident et les pays du Golfe les livrent, car ils réclameraient des retours ! Et elle est prête à soutenir de telles livraisons par d’uniques forces privées (financements communs d’individus, mécènes privés sans liens avec des régimes, etc…) !

Mais, voila, nos régimes ont eu un clan Assad à leurs pieds pendant 40 ans (intervenant au Liban avec la bénédiction des Etats-Unis, se retirant ensuite du Liban, là encore sous bénédiction des Etats-Unis, abandon de son programme nucléaire en échange d’une visite à Paris, etc…), et changer de chien est toujours difficile pour un maître, qui a besoin d’être sur de son futur compagnon ! Un compagnon qui n’attaquera pas le chat de la maison (Israël) et même le protègera… et ça, il faut l’avouer, hormis les Frères Musulmans, aucun membre de la rébellion ne fera la même chose que ce que le clan Assad a fait !

Mais passons !

par Cédric LABROUSSE
11 juin 2013

source : Ronald Barakat sur fb

« Syriens Chrétiens pour la Démocratie » pleure le père Fadi Haddad


« Ne craignez pas ceux qui peuvent détruire vos corps
mais ne peuvent détruire vos âmes »
(Matthieu, 28.10)

Les militants de Qatana, dans le gouvernorat de Damas-campagne, nous ont informé de la mort du père Fadi Jamil Haddad (43 ans), dont le corps portant une blessure à la tête causée par arme à feu, a été découvert près de Droucha, sur la route de Damas à Qouneitra. Il avait été enlevé, jeudi 18 octobre, par des agents de Bachar Al Assad alors qu’il effectuait une médiation à titre humanitaire.

Le père Fadi Jamil Haddad

Le père Fadi Jamil Haddad est né à Qatana en 1969. Après le baccalauréat, il est entré au séminaire de St Jean Damascène, à Ballamand, au Liban. Il en est sorti diplômé, en 1994. Il s’est marié. Il a été ordonné diacre à la Myriamiyeh, la cathédrale de la ville de Damas, par le Patriarche Ignace IV Hazim, puis prêtre en 1995, des mains de Mgr Elias Fakhoury. Il a été nommé curé de la paroisse de Qatana. Il a été enlevé jeudi 18 octobre, avant d’être retrouvé assassiné, une semaine plus tard, à Droucha.

Nous, organisation  des « Syriens Chrétiens pour la Démocratie », nous condamnons avec la plus extrême fermeté ce crime odieux dont a été victime l’un des plus grands patriotes de Qatana. Nous affirmons solennellement que son assassinat ne peut être isolé des agressions commises contre les quartiers chrétiens des villes syriennes, cibles, au cours des jours passés, d’attaques menées par les gangs de chabbiha du régime. Accompagnées de campagnes de désinformation, elles visent à menacer la coexistence pacifique entre musulmans et chrétiens de Syrie, et à semer la discorde et la division entre Syriens appartenant à des ethnies et des religions différentes. Mais le peuple syrien a répondu à ces provocations en faisant montre, à chaque fois, d’une unité renforcée face aux menées de ce régime terroriste et de ses agents contre la cohésion nationale .

Syriens Chrétiens pour la Démocratie

Que Dieu accueille dans sa paix et sa miséricorde éternelle le martyr de la révolution syrienne, le père Fadi Jamil Haddad, et tous les martyrs de la liberté en Syrie.

Vive la Syrie libre et fière.

Le 26 octobre 2012

Syriens Chrétiens pour la Démocratie

source

LE DÉSERTEUR SYRIEN


par Ronald Barakat

Monsieur le Président,

Je vous envoie un mot,
Même s’il n’est plus temps
Vu l’ampleur de vos maux,

Pour vous dire que moi,
Soldat de la patrie,
Avec beaucoup d’émoi
Je vous dis : Non merci!

Je ne peux plus servir
Au sein de votre Troupe
Qui sadiquement tire
Sur tout ce qui s’attroupe,

Sur des gens innocents,
Animés de fierté,
Dont on répand le sang
Pour le mot : Liberté;

Sur des voix par milliers,
De simples citoyens
Qui voyagent à pied,
À défaut de moyens,

Pour un pays meilleur,
À l’air plus respirable,
Aux murs moins «écouteurs»,
Sous des cieux tolérables.

Monsieur le Grand Seigneur,
J’ai vu tomber les miens
Au champ du déshonneur
Par vos hommes de main,

Pour avoir refusé
De tirer sur la foule,
D’étrangler, d’écraser
Le pigeon qui roucoule;

Pour avoir protégé,
Comme veut la devise,
Les foyers du danger,
Du malheur qui les vise.

J’ai vu vos gens marcher
L’air grave, aux funérailles,
Sous leur béret cacher
Leur conscience canaille;

Sur leurs galons honteux
Porter les militaires
Assassinés par eux!
− On ne peut plus se taire −

Jeter leur acte odieux,
Leur crime, sur les «autres»,
Les gangs, les séditieux…
Et jouer les apôtres.

Et je vous vois complice,
Monsieur le Président,
Des horreurs, des sévices,
De tous ces coups de dent

Dans nos corps et nos cœurs,
Dans nos chants, notre chair,
Dans le fond des valeurs
Qui nous étaient si chères.

Car en aucun moment
N’avez-vous ordonné
Que cessent les tourments,
Que vivent les damnés,

Que l’on mène une enquête
Pour saisir les coupables,
Que l’on cherche la Bête
Dans votre propre étable.

Monsieur le Président,
En tant qu’officier fier,
Je resterai «dedans»,
En deçà des frontières,

N’étant pas plus précieux
Que ces braves qui meurent
Sous vos lugubres cieux,
Au seuil de leurs demeures.

Dites aux tortionnaires
Qui viendront me chercher
Que je suis au grand air
Librement à marcher

Avec mes sœurs et frères
Et la même rengaine,
Jusqu’à voir se défaire
La Syrie qu’on enchaîne

Et voir couler la sève,
Croître comme un enfant,
Une Syrie de rêve :
La Syrie du Printemps!

Après le mauvais temps,
Couvrant de père en fils
De son linceul sanglant,
Des pères et des fils.

R.B.
Meurtrière d’Espoir (à paraître)

Ronald Barakat : Contemple dans la photo le déserteur qui sourit. Un sourire poignant. Une bravoure sans pareille. Qui sait s’il a pu sécuriser sa famille avant, car beaucoup n’ont pas pu le faire et en ont payé le prix. Qui sait s’il est encore en vie. Il y a aussi les secouristes, les médecins, les simples bons samaritains qui ont aussi payé le prix. On n’est plus devant l’Héroïsme, mais l’Héroïcité des vertus.