The Road


J’ai tout le temps pensé au calvaire syrien en regardant ce film magnifique, mais évitez-le  si vous faites une déprime.

SOS Syrie


HELP SYRIA

Collecte de vêtements pour l’hiver; téléphone : 0496/308 464 (on parle français, anglais, arabe, kurde etc)

Beste vrienden, kennissen, buren, collega’s en sympathisanten,

Zoals jullie wel of niet weten, hebben wij familie in Syria.

Ze zijn (nog) relatief ok en het lukt ons nog hen persoonlijk te helpen.

Maar niet alle Syriërs hebben dat geluk…

We zochten en vonden een concrete & betrouwbare manier

om materiaal tot bij vluchtelingen (in Turkije) te krijgen.

U kan gemakkelijke & bruikbare (winter)kleding aan ons geven

Ú

maar ook kleding voor volwassenen wordt verscheept.

Dekens, toiletgerief, beertjes en buggy’s zijn eveneens welkom.

–wij zorgen dat het terecht komt!

De focus ligt voornamelijk op baby’s en kinderen,

Vooral pyama’s of joggings zijn handig.

Check het wel even op kamp-gehalte 😉

Alvast bedankt!

Fam. Arap

Blokkenstraat 12

3050 Oud-Heverlee

Info: 0496/308 464

Geen kleding op overschot, maar u wil toch iets doen?

Geen probleem: we hebben een lijstje met alternatieven.

(oa. Medicijnen kopen, theaterproject steunen, storten op 12-12, …)

Amira Hass : sans changement de politique, « l’Etat d’Israël n’est pas viable »


 

Correspondante du quotidien israélien Ha’Aretz dans les Territoires palestiniens, Amira Hass documente l’occupation au quotidien depuis vingt ans. Courrier international l’a rencontrée aux Tribunes de la presse, en octobre 2013.
  • 21 novembre 2013
Amira Hass aux Tribunes de la presse de Bordeaux, octobre 2013.

En tant que journaliste, considérez-vous que vous avez un rôle à jouer ?

AMIRA HASS : Comme je le dis souvent, je surveille le pouvoir. Dans le contrat non écrit entre le journaliste et le public, la surveillance du pouvoir est une mission primordiale. Je ne sais pas si on peut parler de rôle… Je continue d’espérer qu’en apportant de l’information je permets à certaines personnes en Israël de comprendre à quel point la situation est dangereuse. J’ai un petit rôle à jouer dans le réseau d’Israéliens qui résistent, les dissidents. Ils ne sont pas nombreux, mais pas aussi peu nombreux qu’on le pense.

Diriez-vous que les Israéliens ont une connaissance incomplète de ce qui se passe dans les Territoires palestiniens ?

Certainement.

A qui la faute ? Aux médias, au pouvoir politique, aux gens eux-mêmes ?

Ce sont les gens qui ne veulent pas savoir, c’est clair. Parce qu’il y a de nombreux moyens de savoir, et beaucoup de choses à savoir, mais ils préfèrent ne pas savoir.

Il est plus facile pour nous de critiquer ce qui se passe ailleurs…

Exactement, et d’une certaine façon la presse israélienne est beaucoup plus critique vis-à-vis de l’occupation que ne l’était la presse française à propos de la colonisation en Algérie. La presse israélienne publie beaucoup plus de choses à propos de 1948 et de l’expulsion de quelque 800 000 Palestiniens.

Si l’information est rendue disponible et que, malgré cela, le public ne veut pas savoir, comment faire passer le message ?

A ce stade-ci, ce n’est plus du ressort des journalistes, mais des militants. Tant que les Israéliens profiteront de l’occupation et ne paieront pas un prix pour elle, ils continueront, exactement comme en Afrique du Sud. Chaque pays a son lot d’injustices, et elles ne peuvent être arrêtées, ou amendées un tant soit peu, que si ceux qui ont causé ces injustices en paient le prix.

Quel genre de prix ?

Je ne sais pas, il y a différentes façons de payer un prix. Les Américains ont commencé à comprendre ce qu’était la guerre au Vietnam quand ils ont vu revenir des cercueils, pas avant. C’était un peu différent en Algérie. De Gaulle a eu le mérite de comprendre la gravité de la situation, et de voir qu’à long terme la situation n’était pas viable. Il a vu le « prix » que d’autres ne voyaient pas.

Peut-on dire, de la même façon, que la situation en Israël n’est pas viable à long terme ?

Non, ce n’est pas viable.

D’après vous, quelle serait la solution : une solution à un Etat ? à deux Etats ?

Vous savez, j’ai une longue liste de mots que je déteste. J’ai commencé par détester « Oslo ». Puis « processus de paix ». Puis « paix », « réconciliation », « dialogue »… Parce que tous ces mots ont été vidés de tout sens et ont été sujets à manipulation par les autorités israéliennes – mais aussi américaines, européennes, etc. Pendant que tout le monde parlait de processus de paix, Israël perfectionnait en réalité ses moyens de colonisation et d’occupation.

Maintenant, je dois ajouter à cette liste le mot « solution ». Car il faut commencer par parler des fondamentaux. J’en vois deux. Le premier, c’est que deux peuples vivent dans ce pays. Tous deux doivent l’accepter, et tous deux ont des liens très anciens avec ce pays – peu importe que ce soit depuis trois cents ans, cinq mille ans ou plus.

Le deuxième, c’est le principe d’égalité. Sans ça, il n’y a pas de futur sain pour les deux peuples. Je pense qu’au final les Juifs – ma communauté juive – paieront un prix très lourd si nous ne mettons pas rapidement un terme à cette discrimination. Mais, en même temps, les Palestiniens doivent accepter que nous ne sommes pas des pieds-noirs, que cette comparaison n’est pas valable. Parce que ce qui a amené les Juifs en Palestine n’est pas simplement le colonialisme, et aussi parce que les Juifs ont des liens religieux avec ce pays. Il ne s’agit pas que de colonialisme ou de profit.

 

Amira Hass

« Personne n’a documenté cet enfer [de l’occupation] de façon quotidienne, avec autant de cohérence et de profondeur qu’Amira Hass, journaliste israélienne à Ha’Aretz, qui couvre l’actualité des Territoires palestiniens depuis 1991 et y vit depuis 1993 – d’abord à Gaza pendant trois ans, et depuis à Ramallah. C’est tellement inhabituel. Je veux dire : quel correspondant étranger vit dans les Territoires occupés ? » écrit Abdallah Schleifer, journaliste et expert du Moyen-Orient, sur le site d’Al-Arabiya

. De ce fait, poursuit-il, « aucun autre quotidien du monde arabe n’offre une meilleure couverture qu’Ha’Aretz de la souffrance des Palestiniens ».Vingt ans de travail journalistique dans les Territoires palestiniens ont valu à Amira Hass autant de récompenses (notamment le Prix mondial de la liberté de la presse décerné par l’Unesco en 2003 et, en 2009, le prix Reporters sans frontières) que d’attaques et d’assignations en justice.

http://www.courrierinternational.com/article/2013/11/21/amira-hass-sans-changement-de-politique-l-etat-d-israel-n-est-pas-viable

La télé qui vous surveille


Le Point.fr – Publié le 23/11/2013 à 17:45 – Modifié le 23/11/2013 à 18:01

Selon un blogueur britannique, son téléviseur de marque LG répertoriait ses habitudes de consommation.

Un blogueur britannique a découvert que sa télévision intelligente (Smart TV) de la marque coréenne LG enregistrait à son insu sa consommation de programmes télévisés, y compris lorsqu’il avait désactivé l’option de collecte de données, a expliqué le site du Figaro. Cette dernière fonction permet au constructeur de récolter des données sur les programmes regardés afin d’adapter les publicités destinées au consommateur. Par exemple, le blogueur DoctorBeet a constaté que, lorsqu’il regardait la chaîne de télévision BBC News, l’information était envoyée à LG.

Pire. En inspectant la liste d’informations collectées par l’entreprise sud-coréenne, ce développeur informatique découvre des noms de fichiers personnels, présents sur une clé USB qu’il avait branchée sur sa télévision afin de les regarder sur grand écran. « Ma femme était choquée d’y voir les noms de nos enfants, juste parce que nous avions regardé une vidéo filmée à Noël sur notre télévision », s’indigne-t-il.

La marque LG embarrassée

Le blogueur décide donc de contacter le service client de LG. Parallèlement, l’histoire se propage sur la Toile, accentuant la pression médiatique sur le constructeur. Celui-ci finit par admettre des dysfonctionnements. L’entreprise a confirmé officiellement collecter les données des utilisateurs, à leur insu, mais affirme que la démarche en question est destinée à améliorer la pertinence du moteur de recommandation, et non pas à des fins publicitaires, et que les données récoltées ne sont en aucune façon stockées sur ses serveurs, explique le site Zone numérique.

Le groupe a également indiqué ne jamais collecter d’informations personnelles ou confidentielles, mais des données anonymes. Les données récoltées sur les supports externes, comme les clés USB ou les disques durs externes, serviraient à LG à améliorer de nouvelles fonctions qui pourraient être installées ultérieurement sur les Smart TV.

La société LG a envoyé un courrier à l’internaute. Elle dit regretter « tout désagrément que ce rapport a pu causer et continue de travailler à atteindre les exigences et attentes de ses clients ».

L’engagement est un devoir


Nadia Boumazoughe a réalisé une vidéo pour participer à un concours.
Titre de la vidéo: L’engagement est un devoir
Elle demande que nous la regardions…  Et si nous l’avons aimée, que nous votions.

Procédure à suivre:

Pour voir la vidéo: allez sur le site
https://www.facebook.com/photo.php?v=10151960191122416&set=vb.243238792465311&type=2&theater <https://www.facebook.com/photo.php?v=10151960191122416&set=vb.243238792465311&type=2&theater>

Pour voter: allez sur le site
http://mokhtarawards.com <http://mokhtarawards.com/>

  • à gauche de l’écran (à côté de “Achetez vos billets”), un sigle VOTEZ POUR LES MEILLEURES VIDEOS ICI
  • cherchez la vidéo “l’engagement est un devoir” – drapeau belge (!! Deux vidéos belges à ce jour). Aujourd’hui, elle se trouve à la page 2 mais peut changer de place.
  • clic sur la vidéo
  • votez (carré rouge); votre adresse email
  • vous recevrez un lien dans votre boîte e-mail; confirmez.

SETI


Qu’est-ce que le SETI@home ?
SETI@home est une expérience scientifique qui utilise des ordinateurs reliés à Internet pour la recherche d’une intelligence extraterrestre (SETI). Vous pouvez participer en exécutant un programme gratuit qui télécharge et analyse des données d’un radio-télescope.

si vous voulez participer rendez-vous ici : http://setiathome.berkeley.edu/  (en anglais)

Comment « dépolluer » nos relations ou reconnaitre les relations toxiques


Photo

Comment reconnait-on une « relation toxique » ? Quels effets ont-elles sur notre mental et notre corps ? Pourquoi nous laissons nous empoisonner ?

Apprenons à les repérer pour mieux nous « désintoxiquer » et retrouver une bonne énergie avec les autres.

Qu’est ce qu’une relation toxique ?

C’est une relation affective, amicale ou professionnelle, qui en apparence, a tout pour être sincère mais est masquée par l’utilisation d’un jeu malsain, souvent celui de l’être parfait alors que ses intentions sont bien plus perverses. Le plus souvent nous ne voyons rien venir tellement cette personne nous a jeté de la « poudre aux yeux ». Le réveil peut s’avérer douloureux ou au pire ne jamais se produire.

Avez-vous déjà connu des déceptions amicales en vous disant «  J’ai fini par comprendre que ce que je prenais pour de l’amitié n’était en réalité qu’une relation de pouvoir, mais pourquoi n’ai-je rien vu ?  » Au final, vous vous êtes senti utilisé pour servir ses intérêts alors que vous étiez une personne bienveillante et authentique. C’est comme si cette personne vous enlevait toute la « lumière » qui vous permet d’irradier en temps normal et l’absorbait à ses fins personnelles.

Oui, il s’agit bel et bien d’une relation de pouvoir que la personne toxique cherche à établir avec vous, le pouvoir est son moteur. Avoir de l’emprise sur l’autre, le manipuler pour satisfaire ses besoins narcissiques et affectifs. Comment ? par la séduction, l’émotion ou la peur. Souvent en laminant au passage l’estime de soi, avec notre consentement, ou notre passivité, c’est le qui fait le plus mal finalement quand on réalise l’impact que cette personne a eu dans notre vie, qui parfois nous bloque et nous détruit à petit feu. 

Identifier le poison

Au départ, il s’agit de deux personnes qui se reconnaissent car ils devinent qu’ils vont trouver chez l’autre ce qu’ils recherchent pour apaiser leurs désirs, leurs manques, leurs peurs. C’est ainsi que nait l’attachement. Il faudra du temps pour transformer le lien névrotique en relation mature, respectueuse des intérêts et des limites de chacun.

Si nous restons dans les relations toxiques, sans pouvoir les identifier comme telles, c’est parce que quelque chose en nous rejoue une partition du passé. L’inconscient recherche ce qu’il connait, il préfère sa zone de confort plutôt que l’inconnu ou ce qui diffère de lui.

Ce n’est jamais un hasard si nous nouons des liens avec une personne qui va nous dominer, manipuler ou nous envahir. Cela veut dire que nous n’avons pas réglé certaines choses de notre passé par rapport à une personne qui nous a certainement affecté de la même manière. Alors pourquoi reproduisons-nous le même schéma répétitif en nous attachant à ce type de personne ? Avons-nous su identifier ce profil et leur poser des limites à temps ?

La toxicité se révèle sous plusieurs formes de comportements dans la normalité non détectable : la manipulation, l’imprévisibilité, l’immaturité, l’apparence trop parfaite ou dans l’excès : l’alcoolisme, la violence physique et psychiques, la culpabilisation.

Toutes ces formes de poison contaminent votre psychisme et conditionnent votre fonctionnement relationnel affectif.
Petites piques régulières, chantage affectif voilé sans oublier les conseils permanents l’air de rien de « c’est pour ton bien ».La relation toxique se caractérise par la multiplicité de ces formes. C’est ce qui la rend difficile à identifier rapidement. Mais ce n’est pas tout. A cela s’ajoute une forte dose de dépendance affective qui va se créer car si nous n’étions pas pris affectivement ou psychiquement dans ses filets, non seulement nous aurions déjà rompu le lien mais nous n’y retournerions pas ! Combien de personnes pardonnent-elles à leur partenaire alors qu’elles-mêmes ont subi les pires humiliations ?

Ces personnes toxiques ont bien compris que ce type de relation leur fournit des gratifications : du plaisir, une forme de sécurité, une certaine reconnaissance. Les plus pervers profiteront de votre situation matérielle ou de votre période à vide et donc de votre solitude afin de régner en maître sur vous et votre entourage, toujours pour votre bien évidemment!

Apprendre à décoder les messages corporels 

Même si nous ne nous rendons pas compte de suite de l’influence négative des personnes toxiques, notre corps peut être un atout précieux pour garder les yeux ouverts car nous en avons tous fait l’expérience un jour : certaines personnes nous apaisent et nous dynamisent, nous font rire ou réfléchir et d’autres nous dévitalisent, nous pèsent ou font chuter notre moral.

Les relations malsaines occasionnent toujours in fine trois types de déperdition :

– La perte de l’autonomie

– La perte de la vitalité

– La perte de la confiance en soi

Si une relation saine se caractérise par une sensation de légèreté, de liberté, de confort ou de sécurité, la version toxique se distingue par une forme d’envahissement et d’inconfort, au pire vous ne possédez plus votre libre arbitre et ne faites que des choix « guidés »par l’autre, et non par vous-mêmes (souvent c’est le cas des personnes passives ou « trop gentilles » qui n’osent pas contredire l’autre). Cette relation malsaine génère donc du stress, qu’il soit conscient ou pas. Autrement dit, nous nous sentons mal à l’aise avec ces personnes, dans tous les cas pas libre de s’exprimer.

Tout ce qui affecte l’esprit, même inconsciemment, affecte le corps. Quand nous sommes pris dans une relation toxique le corps réagit : nervosité, contractions musculaires, fatigue, cela peut même affecter le sommeil et l’appétit. Si nous sommes à l’écoute de notre corps, nous recevons forcément ses messages ou ses avertissements.

La relation malsaine crée des tensions psychologiques. Quand elle est régulière, le stress qu’elle engendre, même inconsciemment, devient chronique ainsi que ses conséquences. Encore faut-il prêter attention à ces manifestations corporelles!

Lorsqu’une relation produit toujours le même type de réactions physiques négatives, elle est évidemment à interroger.

Connaissez vous une amie qui se montre toujours présente quoi qu’il arrive et vous a toujours conseillé pour votre bien mais lorsque vous prenez du recul et regardez en arrière, vous constatez que depuis que vous la fréquentez, vous n’avez jamais réussi à construire une seule relation stable? Etes-vous sûr du bien fondé de cette personne ?

Ou

Ressortez-vous épuisé des conversations avec votre mère, d’une susceptibilité maladive, culpabilisatrice qui vous tyrannise depuis des années ? Quand vous lui parlez, vous êtes toujours sur le qui-vive et vous vous crispez de la tête aux pieds ? Même s’il s’agit de votre mère, avez-vous pris conscience que cette personne était toxique pour votre vie au quotidien ?

Tous ces « bobos »ne sont que les cris d’un corps qui exprime les souffrances de l’âme.

Prendre de la distance 

Il n’existe hélas pas d’antidote pour se décontaminer des personnes toxiques, simplement parce qu’il ne s’agit pas de les neutraliser, mais de se désengager du lien toxique.

C’est ce qui fait la différence entre une position infantile qui consisterait à faire porter le chapeau « au méchant » tout le poids de la faute à l’autre et une position adulte qui consiste à prendre sa part de responsabilité.
Par exemple, une personne toxique immature cherchera toujours à se valoriser en critiquant subtilement les autres pour montrer qu’ils agissent mal ou ne sont pas des personnes biens, elle gardera ainsi toujours l’image de la personne « gentille », et ceci au détriment des mensonges qu’elle est capable d’inventer pour vous garder près d’elle.

La difficulté découle en effet que l’ampleur de la toxicité vient avec le temps, avec la fréquence des relations et l’intimité qui s’installe.
Avez-vous pris l’habitude de raconter votre vie à votre ami qui vous a habitué à même lui donner des détails et ainsi connaître vos ressentis ? Si oui, il est fort probable que cet ami se nourrisse de ces informations que vous lui donnez pour mieux vous manipuler.
Testez cet ami en le privant de cette « nourriture » et observez.  Si cette personne est saine, elle respectera la distance que vous prendrez et comprendra que vous ne souhaitez plus lui parler de votre vie personnelle. Si cette personne est toxique, elle se révèlera d’elle-même en vous demandant des explications sur votre changement d’attitude : « mais pourquoi tu ne me racontes plus rien ? prends tes distances ? ne donne plus signe de vie malgré mes contacts ? »

Plus le temps passe et plus nous devenons lucide, mais plus les choses deviennent difficiles à dénouer.

Il existe trois comportements qui peuvent empêcher de sortir de la relation toxique :

1) La passivité : ne pas se dire qu’avec le temps cela s’arrangera, au contraire moins vous poserez des limites à la personne envahissante et plus elle vous maintiendra sous son emprise « comme si de rien n’était » puisque la personne toxique est « parfaite » . Elle ne vous donnera jamais une raison de la blâmer ni de lui faire un quelconque reproche.

2) La peur de perdre le lien : qu’il soit un lien social, professionnel, amical ou affectif et d’en subir les conséquences. Car souvent, soit la personne toxique s’est bien faite voir et a attiré la sympathie de tout votre entourage soit au contraire, elle vous a isolé de vos proches pour mieux régner sur votre vie face à votre solitude qu’elle a su évidemment capté chez vous dès le début. Elle saura donc se rendre indispensable et est même capable d’inventer des histoires pour vous éloigner d’eux. Dans ce cas, il est donc possible que vous vous contentiez de sa présence en attendant de combler ce vide par une autre personne mais est-ce réellement la bonne démarche pour que vous puissiez être heureux ? Ne croyez pas que vous allez vous en débarrasser si facilement car une fois que vous serez en relation avec une autre personne, elle saura délicatement s’immiscer dans votre couple rien que pour semer le trouble et la zizanie, au pire vous séparer et faire échouer chacune de vos relations amoureuses lentement mais sûrement.

3) La peur de faire du mal et de penser « je peux prendre sur moi, après tout ce n’est pas grave » : l’illusion réside dans le fait que vous pensez que la personne toxique se conduit de cette manière avec vous sans le faire exprès. Or, elle sait exactement où elle met les pieds et comment maîtriser la situation pour vous « endormir ».N’oubliez pas qu’elle connait parfaitement vos forces, vos faiblesses et vos peurs. Il faut d’abord prendre conscience de ce qui se joue et se rejoue dans la relation, puis réussir à prendre de la distance.


Comment rompre avec une personne toxique ? 

– Regarder la réalité en face et accepter les émotions contradictoires
 : après avoir découvert la personne qui est à la source de vos problèmes, rappelez vous que prendre la décision de mettre fin à cette relation toxique est ce que vous avez de mieux à faire pour renforcer votre estime de soi. Si vous éprouvez quelque remords ou sentiment de culpabilité, pensez simplement à la façon terrible dont cette personne vous a traité. Rester en contact avec elle ne ferait que stimuler votre colère et affaiblir l’estime que vous avez pour vous-même. Malgré la haine que vous ressentez et la joie d’être enfin libéré, vous risquez d’être triste de vous séparer d’un parent, d’un ami de longue date, d’un conjoint ou de quelqu’un qui fait partie de votre vie depuis longtemps. L’absence de cette personne pourrait être un traumatisante pour vous. Ces émotions sont tout à fait naturelles, car vous faites votre deuil d’une relation, si toxique qu’elle ait pu être. Il est normal que vous éprouviez remords et culpabilité, même si vous êtes convaincu d’avoir pris la bonne décision. Ne vous étonnez donc pas de ressentir pleins d’émotions au moment de la rupture. Eprouvez ce que vous éprouvez car cela facilitera le processus de guérison et de libération.

– Rompre par lettre ou par mail : l’une des meilleures façons de mettre fin à une relation consiste à le faire par lettre, car vous avez le temps de réfléchir à ce que vous souhaitez dire. Passez en revue les sentiments positifs que vous avez eus pour elle. Décrivez ensuite les effets que son comportement toxique a eus sur vous et expliquez ce que vous avez ressenti. Quand vous expliquerez pourquoi il vous est nécessaire de rompre, rappelez en détail des incidents précis. C’est un excellent moyen de relâcher votre colère. Parfois, en découvrant à quel point il a été toxique, son destinataire comprendra que son comportement a des répercussions et que les autres ne l’endureront pas toujours quand il fait des siennes. Elle acceptera peut être de réfléchir sur son comportement toxique et vous lui aurez rendu service. Quand vous rompez par un écrit, n’oubliez pas qu’ils restent et peuvent servir de preuve contre vous. Elle pourrait donc avoir des conséquences négatives. Votre lettre pourrait être lue par d’autres, mais aussi ridiculisée, rejetée.

–  Rompre par téléphone : certains préfèreront rompre par ce biais à cause de la distance physique. Du fait que vous ne voyez pas l’autre, vous pourriez être en mesure de mieux vous exprimer. Rappelez vous de parler sans crier, car le téléphone est un micro qui capte et amplifie votre voix. Parlez lentement et distinctement. Attendez vous à ce que l’autre se mette à crier. Soyez prêt à vous faire raccrocher au nez ou à ce que votre interlocuteur, n’en croyant pas ses oreilles, vous rappelle plusieurs fois. Ayez un calepin à portée de main, dressez la liste des choses que vous voulez dire, afin qu’elle sache tout ce que vous avez sur le cœur.

– Rompre en personne : nombreux sont ceux qui croient que l’affrontement en personne est la meilleure façon de mettre fin à une relation toxique, si pénible que cela soit. Si vous choisissez de rompre ainsi, attendez vous à ce que cette personne pleure, hurle, se déchaîne, voir s’excuse par désespoir de vous perdre.
Vous voudrez sans doute que cette scène se déroule dans un endroit neutre où vous aurez une certaine intimité.  Ces personnes ne peuvent changer, car ce tempérament manipulateur est plus fort qu’eux, elles pourront toujours manipuler d’autres personnes jusqu’au jour où peut être elles se retrouveront vraiment toutes seules, le déclic se fera peut être…

Gérer l’après… ? 

– On récolte ce que l’on a semé  :
la pensée que l’on récolte ce que l’on a semé pourra vous être d’un certain réconfort. Justice finit toujours par être rendue, quoique pas nécessairement dans l’immédiat. Le même principe existe dans toutes les croyances du monde : le bien engendre le bien et le mal engendre le mal.

– Pardonner, c’est laisser aller et passer à autre chose : Que vous ayez été toxique pour quelqu’un ou que quelqu’un l’ait été pour vous, vous devez pardonner. Pardonner ne signifie pas oublier, c’est se délester du poids de ce que l’on vous a fait subir. Cela ne signifie pas qu’il ne faut plus jamais repenser au mal que l’on vous a fait, mais simplement que vous devez cesser de vous maltraiter vous-même ou vous libérer de votre douleur. Vous devez relâcher les sentiments négatifs et la haine, parce que la haine détruit celui qui hait. Quand vous nourrissez votre haine, vous perpétuez les émotions négatives et le ressentiment, non seulement dans la vie des autres, mais aussi dans la vôtre. Mais surtout la haine marque votre visage et votre cœur de traits hargneux. Le pardon est le premier pas vers une vie exempte de toxicité.

Des profils types

Il existe trois profils toxiques  « classiques », en général ce sont les personnes dont nous sommes particulièrement proches :

–         Le père ou la mère toxique

La plupart des parents ne sont pas des êtres méchants, qui préméditent les mauvais traitements qu’ils infligeront à leurs enfants .Souvent, le mauvais parent n’est qu’un« pauvre type » qui ne s’aime pas lui-même et qui fait de son mieux pour vivre avec ses enfants. Mais à cause de son ignorance, de son estime de soi médiocre ou de ses propres antécédents familiaux, le parent est devenu toxique pour ses enfants. Dans ce cas, il faut recourir à une autre technique que celle de la coupure.

Certains parents inconsciemment toxiques pour leurs enfants découvrent parfois trop tard les conséquences de leur comportement.

Du fait qu’on ne peut jamais leur faire confiance, il est terrifiant d’être en contact avec les parents qui appartiennent à la catégorie de type  « fuyard, indécis, hypocrite, menteur ou bombe à retardement ». Vous espériez beaucoup d’eux, mais ils vous ont donné très peu et vous ont causé chagrin, colère et déception. Dans ce cas vous devez d’abord penser à votre propre protection.

Par exemple, il y a malheureusement trop de mères toxiques de type « critique ou dénigreur »qui doivent être affrontées ou interrogées calmement.  Il faut leur dire carrément que leurs paroles et leur comportement sont blessants.

Dans le cas de parents qui nous ont abandonné, la technique du « chasse-pensée »peut vous aider à retrouver notre santé mentale et à guérir notre peine.

Il y a des parents qui ne sont au fond que des enfants tristes et qui ont créé une relation dans laquelle ils ont changé de rôle avec nous. L’enfant essaye de sauver ces êtres pathétiques et faibles. Il faut souvent intégrer un peu d’amour sévère. Pour éviter la co dépendance, nous devons les couper de votre vie, non parce que nous les détestons mais bien parce que nous les aimons. Nous devons fixer des limites pour qu’ils ne nous entrainent pas dans leur douleur. Cette technique les force à prendre leurs responsabilités et à affronter leurs problèmes.

Il ne faut surtout plus transmettre à nos enfants les comportements toxiques que nous avons appris de nos parents.

–         Le conjoint toxique

De nos jours, parce que les gens ne savent pas communiquer entre eux, nous ne donnons pas de seconde chance à l’autre, nous sommes prêts à le quitter après des années de vie commune seulement parce qu’il nous contrarie et nous voyons augmenter le taux divorce qui n’a jamais été aussi élevé.

Au lieu de recourir à l’humour, à l’interrogation calme, à l’affrontement, nous nous empressons de fuir. Désormais, l’herbe est plus verte ailleurs. Même si nous sommes follement amoureux de quelqu’un, il y aura des moments où cette personne vous énervera, vous blessera et vous fera sortir de vos gonds. Dans ces moments difficiles, nous ne devons pas nous enfuir ni refouler nos sentiments  jusqu’à ce qu’il soit impossible de nous en libérer. Nous devons plutôt faire face à la situation. Nous devons communiquer, c’est le seul moyen qui nous permettra de rester avec notre conjoint.

Parfois les partenaires se sont éloignés l’un de l’autre et se sont créés des styles de vie si différents qu’ils n’ont plus rien en commun. D’autres sont incapables de pardonner à la personne aimée qui les a trompés ou trahis et ont le sentiment qu’ils ne pourront jamais leur faire confiance. Ces personnes doivent recourir à la technique du « chasse-pensée » pour les aider à faire face à la colère que l’on ressent contre son conjoint toxique.
Servez-vous de votre colère afin de vous extraire de la relation toxique en sauvegardant votre dignité et votre amour-propre. Par exemple, essayer de détruire votre ex-conjoint en cherchant à se venger pendant le reste de vos jours vous empêchera de tourner la page et d’aller de l’avant dans votre vie.

–         L’ami(e) toxique

Rien n’est plus blessant et décevant que de se voir trahi par une personne que l’on aimait et à qui l’on faisait confiance.  Parfois nous tolérons certaines personnes et les considérons comme amies alors qu’elles ne le sont pas du tout : nous éprouvons de la pitié pour elles parce que la vie ne les a pas traitées aussi bien qu’elle nous a traités. Nous avons grandi
ou fréquenté l’école avec elles, nous restons attachés à elles parce qu’elles font partie de notre vie depuis très longtemps et nous les considérons même parfois comme un frère ou une soeur. Malgré cela, ces êtres qui nous font du tort, qui nous blessent et nous déçoivent en ne nous respectant pas, ne nous soutenant pas et en nous trahissant ne pourront jamais être des amis.

Un ami, ce n’est pas simplement quelqu’un que l’on connaît depuis longtemps. C’est quelqu’un qui nous soutient dans les périodes difficiles, qui se réjouit de nous voir heureux, qui n’est pas jaloux de nous. Un ami ne révèle jamais les secrets que vous lui confiez. Un ami se porte toujours à votre défense, va vous voir à l’hôpital lorsque vous avez eu un accident ou passe tout simplement voir comment vous allez si vous êtes malade et sait que vous n’avez personne sur qui compter.

Un ami n’essaie pas de rivaliser avec vous. Il se montre respectueux, généreux, sensible et
accueillant avec vous.

Un véritable ami partage honnêtement ses pensées et ses sentiments avec vous, il ne vous juge jamais.

Quiconque ne répond pas à tous ces critères n’est pas votre ami.
Bien sûr, personne n’est parfait, même un ami peut commettre une erreur. C’est là que la communication entre en jeu. La communication fondée sur la technique de l’affrontement, de l’interrogation calme et du désamorçage vous permettra de préserver le lien intime qui vous unit à votre ami, pour que vous puissiez continuer de vous respecter et de vous apprécier l’un l’autre.

Comment ne plus attirer les personnes toxiques ?

Evaluer sa responsabilité : jusqu’où lui avez-vous permis d’aller ? lui avez-vous déjà posé des limites ?

Faire le point sur ses besoins, les exprimer, poser ses limites ou rompre quand la prise de distance ne suffit pas sont autant d’étapes clés sur le chemin de la « décontamination ».

Renforcer son autonomie affective et matérielle offre moins de prise aux « empoisonneurs ».

Mieux nous savons nous traiter, nous écouter et satisfaire nos besoins fondamentaux, moins nous serons « contaminables ».

-Ponnary Love coach-

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Syrie: Homs, la ville dont on se moquait


Depuis des siècles, les plaisanteries moquant l’intelligence des Homsis faisaient rire dans les cafés de Damas, d’Alep et de Hama. Aujourd’hui, la ville est l’épicentre de la la révolte syrienne sur lequel s’acharne le pouvoir de Bachar al-Assad. Mais rira bien qui rira le dernier.

Un enfant dans les rues de Homs, le 23 janvier 2012. REUTERS/Ahmed Jadallah– Un enfant dans les rues de Homs, le 23 janvier 2012. REUTERS/Ahmed Jadallah –
Un jour, feu Hafez al-Assad décida de visiter Homs. Son ministre de la Défense ordonna alors à la garde d’honneur de tirer vingt-et-un coups de feu pour accueillir le président syrien lors de sa descente d’avion. Un soldat de la ville lui posa alors cette question:

«Chef, et si ma première balle le tue? Faudra-t-il gâcher les vingt suivantes en les tirant en l’air?»

Aujourd’hui, cette plaisanterie ne fait plus rire personne: Homs fait l’objet d’une répression chaque jour plus sanglante –orchestrée par Bachar al-Assad, le fils d’Hafez. Jadis, la troisième ville du pays passait pour la plus loufoque de toutes, mais cette image s’efface au fur et à mesure que l’assaut du régime s’intensifie; un assaut qui vient d’entrer dans son onzième mois. C’est la mort lente d’une vieille réputation: depuis des siècles, les plaisanteries moquant l’intelligence des Homsis faisaient rire dans les cafés de Damas, d’Alep et de Hama.

Exemple de blague typique:

«Un Homsi s’approche d’un homme dans la rue. “Où est l’autre côté de la route?”, demande-t-il. “Là-bas”, répond le passant, en pointant du doigt l’autre côté de la chaussée. “Bon sang, s’exclame l’Homsi; j’étais là-bas il y a un instant, et on m’a dit que c’était ici!”»

Pourquoi les Homsis sont-ils la cible de tant de plaisanteries? Peut-être parce qu’ils sont les éternels rebelles du pays. Au fil de l’histoire, Homs a tenu un rôle unique dans le tissu social et politique syrien, et s’est attiré la fascination, les railleries –et parfois la colère– de ses voisins. Les blagues homsies sont le reflet choc des valeurs morales, de l’instabilité des frontières sociales, et de la lutte des structures de pouvoir au sein de la société syrienne, en temps de paix comme de guerre.

Où est l’autre côté de la route?

Tout commence il y a 2.000 ans. Les habitants de l’ancienne cité d’Emèse (l’actuelle Homs) sont connus pour leur vénération d’Elagabal, dieu du soleil, mais aussi pour leur respect des anciennes traditions païennes: ils entretiennent ainsi celle dite du «Jour des fous». Ce jour-là, les comportements les plus absurdes sont tolérés de tous. La fête connaît bientôt un succès fulgurant dans toute la ville. Les Homsis se convertiront plus tard au christianisme, puis à l’islam; mais selon le chercheur français Jean-Yves Gillon, la tradition du «Jour des fous» s’est perpétuée jusqu’à la moitié du XXe siècle.

Cette étrange fête ne suffit cependant pas à expliquer la réputation d’iconoclastes qui poursuit les Homsis. Au VIIe siècle, Homs est conquise par l’armée musulmane du célèbre commandant militaireKhalid ibn al-Walid. Elle devient alors la première cité syrienne à abriter une importante population musulmane –ce qui incite Omar, second calife de l’islam après la mort du prophète Mahomet, à faire de Homs une capitale régionale. Les habitants des autres cités historiques –Hama, Palmyre, Tartous…– envient leurs nouveaux maîtres: le nombre des poèmes dénigrant les Homsis monte bientôt en flèche.

Dans les conflits opposant la future dynastie des Omeyyades à Ali, cousin et beau-fils du prophète Mahomet, les Homsis se rangent du côté d’Ali. Nombre d’entre eux rejoignent son armée à la bataille de Siffin, en 657. Après la défaite d’Ali, en 659, les Homsis perdent leur statut de privilégiés; huit décennies plus tard, lorsque l’une des tribus de Homs se soulève contre Marwan II, dernier calife des Omeyyades, de nombreux habitants sont massacrés, torturés, mutilés.

Une ville méprisée

Du fait de sa position stratégique, de nombreuses dynasties rebelles ont fait de Homs le cœur de leurs complots –et les récits pleins de mépris ont continué de fleurir aux quatre coins du pays.

«Je me promenais dans les rues de Homs, lorsque j’ai vu un troupeau de chèvres suivi par un chameau, écrit al-Jahiz, célèbre écrivain et poète du IXe siècle. J’ai entendu un homme demander: “Ce chameau fait-il partie de la famille des moutons?” “Non”, répondit un autre. “Il était orphelin; ils l’ont donc adopté.”»

Les stéréotypes négatifs ont fait leur grand retour au XIe siècle, lorsque la dynastie Mirdaside a repris la ville avant de la convertir à l’islam chiite. Les Homsis ont alors rapidement été les victimes des débats polémiques opposant les clercs sunnites à leurs homologues chiites. Ibn al-Jawzi (célèbre clerc sunnite) a rapporté nombre de récits ironiques consacrés aux étranges coutumes des responsables religieux de Homs, ainsi qu’à l’imbécilité supposée de leurs ouailles.

Voici l’une de ces anecdotes. Un beau jour, trois étudiants d’une école religieuse homsie discutaient d’un hadith –communication orale du prophète Mahomet– consacré aux parties du corps humain. «Le nez sert à sentir, la bouche à manger, et la langue à parler, conclurent-ils;mais à quoi sert l’oreille?» Le hadith ne répondant pas à cette question, ils décidèrent d’aller la poser à leur cheikh. Sur la route qui menait à sa maison, ils virent un tailleur qui rapiéçait une étoffe. Il coupait des bouts de fil, et les plaçait sur son oreille. «Dieu nous a envoyé la réponse», conclurent les étudiants, avant de reprendre le chemin de la mosquée.

Voilà bien longtemps que Homs est un bastion de résistance –une forteresse musulmane pour repousser les envahisseurs européens au temps des croisades, puis une base pour les commandants mamelouks dans leur guerre contre les Mongols. Mais cet héroïsme n’a pas délivré les Homsis des anciens préjugés qui pèsent sur leurs épaules, bien au contraire: on attribue souvent les victoires de Homs à la simplicité d’esprit supposée de ses habitants.

Homs, bastion de résistance

Une anecdote rapporte que lors d’un «Jour des fous», les anciens de la cité décidèrent d’ouvrir les portes de Homs aux forces ennemies. Les Mongols s’y engouffrent, et découvrent des habitants qui portent leurs vêtements à l’envers, et marchent à reculons dans les rues. Le chef des Mongols pense alors qu’ils sont frappés par quelque maladie, et fait immédiatement sonner la retraite, afin que ses soldats échappent à l’infection. La véritable histoire de Homs est beaucoup moins amusante: après la chute des Mamelouks, la cité fut ravagée par des attaques de bédouins. Ce fut le début de son déclin.

Une fois incorporée à l’Empire ottoman (au cours du XVIe siècle), Homs regagne son statut de centre économique, et devient un carrefour commercial des marchands de soie, d’huile d’olive et d’animaux reliant les cités du nord et du sud de l’empire. Observant son activité économique en pleine expansion et son industrie du tissage, un consul britannique de la fin du XIXe siècle la qualifia un jour de «Manchester de Syrie».

L’âge d’or de la cité prend fin avec la chute des Ottomans. Homs passe sous l’autorité de l’Etat de Damas pendant le mandat français, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Confrontés au déclin économique de leur cité, les Homsis ont tôt fait –en 1925– de rejoindre la révolution contre l’occupant français. Les bandits de la région assaillent les troupes françaises. L’un des généraux de la révolution, Mazhar al-Sibai, est originaire de Homs.

Les tensions s’apaisent peu à peu, et en 1932, les Français ferment leur académie militaire de Damas pour la rouvrir à Homs. Elle demeurera la seule académie militaire de Syrie jusqu’en 1967. Hafez al-Assad lui-même était diplômé de cet institut –mais en dépit de ses années d’études, il n’a jamais ressenti d’attachement particulier pour la cité en elle-même. Le président alaouite a passé des accords avec les élites sunnites de Damas et d’Alep pour assoir sa mainmise sur le pays –abandonnant à son sort la communauté sunnite (majoritaire) de Homs.

Et c’est ainsi que dans les cafés syriens, les plaisanteries prirent de nouveau les Homsis pour cible; ils redevinrent les idiots de service. Prenez cette blague populaire: nous sommes en pleine guerre de 1973, et un soldat homsi joue avec une grenade. Un compagnon d’armes lui dit de faire attention, car une explosion est vite arrivée. «Ne t’inquiète pas, répond le Homsi. J’en ai d’autres en stock!»

Aujourd’hui, Homs la tumultueuse se retrouve de nouveau dans l’œil du cyclone. Le régime de Bachar al-Assad poursuit son effroyable assaut sur la cité, et l’humour noir est désormais de mise. Un partisan d’Assad a récemment posé cette question sur Twitter:

«Pourquoi les Homsis se soulèvent-ils? Réponse: parce que les blagues homsies leur tapent sur le système.»

Mais, cette fois, plus personne ne rit.

Omar Adam Sayfo
Journaliste et chercheur spécialiste du Moyen-Orient

Traduit par Jean-Clément Nau

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