Manif à Raqqa pour le père Paolo…


Syrie: manifestations anti-jihadistes réclamant la libération d’un père jésuite

BEYROUTH, 12 août 2013 (AFP)

Des manifestations contre les groupes jihadistes se déroulent au quotidien dans la ville de Raqa, dans le nord de la Syrie, pour réclamer la libération de « centaines » de militants et d’un père jésuite, rapporte une ONG.
Le père italien Paolo Dall’Oglio avait disparu fin juillet quand il s’est rendu à Raqa à la rencontre de responsables du groupe jihadiste l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) pour négocier la libération de militants enlevés par ces radicaux.
« Des manifestations sont organisées depuis deux semaines pour réclamer la libération de centaines de civils » enlevés par l’EIIL, dont père Dall’Oglio, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). « La Syrie est libre! L’Etat islamique (en Irak et au Levant) dehors! », selon les slogans des manifestants rapportés par l’ONG qui s’appuie sur un vaste réseau de militants et de médecins sur le terrain.
L’Observatoire a décrit père Dall’Oglio comme un « messager de la paix » et un « ami de l’opposition syrienne » luttant contre le régime de Bachar al-Assad. Connu pour son charisme et ses bonnes relations avec les militants pacifiques anti-régime, le père jésuite avait pris des positions très fermes contre la répression armée du régime de Bachar al-Assad, et avait été contraint par les autorités ecclésiales de son diocèse à partir, avant de revenir à une date indéterminée.
Il avait rencontré différents responsables arabes et occidentaux, pour faire prévaloir l’idée du soutien à l’opposition démocratique, seule manière selon lui d’éviter une dérive islamiste.
Raqa est la seule capitale provinciale tombée aux mains des rebelles depuis le début de la révolte lancée contre le régime en mars 2011 et qui s’est transformée par la suite en une guerre civile.

Promotion Soda Stream


Lettre au journal La Libre

J’apprends que la Libre Belgique offre une machine Soda Stream à toute personne qui souscrit à un an d’abonnement.
Bravo!

Vous ne pouvez pas ignorer que ce produit est fabriqué dans la colonie Ma’ale Adumin, en Palestine occupée et que les colonies sont illégales.

Que la Cour de Justice des Communautés européennes  estime que les autorités communautaires doivent refuser de reconnaître l’origine israélienne de ces produits étant donné que les colonies israéliennes sont illégales (1/11/2009, Luxembourg, Cour de Justice des Communautés européennes, communiqué de presse n° 97/09).

Que l’Union Européenne a publié tout récemment une directive qui stipule que « tous les accords entre l’Etat d’Israël et l’UE doivent indiquer sans ambiguïté et explicitement qu’ils ne s’appliquent pas aux territoires occupés par Israël en 1967, c’est à dire la Cisjordanie, Jérusalem-Est, la bande de Gaza et le plateau du Golan », étant donné que les territoires palestiniens ne sont ni “controversés”, ni “disputés”, ni “discutés” (comme le prétend Israël) mais OCCUPES et que cette occupation est illégale.

Le quotidien israélien Haaretz: « Cette directive qui s’applique aux 28 Etats membres de l’UE interdit tout financement, coopération, bourses, fonds de recherche ou remise de prix à qui que ce soit résidant dans les colonies installées en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, qu’il s’agisse d’institutions privées ou publiques »

Que le fonds de pension géant TIAA-CREF a retiré la société israélienne de plus en plus controversée Soda Stream de son portefeuille.
( http://www.info-palestine.net/spip.php?article13798)

Steve Tamari, investisseur TIAA-CREF :
« Je salue l’information selon laquelle, en tant qu’investisseur TIAA-CREF, je n’aurai plus à profiter de SodaStream dont le principal site de production se trouve dans une colonie illégale sur la terre palestinienne en Cisjordanie occupée par les Israéliens. J’exhorte TIAA-CREF à retirer de son portefeuille les autres sociétés qui profitent de la confiscation des terres palestiniennes et contribuent à l’expansion des colonies illégales. J’espère dans les prochaines années voir TIAA-CREF se désinvestir de Veolia, multinationale à base française, qui opère dans le transport, le traitement des eaux et les services d’ordures ménagères au profit des colonies israéliennes illégales sur la terre palestinienne en Cisjordanie occupée. »

Que nous apprenions en octobre 2009 que le fabricant israélien d’appareils à mettre du gaz dans l’eau plate Soda Club, installé dans la colonie de Maale Adumim en territoire palestinien occupé, était appelé à rendre des comptes devant un tribunal de Hambourg ( http://www.europalestine.com/spip.php?article4435&lang=fr).

En faisant la promotion de Soda Stream, vous collaborez avec la politique criminelle israélienne, qui pratique un apartheid impitoyable à l’égard des Palestiniens et continue à braver le Droit International et donc les Droits de l’Homme, dont il ne respecte pas un des articles.

Vous espérez peut-être ainsi soudoyer quelques nouveaux lecteurs. Cette politique promotionnelle aura surtout pour résultat d’entacher  l’image de votre Journal.

Bien à vous,

M.P.

Pire qu’un échec de Kerry : sa réussite…


dimanche 11 août 2013 – 06h:47

Nicola Nasser
The Palestine Chronicle


La question cruciale des colonies de peuplement illégales israéliennes en perpétuelle expansion dans les Territoires palestiniens occupés (TPO) en Cisjordanie, qui tuent la paix en particulier à Jérusalem-Est, sera décisive dans les négociations récemment reprises entre Palestiniens et Israéliens.

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Le succès personnel de Kerry est d’avoir amené les Palestiniens à se faire duper une fois de plus en se précipitant dans des négociations sur un « statut définitif ».
photo : Khalil Mazraawi/AFP

Le 29 juillet dernier, ces négociations ont repris à Washington DC ; elles doivent commencer sérieusement à la mi-août. Le Président Barak Obama les a saluées comme « un pas en avant prometteur ». Cependant, au vu des plus de vingt années d’échecs de la médiation US, les nouveaux pourparlers ne « promettent » rien de plus que d’être une nouvelle série d’échecs et de « gestion de conflit », bien qu’Obama soit convaincu que « la paix est à la fois possible et nécessaire  ».

Selon Albert Einstein, « faire la même chose encore et encore et en attendre des résultats différents » est une « folie  », mais c’est exactement à ce que John Kerry semble avoir réussi après six jours de navettes diplomatiques au Moyen-Orient depuis son assermentation comme secrétaire d’État des États-Unis.

À moins que la question des colonies soit abordée dans le cadre du droit international et du droit humanitaire, de même que dans le respect des résolutions des Nations-Unies, Kerry se tirera lui-même une balle dans le pied et sa réussite dans sa mission de paix sera pire que son échec. La récente mesure anti-colonies prise par l’Union européenne met en relief cette réalité.

Cependant, Kerry semble, à l’entendre, déterminé à poursuivre sa mission sur la base des termes de référence contradictoires fixés par la lettre officielle de l’ancien Président US George W. Bush adressée à l’ancien Premier israélien Ariel Sharon, en avril 2004, lettre dans laquelle les États-Unis s’engagent à annexer les principales colonies juives à Israël, à retracer ses frontières en conséquence et à exclure le droit au retour des réfugiés palestiniens de tout accord futur sur la résolution du conflit arabo-israélien dans une Palestine pacifique.

Les premières priorités à l’ordre du jour de ces négociations relancées sont les frontières et la sécurité ; Israël n’a jamais défini ses frontières ni respecté les frontières fixées par la Résolution 181 de 1947 ; au nom de la sécurité, les frontières qu’il exige compromettraient la viabilité de tout État palestinien en Cisjordanie.

Du point de vue des États-Unis et d’Israël, la « reprise des négociations est vue comme un objectif en soi » selon Ghassan al-Khatib, ancien porte-parole de l’Autorité palestinienne (AP).

David Ignatius, le 2 août, a qualifié les efforts de Kerry de « mission impossible », et dit que s’ils échouaient, « cette fois, il en coûterait cher aux parties  » ; il décrit les négociations engagées comme une « sorte de petit piège où, une fois que la proie y est tombée, il lui est difficile d’en sortir sans réaliser… la paix, ou sans se nuire à elle-même. »

En effet, à long terme, la réussite des négociations réengagées met en garde contre la création d’un environnement politique qui donnerait une « légitimité  » à une nouvelle agression militaire israélienne contre la bande de Gaza dans le but d’y éradiquer la « résistance armée », et avec la bénédiction manifeste du parrain américain des négociations et celle, discrète, des « partenaires arabes pour la paix  ».

Pourtant, l’échec attendu des efforts de Kerry pourrait être pire que celui du sommet de Camp David en septembre 2000 avec le regretté dirigeant palestinien Yasser Arafat, l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak et l’ancien Président américain Bill Clinton.

En envoyant ses négociateurs à Washington, le Président palestinien Mahmoud Abbas compromet une fois de plus sa crédibilité personnelle, mais pire encore, il risque une implosion palestinienne dans le cas d’un succès, mais dans le cas où les négociations échouent, il risque une explosion des Palestiniens qui se révolteraient et contre son AP et contre l’occupation israélienne.

Abbas s’est déjà mis à dos ses vieux alliés parmi les membres de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) – dont le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), considéré comme la troisième force palestinienne influente après ses deux rivaux Fatah et Hamas –, alliés qui l’accusent de se rétracter sur leur consensus existant de ne pas reprendre les négociations sans qu’il y ait, d’abord, un arrêt de l’expansion des colonies de peuplement israéliennes.

La réconciliation nationale entre l’OLP et le Hamas sera mise de côté au moins pendant les neuf mois que les négociateurs ont donné à la durée de leurs négociations.

Sa décision a écarté également toute nouvelle tentative de rejoindre des organisations internationales afin de tirer parti de la reconnaissance de la Palestine par l’Assemblée générale des Nations-Unies en tant qu’État non membre en septembre 2012.

Les nouveaux pourparlers ne sont que le « début du début » d’un « long processus » dans lequel « il n’y a aucune garantie » de réussite, affirme l’ancienne secrétaire d’État Madeleine Albright.

Tout ceci se résume à donner plus de temps à Israël pour dicter les frontières qu’il juge « sécurisées », en créant de nouvelles réalités sur le terrain dans les TPO. Pour les Palestiniens, c’est une perte de temps qui les éloigne davantage de leur rêve pour une patrie nationale dans un État indépendant. Pas surprenant dès lors que le Premier israélien Benjamin Netanyahu, le 27 juillet, ait déclaré que la reprise des négociations est « d’un intérêt stratégique vital pour l’État d’Israël ».

Le succès personnel de Kerry est d’avoir amené les Palestiniens à se faire duper une fois de plus en se précipitant dans des négociations sur un « statut définitif », ce qui est la meilleure façon de dispenser Israël du respect de ses engagements stipulés dans les accords « intérimaires » qu’il a signés avec l’OLP.

L’amère expérience passée

L’opposition à la reprise des négociations, largement répandue chez les Palestiniens, accuse Abbas d’être un « croyant  » de la paix sur le point « de se faire piquer deux fois au même endroit  » (1), faisant référence à l’issue sanglante du sommet de Camp David organisé aux USA en septembre 2000.

Ensuite, l’administration US de Clinton a fait pression sur Arafat pour des négociations sur le « statut définitif ». Barak, alors Premier ministre, a trouvé dans les négociations sur le statut définitif de Camp David un prétexte en or pour ne pas mettre en œuvre la troisième étape des accords d’Oslo, à savoir le retrait des forces d’occupation israéliennes d’environ 95 % de la Cisjordanie et de les rendre à l’AP.

Relier la Cisjordanie et la bande de Gaza par un « couloir » qui permet une libre circulation entre elles des personnes et des marchandises est un autre engagement qui n’a pas été honoré par Israël.

« Essayer  » et échouer est mieux que de « ne rien faire » a dit Kerry, mais l’échec du sommet trilatéral de Camp David a conduit à la deuxième Intifada (soulèvement) ; tant l’échec que le soulèvement ont été des prétextes supplémentaires pour les gouvernements israéliens successifs pour ne pas respecter leurs deux obligations ; en outre, ces deux prétextes ont été la justification qu’ils ont utilisée pour réoccuper militairement les zones de l’AP et coordonner avec les USA la « liquidation » d’Arafat et le « changement » de son régime.

La question cruciale des colonies de peuplement illégales israéliennes en Cisjordanie sera décisive dans les nouvelles négociations parrainées par Kerry. Le 29 juillet, James M. Wall écrivait : « Israël joue le jeu du processus de paix non pour restituer des biens mal acquis, mais pour les protéger » ; les colonies viennent en tête de ces « gains » ; elles ont été « gagnées » sous le couvert du « processus de paix », avec la bénédiction tacite du négociateur palestinien bien intentionné qui n’a pas fait de leur retrait une condition préalable à la reprise et dès le début des négociations de paix.

Le Sommet de 2000 a échoué à cause de l’insistance israélienne à poursuivre la construction des colonies de peuplements, surtout dans l’est de Jérusalem, ce qui a voué à l’échec le processus de paix lancé à Madrid en 1991. Les négociations reprises par Kerry se sont ouvertes alors que se poursuit sans relâche l’expansion coloniale. Maintenant il apparaît qu’il est trop tard pour Abbas de corriger cette grave erreur. Pas étonnant que l’échec des négociations semble inévitable et il ne fera que consolider l’impasse palestino-israélienne.

La Conférence Herzliya 2013 d’Israël a conclu : « Le statut quo dans les territoires palestiniens n’est pas viable, et certainement pas durable… la poursuite de l’impasse israélo-palestinienne est intenable. Elle conduira à un soulèvement massif public palestinien avec des violences sporadiques  ».

Obama a appelé les négociateurs à « aborder ces pourparlers en toute bonne foi », mais le secrétaire général du comité exécutif de l’OLP, Yasser Abed Rabbo, s’est interrogé sur la « bonne foi » des USA et d’Israël qui « ont conféré sur la sécurité » sans les Palestiniens, comme s’il s’agissait de leur « sécurité bilatérale » alors que la sécurité est une « question centrale et fondamentale pour nous et concerne notre avenir dans son ensemble ». Le partenaire israélien d’Abed Rabbo dans l’Initiative de Genève, l’ancien ministre Yossi Beilin, a écrit dans The Jerusalem Post du 30 juillet, qu’il « s’interrogeait sur la « bonne foi » de Netanyahu qui, « tout au long de sa carrière politique, est revenu sur tout ce qu’il a dit ».  »

Ne tenant aucun compte de l’expérience amère de vingt années de processus de paix, et d’une forte opposition intérieure, Abbas semble s’être volontairement laissé entraîner dans son dernier test de la crédibilité des USA en tant que médiateurs, lequel décidera de sa carrière politique, à 76 ans.

(1) Le Prophète Muhammad a dit « lâ yuldighu-l mu’minû min juhrin marratayn, » : « The believer is not stung from (the same) hole twice » (http://www.answering-islam.org/Responses/Zaman/stung.htm)

Nicola Nasser est un journaliste arabe qualifié basé à Bir Zeit, Cisjordanie, Territoires palestiniens occupés. – Contact : nassernicola@ymail.com
Cet article a été rédigé pour PalestineChronicle.com

source

Du même auteur, et sur ces négociations : Kerry s’est servi de la Ligue arabe pour faire plier les Palestiniens

Autres articles sur ces négociations :

- Comment peut-on reprendre des négociations qui n’ont jamais eu lieu ? – Ramzy Baroud
- Des discussions inutiles, mais aussi lourdes de danger – Jonathan Cook
- La cause palestinienne n’a jamais dans le passé subi une telle trahison – Abdel Bari Atwan
- Un processus de paix qui protège Israël – Ben White
- Un processus de paix « vital » pour… Israël – Alain Gresh
- Abbas se voit déjà le président d’un prochain bantoustan palestinien – Haidar Heid
- Feuille de route pour l’Apartheid – Mohammed Ayoob
- Abbas s’engage dans des discussions vides de sens – Malik Samara
- Pour le Hamas, Abbas n’a aucun mandat pour négocier quoi que ce soit – Russia Today
- John Kerry a tout faux sur la question palestinienne – Karroubi Habib
- L’illusion Oslo – Adam Hanieh

RIP, mes chéris


Face à face à Catane

samedi 10 août 2013, par La Rédaction

Six migrants se sont noyés en tentant de débarquer à l’aube sur une plage de Catane (Sicile – Italie) d’un bateau transportant une centaine d’immigrés, provenant surtout de Syrie et d’Égypte. « Nous avons été alertés peu après 5h30 (3h30 GMT) qu’un bateau s’était ensablé en face d’un établissement balnéaire » à Plaia di Catania, a expliqué à l’AFP le commandant Roberto D’Arrigo, porte-parole de la Capitainerie du port de la grande ville sicilienne. (10-08-2013 – Avec les agences de presse)
(Photo par Dario Azzaro)

Qui part encore en reportage en Syrie ?


AFP PHOTO/HO/SANA Les reportages en Syrie rédigés par des journalistes étrangers se font rares. En cause, bien sûr, les mille et uns dangers que les reporters doivent affronter s’ils choisissent de se rendre dans ce pays. Du coup, les journalistes « freelance » (indépendants) deviennent majoritaires pour couvrir ce terrible conflit.

Dès les premiers mois de 2011, quand la contestation a commencé à prendre forme en Syrie, le régime a décidé de n’accorder de visas aux journalistes étrangers qu’au compte-gouttes. Les demandes émanant d’organes jugés défavorables étaient rarement honorées (comme celle du Soir en avril de cette année-là, qui ne reçut jamais de réponse de l’ambassade à Bruxelles). En revanche, des journalistes considérés comme « fiables » par le régime (des Russes, par exemple) n’éprouvaient pas ces difficultés.

Peu à peu, alors que la violence prenait le dessus, à partir de l’été 2011, des journalistes occidentaux ont pris le parti de passer en Syrie par des voies non officielles, par des chemins de contrebande à la frontière libanaise ou, plus souvent, turque. Pour se retrouver, donc, côté rebelles. De septembre à décembre, ils furent des dizaines sinon même bien plus à franchir ce pas. Cela a donné des reportages édifiants sur de nombreuses chaînes.

France 2 avait ainsi diffusé deux reportages saisissants à l’automne 2012. Est-ce pour punir la chaîne (et punir en même temps la France, « coupable » d’avoir pris parti pour les rebelles) qu’un guet-apens a été tendu par le régime le 11 janvier 2011 au reporter de France 2 Gilles Jacquier à Homs ? C’est en tout cas la thèse d’un livre convaincant (1) écrit par la compagne du journaliste, elle-même photographe, et deux journalistes suisses, qui accompagnaient tous trois notre confrère qui a perdu la vie ce jour-là.

En l’espèce, l’un des buts additionnels espérés aurait été de dissuader les reporters du monde entier de se rendre dans l’enfer syrien. Mais, si la Syrie est peu à peu désertée par les journalistes étrangers, c’est sans doute plus en raison des risques rencontrés en zones rebelles (compte tenu que l’entrée dans la Syrie sous contrôle du régime reste soumise à l’obtention de rarissimes visas).
Risques ? Celui de rencontrer la mort, bien sûr, ou de subir de graves blessures, comme notre consoeur française Edith Bouvier en mars 2012 à Homs encore (2). Mais le danger majeur, c’est aussi et surtout, désormais, la possibilité d’être victime d’un kidnapping. Si Reporters sans frontières répertorie 24 journalistes tués en Syrie depuis 2011, les chiffres sont volontairement moins précis pour les confrères retenus en otages par les diverses factions (ou, éventuellement, emprisonnés par le régime). Il y aurait une quinzaine de journalistes étrangers sans doute kidnappés.

Parmi les disparus, on citera en premier lieu le Belge Pierre Piccinin, qui n’est pas à proprement parler un journaliste mais qui s’était rendu pour la énième fois en Syrie au début du moi d’avril dernier afin de témoigner. Avec son ami Domenico Quirico, reporter de La Stampa, Pierre Piccinin aurait été enlevé par un groupe non identifié après avoir franchi la frontière libanaise. Les deux hommes ont réussi à donner un coup de téléphone à leur famille le 6 juin, mais depuis lors un inquiétant silence prévaut à nouveau.
De leur côté, les Français Didier François et Edouard Elias, envoyés par Europe1, ont disparu le 6 juin dernier alors qu’ils étaient en route pour Alep, dans le nord. Le plus inquiétant, dans la plupart des cas, c’est qu’on n’entend même pas parler de demandes de rançon ou d’échanges de prisonniers. Peut-être, parfois, des tractations se déroulent-elles entre ravisseurs et autorités nationales sans que la presse soit tenue au courant.

Compte tenu de ce sombre tableau bien à la mesure de la situation chaotique en Syrie, on ne s’étonnera guère de voir les rédactions hésiter à envoyer leurs journalistes dans ce chaudron. Résultat : à quelques exceptions près (3), ceux qui y vont encore sont des « freelance », des indépendants. Lesquels, pourtant, éprouvent les pires difficultés à vendre leurs papiers, car le conflit syrien s’est d’une part banalisé – les journaux ne rapportent même plus le nombre de victimes quotidiennes, qui se comptent pourtant en centaines… – mais, d’autre part et surtout, il s’est complexifié, il est devenu impropre aux analyses manichéennes, aux papiers faciles à vendre.

L’un de ces journalistes indépendants, l’Italienne Francesca Borri, a publié en juillet un article hallucinant sur le site Columbia Journalism Review (4) dans lequel elle décrit les conditions de son travail. Cet extrait servira d’éloquente conclusion : « Les journalistes freelance sont des journalistes de seconde zone – même s’il n’y a que des freelance ici, en Syrie, parce que c’est une guerre sale, une guerre du siècle dernier ; c’est une guerre de tranchée entre des rebelles et des loyalistes qui sont si proches qu’ils se hurlent dessus pendant qu’ils se mitraillent. Quand vous découvrez la ligne de front, vous n’en revenez pas, avec ces baïonnettes que vous n’avez jamais vues que dans les livres d’histoire. Les guerres modernes sont des guerres de drones, mais ici ils combattent mètre par mètre, rue par rue, et on en chie de peur ».

BAUDOUIN LOOS

(1) Attentat Express, par Caroline Poiron, Sid Ahmed Hammouche et Patrick Vallelian (Seuil, 2013).
(2) Edith Bouvier a raconté son expérience dans un livre, Chambre avec vue sur guerre, chez Flammarion (2012).
(3) Parmi ces exceptions, le reportage retentissant réalisé par Jean-Philippe Remy et Laurent Van der Stockt, nos confrères du Monde en mars-avril et publié en mai, par lequel ils avaient réussi à valider la thèse que le régime recourt bien aux armes chimiques même si c’est de manière sporadique.
(4) Il a été traduit dans plusieurs langues. On le trouve notamment en français sur le site du Nouvel Observateur.

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Des Afro-Américains condamnent la vague montante de racisme en Israël


mardi 6 août 2013 – 06h:35

Les Afro-Américains pour la Justice au Moyen-Orient et en Afrique du Nord


Ces dernières années, Israël a connu une vague montante de tendances doctrinaires acceptées par la société, s’en prenant particulièrement aux demandeurs d’asile africains et aux Palestiniens, attisées par des personnalités religieuses et politiques marquantes.

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Mai 2012 : rassemblement « anti-immigrés » organisé par la frange la plus raciste et la plus xénophobe de la société israélienne

Nous, soussignés, condamnons avec la plus grande fermeté les récents propos racistes tenus par le nouveau grand rabbin ashkénaze nouvellement élu, David Lau, propos qui se réfèrent aux joueurs afro-américains de basket jouant en Israël comme à des « kushim », terme péjoratif équivalent à « nigger » (nègres, négresses). Rabbi Lau, représentant du gouvernement, payé par l’État, et qui a un mandat prévu de dix ans comme l’un des deux grands rabbins officiels israéliens, a fait ces remarques offensantes à de jeunes étudiants religieux juifs alors qu’il les mettait en garde de ne pas regarder les sports télévisés comme le basket. Après qu’il ait été critiqué par des militants antiracistes, le rabbin Lau a été défendu par Natfali Bennet, ministre des Services religieux d’Israël et leader du parti Foyer juif.

Malheureusement, les sentiments exprimés par le rabbin Lau reflètent un problème plus large de racisme au sein de la société israélienne. Ces dernières années, Israël a connu une vague montante de tendances doctrinaires acceptées par la société, s’en prenant particulièrement aux demandeurs d’asile africains et aux Palestiniens, attisées par des personnalités religieuses et politiques marquantes. En juin 2012, le ministre de l’Intérieur israélien d’alors, Eli Yishai, a déclaré qu’Israël « appartient à nous, à l’homme blanc  », réagissant à une question sur les demandeurs d’asile musulmans. Le mois précédent, des politiciens israéliens, et parmi eux le Premier ministre Benjamin Netanyahu et des membres de son parti le Likoud, ont contribué à lancer une vague de violences contre les Africains avec des propos insufflant la peur et l’excitation contre les demandeurs d’asile. Dans un cas, le parlementaire du Likoud, Miri Regev, a décrit les réfugiés africains comme « un cancer dans notre corps  » lors d’un rassemblement à Tel Aviv qui a dégénéré en ce que la presse locale a qualifié d’ « émeute raciale  », dans laquelle des personnes d’origine africaine, prises au hasard, ont été agressées dans la rue. Dans les mêmes moments, une série d’incendies et d’attaques violentes a été déclenchée contre les Africains en Israël. La situation était si mauvaise qu’un groupe d’ambassadeurs de pays africains s’est plaint au ministère des Affaires étrangères d’Israël que les diplomates africains avaient peur de marcher dans la rue.

La situation des Palestiniens vivant en Israël et dans les territoires occupés n’est pas meilleure. Ceux qui sont citoyens d’Israël souffrent d’une discrimination méthodique en tant que non juifs vivant dans un État autoproclamé « État juif », pendant que ceux qui vivent sous le joug militaire israélien se voient refuser les droits politiques et civils les plus élémentaires, lesquels sont accordés aux colons juifs qui vivent dans les colonies illégales à côté d’eux, simplement parce qu’ils ne sont pas juifs. De plus en plus, le monde reconnaît le régime qu’Israël a institué dans les territoires qu’il contrôle entre le Jourdain et la Méditerranée comme une forme d’apartheid.

En tant qu’Afro-Américains, et en tant que citoyens des États-Unis, État qui fournit un énorme soutien économique, militaire et diplomatique à l’État d’Israël, nous sommes scandalisés par la déclaration raciste du rabbin Lau, par l’absence de la condamnation de la part des dirigeants israéliens et américains qu’elle aurait dû engendrer, et par le développement préoccupant d’attitudes ouvertement racistes manifestées en Israël contre les Africains, les Palestiniens, et d’autres. Nous demandons au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et au Président Barack Obama, et à toutes les personnes de conscience, de condamner les propos du rabbin Lau et la culture grandissante de l’intolérance et d’un racisme sans retenue dans la société israélienne qu’ils représentent, et nous demandons son retrait immédiat de sa fonction de grand rabbin ashkénaze.

Alors que les négociations entre Israéliens et Palestiniennes reprennent sous le vocable de processus de paix sous l’égide des États-Unis, qui devrait inclure une exigence soutenue par l’administration Obama que les Palestiniens reconnaissent officiellement Israël en tant qu’ « État juif », nous exhortons aussi les politiciens et toutes celles et ceux qui sont concernés à reconnaître et aborder l’aggravation du racisme et des discriminations dont souffrent les Palestiniens et les autres citoyens non juifs d’Israël. Ne pas le faire se traduirait par une perpétration des injustices faites au peuple palestinien, et du conflit entre Israéliens et Palestiniens, quels que soient les résultats de toutes négociations.

Signataires

Kali Akuno
Dr. Adisa A. Alkebulan
Carl Bloice
Dr. Eduardo Bonilla-Silva
Rev. Dr. Carolyn Boyd
Dr. Gloria Brown
Christopher Cathcart
Felicia Eaves
Bill Fletcher, Jr.
Patricia Ford
Dr. Rhone Fraser
Dr. Angela Gilliam
Rev. Graylan Scott Hagler
Dr. Jennifer F. Hamer
Mark Harrison
Dr. James Jennings
Dr. Robin Kelley
Mel King
Rev. Dr. Phil Lawson
Gerald Lenoir
Dr. Charles Pinderhughes
Dr. Russell Rickford
Dr. Lynn Roberts
Jamala Rogers
Roger Toussaint
Dr. Elijah Ward

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* L’affaire du pédophile gracié par le roi constitue-t-elle un tournant ?


Mohammed VI garde tout le pouvoir

* L’affaire du pédophile gracié par le roi constitue-t-elle un tournant ?

* Elle a mis en lumière le pouvoir absolu du roi… et de son cabinet.

Le « Daniel Gate », la grâce royale accordée à ce pédophile espagnol qui a suscité une extraordinaire indignation populaire au Maroc, forçant le roi à annuler sa décision, restera-t-il dans l’histoire comme un moment clé ? C’est sans doute le vœu d’une partie des citoyens las d’un pouvoir royal aux prérogatives qu’ils jugent exorbitantes.

« Il y aura bien un avant et un après ce 30 juillet 2013 au Maroc (date de la grâce, NDLR). Par une telle décision (aussi involontaire soit elle), le roi – père et protecteur de la nation selon la constitution et l’imaginaire collectif Marocain – vient de bafouer, d’outrer tous les Marocains, et par la même, ruiner 14 années de communication et marketing politique. (…) Quelque chose a changé, et pour toujours. Un rapport entre une grande partie du peuple et la monarchie a été rompu. » : ce constat a été fait le 4 août par l’intellectuel Youssef Oulhote et diffusé sur le site fr.lakome.com.

Comment en est-on arrivé là ?

Quand il prend le pouvoir le 30 juillet 1999 au décès de son père, le très craint Hassan II, Mohammed VI a alors 35 ans. Il jouit d’un préjugé favorable. Ses premières décisions confortent cette impression : il limoge Driss Basri, le ministre de l’Intérieur de son père dont il était l’exécuteur des basses œuvres, il fait revenir le vieil opposant d’extrême gauche banni Abraham Serfaty, il visite les provinces du nord que son père avait délaissées et il se façonne rapidement une image de « roi des pauvres » en affichant sa sollicitude pour les défavorisés.

La suite sera moins glorieuse même si « M6 », comme on le surnomme affectueusement, reste un souverain populaire. Le roi, dit-on, n’éprouve pas un penchant marqué pour la politique. Ses absences, ses vacances, se multiplient, elles sont longues. Ce printemps, ainsi, il partira deux mois en France sans mots dire, laissant la rumeur s’inquiéter pour sa santé.

L’affairisme prend le dessus au palais. Comme l’explique un livre édifiant (1), « la fortune personnelle du souverain a quintuplé depuis son accession au trône ». Aux commandes, on trouve le cabinet royal qui, selon des experts, gère en réalité le Maroc tout entier (y compris avec incompétence, comme l’affaire du pédophile l’a montré).

Cela c’était la version pessimiste. D’autres vantent en revanche un roi habile en économie et en politique. Ainsi, par exemple, quand un mouvement de revendication s’est développé au Maroc à l’éclosion des printemps arabes, au début de 2011, Mohammed VI a rapidement décidé de donner à ses sujets une nouvelle constitution, présentée comme plus démocratique que celle en vigueur. Le texte sera déjà adopté par référendum dès le 1er juillet de la même année !

Certains s’enthousiasment. Comme Baudouin Dupret et Jean-Noël Férié, directeurs de recherche au CNRS qui travaillent au Centre Jacques Berque à Rabat. « Le Maroc est le seul pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à avoir réussi à entamer des réformes suffisamment profondes pour qu’on ne puisse plus se résoudre – sauf de manière polémique – à le qualifier d’autoritaire », écrivent-ils dans la revue Moyen-Orient.

Vraiment ? Ces réformes ne convainquent pas tout le monde. Voici le constat formulé le 10 juillet par Souleiman Bencheikh, de l’hebdomadaire TelQuel : « C’est le roi en personne qui a pris la décision de réformer la Constitution, qui a nommé la commission chargée de la rédiger, qui l’a soumise à référendum, qui a nommé un nouveau chef de gouvernement et son équipe. Le pari implicite des démocrates marocains était que la nouvelle donne politique permettrait au chef de gouvernement de s’émanciper progressivement de la tutelle du chef de l’Etat et de profiter à plein des nouvelles prérogatives que lui octroie la Constitution : choix effectif des membres de son gouvernement (…), responsabilité devant le peuple et non plus devant le roi… Mais là encore, les démocrates sincères en ont été pour leurs frais : la pratique politique des deux dernières années et l’interprétation qui a été faite de la Constitution ont consacré un roi qui règne et gouverne. En d’autres termes, pour reprendre une métaphore sportive, Mohammed VI est à la fois arbitre et joueur. Alors forcément, à la fin, c’est lui qui gagne ! ».

Peu contestent ce constat, même le Premier ministre islamiste Abdelilah Benkirane dit que son parti, le PJD « ne fait que participer au gouvernement ; c’est le roi qui détient le pouvoir ». L’Association marocaine des droits de l’homme met, elle, les pieds dans le plat ce 23 juillet, constatant : « L’essence despotique de la nouvelle constitution est préservée et reste loin des composantes d’une constitution démocratique ».

BAUDOUIN LOOS

(1) Le Roi prédateur, par Catherine Graciet et Eric Laurent, au Seuil (2012)

LE SOIR DU MERCREDI 7 AOUT 2013

Soigner en Syrie: un acte héroïque


05 août 2013 |  Par FocusOnSyria

Je m’appelle Ghassan, j’ai trente cinq ans, et je suis kinésithérapeute. Quand j’ai commencé mes études, il y a 16 ans, je croyais apprendre un métier intéressant, utile aux autres… et tranquille. Pendant des années, j’ai massé des personnes âgées, j’ai fait faire des exercices à des enfants handicapés de naissance, j’ai posé quelques plâtres et rééduqué des entorses.

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Blessé syrien en convalescence dans un hôpital en Jordanie

Et puis la guerre a commencé. Amenant son lot de blessés, hommes, femmes et enfants qui arrivaient jusqu’à moi en morceaux, en loques, et qu’il s’agissait de remettre debout, de faire tenir droit. Je suis un professionnel, mais je n’avais jamais vu ça. Du côté de la technique, petit à petit, les souvenirs de mes cours à l’université sont revenus, mes gestes sont devenus plus précis, j’ai perfectionné mes automatismes en matière de soin des blessés graves, des amputés.

Mais du côté humain, non, décidément, je n’avais jamais vu ça. Je n’étais pas prêt à faire face à ça. D’abord parce leur nombre est immense, et que nous, les soignants, sommes si peu nombreux. Comment choisir vers qui reporter son attention quand quinze blessés arrivent en même temps ? Comment dire non à cette mère en larmes qui vous supplie de vous occuper de son enfant lorsque vous estimez que son cas est moins urgent que celui de ce jeune homme qui, stoïquement, vous laisse relever un pan de sa chemise sur d’épouvantables escarres ? Comment expliquer à cette personne âgée que non, je n’ai aucun fauteuil roulant à lui donner. Nous étions submergés, mais petit à petit, nous nous sommes organisés.

Alors désormais, oui, je suis professionnel, et organisé… mais toujours sur le qui-vive. Qui eut crû que mon métier si tranquille cristalliserait un jour la haine de tant d’ennemis ? Les médecins sont les plus ciblés, mais de manière générale, tout le personnel soignant est visé. Aujourd’hui, dans mon pays, prendre soin d’un blessé sans s’enquérir de son appartenance politique, religieuse ou ethnique est un crime. Aujourd’hui, parce que je continue à soigner mes compatriotes, j’ai des ennemis. Et s’ils me trouvent… je n’ose même pas y penser.

Alors je continue, petit à petit, ces hommes, ces femmes, ces enfants, à les remettre debout, à les faire tenir droit. Du moins physiquement. Mais psychologiquement, qui nous remettra debout ? Je veux vous dire l’histoire de cet enfant de dix ans, Moustafa. Sa famille est pauvre. Il était en 3ème année à l’école primaire, l’équivalent de votre CM1. Un jour, alors qu’il rentrait de l’école, le quartier a été bombardé et Moustafa a été blessé. Les médecins ont dû l’amputer de la jambe gauche. Des fragments avaient atteints son dos et son abdomen et il est paralysé. La dernière fois que je lui ai rendu visite, il m’a demandé, plein d’espoir : « est ce que je pourrai rejouer au football ? » Son père avait les larmes aux yeux, et pour être honnête, moi aussi. J’ai répondu à Moustafa qu’il fallait surtout ne jamais perdre jamais confiance en la vie. Ai-je dit la vérité à cet enfant ?

* Cette histoire est écrite à partir du témoignage de plusieurs kinésithérapeutes syriens, en hommage à tout le personnel soignant et à tous les héros ordinaires de Syrie.

source

D’autres histoires sur la crise syrienne sont à découvrir sur le site www.focusonsyria.org/fr

Liberté d’expression bafouée en Belgique aussi


A Monsieur Charles Picqué

Bourgmestre

Commune de St Gilles

Bruxelles, le 25 juillet 2013

Monsieur le Bourgmestre,

Cher Charles,

Je viens de recevoir copie d’un courrier émanant de vos services (M.Lemaine, réf 15539, copie jointe) adressé à « Bruxelles Action Palestine », lui refusant l’autorisation de distribuer des tracts au marché de la gare du Midi.

Permettez-moi de vous dire mon inquiétude devant ce refus.

Tout d’abord, le motif invoqué : « la forte affluence que connaît ce marché implique que toutes les conditions nécessaire au maintien de l’ordre public soient requises » me paraît consternant.

En effet, ce n’est pas la première fois que « Bruxelles Action Palestine » distribue des tracts sur ce marché et, à ma connaissance, il n’y a jamais eu un quelconque incident. De plus, suivant mes informations, un avis favorable avait été donné par les services de police.

La motivation de ce refus me paraît donc sans fondement et clairement tenir du prétexte.

D’autre part, cette interdiction est inquiétante du point de vue de la déontologie politique.

En effet, les actions de cette association visent à sensibiliser la population belge au drame que vit le peuple palestinien, opprimé depuis des dizaines d’années par un régime colonialiste qui a détruit plusieurs centaines de villages, qui chaque jour vole les maisons, l’eau et les terres, impose des lois d’apartheid, applique le nettoyage ethnique, utilise systématiquement la torture, même sur des gosses de 12 ans (Rapport de l’ONU du 20/6/2013)… tout en se prétendant démocratique.

Comme disait Desmond Tutu : « On est obligé de réagir devant ce drame. Celui qui se veut, ou se prétend neutre a, en réalité, choisi son camp ».

Monsieur le Bourgmestre,

Cher Charles,

Je ne peux croire que le progressiste que j’ai connu naguère entrave la liberté d’expression de ces citoyens belges qui militent pacifiquement pour les Droits de l’Homme.

En espérant sincèrement que cet incident est à mettre au compte d’une erreur administrative et que, dans le futur, cette association recevra un accueil positif à ses légitimes demandes.

Bien cordialement

Rudi

Syrie : Al-Assad promet de réprimer la rébellion «d’une main de fer»


Monde

5 août 2013 à 08:21
Photo fournie par l'agence Sana montrant le président syrien Bachar al-Assad, lors d'un discours à Damas le 4 août 2013.

Photo fournie par l’agence Sana montrant le président syrien Bachar al-Assad, lors d’un discours à Damas le 4 août 2013. (Photo AFP)

Dans un discours télévisé diffusé dimanche, le président syrien a de nouveau fait part de sa détermination à écraser l’insurrection, .

Par AFP

Le président syrien Bachar al-Assad a exprimé dimanche soir sa détermination à écraser d’une «main de fer» la rébellion qui depuis plus de deux ans tente de le renverser, quelques jours après avoir affiché l’image d’un régime sûr de la victoire. «Aucune solution ne peut être trouvée avec le terrorisme, excepté en le réprimant avec une main de fer», a déclaré le président Assad au cours d’une rare allocution retransmise à la télévision publique.

Dans ce discours d’une durée de 45 minutes, le président a encouragé les forces armées à continuer à combattre les rebelles, qualifiés de terroristes par le régime. «La crise ne sera résolue que sur les champs de bataille», a-t-il lancé.

Fort de deux importants succès militaires, Bachar al-Assad avait déjà adressé jeudi un message aux militaires à l’occasion de la fête de l’armée. «Si en Syrie nous n’étions pas sûrs de la victoire, nous n’aurions pas eu la capacité de résister et nous n’aurions pas pu poursuivre (la bataille)» après plus de deux ans de guerre, avait-il souligné. Il avait aussi effectué un rare déplacement hors de Damas dans un ex-bastion rebelle et les autorités avaient diffusé des images de lui saluant des soldats.

Au cours de son discours prononcé dimanche lors d’un iftar-repas de rupture du jeûne, au coucher de soleil, pendant le mois de ramadan-, Al-Assad a par ailleurs estimé que la Coalition nationale syrienne (opposition) a échoué et qu’elle n’a aucun rôle à jouer dans la recherche d’une solution pour mettre fin au conflit qui ensanglante le pays depuis 28 mois. Selon lui, elle «n’est pas fiable» et est «à la solde de plus d’un pays du Golfe».

En présence de personnalités politiques et religieuses, et de membres de la société civile, ll a aussi souligné les «réalisations héroïques de l’armée syrienne dans la défense du pays» et a salué le peuple syrien «pour s’être rangé du côté des forces armées, afin de défendre la Syrie et ses ressources».

Toujours plus de morts sur le terrain

En mars 2011, la Syrie avait connu un mouvement de protestation pour exiger sans succès des réformes démocratiques. Le régime avait déclenché une brutale répression contre l’opposition, qualifiant systématiquement les opposants et les rebelles de «terroristes» et refusant d’admettre l’existence d’une révolte populaire.

La contestation populaire s’est ensuite transformée en insurrection armée qui a fait plus de 100 000 morts selon l’ONU. L’opposition syrienne a affirmé dimanche qu’elle était prête à coopérer à «une enquête impartiale» sur les crimes de guerre commis dans le conflit syrien, répondant ainsi à un appel de Navi Pillay, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme.

Cinq membres d’une famille favorable au régime ont par ailleurs été assassinés dimanche par des hommes armés dans le nord de Damas, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Dans l’ouest du pays, une bataille entre rebelles et forces du régime a causé la mort d’au moins 30 personnes des deux camps dimanche, a également annoncé l’OSDH, et une voiture piégée a explosé à un poste de contrôle de l’armée dans le quartier de Boustane al-Dour, au sud de Damas.

Les forces du régime ont continué leur bombardement de Barzé (nord) et Jobar (est), a précisé l’OSDH qui a fait également état de combats dans le Jabal al-Akrad, dans la province de Lattaquié, au cours desquels 12 rebelles et 19 soldats et supplétifs ont trouvé la mort. Et à Ariha, dans la province d’Idleb (nord-ouest), quatre personnes, dont un enfant, ont été tués dans un bombardement, toujours selon la même source.

Tandis que le conflit a forcé des millions de personnes à fuir leurs foyers, le pays a plongé dans une crise économique sans précédent. L’économie syrienne a ainsi connu une dollarisation croissante en raison de la chute de la monnaie nationale -la livre syrienne (SYP)- qui a perdu les trois-quarts de sa valeur par rapport au dollar, amenant le président Assad a promulgué dimanche un décret interdisant toute transaction commerciale en devises étrangères.

Sur le plan diplomatique, le nouveau président iranien Hassan Rohani a affirmé dimanche que rien ne pouvait affecter les relations de l’Iran avec la Syrie, en recevant à Téhéran le Premier ministre syrien Waël al-Halaqi, selon l’agence officielle Sana.

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