La violence contre les «frères»ne passe pas


Baudouin Loos
Mis en ligne il y a 3 heures

Depuis que l’armée égyptienne, avec l’appui d’une grande partie de la population, a déposé le 3 juillet le Frère musulman Mohamed Morsi qui avait été élu président démocratiquement un an plus tôt, deux carnages ont déjà eu lieu. Si le premier – 53 partisans de Morsi abattus le 8 juillet – avait été le fait de l’armée, celui de la nuit de vendredi à samedi – au moins 72 tués, peut-être beaucoup plus – a été perpétré par la police et des hommes en civil, toujours contre le clan des supporters du « raïs » islamiste déchu. Dans les deux cas, les victimes sont tombées sous les balles des armes à feu de leurs assassins.

Le malaise est grand. Criant. Les principales chancelleries dans le monde ont émis des communiqués faisant état de leurs inquiétudes, recommandant la retenue, etc.

Si l’on en juge par les mobilisations populaires des 30 juin et 26 juillet, Mohamed Morsi ne disposait certainement plus de l’appui de la population. Des millions de gens sont descendus deux fois dans les rues pour clamer d’abord leur exigence de voir le « raïs » se retirer, ensuite, ce vendredi, pour donner à l’armée le « mandat » que son chef, le général Al-Sissi, lui demandait pour « en finir avec le terrorisme et la violence ».

Les Egyptiens qui manifestent contre Morsi et son clan se disent mus par un élan démocratique. Rien ne permet d’en douter. Sauf qu’on n’impose pas la démocratie en tirant à balles réelles sur ses ennemis, fussent-ils considérés comme nuisibles et intolérants.

Il n’est en effet guère contestable que le comportement hégémonique, sectaire et parfois violent du président Morsi et des siens avait engendré un immense sentiment populaire de rejet. Mais la méthode ne passe pas.

Il y a une très douteuse surenchère de la violence de la part de l’armée qui détient à nouveau le pouvoir. Qui connaît d’ailleurs le nom du président par intérim, Adli Mansour, ex-président de la Cour constitutionnelle ? Qu’exerce-t-il comme pouvoir ? Poser la question c’est y répondre. Celui qui tire les ficelles s’appelle donc Abdel Fattah al-Sissi. Ce général est l’homme fort de l’armée, de l’Egypte désormais. Nombre d’Egyptiens qui se sont levés en masse contre Mohamed Morsi et les Frères musulmans lui accordent une confiance aveugle. Les deux carnages qui ont déjà eu lieu depuis le « coup » contre Mohamed Morsi montrent qu’ils auraient sans doute intérêt à chercher une « troisième voie », entre l’intolérance des Frères et la violence de l’armée.

Lettre d’Alep : avec les Syriens que l’on a abandonnés à leur sort


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Jean-Pierre Filiu
Universitaire
Publié le 27/07/2013 à 15h00

Dans les ruelles de la vieille ville d’Alep, au milieu des destructions (JACK HILL/THE TIMES/SIPA)

Chers riverains, je rentre d’un séjour de « terrain » dans les zones « libérées » d’Alep, soit les secteurs tenus par la révolution depuis près d’un an, dans la métropole du nord de la Syrie.

L’enlèvement, le 6 juin 2013, de deux journalistes d’Europe 1, mon ami Didier François et le photographe Edouard Elias, a rendu ce type d’enquête encore plus périlleux. J’ai pour ma part choisi l’immersion dans la résistance civile, plutôt que la « protection » par tel ou tel groupe armé.

J’ai pu constater sur place les multiples stigmates des bombardements gouvernementaux, menés par hélicoptères, par avions, par artillerie et par blindés. J’ai entendu une fois un bombardement aérien, dont je n’ai pas vu l’impact. J’ai aperçu de loin les volutes de fumée provoquées par un tir d’artillerie.

J’ai vu, devant chacun des hôpitaux de campagne, les tentes d’urgence installées en cas d’attaque chimique. Pour mémoire, les services de santé d’Alep, gérés pour la première fois de leur histoire par une municipalité démocratiquement élue, disposent de 10 000 doses d’atropine (à injecter en cas d’exposition au gaz sarin) et de… seize masques à gaz.

Je me suis surtout plongé dans cette population de deux millions de femmes et d’hommes pour qui le retour de la dictature est tout simplement inconcevable. Les pilonnages récurrents ne font qu’intensifier la haine contre « l’âne », « le chien » ou « le canard », ainsi qu’est indifféremment désigné Bachar al-Assad par ses anciens sujets.

L’effroi des missiles Scud

Mais de toutes les armes dont le despote frappe les civils insoumis, ce sont les missiles Scud qui suscitent l’effroi le plus intense. Ces missiles balistiques sont en effet tirés depuis la banlieue nord de Damas, à 300 kilomètres de là, pour s’abattre sur des zones résidentielles de manière aveugle. Il n’y a pas de précédent à la perpétration d’un tel crime de guerre à l’encontre d’une population désarmée.

Ce soir du 26 juillet, dans le quartier de Bab Nayrab, les familles s’étaient réunies, comme dans les autres foyers musulmans d’Alep, pour partager le repas de rupture du jeûne du Ramadan.

Un missile sol-sol s’est abattu sur l’immeuble. 35 cadavres auraient été extirpés des décombres, dont ceux de 19 enfants.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) ne confirme sur le moment que dix victimes, précisant que le bilan peut rapidement s’alourdir. Les secours s’activent dans la nuit à la lumière des projecteurs. En voici l’enregistrement vidéo mis en ligne par des « reporters-citoyens » de l’Aleppo Media Center (AMC).

Alep

Ces Syriens que l’on a abandonnés à leur sort…

J’entends déjà de bons esprits affirmer qu’un bilan aussi tragique doit être confirmé de « sources indépendantes ». Mais où trouver ces fameuses « sources » quand l’ONU s’interdit l’accès aux zones révolutionnaires, quand les actions humanitaires y sont ciblées et quand les journalistes étrangers y sont enlevés ?

Alors laissons à ces Syriens, que l’on a abandonnés à leur sort, le droit de compter leurs morts.

Une autre tentation pourrait être de dresser un parallèle entre ce massacre de civils par la machine de guerre Assad et les revers sanglants essuyés ces derniers jours par les forces gouvernementales au sud-ouest d’Alep (l’opposition a même dénoncé l’exécution sommaire de dizaines de prisonniers par un groupe jihadiste).

Comme si les crimes des uns excusaient les crimes des autres. Comme si des civils désarmés ne devaient pas être protégés par toutes les garanties du droit international.

Les fantômes de Guernica

En septembre 2012, Le Monde avait rompu avec sa pratique éditoriale en publiant sur une double page l’image d’un bombardement à Alep et le témoignage des deux reporters qui y avaient assisté. Ce texte évoquait avec émotion les fantômes de Guernica. Dix mois plus tard, des images comparables en provenance d’Alep ne provoquent plus que l’indifférence.

Il est 14 heures en ce 27 juillet et, à ma connaissance, pas un organe de presse occidental n’a encore rapporté le massacre de cette nuit à Alep.

Il est vrai que, ce samedi matin, deux nouveaux raids aériens ont frappé deux autres quartiers d’Alep, Bustan al-Qasr et Maadi.

Alors que l’on ne nous parle plus de ce « monde transparent », de cette « conscience universelle », de « l’impossibilité pour un dictateur de massacrer aujourd’hui son peuple ». Qu’on ne nous en parle plus, car Bachar al-Assad le fait depuis 28 mois, et il s’en porte très bien.

Durant l’été 2012, j’avais eu le triste privilège d’annoncer, à vous riverains, un massacre de civils en cours à Daraya, dans la banlieue de Damas.

Le carnage n’avait fait que quelques lignes dans nos quotidiens. La Syrie nous lasse, elle nous fatigue. Nous avons tellement hâte qu’elle disparaisse de notre horizon que certains en viennent à souhaiter, de moins en moins discrètement, que Bachar écrase ses opposants une fois pour toutes. Et qu’on n’en parle plus.

Cela ne sera pas, car les révolutionnaires de Syrie sont allés trop loin pour jamais reculer. Ni les Scud, ni les gaz ne parviendront à les briser.

Le graffiti préféré que je ramène d’Alep est le suivant :

« La révolution que nous voulons, c’est la révolution de la vie. »

Et c’est ce message d’espoir que je vous ramène, malgré tout, d’Alep, chers riverains.

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Mort du hacker Barnaby Jack, détrousseur de distributeurs


Le Monde.fr | 29.07.2013 à 04h32 • Mis à jour le 29.07.2013 à 07h42

L’un des plus célèbres hackers de ces dernières années, Barnaby Jack, 35 ans, a été retrouvé mort, jeudi 25 juillet, dans son appartement de San Fransisco. Les causes de sa mort n’étaient pas connues dans l’immédiat.

Fer de lance du mouvement des « White hat », l’informaticien de génie s’était fait remarquer en 2010, lors de la célèbre conférence annuelle sur la sécurité informatique, Black Hat, à Las Vegas. Sur scène, il était parvenu à montrer en direct comment vider le contenu de distributeurs automatiques sans débiter aucun compte client. Comble de l’exercice : le hacker avait même montré deux techniques différentes pour cette même opération, l’une impliquant un déplacement physique jusqu’au distributeur, l’autre se faisant depuis un ordinateur à distance. Une technique de piratage qui a depuis été surnommé le « jackpotting ».

Pour parvenir à ce résultat, l’homme, d’origine néo-zélandaise, avait acheté deux distributeurs sur Internet – à 2000 dollars l’unité – qu’il avait installés chez lui. Il en avait alors étudié le fonctionnement pendant près de deux ans.

 

« UN BON GARÇON »

Dans une interview à la chaîne néo-zélandaise TV3, Barnaby Jack expliquait être « un bon garçon » qui avait mené ces recherches « simplement pour prouver la faiblesse des dispositifs électroniques du quotidien ».

 

MATÉRIEL MÉDICAL ET « HOMELAND »

Expert en sécurité des données, Barnaby Jack s’était ensuite particulièrement intéressé aux faiblesses des dispositifs électroniques dans le domaine médical. Le hacker avait ainsi démontré la dangerosité des injecteurs à insuline, qu’il était parvenu à programmer à une distance de 100 mètres de l’appareil pour injecter une dose mortelle au patient. Suite à ces révélations, certaines entreprises spécialisées dans le domaine médical avaient modifié la composition de leur matériel.

Cette année encore, la présence de Barnaby Jack était très attendue à la conférence Black Hat, où il devait présenter ses dernières recherches sur les faiblesses des pacemakers. Inspiré par une scène de la série Homeland, il devait en effet amener la preuve qu’il est possible de tuer quelqu’un en désactivant son pacemaker à une distance de 10 mètres ou moins.

« NOTRE PIRATE BIEN-AIMÉ »

Dans un communiqué, les organisateurs de la conférence ont déploré la mort d’un homme « de légende qui restera irremplaçable ». Le communiqué annonce également qu’un hommage lui sera rendu par la communauté des hackers, en lieu et temps où il était supposé tenir sa conférence.

 » Nous avons perdu mais n’oublierons jamais notre pirate bien-aimé, Barnaby Jack nous a quitté. Il était un maître du hacking et un grand ami « , a écrit pour sa part sur Twitter l’entreprise IOActive, pour laquelle Barnaby Jack était chargé des questions de sécurité.

source

Israël perd ses derniers amis


La décision européenne bouscule également au sein des organisations juives européennes, faisant bouger les lignes. Ici le « Centre Communautaire Juif de Belgique », engagé dans JCall.
L’usage voulait d’une satisfaction d’une position « modérée », renvoyant à des responsabilités « partagées » (entre colons et palestiniens), à un appel flou à la reconnaissance d’une Palestine, à des regrets face aux actions de solidarité internationale par le boycott…
Et là, la mesure européenne devient déjà symbolique d’une fin de ce double jeu. A reculer toujours, à trouver d’inépuisables prétextes, s’annonce un désastre diplomatique pour Israel et l’entrée dans un gouffre de violence et de haine encore jamais rencontrés.
Voici ce texte venu de Belgique, de milieux sionistes de « gauche » (molle) :

Dilemme.
Entre les colons et l’UE, Israël doit choisir
Rubrique: Israël

Qu’apportent-elles à Israël ?
Encore une bataille de perdue pour l’Etat juif. En Europe cette fois. Et toujours à cause de cette politique d’occupation qui isole sans cesse davantage le pays.
Lentement, inéluctablement, Israël perd ses derniers amis. Cette fois, c’est l’Europe qui a adopté ce 16 juillet, une directive excluant à partir de 2014 la Cisjordanie, Jérusalem-Est et le Golan de ses futurs accords économiques ou financiers avec lui.
Un nouveau rappel de cette réalité que la droite israélienne s’échine à ne pas accepter : le pire ennemi d’Israël, ce n’est ni le Hamas, ni le Hezbollah ni même l’Iran mais sa politique de colonisation.
Celle-ci cristallise les haines contre Israël et, dans une moindre mesure, contre la Diaspora. Elle isole l’Etat juif, le transforme en paria : aucun Etat au monde –pas même les Etats-Unis- ne l’accepte. Et le nombre de ceux qui, souvent par amitié, la tolèrent ne cesse de diminuer.
Qui, hors des idéologues ou des illuminés, peut croire qu’une telle situation n’est pas porteuse de ruine, de sang et de mort ? Mais, pour le malheur du peuple juif, ce sont précisément ceux là qui dominent la coalition au pouvoir en ce moment.
Eux qui réagissent à la décision européenne par l’insulte ou la menace : « Une directive parfaitement déconnectée de la réalité, à l’image de l’Europe elle-même » » (Silvan Shalom, ministre du Développement).
« Un acharnement disproportionné dénué d’importance » pour le ministre de la Défense, Moshé Yaalon qui poursuit : « Nous continuerons donc à agir en fonction de notre politique et de nos intérêts ».
Même son de cloche chez le ministre de l’Economie, Naftali Bennett et Zeev Elkin, ministre adjoint des Affaires étrangères:
« Jusqu’à maintenant, nous étions prêts à accepter des gestes pour les Palestiniens mais si l’Europe frappe et que la pression internationale ne diminue pas, il n’y a aucune raison de faire le moindre geste. »
Sans parler des déclarations folkloriques des sites qui les soutiennent et qui s’époumonent à qui mieux mieux : « une directive antisémite »… « L’Europe interdit aux Juifs le droit de vivre où ils le souhaitent » Ou encore : « L’Europe veut une Palestine judenrein comme les nazis »
On en passe et des pires. Tout cela est fort distrayant mais après ? Le reste du gouvernement israélien est-il vraiment prêt, comme le suggèrent tous ces braves gens, à envoyer l’Europe au diable où elle retrouvera d’ailleurs à peu près tous les autres Etats de la planète ?
Une occupation dénuée de tout avantage
Probablement pas le ministre des Affaires stratégiques, Youval Steinitz qui tente de rassurer en expliquant que «cette directive administrative énervante »ne s’appliquera « qu’aux futurs accords et pas à ceux déjà signés »
Ni Tzipi Livni, la ministre de la Justice qui assure : « C’est triste qu’on en soit arrivé là mais maintenant tout le monde comprend que les négociations sont le seul moyen de protéger nos intérêts diplomatiques »
Ni même Benjamin Netanyahou que sa position oblige à une certaine lucidité. Certes, il a roulé des mécaniques sur le mode : « Ce gouvernement n’acceptera jamais de diktats de l’extérieur sur nos frontières ». Virils propos à l’usage de son extrême droite.
Mais au-delà de ces concessions verbales, il sait la folie que ce serait de renoncer à tout nouvel accord de coopération avec l’UE. Une catastrophe pour un pays résolument ancré dansc le libre échange et la mondialisation.
L’Europe est le 1er partenaire commercial d’Israël (32% de ses importations et 24% des exportations). D’autre part, comment pourrait-il apposer sa signature en bas de textes excluant du territoire israélien les territoires occupés après 1967 ?
Ce serait amènerait l’implosion de sa coalition et entraînerait sans doute sa mort politique. Certes, on peut supposer qu’en bon politicien, il trouvera un compromis boiteux tant avec l’UE qu’avec son aile droite.
Mais cela ne règlera pas le problème de fond : la majorité des Israéliens désirent vivre dans un pays ouvert et moderne. Dans la paix, la sécurité et, si possible, une certaine prospérité. Mais les fantasmes historiques ou religieux d’une minorité les en empêchent.
Et à quelles fins ? L’occupation de la Cisjordanie coûte du sang et de l’argent et n’apporte rien à Israël, ni aux niveaux militaires ou économiques. Moins encore d’un point de vue diplomatique.
Jusqu’à présent la droite dure a cependant pu imposer sa volonté en utilisant un argument puissant, imparable: les Palestiniens refusent tout accord sérieux, ils ne veulent pas la paix. Cela est discutable mais admettons.
Dans ce cas, pourquoi Israël n’affirme-t-il pas qu’il ne conserve les territoires occupés que jusqu’à ce qu’en face, on soit prêt à a négocier et signer de véritables accords ? « Conserve » et non « bouleverse ». Plus de nouvelles colonies ni d’aides à celles qui existent déjà.
Pourquoi encourager des Israéliens à s’installer à l’étranger ? Une stratégie acceptable par nombre de pays dont ceux d’Europe., efficace et rationnelle. Mais la raison a-t-elle encore droit de cité dans un Etat régi par les colons ?

Jeudi 18 juillet 2013
Ouri Wesoly

Pourquoi cette inertie ?


Quand je vois que l’on descend facilement dans la rue pour soutenir telle ou telle cause que je partage, je suis toujours surpris de constater que les événements en Syrie mobilisent si peu de personnes.

Que certaines personnes aient des avis divergents sur la façon (armée ou diplomatique) de régler ce conflit, je le vois bien.

Toutefois, les opposants à une intervention armée ou une aide en armement m’étonnent un peu. Je m’explique.

– Pourquoi je ne les vois pas organiser quoi que ce soit pour dénoncer les massacres ? (une petite manif pour dire STOP, juste STOP, ça va pas leur bouffer leur soirée)

– Pourquoi je les vois pas dénoncer un régime tyrannique (je crois que sur ce point on ne tergiverse pas) ?

– Pourquoi je ne les vois pas faire pression sur les détenteurs du droit de veto pour que ceux-ci condamnent le régime de Damas ? (j’ai bien dit pression diplomatique pas lâcher de bombe nucléaire sur la tronche de bachar)

– Pourquoi je ne les vois pas dénoncer les livraisons d’armes à al assad par la Russie (oh pardon, ces armes sont livrées légalement dans le cadre de contrats antérieurs à la révolte alors que si certains pays occidentaux faisaient pareils on se serait prompt à les dénoncer, moi en tête) ?

– Pourquoi je ne les vois pas dénoncer la présence de l’Iran, du Hezbo, d’Irakiens auprès d’al assad (c’est pas de l’ingérence étrangère peut-être) ?

De la part de l’extrême-droite, je le comprends, mais là y a un truc qui m’échappe …

Israël à l’Europe: payez, puis taisez-vous!


Jurek Kuczkiewicz
Mis en ligne il y a 2 heures

Israël vient de prendre des mesures de rétorsion à l’égard de l’Union européenne. De quoi l’UE serait-elle «coupable»? D’avoir décidé que ses programmes de coopération avec l’État hébreu, et donc l’argent européen, ne pouvaient plus financer des projets israéliens situés en territoire palestinien occupé.

Rappelons quelques faits. Un: l’occupation israélienne de la Palestine, État reconnu depuis peu par l’Assemblée des Nations unies, est illégale aux yeux des lois internationales, comme l’a rappelé la Cour internationale de justice en 2004. Ceci n’est pas que du droit: l’occupation représente un carcan épouvantable, qui empoisonne la vie quotidienne des Palestiniens.

Deuxièmement, la Cisjordanie fait l’objet d’une annexion partielle rampante, par le biais de colonies illégales: c’est du vol de terres, sur lesquelles les Israéliens vont jusqu’à détruire, comme à Jérusalem-Est et dans ses environs, des habitations palestiniennes.

En dépit de l’occupation, Israël est le pays partenaire de l’UE qui bénéficie du statut le plus privilégié en matière de coopération, notamment économique et scientifique. La décision récente de la Commission européenne n’a pas consisté à couper ces programmes de coopération: elle permettra seulement d’éviter que cet argent ne finance l’occupation.

Rappelons par ailleurs que l’Union européenne fournit, bon an mal an, un demi-milliard d’euros à l’Autorité palestinienne depuis 1993: soit la moitié de son budget. Et ceci pour quoi? Pour l’aider à fonctionner en dépit de l’occupation israélienne…

En annonçant ses mesures de rétorsion, Israël adresse à l’Europe un message très simple: «Payez, puis taisez-vous». Ceci est évidemment inacceptable. Et il faut rendre hommage à l’Union européenne et à son exécutif bruxellois, si souvent critiqués pour leur pusillanimité diplomatique, d’avoir enfin mis leurs actes en conformité avec leurs paroles.

Israël, quant à lui, joue un jeu extrêmement dangereux. Par de telles réactions, l’État hébreu administre une nouvelle preuve du mépris dans lequel il tient toute légalité qui ne lui serait pas profitable. Ce faisant, il creuse obstinément son propre isolement. Cet isolement est hélas exalté en Israël par les éléments les plus extrémistes. Ceux-là dégainent systématiquement l’accusation d’antisémitisme contre tous ceux qui, au nom de la loi ou de la compassion, ne veulent plus contribuer à une occupation condamnable. C’est-à-dire à «payer et se taire».

Avec les «printemps arabes», Al-Jazira a perdu sa crédibilité


Publié le 26 juillet 2013 par Baudouin Loos

Qu’est-il donc arrivé à Al-Jazira ? La grande chaîne arabe d’information en continu diffusée depuis Doha, au Qatar, qui s’était rendue célèbre en affichant depuis sa création en 1996 une revigorante liberté de ton n’est plus que l’ombre d’elle-même. Il est bien loin le temps où les Arabes se réjouissaient de voir et entendre des débats contradictoires impossibles sur leurs chaînes nationales. Pour d’innombrables téléspectateurs, la chaîne par satellite a perdu toute crédibilité et n’est plus qu’un organe de propagande au service de l’islamisme promu par le Qatar.

Les derniers événements en Egypte semblent avoir achevé de convaincre beaucoup de sceptiques. La couverture des manifestations monstres du 30 juin contre le président issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, suivies par le populaire coup d’Etat du 3 juillet a en effet été tronquée, de l’avis même de plusieurs collaborateurs de la chaîne sur place.

« Il y a eu onze démissions au bureau du Caire en protestation contre la partialité de la chaîne, nous confirme de Doha un ancien de la télévision resté proche de ses confrères. Le plus haut gradé des démissionnaire est le producteur Ossama Radhi, un Egyptien, qui est considéré comme un pilier de la chaîne. L’atmosphère n’a jamais été aussi tendue. Les journalistes sont divises en deux clans qui se disputent sur Facebook (les pro et les anti-Frères musulmans), à tel point que le directeur général par intérim, l’Algérien Mustapha Soueg, a dû adresser une lettre interne afin de les exhorter à être sereins dans leurs polémiques sur ce qui se passe en Egypte. »

L’un des démissionnaires, Wasam Fadhel, a expliqué sa démission sur Facebook : « Al-Jazira ment ouvertement. Ils diffusent de vieux enregistrements de la place Tahrir vide, et disent que les images ont été tournées peu auparavant, et ils passent ces images pendant des heures. (…) Malheureusement, je travaillais dans un endroit que je pensais crédible, mais je comprends enfin que sa crédibilité était fondée sur une position politique détestable ».

Mais il y a bien eu évolution. Al-Jazira a changé. « La chaîne a perdu une partie de sa crédibilité avec le conflit en Libye, nous explique Akram Belkaïd, l’un des meilleurs journalistes et observateurs algériens, quand elle s’est résolument rangée aux côtés des rebelles. Beaucoup de ses spectateurs habituels au Maghreb n’ont pas admis ce parti-pris. Déjà, son silence à propos de la répression au Bahrein avait eu un impact négatif. Mais la chaîne bénéficiait de l’aura de ses couvertures des événements tunisiens et égyptiens. La couverture de la chute de Ben Ali et de Moubarak aura été ses derniers grands moments de journalisme “objectif”

Après la Libye, il y a eu le conflit syrien. C’est peu dire qu’Al-Jazira est aux côtés des insurgés alors que, dans le monde arabe, il existe un fort soutien à Assad (notamment au Maghreb). Là aussi, Al-Jazira apparaît partiale et non professionnelle Pour finir, elle a tenté jusqu’au bout de défendre Morsi, n’hésitant pas à donner des consignes en ce sens à ses reporters en Egypte. »

Mais pourquoi Al-Jazira a-t-elle donc viré sa cuti ? « Je défends la chaîne, très professionnelle, jusqu’en 2011, jusqu’à la fin de la révolution en Egypte, confie un ex-correspondant de la chaîne dans une grande capitale européenne. Après, il y a eu des directives d’en haut. Du palais. Il fallait privilégier l’islamisation de la société arabe. Les méthodes ont fondamentalement changé, on nous disait ce qu’il fallait dire, c’est devenu très difficile de travailler. Ils ont donc dû engager des jeunes, malléables, beaucoup d’anciens sont partis. »

Pour notre interlocuteur préférant l’anonymat, une réunion à Doha a été décisive. « Il y a d’abord eu la ‘démission’ du directeur Wadhah Khanfar, une forte personnalité palestinienne, en septembre 2011. En janvier 2012, ils ont réuni les chefs de bureau. Le nouveau directeur, cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, de la famille de l’émir, leur a indiqué qu’ils mèneraient dorénavant la chaîne comme ils le voulaient, qu’elle était de toute façon devenue incontournable. »

Pour un résultat, donc, qui est dénoncé un peu partout. La chaîne, qui disait rassembler 50 millions de téléspectateurs tous les soirs, déçoit ses plus ardents défenseurs. Comme l’intellectuel tunisien Anouar Moalla, consultant dans la communication. « Je ne comprends plus cette chaîne, surtout depuis le départ de son directeur, Wadhah Khanfar. Certains pensent que c’est une dérive incontrôlée. D’autres y voient une évolution préméditée, planifiée de longue date. Porteuse, pendant des années, des espoirs des élites et des populations arabes, elle offre aujourd’hui le spectacle d’un lamentable échec. L’école de journalisme honnête et professionnel qu’elle était n’est plus aujourd’hui que l’outil performant d’une vaste conspiration, pour perpétuer la malédiction qui poursuit le monde arabe depuis des siècles. »

Il devient même malaisé de trouver des défenseurs de la chaîne qatarie. Salam Kawakibi, un politologue syrien exilé et proche des rebelles, tient néanmoins à apporter ses nuances. « La critique est nécessaire, nous écrit-il. Cependant, il semble qu’Al-Jazira devienne une cible facile pour certains dès qu’elle s’éloigne de leurs vues politiques. (…) Même si, dans le cas syrien, elle a mis l’accent sur les composantes islamistes de la contestation, il est très injuste de la condamner. C’est un organe médiatique professionnel avec des penchants politiques et sociétaux précis qui ne sont pas les miens. Et alors? Vous en connaissez des médias puissants et neutres? Il est d’ailleurs à observer que plusieurs de ses détracteurs actuels ne critiquaient pas quand la chaîne épousait leurs causes respectives. »

BAUDOUIN LOOS

Publié dans “Le Soir” du 25 juillet 2013.

Père Paolo Dall’Oglio par Amélie Duhamel


“Demandez-moi comment il se fait que je sois devenu, moi, religieux chrétien, italien de surcroît, un emblème de la révolution syrienne ? Mon père ! C’est moi qui conduis l’entretien, pas vous.” La rencontre au café Paris-London en septembre 2012 avec Paolo Dall’Oglio, 58 ans, fondateur du monastère de Mar Moussa (Syrie), chassé du pays en juin 2012 par le régime, démarrait fort. C’est que le journaliste est susceptible lorsqu’il aborde un personnage pour en tracer la silhouette, surtout si celui-ci manifeste quelque attrait pour l’art de la manipulation.

//Mar Moussa (Syrie)Mar Moussa (Syrie)

Il est vrai que ce géant à la barbe en bataille, dont la seule présence domine tout l’espace autour de lui, est devenu un symbole fort de la lutte anti-Assad. A Paris, dans les cercles d’exilés, sur la Toile, dans les sites activistes, chez la plupart des révolutionnaires syriens, hommes, femmes, croyants ou non, chrétiens ou musulmans, civils ou religieux, barbus, voilées ou pas, ce jésuite a pris place parmi les opposants les plus actifs.

En mars 2011, dès les événements de Deraâ où l’armée tira sur la foule venue réclamer la libération de gamins ayant tagué sur les murs d’un édifice “Bachar dégage”, le père Paolo proclame son soutien aux manifestants pacifiques. Qui, chaque semaine, prennent l’habitude de se rendre tout droit au monastère dès la prière et le rassemblement du vendredi achevés, pour discuter avec l’ecclésiastique qui s’est donné pour mission, lors de la prononciation de ses vœux en 1977, la réconciliation des fils d’Abraham.

Une mission qu’il assume avec d’autant plus d’obstination depuis le début des événements qu’il est convaincu que les chrétiens, comme tous les Syriens, appartenant ou non à une minorité ethnique ou confessionnelle, n’ont d’avenir que dans la chute de ce régime. “Depuis le début des événements, je ne cesse, s’agace-t-il, d’alerter le Vatican et de demander à ses diplomates de faire quelque chose pour empêcher la guerre civile en Syrie. Les chrétiens ont beaucoup plus à craindre du repli identitaire dans lequel Assad tente de les enfermer en agitant l’épouvantail islamiste que dans la lutte pour le renversement de la dictature et la participation à la construction de l’avenir. Malheureusement, certains hauts dignitaires de l’Eglise – et pas seulement des chrétiens –, relayés par des religieux, s’obstinent à nier la révolution et à la réduire à du terrorisme. Mais c’est tout le contraire, s’insurge le père Paolo, ce sont la répression, les bombes et le terrorisme d’Etat qui font le lit du terrorisme islamique, pas la révolution !”.

//Paolo Dall'OglioPaolo Dall’OglioFils d’un résistant devenu une figure importante de la démocratie chrétienne en Italie, Paolo Dall’Oglio ne s’était pourtant pas destiné à suivre les traces de son père. A 16 ans, l’adolescent instable vit une “crise d’athéisme” et annonce à ses parents et à ses sept frères et sœurs qu’il quitte l’école. Il part travailler dans un chantier naval à Fiumicino, près de Rome, où il embrasse les idéaux gauchiste. “C’est là que j’ai découvert la fraternité ouvrière et le travail manuel”, affirme-t-il. Trois ans plus tard, le voilà rentré au bercail, plus dévot que jamais, allant jusqu’à se lever à l’aube chaque jour pour prier à l’église. “J’ai repris mes études comme un engagement”, dit-il. Il obtient son bac puis part avec trois amis à la découverte du Moyen-Orient. “Immédiatement, avoue-t-il, l’efficacité de l’appel du muezzin m’a séduit : les hommes abandonnaient leur tâche, leur métier et couraient s’agenouiller dans la mosquée. Nous découvrions avec fascination que le monothéisme était polymorphe et nous voulûmes remonter à la source. Jérusalem devint notre nouvelle destination.”

En 1974, cet hypersensible qui se croit condamné à souffrir de la maladie d’amour se décide à vouer  ce trop-plein de passion au Christ. Il entre à la Compagnie de Jésus. “Pour moi, renoncer à la femme en tant que relation fut difficile. Mais, ajoute-t-il, le jour où je compris que l’ascèse ne résoudrait jamais la question de l’abstinence sexuelle, cette vulnérabilité dans laquelle je me trouvais, blessure qui demande toujours plus d’amour mystique, commença à me plaire. La sexualité serait toujours l’espace de ma faiblesse ou de ma victoire.”

Pendant ses trois années de noviciat, Paolo ne cesse de penser à l’islam. En 1977, il prononce ses vœux à Bifkaya, dans la montagne chrétienne du Liban où il séjourne. Puis retour en Italie où il étouffe. En 1980, étudiant en langues orientales à Naples, il reçoit une bourse du ministère israélien de la Culture pour aller apprendre l’hébreu en Israël. “Un séjour que j’ai vécu comme une déchirure à cause de mes positions clairement favorables aux Palestiniens. Mais j’y ai découvert la complexité. J’ai découvert que la paix était un projet à bâtir, pas un état originel à retrouver.” Puis ses études le conduisent à Damas. C’est le début de sa lune de miel avec l’islam.

En 1982, Paolo Dall’Oglio découvre Deir Mar Moussa, un monastère abandonné depuis un siècle et demi, construit dans la roche en haut d’une montagne aride. Il décide de lui redonner vie et consacre toute son énergie à la nouvelle mission qu’il s’est fixée : ce lieu sera dédié à l’harmonie islamo-chrétienne et ouvert à tous. Il parvient à faire financer la restauration de l’admirable chapelle du XIIe siècle et de ses fresques. Son projet emporte l’adhésion de bataillons de volontaires italiens et syriens qui viennent l’aider sur le chantier. Dix ans plus tard, après de multiples embûches venues de toutes parts, Paolo s’y établit avec une dizaine de moines et moniales. En une décennie, le lieu acquiert une notoriété qui paraît presque excessive. Les touristes s’y pressent, et pas seulement pour se recueillir. La curiosité, l’attrait pour la beauté du site y sont pour beaucoup. Qu’importe, Paolo Dall’Oglio se réjouit du succès de son entreprise et jouit de son prestige quand bien même il s’en défende avec indignation.

Sur la terrasse de pierre dominant le désert, après l’office du matin qu’il célèbre en arabe, on sert le petit déjeuner: du thé avec du pain, de l’huile, des olives, des fromages, des légumes et des fruits. Presque tout est produit par la communauté. Vêtu d’un caftan foncé et affublé d’une barbe poivre et sel qui lui donnent l’allure d’un musulman pieux, ce fils spirituel de Louis Massignon qui parle admirablement l’arabe, le français, l’anglais et l’italien, tient palabre, entouré des curieux qui s’empressent autour de lui. De sa voix puissante, il parle de tout, retraçant avec humour l’histoire de l’Eglise chrétienne à l’aide d’un concombre qu’il tranche pour illustrer les schismes. Recevant avec délicatesse des personnes venues lui demander de l’aide. Débattant fougueusement d’un sujet philosophique avec des étudiants. Entamant sérieusement une discussion théologique avec des imams. Ferraillant fraternellement avec des moukhabarat venus en mission dénicher quelque infraction à lui coller sur le dos. Témoignant avec conviction à propos de Myrna, une femme de Damas qui, paraît-il, obtient des grâces et pleure de l’huile depuis qu’elle a rencontré la Vierge dans sa maison de Soufaniya qu’elle a vouée à Marie…

Paolo Dall’Oglio écrit, se fait connaître des médias, des milieux intellectuels religieux et laïcs et reçoit un monde fou unanimement impressionné par son charisme. L’extraordinaire bibliothèque qu’il a constituée et enfouie au plus profond de la montagne attire les érudits. On vient de tous les continents : ambassadeurs, ministres, évêques, gens de lettres, cheikhs, journalistes, étudiants, arabisants se pressent à Mar Moussa.

Ce défilé de personnalités ne plaît pas du tout aux autorités syriennes qui, de toute façon, sont exaspérées par ce prêtre depuis qu’il a lancé en 2003 son Chemin d’Abraham, sorte de pèlerinage interreligieux pour le Proche-Orient qui relierait Urfa (Turquie) à Hébron (Cisjordanie), en passant par Mar Moussa. Une initiative trop libre, trop œcuménique, trop incontrôlable pour la dictature qui, en 2010, lui interdit toute activité relative à cette entreprise et tente de le discréditer en le faisant passer pour un sioniste, voire un agent d’Israël, accusations infâmantes pour la plupart des Syriens. En mai 2012, il traverse la ligne rouge tracée par le régime : “A la suite d’un kidnapping de personnes, je suis allé à Qusayr, une ville encerclée et bombardée, pour essayer d’établir une médiation. Je ne supportais plus de rester spectateur.” C’en est trop pour le régime. Le 16 juin, Paolo est expulsé manu militari. Il doit rejoindre le Liban sous la protection du nonce apostolique.

Du point de vue du pouvoir Assad, c’est une belle bourde. Car aussitôt hors de Syrie, le père Paolo endosse le costume d’ambassadeur de la révolution syrienne. “J’ai été invité par la Ligue arabe à participer à la réunion de l’opposition syrienne au Caire. J’ai rencontré les ministres des Affaires étrangères du Canada, de l’Italie et de la France, des dizaines d’élus, de diplomates, de hauts fonctionnaires, je suis allé partout où j’ai pu pour alerter sur la situation que vivent les Syriens et demander de l’aide aux gouvernements.

Le 9 septembre 2012, au cours d’une conférence de presse commune tenue avec le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius au Quai-d’Orsay, le père Paolo Dall’Oglio raconte son combat, aussi à l’aise sous les ors de la République que sous les fresques de sa petite église: “A Qusayr, j’ai assisté aux funérailles de dix civils bombardés par l’armée régulière. Derrière Abou Qassem Az-Zouhouri, un homme dont deux fils avaient été tués par l’armée du régime, l’assistance criait : ‘Wahed, wahed, wahed, ash-shaab s-Suri (‘un, un, un, le peuple syrien est un). Personne en dehors des fanatiques du régime ne prône l’explosion communautaire du pays. Et d’étayer son propos : “La veille de cet enterrement, un jeune soldat de l’Armée syrienne libre, un paysan sunnite portant la barbe en signe de piété, m’a confié: ‘Abouna (mon père), ce n’est pas pour l’argent ou la gloire que je combats. Si je reste vivant, je ne désire qu’une chose, retourner dans mon village et labourer la terre en homme libre dans un pays libre.’ Honneur à ces hommes grâce à qui la Syrie pourra peut-être connaître la démocratie et demeurer à l’écart des luttes confessionnelles.”

marmo_260amarmo_260bMaintenant qu’il a dû abandonner le monastère à ses compagnons, il poursuit l’œuvre de Mar Moussa dans le Kurdistan irakien, tout en continuant inlassablement de réclamer une aide internationale aux insurgés, sans craindre de brocarder la pusillanimité des gouvernements : “Je suis d’accord, tonne-t-il, avec ceux qui estiment qu’il ne faut pas vendre d’armes aux révolutionnaires. Il faut les donner.” En septembre, dans la salle des fêtes de la mairie du XXe à Paris, une centaine de personnes étaient venues l’écouter. A la question qu’il posa “Qui est déjà venu à Mar Moussa ?”, un quart de l’assistance leva le doigt. “La semaine dernière à Bruxelles, c’était déjà comme ça”, observe une femme dans l’assistance. Paolo a ses fans et pour la Syrie de la “résurrection, euh… révolution, dit Paolo en s’esclaffant, je me trompe tout le temps de mot”, c’est un atout de taille.


 

Amélie Duhamel

27/12/2012

A lire

Mar Moussa, par Guyonne de Montjou, Albin Michel (2006), 18 €.

Amoureux de l’islam, croyant en Jésus, par Paolo Dall’Oglio, préface de Régis Debray. Ed. De l’Atelier (2009), 18 €.

source

La communauté internationale confirme qu’elle interviendra en Syrie à partir de 200 000 morts


syrie

Damas – Le conflit en Syrie vient de franchir un triste record, celui de plus de 100 000 morts depuis le début des combats entre pro régime et opposants à Bachar al-Assad.

De son côté, la communauté internationale a annoncé dans une conférence de presse qu’elle n’interviendra qu’à partir de 200 000 morts, comme les statuts de l’association de la communauté internationale l’exigent.

« C’est vrai que c’est un très gros nombre, 100 000, même s’il faut bien sûr recompter » a commenté pour sa part un représentant de la communauté internationale. « Mais dans l’immédiat, nous ne pouvons hélas rien faire, nous ne pouvons légalement agir qu’à partir de 200 000 morts », soulignant qu’une fois atteint ce stade, la communauté internationale mettra en place une très forte pression diplomatique sur le régime de Damas ainsi que sur les rebelles pour qu’une solution pacifique et durable puisse être rapidement trouvée.

«.Bachar al-Assad doit savoir que nous serons extrêmement inflexibles et que nous ne laisserons pas le massacre de population civile impuni au delà de 200 000 victimes.

De même, les rebelles doivent savoir que nous sommes très très attentifs aux exactions, et ce de chaque côté. Il y a des choses qu’on ne peut pas humainement tolérer » a conclu la communauté internationale.

La Rédaction

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