De profundis


La nuit tombe…
Nous portons le zodiac à l’eau…et déjà l’effroi glacé nous saisit…
Les flots noirs présagent de leur traitrise assassine.
Ceux qui renoncent sont déjà morts, ou pire.
Ceux qui embarquent, sidérés, se pétrifient.
La traversée est folie…et survie…Nécessité.

Un jour, deux jours, l’entassement,
l’assaut des vagues,
la torture des crampes,
la promiscuité des cris, des gémissements, des larmes et des morts…

Combien des miens jonchent les fonds de Méditerranée. ..?

Il est aisé de me condamner pour qui ne comprend le périple insensé.

Combien des miens jonchant les fonds de Méditerranée?

Ne dîtes pas à ma mère que j’ai échoué…

#FreeSeaWatch
#FreeAquarius
#FreeRescues

La Kerterre, ou comment construire sa maison de hobbit pour quelques centaines d’euros


© Kerterre

En Bretagne, une femme construit depuis plus de 20 ans des petites maisons faites de chaux et de chanvre, parfaitement habitables. Des logements bon marchés, isolants et allant de pair avec un mode de vie respectueux de la nature.

 

Avec leur forme arrondie qui se fond dans l’environnement où elles sont construites, les Kerterres font penser à des habitats troglodytes. Voire à des maisons de récits fantastiques, façon Bilbo Le Hobbit. Sauf que là, ce n’est pas de la fiction : à mi-chemin entre l’oeuvre d’art sculptée et la bâtisse, ces petites maisons connaissent un succès grandissant. En breton, « Ker » signifie « lieu habité ». Le nom Kerterre renvoie donc à un retour à la terre via notre habitation.

C’est en tout cas le nom qu’a donné Évelyne Adam, ancienne professeure de piano, à ces petits habitats. « Il y a 21 ans, nous raconte-t-elle, un ami m’a donné du chanvre. Je l’ai mélangé à de la chaux, et j’ai vu que ça carbonatait, que cela devenait de la pierre. » Après des années d’expérimentations, quelques formations de maçonnerie ici et là, elle est parvenue à bâtir de véritables maisons habitables à l’aide de ce matériau naturel.

© Kerterre. Sculptées à la main, les Kerterres peuvent prendre des formes diverses très esthétiques qui se mêlent à leur environnement.

Le mélange du chanvre et de la chaux permet ainsi de créer une matière très isolante et surtout solide : « Mes petites grottes sont garanties plus de 1000 ans ! Même si je ne serai plus là…», s’amuse la créatrice des Kerterres. La Kerterre est sculptée à partir de mèches de chanvre trempées dans la chaux, qui viennent s’entremêler en créant un mur autoportant.

 

Prix : 500 euros pour un dôme de 3 mètres de diamètre

Mais surtout, ce matériau naturel permet de construire des maisons à très bas coût. Pour une Kerterre « moyenne », de 3 mètres de diamètre, comptez environ 500 euros de matériel (il faudra tout de même ajouter le prix des portes et fenêtres). « J’ai toujours pensé que les maisons coûtaient trop cher à la nature, et aux humains. Avec la Kerterre, pas besoin de s’endetter pour 25 ans de crédit ! », précise-t-elle.

Il est possible, avec du temps et de la motivation, de construire sa Kerterre tout seul, la technique étant plutôt simple (en gros, on plonge des longues mèches de chanvre dans un mélange de chaux, d’eau et de sable, et on a notre matériau !).

Quelques notions de base sont toutefois utiles pour bâtir sa Kerterre. C’est pourquoi Evelyn Adam et son équipe proposent des stages et formations tout au long de l’année. Si l’on possède un terrain, on peut même accueillir chez soit un stage de Kerterre pour construire sa maison à l’aide d’une équipe et des formateurs. Pour un stage de 5 jours, comptez 395 euros, et pour une formation complète de trois semaines, il faudra débourser environ 1800 euros.

 

« Il y a 20 ans, on se moquait de moi. Et maintenant, la demande explose ! »

 

Les Kerterres d’Évelyne Adam suscitent un véritable intérêt aujourd’hui en France. De plus en plus de personnes se lancent ainsi dans l’aventure, à la recherche d’un habitat plus simple, plus proche de la nature. Dans la lancée du mouvement des Tiny house ou autres habitats minimalistes, la Kerterre prend de l’ampleur dans l’Hexagone. La créatrice des Kerterres explique ainsi que « les inscriptions pour les formations sont très vite complètes. À terme, on va devoir recruter plus de formateurs. » Amusée, elle nous confie : « Il y a 20 ans, on se moquait de moi. Et maintenant, la demande explose ! »

Certains choisissent de construire tout leur habitat à la manière d’une Kerterre, d’autres vont simplement en construire une dans leur jardin pour y installer un atelier, une chambre d’ami…

« On a une majorité de femmes qui participent au stage, raconte Évelyne Adam. C’est le réveil de la femme constructrice ! ». La Kerterre ne nécessite pas spécialement de force physique et peut en effet permettre à des femmes de construire leur maison, toute seule.

© Kerterre / À l’intérieur des Kerterres, des pièces confortables.

Le Kerterre : Une philosophie de vie plus qu’un habitat

Mais c’est avant tout une façon de vivre qui est prônée avec ce type d’habitat. Évelyne Adam dit que ses Kerterres permettent de « bonifier » la terre autour de soi. En plus d’être construite à partir de matériau 100% naturel, la Kerterre a vocation à se fondre dans l’environnement où elle est bâtie. Ces types de structure impliquent l’installation d’électricité hors réseau via des panneaux solaires par exemple, ou la mise en place de toilettes sèches. Ce mode de vie peut sembler quelque peu rustique pour certains. Pour d’autres, vivre comme un hobbit, c’est tout simplement la clef du bonheur !

Pour en savoir plus, un documentaire a été réalisé par Nikita Gouëzel sur les Kerterres, intitulé « Pour moi et plus que moi ».

À LIRE

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Méfiance envers les réfugiés: «L’opinion publique est très influencée par des discours politiques sécuritaires»


INTERVIEW « 20 Minutes » a interrogé Shoshana Fine, docteure en science politique et spécialiste des questions migratoires, sur le manque d’empathie des Français envers les réfugiés

Des réfugiés franchissent la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis
Des réfugiés franchissent la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis — SIPA 

  • Selon une étude de l’Ipsos, la légitimité des réfugiés à fuir leur pays est de plus en plus remise en cause dans le monde et notamment en France.
  • Si le scepticisme est mondial, les Français arrivent en tête de classement dans plusieurs opinions négatives sur les réfugiés.
  • « 20 Minutes » a interrogé Shoshana Fine, docteure en science politique et spécialiste des questions migratoires, pour tenter d’expliquer ce manque d’empathie.

Selon une enquête de l’Ipsos diffusée ce vendredi pour la journée mondiale des réfugiés, un Français sur deux et « 54 % de la population mondiale ne croient pas que les étrangers qui viennent dans leur pays sont de vrais réfugiés », contre 52 % en 2017.

Seulement 43 % des Français estiment qu’échapper à la guerre ou à des persécutions « constitue une raison suffisamment légitime pour se réfugier ». Le taux pour la population mondiale s’élève à 61 %, ce qui place les Français en bas du classement, avec les Hongrois.

Alors pourquoi a-t-on aussi peu d’empathie de notre part pour les réfugiés ? 20 Minutes a interrogé Shoshana Fine, docteure en science politique et relations internationales, spécialiste des questions migratoires et dans l’externalisation de la politique migratoire de l’Union Européenne dans les « pays tiers ».

Selon vous, comment expliquer ces chiffres et ce manque d’empathie de la part des Français envers les réfugiés ?

Il y a peut-être des raisons historiques et sociologiques, mais je crois qu’il ne faut pas dévier de la vraie explication. L’opinion publique est très influencée par des discours politiques traitant la question des réfugiés dans une sémantique sécuritaire et non solidaire. Il y a une banalisation de ce discours depuis le début de la crise migratoire, un discours à dominance négative. A fortiori en France, où que le gouvernement soit de droite avec Nicolas Sarkozy, de gauche avec Hollande, ou des deux comme Emmanuel Macron, les politiques au pouvoir ont gardé ce discours sécuritaire et néfaste sur les réfugiés.

Un autre chiffre pourrait expliquer cette peur : 58 % des Français sont convaincus que les réfugiés ne peuvent pas s’intégrer à la société d’accueil contre 47 % de la population mondiale ?

Il faut voir qu’en France, il y a énormément de difficulté pour s’intégrer. Pendant les deux-trois premières années, les réfugiés ont une vie extrêmement précaire. En théorie, ils peuvent travailler au bout de six ou neuf mois, mais en réalité, trouver un travail est extrêmement difficile pour eux tant il n’y a pas de politiques d’inclusion de l’Etat. Par exemple, aucun cours de langue n’est fourni, ce qui entrave forcément le processus d’intégration. Il faudrait absolument en mettre en place dès la demande d’asile et ne plus attendre qu’elle soit accordée, en se disant par exemple que l’apprentissage de notre langue et sa diffusion auront forcément des effets positifs, que la demande soit finalement validée ou non. On empêche ce processus d’intégration puis on leur reproche de ne pas s’intégrer, c’est une hypocrisie.

Si les Français ont des chiffres très hauts, il y a un scepticisme mondial sur les réfugiés, et des chiffres en progression partout sur la question…

Il faut rappeler qu’effectivement, ce n’est pas propre à la France. 85 % des réfugiés vivent dans des pays en développement, et le Nord qui a pourtant les capacités économiques pour accueillir les réfugiés ne le fait pas. Il y a une diffusion et une banalisation d’un discours d’extrême droite qui augmente la peur chez l’autre. En 2016, on parlait d’un million de réfugiés en Europe, une population que le continent peut tout à fait contenir.

Mais il y a eu une crise de la solidarité, plus qu’une crise migratoire. Le fait que chaque pays refuse de les accueillir renforce la méfiance des populations des autres pays. « Pourquoi personne ne veut des réfugiés ? C’est bien qu’il doit y avoir une raison. » Ce cercle vicieux créait un imaginaire du réfugié de peur et de suspicion, diffusé dans tous les pays du Nord. A force de ne pas accueillir de réfugiés, on s’en méfie. Etrangement, depuis 2016, il y a de moins en moins de réfugiés accueillis en Europe mais les Européens s’en méfient de plus en plus. Les Français, ou les pays du Nord, ne manquent pas d’empathie par nature, c’est simplement que les politiques ne sont pas adaptées. Si ces pays se mettaient à une politique d’accueil et d’ouverture, l’avis de la population changerait à ce sujet.

 

Comment peut-on hurler «Allahu akbar» ?


Un article publié dans Libération en 2014 qui est toujours d’actualité

Par Ghalib Al-Hakkak , Agrégé d’arabe, université Paris-1 Panthéon-Sorbonne

Le traitement de l’information depuis un moment, et, surtout, depuis les agressions récentes à Joué-lès-Tours, Dijon et Nantes, risque de réduire le sens de l’expression «Allahu akbar» à un slogan de haine, de brutalité, de terreur.

Dois-je m’alarmer, s’il est scandé par une personne dans la rue ? Que faut-il faire si je l’entends derrière ma porte ? J’ouvre ou j’appelle la police ? Revenons un peu au sens exact de cette expression. Il s’agit, en réalité, d’une comparaison tronquée : «Dieu est plus grand [que quiconque]». On pourrait la comprendre ainsi : «Dieu est le plus grand».

Mais en quelle occasion l’entend-on chez les musulmans arabes ? En dehors de la prière et de l’appel à la prière (le ‘dhân, chanté dans les villes musulmanes cinq fois par jour, jadis lancé du haut d’un minaret, ou du toit d’une mosquée, et depuis quelque temps souvent à partir d’un CD), cette expression peut surgir n’importe quand, et n’importe où, pour exprimer une admiration totale de quelque chose, tout simplement.

Il suffit d’aller sur YouTube et d’écouter les chansons d’Oum Kalsoum pour repérer, après chaque couplet, quelques Allahu akbar bien audibles au milieu des applaudissements. J’avoue qu’en croisant dans la rue une très belle femme, un silencieux Allahu akbarse déclenche dans mon cerveau. Face à la Joconde, il n’y a pas plus éloquent qu’un Allahu akbar. Une vieille tante, essayant Skype pour la première fois, s’est écriée : «Allahu akbar !» Elle a ajouté : «Le chrétien qui a inventé ça ira tout droit au paradis des musulmans !» Et que dire du gardien algérien de mon immeuble, il y a quarante ans, auquel j’essayais d’expliquer, qu’avec mon épouse nous avions sauvé et élevé un petit merle tombé du nid et que cet oiseau n’était toujours pas habitué à rester dehors. Cet homme me regardait avec un doute visible sur ma santé mentale. Mais, lorsqu’il a vu l’oiseau se précipiter de l’arbre d’à côté vers ma fenêtre qui venait de s’ouvrir, il n’a pu s’empêcher de crier trois fois : «Allahu akbar !» Le miracle que cela représentait à ses yeux ne pouvait être salué d’une autre manière.

C’est une belle expression, apaisante et rassurante, injustement confisquée aujourd’hui par les forces de la haine et de l’obscurantisme. Et je suis persuadé qu’une fois notre monde débarrassé de cette vague anormale de violence et d’exclusion au nom de l’islam, un énorme «Allahu akbar» traversera les esprits, chez les Arabes musulmans du monde entier avides de retrouver leur liberté totale de penser, leur amour du beau, leur solidarité sociale naturelle et leur sens inné de la fraternité.

source

Un mensonge qui peut tuer


anniebannie dit : le texte n’est pas récent mais ce mensonge poursuit sa sinistre carrière. Je me permets donc de poster ce texte que j’ai trouvé ICI chez Ghalib Al-Hakkak

« Quelque chose m’intrigue dans l’attitude du polémiste Eric Zemmour. Admettons qu’il s’agisse d’un exercice intellectuel que de susciter de vives discussions et ce quel que soit le but recherché. C’est un art. Il n’est pas donné à tous de savoir provoquer. Il faut afficher une conviction dont la sincérité ne permet pas le doute. D’ailleurs, pour défendre Eric Zemmour depuis quelques jours, certains journalistes et commentateurs ont souligné la compétence de l’homme, son savoir, sa culture, sa passion pour les idées qu’il porte. En somme, Eric Zemmour paraît à beaucoup de gens comme quelqu’un de sérieux, de rigoureux. Il faut donc le croire quand il parle.

Eh bien, permettez-moi d’en douter. Depuis le 6 juillet 2014, je ne peux pas croire un mot de ce que dit Eric Zemmour. Il débattait ce jour-là avec Nicolas Domenach, sur i-Télé, dans « ça se dispute » et il a affirmé que « sur toutes les pages du Coran, il est écrit [qu’] il faut tuer les juifs, il faut tuer les chrétiens » (1).

La rigueur scientifique aurait obligé l’auteur de ce propos particulièrement grave, puisque totalement faux, d’opérer quelques vérifications, après l’émission. Eh bien, non. Un mois plus tard, Nicolas Domenach lui dit sur le même plateau qu’après avoir contacté Malek Chebel, qui connaissait bien le Coran pour l’avoir traduit, qu’il pense que c’était faux. Le Coran n’appelle pas au meurtre des juifs et des chrétiens. Zemmour persiste et signe en répétant « ben voyons ».

Mes propres recherches dans le Coran n’ont abouti à aucune occurence d’une telle phrase.
L’affaire est grave. Et si l’on peut se permettre un peu de cynisme, on pourrait se demander combien de terroristes ont cru la parole de Zemmour ce jour-là ? Et combien de juifs et de chrétiens l’ont aussi crue, et quels dégâts cela a pu provoquer dans l’opinion publique française.

Personnellement, j’en ai tiré deux conclusions. La première est qu’aujourd’hui, sur les plateaux de télé, sur les ondes de la radio, il y a de la place pour le mensonge. C’est naturel puisque la vie est ainsi. Sans mensonge, il n’y a pas de vérité. La seconde est que même quand ce mensonge est susceptible de pousser à la violence, il est parfois accepté et rediffusé.

Le mensonge d’Eric Zemmour sur le Coran a bien fini par inspirer trois cent personnalités qui ont signé le 21 avril 2018 un manifeste demandant l’abrogation des versets coraniques « appelant au meurtre des juifs et des chrétiens ». Des versets qui n’existent pas.

Peu importe. Le mensonge a fini par devenir réalité.
Où s’arrêtera ce cycle infernal ? Vous voulez lutter contre la radicalisation ? Intéressez-vous aussi à ce genre de littérature qui se nourrit de l’ignorance.

 »
Ghalib Al-Hakkak, agrégé d’arabe, Unievrsité Paris 1 Panthéon-Sorbonne
(1) cf. vidéo « ça se dispute », i-Télé, 6 juillet 2014 – à partir de la minute 5.01 : https://www.youtube.com/watch?v=ZH2zI3vhfmk

SYRIE : un autre massacre se prépare.


Raphaël Pitti

Cette Tribune que j’ai cosignée , a été refusée par Liberation et le monde parce qu’ils avaient d’autres actualités immédiates
Je vous la confie diffusez la au plus que vous pouvez . MERCI à vous tous qui acceptez de me suivre .

 

Depuis plusieurs jours, le régime de Damas a lancé une offensive dans la région d’Idlib ou se trouvent plus de 3 millions de civils. Bachar El Assad et ses alliés russes et iraniens mettent en oeuvre une méthode et une tactique éprouvées lors des sièges d’Alep et de la Ghouta : bombardements aériens massifs et pilonnage délibéré par l’artillerie.

Les habitants d’Idlib sont majoritairement des déplacés internes. Ils ont déjà connu ces horreurs. Ils ont déjà fui l’enfer, et après avoir vécu dans des conditions déplorables, de nouveau, ils sont pris pour cible. Ils vivent de nouveau l’encerclement, la famine, le manque d’eau, la destruction systématique des structures hospitalières et des lieux de vie.

Les civils se retrouvent pris au piège entre les djihadistes d’Hayat Tahrir al-Cham qui contrôlent différents secteurs de cette région et les bombardements de Bachar El-Assad.

Le bilan est d’ores et déjà catastrophique : trois structures médicales ont été bombardées ce week-end en Syrie, portant à 16 le nombre total d’établissements ciblés et mises hors service au cours des deux dernières semaines. Rien que la semaine dernière, plus de 152 000 personnes ont été déplacées.

L’escalade des violences a poussé seize ONG partenaires de l’ONU à cesser leurs activités. Quelque 50 000 personnes ont été privées de l’aide fournie par le Programme alimentaire mondial (PAM) et des milliers d’autres n’ont plus accès aux soins de santé ni à l’éducation. 3 millions de réfugiés dans cette zone sont dépendants de l’aide humanitaire, si celle-ci est arrêtée et avec la violence des bombardements, ils partiront vers la Turquie pour se mettre à l’abri, manger et se faire soigner. Personne n’arrêtera une foule de 3 millions qui voudra traverser la frontière turque. Nous sommes devant les prémisses d’une catastrophe humanitaire à la hauteur de celle de 2015. Nous ne pouvons nous résoudre à un tel drame.

Une fois de plus, les civils sont pris pour cibles. Une fois de plus, les civils vont mourir sous les bombes de Poutine et de Bachar El Assad. Sous nos yeux. Une fois de plus, dans ce pays, on massacre des hommes, des femmes et des enfants dans le silence assourdissant de la communauté internationale.

Chaque année, nos dirigeants se pressent à la tribune des Nations unies pour célébrer l’universalité des droits. Mais, quand vient le massacre des Syriens, il n’y a plus personne. Personne pour faire respecter les pseudo-« lignes rouges ». Personne pour aider Alep avant-hier. Personne pour la Ghouta hier. Personne pour Idlib aujourd’hui. Personne.

Et pas grand-monde non plus sur nos places ou dans nos rues, il faut le reconnaître, pour manifester notre soutien et notre solidarité. Le droit d’ingérence fut décrédibilisé par les mensonges criminels des américains en Irak et par le chaos destructeur en Libye. L’idée d’humanité, elle, n’en finit pas de périr de nos absences, de nos renoncements, de notre indifférence.

La seule voix qui se fait malheureusement entendre est celle de Vladimir Poutine : la Russie s’est opposée vendredi dernier aux Nations unies à toute volonté de mettre fin au pilonnage d’Idlib. Tout comme elle s’était opposée aux résolutions de l’ONU sur les attaques chimiques en Syrie. Tout comme elle s’est méthodiquement et inlassablement opposée à toutes les résolutions sur la Syrie depuis 2011. Laissant ainsi se perpétrer huit longues années de massacres avec un bilan tragique : 370 000 morts, 13 millions de Syriens déplacés, 2,9 millions d’invalides. Tous ceux qui ont justifié ce drame, tous ceux qui l’ont minimisé, tous ceux qui ont fermé les yeux et tous ceux qui ont célébré tant Poutine que Bachar El-Assad en seront comptables devant l’Histoire.

Au nom d’un « anti-impérialisme » pavlovien ou d’un soi-disant « réalisme », nos leaders politiques ont abandonné le peuple syrien, livré à un interminable cauchemar..

Nous demandons solennellement à Emmanuel Macron de tout faire pour éviter un nouveau massacre. Il faut d’urgence que la France participe au déploiement d’un bouclier humanitaire, diplomatique et sanitaire pour protéger les populations civiles piégées par le régime de Bachar El-Assad et par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham dans la région d’Idlib.

Catherine Coquio, Sarah Kilani, Raphael Glucksmann, Raphael Pitti,
Veronique Nahoum-Grappe
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Einstein et Dieu


Piqué sur la page FB de Brando Palomino

Saviez-vous que quand Einstein donnait une conférence dans les nombreuses universités d’USA, la question récurrente que lui faisaient les étudiants était :

– Croyez-vous ? En Dieu ?
Et il répondait toujours :
– je crois au Dieu de Spinoza.

Celui qui n’avait pas lu Spinoza restait dans les mêmes…

J’espère que cette perle de l’histoire vous servira autant que moi :

Baruch de Spinoza était un philosophe néerlandais considéré comme l’un des trois grands rationalistes de la philosophie du Xviie siècle, avec le français Descartes.

Voici quelque chose de lui.

C’est le Dieu ou la nature de Spinoza :

Dieu aurait dit :

Arrête d’être en train de prier et de te faire des coups sur la poitrine !
Ce que je veux que tu fasses, c’est que tu sortes dans le monde pour profiter de ta vie.
Je veux que tu te fasses plaisir, que tu chantes, que tu t’amuses et que tu profites de tout ce que j’ai fait pour toi.

Arrête d’aller dans ces temples sombres, sombres et froids que tu as construit toi-même et que tu dis que c’est ma maison !
Ma maison est dans les montagnes, dans les forêts, les rivières, les lacs, les plages. C’est là que je vis et là j’exprime mon amour pour toi.

Arrête de me blâmer de ta vie misérable ; je ne t’ai jamais dit qu’il y avait quelque chose de mal en toi ou que tu étais un pécheur, ou que ta sexualité était quelque chose de mal !
Le sexe est un cadeau que je t’ai donné et avec lequel tu peux exprimer ton amour, ton extase, ta joie. Alors ne me blâme pas pour tout ce qu’ils t’ont fait croire.

Arrête d’être en train de lire des écritures sacrées qui n’ont rien à voir avec moi. Si tu ne peux pas me lire dans un lever de soleil, dans un paysage, dans le regard de tes amis, dans les yeux de ton petit garçon…
Tu ne me trouveras dans aucun livre !
Fais-moi confiance et arrête de me demander. Tu vas me dire comment faire mon travail ?

Arrête de m’avoir si peur. Je ne te juge pas, je ne te critique pas, je ne me fâche pas, je ne me fâche pas, je ne me punis pas. Je suis pur amour.

Arrête de me demander pardon, il n’y a rien à pardonner. Si je t’ai fait… je t’ai rempli de passions, de limites, de plaisirs, de sentiments, de besoins, d’incohérences… de libre arbitre comment puis-je te blâmer si tu réponds à quelque chose que j’ai mis en toi ? Comment puis-je te punir d’être comme tu es, si je suis celui que je t’ai fait ? Pensez-vous que je pourrais créer un endroit pour brûler tous mes enfants qui se portent mal, pour le reste de l’éternité ?
Quel genre de Dieu peut-il faire ça ?

Oubliez tout type de commandements, de toutes sortes de lois ; ce sont des ruses pour vous manipuler, pour vous contrôler, qui ne créent que de la culpabilité en vous.

Respecte tes semblables et ne fais pas ce que tu ne veux pas pour toi. Tout ce que je te demande, c’est que tu fasses attention à ta vie, que ton état d’alerte soit ton guide.

Mon bien-aimé, cette vie n’est pas un test, ni un échelon, ni un pas sur la route, ni un essai, ni un prélude vers le paradis. Cette vie est la seule chose qu’il y a ici et maintenant et la seule chose dont vous avez besoin.

Je t’ai rendu absolument libre, il n’y a pas de prix ni de punitions, il n’y a pas de péchés ni de vertus, personne ne porte un marqueur, personne ne porte un registre.
Tu es absolument libre pour créer dans ta vie un ciel ou un enfer.

Je ne pourrais pas te dire s’il y a quelque chose après cette vie, mais je peux te donner un conseil. Vivez comme si vous ne l’aviez pas. Comme si c’était ta seule chance de profiter, d’aimer, d’exister.

Ainsi, s’il n’y a rien, car vous aurez profité de l’occasion que je vous ai donnée. Et s’il y en a, sois sûr que je ne vais pas te demander si tu t’es bien comporté ou mal, je vais te demander ça t’a plu ? Tu t’es bien amusé ? Qu’est-ce qui vous a le plus plu ? Qu’est-ce que tu as appris ?…

Arrête de croire en moi ; croire, c’est supposer, deviner, imaginer. Je ne veux pas que tu crois en moi, je veux que tu me sentes en toi. Je veux que tu me sentes en toi quand tu embrasses ta bien-aimée, quand tu borde ta petite fille, quand tu caresses ton chien, quand tu te baignes dans la mer.

Arrêtez de louanges, quel genre de Dieu égocentrique pensez-vous que je suis ?

Je m’ennuie qu’ils me louent, j’en ai marre qu’ils me soient reconnaissants. Est-ce que tu te sens reconnaissant ? Prouvez-le prendre soin de vous, de votre santé, de vos relations, du monde. Tu te sens regardé, médusé ?… Exprime ta joie ! C’est la façon de louanges.

Arrête de compliquer les choses et de répéter comme perroquet ce qu’on t’a appris à propos de moi.

La seule chose sûr, c’est que tu es ici, que tu es en vie, que ce monde est plein de merveilles.

Pourquoi as-tu besoin de plus de miracles ? Pourquoi tant d’explications ?

Ne me cherche pas dehors, tu ne me trouveras pas. Trouve-moi à l’intérieur… Me voilà, battant en toi.

Spinoza.

Ils ne respectent rien ? Qu’ils ne comptent plus sur nous


Nous sommes en 2019, tous les voyants du climat sont au rouge, on nous regarde de travers si on ne trie pas nos pots de yaourts, les pouvoirs publics ponctionnent nos impôts à la source et nous annoncent qu’ils n’ont pas les moyens de financer une transition énergétique digne de ce nom, et dans le même temps, les grands groupes s’octroient la permission de jouer avec la fiscalité pour ne pas respecter les mêmes règles du jeu que nous…

Alors qu’il ne ne nous reste peut-être plus que deux ans pour gérer l’effet boomerang de nos désastreuses erreurs humaines, c’est peut-être notre dernier tour de passe-passe, la dernière carte qu’on ait en main. Le tapis. Le boycott. Nous, boycotteurs et boycotteuses citoyen.nes, avons décidé de passer à l’action pour rappeler aux entreprises irresponsables qu’elles ont besoin de nous, leurs consommateurs, pour survivre. Parce que nous sommes sidérés par l’immobilisme du politique, par la course folle d’un système défaillant, et que nous refusons de rester spectateurs.

Nous n’achèterons plus de Coca-Cola parce que la firme produit plus de 100 milliards de bouteilles en plastique chaque année au lieu de (re)mettre en place un système de consigne moins pensant pour la planète

Nous n’achèterons plus de produits Nestlé parce que, pour son président, « l’eau est une denrée alimentaire comme les autres et doit avoir une valeur marchande », dans notre monde où 2,4 milliards d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable. D’ailleurs, en ce moment et ici même, la nappe phréatique de Vittel est en train d’être asséchée par la firme.

Nous allons confier notre argent à une autre que BNP Paribas, parce que, comme le rappelle une enquête des Amis de la Terre, la banque continue d’accorder son soutien aux entreprises les plus agressives dans le développement du charbon, et cela même en Europe. Depuis la COP21, BNP Paribas a ainsi financé à hauteur de près de 600 millions de dollars les entreprises qui développent des centrales à charbon sur le vieux continent.

Nous allons nous passer d’Amazon, qui préfère passer son temps à réfléchir aux techniques d’optimisations fiscales qui lui permettent de payer le moins d’impôts possible, plutôt que rémunérer ses salariés au juste prix.

Nous n’irons plus au McDonald’s, épinglé par l’association Zero Waste France pour son modèle du tout jetable : 2,8 tonnes d’emballages jetables sont utilisés chaque minute dans le monde, 1 kilogramme par seconde rien qu’en France. 80 millions de boîtes Happy Meal sont vendues chaque année dans l’Hexagone. Et seulement un quart des déchets produits dans les Mc Do français sont recyclés.

Nous ne consommerons plus de produits Unilever, qui se fournit en huile de palme auprès de Wilmar, responsable de la destruction des forêts tropicales et de l’accaparement des terres de communautés locales. Dès lors, le groupe contribue à la disparition de nombreuses espèces à l’image des Orangs-outans (il n’y en a presque plus : 150.000 d’entre eux ont disparu en 6 ans avec notre passion pour l’huile de palme), à l’utilisation de produits hautement toxiques et à des conditions de travail dans les plantations souvent déplorables. (si vous préférez l’explication en vidéo, c’est par ici).

Nous n’achèterons plus chez H&M, qui n’hésite pas à brûler ses invendus (12 tonnes chaque année tout de même, pour une valeur totale de 4 milliards de dollars), gaspillant sans vergogne les ressources de la planète.

Nous n’irons plus chez Starbucks, qui n’a toujours pas trouvé comment changer la fabrication de ses gobelets, parce qu’il préfère réfléchir aux circuits complexes qui lui permettront d’échapper à l’impôt, et fait tout pour dégrader sa rentabilité en France et bénéficier ainsi des faveurs de la loi française.

Et la bonne nouvelle, c’est que ce ne sera même pas difficile : les alternatives responsables existent, et notre pouvoir immense… Allez, ciao.

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Depuis le mois d’octobre, le Boycott Citoyen initie des boycotts au long court de certains produits et groupes (Nestlé, Coca-Cola, MacDo…) mais aussi de pratiques (le plastique à usage unique, les voyages professionnels en avion, la surconsommation lors des fêtes commerciales etc.), ainsi que des articles permettant de mettre en avant les alternatives positives et responsables. Nous organisons régulièrement des journées sans achat pour initier des actions coup de poing et montrer l’impact de consommateurs qui prennent le pouvoir, et tous les autres jours, nous apprenons à consommer autrement !
Chaque jour, sur www.boycottcitoyen.org, retrouvez des articles qui vous aident à éviter les produits irresponsables, et à adopter de nouvelles pratiques respectueuses de l’environnement et de l’homme.
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Nous sommes juifs et nous sommes antisionistes


mardi 19 février 2019 par Coordination nationale de l’UJFP

Nous sommes juifs, héritiers d’une longue période où la grande majorité des Juifs ont estimé que leur émancipation comme minorité opprimée, passait par l’émancipation de toute l’humanité.

Nous sommes antisionistes parce que nous refusons la séparation des Juifs du reste de l’humanité.

Nous sommes antisionistes parce que la Nakba, le nettoyage ethnique prémédité de la majorité des Palestiniens en 1948-49 est un crime qu’il faut réparer.

Nous sommes antisionistes parce que nous sommes anticolonialistes.

Nous sommes antisionistes par ce que nous sommes antiracistes et parce que nous refusons l’apartheid qui vient d’être officialisé en Israël.

Nous sommes antisionistes parce que nous défendons partout le « vivre ensemble dans l’égalité des droits ».

Au moment où ceux qui défendent inconditionnellement la politique israélienne malgré l’occupation, la colonisation, le blocus de Gaza, les enfants arrêtés, les emprisonnements massifs, la torture officialisée dans la loi … préparent une loi liberticide assimilant l’antisémitisme qui est notre histoire intime à l’antisionisme,

Nous ne nous tairons pas.

La Coordination nationale de l’UJFP, le 18 février 2019 source

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