Art arabe au féminin


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Entendons la supplique des Libyens


BAUDOUIN LOOS

lundi 21 février 2011, 06:44

Cela continue. Les révolutions tunisienne et égyptienne, comme on le pressentait, ont galvanisé les autres peuples arabes. Qui, dans le désordre et sans coordination, lèvent les uns après les autres l’étendard de la contestation pour hurler « Dégage ! » à leur tyran.

Et presque partout, on retrouve les mêmes caractéristiques proprement incroyables : pas de chefs pour mener les révoltes, même pas d’islamistes pour les enflammer au nom d’Allah ; juste des mots d’ordre simples, clairs, humains. « Plus de chaînes », « Nous voulons vivre libres », « Rendez-nous notre dignité », « Voleurs, videz vos poches et partez »…

La Libye est donc entrée à son tour dans le cœur du cyclone « Justice » . Le pouvoir, le clan Kadhafi, réagit avec toute la brutalité sanguinaire dont on le sait capable. Les morts tombent par centaines dans un huis clos des plus sinistres. Lui, en outre, risque d’utiliser des armes belges pour tirer sur les foules désarmées…

L’Occident, dans le paradigme libyen comme juste avant en Tunisie puis en Egypte, est pris en flagrant délit de complaisance complice avec le régime dictatorial. Encore une fois pour des raisons très égoïstes : le « guide » libyen, sous ses abords fantasques voire loufoques, sait faire valoir les intérêts bien comptés de chacun.

Voilà comment décrire le marché tacite conclu avec les Européens, vu de la tente de Kadhafi : « Je vous débarrasse de la menace islamiste, je vous préserve d’une immigration clandestine africaine massive ; et, vous, de votre côté, vous achetez mon pétrole, vous investissez chez moi, vous me laissez investir chez vous et, dernier détail, vous vous accommodez de mes méthodes internes sans broncher. »

L’Italien Berlusconi a signé le « deal » avec entrain. Les autres Européens ont suivi, plus discrètement et non sans un fond de mauvaise conscience vu les états de service du « partenaire »…

Le cynisme de la « realpolitik » doit pourtant avoir des limites, celles que la morale impose. A ceux qui l’auraient oublié, les Libyens sont en train de le dire, désespérément, sous les balles de leurs bourreaux. Entendrons-nous leur supplique ?

Le belgo-marocain Ali AARRASS a été torturé au Maroc après son extradition par l’Espagne


 

On s’attendait au pire. Le pire est advenu.

IL FAUT TOUT FAIRE POUR SAUVER

ALI AARRASS

 

 

 

Ali Aarrass a été extradé d’Espagne vers le Maroc le 14 décembre dernier.

A ce jour pourtant, aucun membre de sa famille, aucun de ses proches n’a eu droit (ne fût-ce qu’une seule fois) à un contact, à un coup de téléphone, à une petite phrase de la part des autorités –qu’elles soient marocaines, espagnoles ou belges. Depuis le 14 décembre, Ali n’a plus donné signe de vie. Tout contact avec le monde extérieur lui est interdit.

 

Or début  février, les premières informations ont commencé à filtrer.

Comme on pouvait le craindre, elles sont accablantes. Au cours des premiers jours de sa garde-à-vue, Monsieur Aarrass a été torturé. Il a été privé de sommeil et soumis à des interrogatoires incessants. Au cours de ceux-ci, il aurait fait l’objet d’injections de produits chimiques, de chocs électriques dans les parties génitales, du supplice de la bouteille (viol) et de nombreux autres sévices inqualifiables. Il semble que, lorsqu’il a été présenté pour la première fois devant un juge d’instruction, Ali Aarrass se trouvait dans un tel état qu’il a été impossible de l’auditionner. Lors de sa seconde présentation, l’avocat d’Ali a pu l’accompagner mais le juge d’instruction a refusé d’acter les allégations de torture contre A. Aarrass.

D’après des sources marocaines, Ali Aarrass a été maintenu en garde à vue à la prison de Salé, où il aurait été intensivement interrogé par la BNPJ, la Brigade nationale de la police judiciaire (une police d’investigation et d’enquête ne s’occupant que des «grandes affaires»). Selon le journal marocain Assabah, Ali a été emmené, cagoulé, dans différentes villes du Maroc –les enquêteurs s’acharnant à découvrir des caches d’armes et toutes sortes d’arsenal dont Arrass aurait participé à la constitution. Autant le dire: rien n’a été trouvé. Entre-temps, M. Aarrass aurait également comparu devant le procureur du Roi le 24 décembre 2010. Comparution devant le procureur incluse, Ali n’a cependant jamais eu droit à la présence ou à l’aide d’un avocat. Les Rapports de l’instruction ont eux aussi été rédigés hors la présence de tout avocat. En définitive, le défenseur d’Aarrass n’a pu consulter son dossier que le 18 janvier 2011, jour de la comparution du prévenu devant le juge d’instruction auprès de la Cour d’appel de Rabat. En charge des affaires de terrorisme, Abdelkader Chentouf est ce «super-juge», abondamment qualifié par la presse du régime de «sommité juridique de la lutte antiterroriste»: c’est lui qui s’est notablement  distingué dans le dossier et le procès Belliraj…

On est donc ici entré dans ce que l’on pouvait craindre le plus: «la véritable» affaire Aarrass…, à savoir les pratiques atroces dont usent méthodiquement les agents de la BNPJ pour extorquer de prétendus aveux à de prétendus coupables. A propos des moeurs déployés par cette Brigade spéciale, Amnesty International avait pourtant prévenu à l’avance des risques encourus par tous prévenus jugés au Maroc en décrivant les interrogatoires endurés par sept personnes à Fès, le 28 juin dernier, toutes arrêtées pour soi-disant «association non autorisée»: «Ces sept hommes ont été appréhendés par la Brigade nationale de la police judiciaire. Ils ont été conduits au Centre de détention de la BNPJ à Casablanca et placés dans des cellules séparées pendant 72 heures. Durant cette période, ils affirment avoir été laissés nus, menottés et les yeux bandés, sans nourriture et avec très peu d’eau. Tous disent avoir été torturés, et notamment –pour au moins cinq d’entre eux– violés à l’aide de stylos et d’autres objets introduits de force dans leur anus. Selon leurs dires, ils ont été contraints à signer des déclarations qu’on ne leur a pas laissés lire, sous la menace d’être jetés par une fenêtre s’ils refusaient…» (Communiqué de A.I., 21 juillet 2010).
Nous avons donc toutes les raisons, avec sa famille, d’être terriblement inquiets du sort présentement réservé à Ali Aarrass par les polices et les juges marocains. Il faut  tout faire pour le sauver de cet enfer.

 

DES SCANDALES A LA CHAINE…

En son temps, l’Espagne refusait d’accorder la nationalité espagnole aux personnes nées dans l’enclave de Ceuta et Mellila. Originaire de cette région du nord-marocain, Ali Aarass s’est ainsi trouvé confronté au problème de sa non-nationalité quand, à quinze ans, il part rejoindre sa mère établie en Belgique. De fait, pour avoir le droit de voyager,  il doit obtenir un titre d’identité que seules les autorités marocaines vont finalement lui délivrer. Aarrass n’est donc Marocain qu’en raison du fait qu’il a dû obtenir, pour quitter Mellila, un titre identificatoire. Il n’a cependant jamais vécu au Maroc. Il n’a aucun lien effectif avec ce pays. Ali  a vécu 28 ans en Belgique, il y  a acquis la nationalité belge, y a fait son service militaire, y a développé un commerce de proximité et des attaches profondes. Ali Aarrass a un casier judiciaire vierge. Après de longues années passées en Belgique, Aarrass décide de retourner vivre à Mellila avec sa femme et sa fille. C’est là qu’il est arrêté en avril 2008, suite à une demande d’extradition formulée par le Maroc. Il est soupçonné par cet Etat d’appartenir à la fameuse «cellule terroriste Belliraj». Il fait l’objet de deux enquêtes en Espagne pour vérifier s’il n’entretiendrait pas des liens avec des groupes terroristes. De ces investigations, Ali Aarrass sort totalement blanchi. Durant trois ans, la justice espagnole a enquêté. Elle n’a rien trouvé à lui reprocher. En mars 2009, le juge espagnol antiterroriste Baltazar Garzon émet donc un non-lieu provisoire… tout en indiquant qu’il n’y a «aucune objection» à l’extradition d’Ali Aarrass vers le Maroc «pour être jugé sur les mêmes faits» –ce qui est parfaitement illégal et attentatoire aux principes élémentaires du Droit  pénal. Pour Maître Mohamed Ali Nayim, l’avocat espagnol d’Ali Aarrass, «la décision d’envoyer mon client au Maroc est une contradiction. Elle rompt avec le principe juridique selon lequel on ne peut juger une personne deux fois pour le même fait».

Dès lors, le 21 avril 2009, Amnesty International (Espagne) rend public un communiqué sans ambage: «Ali Aarrass a fait l’objet d’une information judiciaire ouverte en 2006 par l’Audience nationale espagnole pour des infractions liées au terrorisme mais, le 16 mars 2009, cette juridiction l’a provisoirement close en raison de l’insuffisance des éléments de preuve…». Et pourtant, Ali reste en prison en raison de la demande d’extradition du Maroc. Une décision qui entraîne directement la réaction comminatoire d’Amnesty : «Exhortez les autorités (espagnoles) à ne pas extrader Ali Aarrass et Mohammed El Bay vers le Maroc car ils risqueraient d’être détenus au secret, de subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements, ainsi que d’être victimes d’un procès inique».

Car, il est de renommée commune que le Maroc torture de manière systématique les individus dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, motif invoqué par cet Etat pour museler toute opposition politique pacifique. Plus spécifiquement, il est de renommée commune que «le procès Belliraj» mené au Maroc a été une véritable mascarade, une parodie de justice. Les inculpés ont été torturés pour ensuite être condamnés sur base de leurs propres «aveux», obtenus sous la torture. Des informations émanant des autorités consulaires belges et des autorités américaines, divulguées sur Wikileaks, l’ont encore confirmé très récemment.

Ali Aarrass s’oppose, dès lors, fermement à son extradition. Il fait trois grèves de la faim pour éviter d’être remis à ses bourreaux potentiels. Malgré le risque manifeste et sérieux de subir torture, mauvais traitement et procès inique en cas d’extradition vers le Maroc, les autorités espagnoles restent décidées à l’extrader.

 

LES AUTORITES BELGES LAISSENT FAIRE

Interpellée par la famille depuis l’incarcération d’Ali et informé, précisément et de manière documentée, sur les risques encourus par Ali en cas d’extradition, le Ministre des Affaires étrangères belge a refusé de prendre contact avec l’Espagne, dans le cadre des relations diplomatiques entretenues avec ce pays –afin de faire part ne fut-ce que de la préoccupation des autorités belges à l’égard de leur ressortissant. Le Ministre a prétexté «la confiance mutuelle» qui prévaut entre les différents Etats européens, alors même qu’il lui était démontré que, en l’espèce, cette confiance était mal placée.

Le 19 novembre 2010, le Conseil des ministres espagnol  approuve l’extradition du belgo-marocain Ali Aarrass. Par contre, l’Espagne refuse d’extrader Mohammed El Bay, détenu dans la même affaire mais de nationalité hispano-marocaine. Cet homme a été, à juste titre, libéré.

Dès lors, en dernier recours, le Comité des droits de l’Homme des Nations Unies est saisi d’une requête en extrême urgence afin d’empêcher l’extradition de monsieur Aarass.  Au grand soulagement de toute sa famille, le Comité des droits de l’Homme prend une mesure provisoire enjoignant l’Espagne à ne pas l’extrader en date du 26 novembre 2010 et à faire parvenir «dans les deux mois» les motivations sur lesquelles la Justice espagnole se base pour justifier le transfert d’Aarrass vers le Maroc.

Situation des plus critiques. Dès que le Conseil des Ministres espagnols a approuvé son extradition, Ali  a décidé d’entamer, une nouvelle fois, la grève de la faim. Jusque-là, le consul belge en Espagne a toujours refusé de lui rendre visite dans le cadre de la protection consulaire due à tout belge se trouvant à l’étranger… Un refus motivé, selon le représentant du Consulat belge en Espagne car  «Dès l’instant où il quittent le territoire belge, il existe deux types de nationaux: ceux qui le sont d’origine… et les autres»… (1).

Finalement, suite à l’insistance des avocats d’Aarass, une visite consulaire est programmée pour le 14 décembre 2010. Or, à cette date, le consul belge est informé que ce déplacement n’a plus lieu d’être: Ali Aarrass vient d’être extradé…

Ultime précision? Le consul belge n’a même  pas pris la peine de contacter les avocats d’Ali ou sa famille. C’est par la presse que cette extradition a été portée à la connaissance des proches.

Or, en extradant  le citoyen belge Aarrass malgré la mesure provisoire adoptée par le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies, l’Espagne a manifestement violé ses obligations internationales en se rangeant lamentablement aux côtés des pires Etats-voyou.

C’est d’autant plus grave que,  en cas d’application de la législation antiterroriste, la procédure marocaine autorise la garde à vue de tout suspect pendant douze jours. Durant ce délai, les personnes sont maintenues au secret et ne peuvent pas communiquer avec l’extérieur ou bénéficier de l’assistance d’un avocat. Dans son Rapport du 1er décembre 2004, le Comité des Droits de l’Homme avait déjà indiqué : «Le Comité considère comme excessive la période de garde à vue –48 heures (renouvelables une fois) pour les crimes ordinaires et 96 heures (renouvelables deux fois) pour les crimes liés au terrorisme–, période pendant laquelle un suspect peut être détenu sans être présenté devant un juge. L’État partie devrait revoir sa législation sur la garde à vue et la mettre en conformité avec les dispositions de l’article 9 ainsi que de toutes les autres dispositions du Pacte. L’État partie devrait modifier sa législation et sa pratique pour permettre à la personne arrêtée d’avoir un accès à un avocat dès le début de sa garde à vue (articles 6, 7, 9, 10 et 14 du Pacte)» (cf. Comité des droits de l’homme, «Observations finales du Comité des droits de l’homme : Morocco», CCPR/CO/82/MAR, 1er décembre 2004, point 15).

C’est au cours de ce délai illégal de garde-à-vue que Monsieur Aarrass a été torturé. Pourtant, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 10 décembre 1984, impose : «Tout Etat partie assure à toute personne qui prétend avoir été soumise à la torture sur tout territoire sous sa juridiction le droit de porter plainte devant les autorités compétentes dudit Etat qui procéderont immédiatement et impartialement à l’examen de sa cause. Des mesures seront prises pour assurer la protection du plaignant et des témoins contre tout mauvais traitement ou toute intimidation en raison de la plainte déposée ou de toute déposition faite». «Tout Etat partie veille à ce que toute déclaration dont il est établi qu’elle a été obtenue par la torture ne puisse être invoquée comme un élément de preuve dans une procédure, si ce n’est contre la personne accusée de torture pour établir qu’une déclaration a été faite» (cf. Articles 13 et 15 de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 10 décembre 1984)…

 

«UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT»

Dans ces circonstances, les proches d’Ali Aarrass sont extrêmement inquiets. Ils ont peur qu’Ali soit condamné sur base d’aveux obtenus sous la torture, les siens et ceux d’Abdelkader Belliraj. Le dossier répressif marocain ne contient en effet aucun élément objectif relatif à l’implication de Monsieur Aarrass dans un quelconque groupe terroriste.

L’attitude honteuse de l’Espagne, et l’inertie coupable de la Belgique ne peuvent rester sans suite. Les lois pénales européennes répriment sévèrement ceux qui pratiquent la torture, et ceux qui s’en rendent passivement complices. Il faut  étudier les possibilités d’introduire des poursuites pénales ou civiles contre les agents de ces Etats européens qui collaborent allègrement avec le Maroc et ses pratiques odieuses.

Actuellement, la famille d’Ali ne sait toujours pas dans quelles conditions exactes il est détenu, ni à quel point sa santé en est affectée. Contacté à nouveau afin d’apporter la protection diplomatique auquel monsieur Aarrass a droit, le Ministère des Affaires étrangères belge se retranche derrière la double nationalité d’Ali pour continuer à ne rien faire. Il est pourtant simplement demandé à la Belgique d’interroger la Maroc quant à la situation d’un de ses ressortissants, de solliciter de pouvoir lui rendre visite au plus vite pour s’assurer de son état de santé physique et moral, de dénoncer les atteintes aux droits de l’Homme dont il est désormais prouvé qu’il est une des victimes manifestes.

 

 

 

Le Comité pour la Liberté d’Expression et d’Association

www.leclea.be

 

 

________

(1) Propos du représentant consulaire belge en Espagne rapportés par Maître Mohamed Ali Nayim, l’avocat espagnol d’Ali Aarrass, lors de la conférence de presse donnée dans les locaux de la Ligue belge des droits de l’Homme en date du 7 octobre 2010).

 

Pour une Belgique en pointe


Messieurs,
Après avoir participé à la marche « Shame », campé virtuellement au « Camping16 » et laissé pousser ma barbe à la Poelvoorde, je vous envoie, ci-joint, un article intitulé « Pour une Belgique en pointe » que j’espère bien voir publié dans mon quotidien préféré de toujours, LLB.
Il est grand temps, en effet, de mettre au pouvoir l’imagination de toutes les compétences de notre cher pays pour sortir la politique belge de l’ornière dans laquelle elle s’est profondément enlisée.
Je souhaite diffuser au maximum cette idée d’innovation et de réforme progressive, en douceur et selon le bon sens qui nous est propre. La Belgique, qui est « en pointe  » dans plusieurs domaines, devrait également l’être en politique, d’autant plus qu’elle occupe cette position géopolitique privilégiée au carrefour des cultures européennes et est de facto la capitale de l’Europe.
Je compte sur vous.
Bien cordialement
Philippe Grell

Réponse : Cher Monsieur,

Nous vous remercions de nous avoir fait part de vos considérations. Celles-ci ne peuvent faire l’objet d’une publication car nous manquons de place. Néanmoins, vos réflexions alimentent la nôtre.

Bien à vous,
LA LIBRE
LA REDACTION

Comme j’ai de la place, merci wordpress, je reproduis ici l’article de Monsieur Grell

Innover. Pas par plaisir, mais par nécessité. L’expérience du fédéralisme d’union à 3 régions territoriales et 3 communautés linguistiques n’a toujours pas réussi et a atteint ses limites. Elle a mené à l’incompréhension, à l’affrontement, à la surenchère. Elle n’arrive plus à former un gouvernement dans des délais normaux. Bref, elle divise au lieu d’unir ! Elle menace même de mener au séparatisme et de se passer de la royauté ! En sciences appliquées, lorsqu’une expérience ne réussit pas dans un délai raisonnable, on ne s’en-tête pas et on tente autre chose en tenant compte des connaissances acquises lors de l’échec ! Pourquoi en se-rait-il autrement en sciences politiques ?

La grande erreur de cette expérience est de ne pas avoir fourni à la population belge l’outil pratique de compréhension des différences linguistiques et culturelles : le bilinguisme dès la naissance ! Et ensuite, la possibilité d’une instruction multilingue et multiculturelle comme dans les écoles européennes. On a ainsi galvaudé une grande richesse potentielle et les bien-faits d’une situation géopolitique exceptionnelle au cœur de l’Europe : la culture germanique et la culture latine. Nos représentants politiques ont en effet opté pour le contraire ; ils ont défendu et favorisé la langue unique. La scission catastrophique des partis selon un critère purement linguistique, et somme toute simpliste, a fourni un exemple désastreux à la population. Ils ne se parlaient plus dans une même famille politique !

La force de l’union est devenue faiblesse et vulnérabilité de la division : une frontière linguistique honteuse, une scission lamentable bien que nécessaire de l’Université de Lou-vain, une instruction bilingue pour nos enfants devenue illégale, des médias ne couvrant plus qu’une partie du pays et défendant un monolinguisme forcené. Est ensuite venue la rage de tout diviser entre deux langues, y compris l’Institut Royal des Sourds et Muets de Woluwe-Saint-Lambert !
Il est donc temps d’innover, sous peine de disparaître, même si il est inconfortable de changer ses habitudes. Mais comment innover en douceur et en ménageant les transitions ? C’est aux spécialistes et chercheurs en sciences politiques que ce travail incombe. Mais on peut toujours réfléchir à la question et avoir quelques idées. La première est certes de créer au niveau fédéral une circonscription électorale unique, nationale, à partis politiques bilingues unifiés. Une autre, est de simplifier au maximum la décentralisation du pouvoir vers les régions en évitant les conflits de compétence, d’intérêts et les interventions multiples. Mais a t-on vraiment besoin d’une structure aussi lourde et confuse que celle que nous connaissons actuellement : des Parlements et Gouvernements régionaux comme dans des états souverains ?

En attendant que les 3 régions du pays deviennent bilingues, ne pourrait-on pas comprendre qu’en allant s’installer dans l’une d’elles, il y a lieu de faire un effort linguistique et de compréhension, notamment vis-à-vis de l’administration et des habitants d’origine comme si on allait vivre à l’étranger ? Des associations de traducteurs, bénévoles ou non, pourraient aussi voir le jour pour favoriser cette intégration en douceur.
En ce qui concerne la démocratie. Ne devrait-on pas favoriser le renouvellement plus fréquent de nos représentants en stimulant le départ des anciens, en facilitant l’accès aux jeunes et en limitant la durée des mandats (à 15 ou 20 ans par exemple) ?

Ne devrait-on pas décourager davantage leurs cumuls ? La représentation politique de la population d’un pays est-elle vraiment une carrière en soi ou bien plutôt une mise à disposition temporaire de compétences diverses pour le bien supérieur d’un état ? Le pouvoir démocratique n’est-il pas par essence un pouvoir ouvert à tous mais à durée limitée et pas une affaire de famille transmise par héritage ? Les 3 pouvoirs indépendants doivent être contrôlés et le sont. Mais le contrôle du pouvoir législatif par l’électeur n’est-il pas un leurre dès lors que ce dernier est aussi mal informé qu’il l’est actuellement et manque de choix ? Malgré l’énorme essor technique des médias, le contenu de l’information manque de transparence et les désirs de la population ne sont pas rencontrés : soit qu’on ne la consulte pas correctement (référendum ?), soit qu’on ne tienne pas compte de ses avis, soit qu’on la manipule.

Il reste de plus les défauts chroniques souvent dénoncés de particratie et d’électoralisme. Il doit être possible d’y remédier au moins dans une certaine mesure, mais nous ne voyons rien venir. Les spécialistes ne pourraient-ils pas faire travail utile en la matière ?

Concernant la bonne gouvernance. Ne serait-il pas temps de moderniser un peu ces notions devenues désuètes d’opposition gauche, droite ; cœur ou portefeuille ? Dans l’état actuel de dépendance planétaire et européenne, aucun parti politique n’a plus de grande marge de manœuvre. Tous ne se retrouvent-ils pas au centre et obligés d’utiliser la conjonction grammaticale « et » au lieu de « ou » ? Il faut à la fois avoir la volonté d’entreprendre et celle de faire fonctionner les administrations, prendre des risques calculés et gérer les affaires courantes, rémunérer le capital et aussi le travail, faire des bénéfices et alimenter la sécurité sociale. Le tout est un équilibre délicat qui n’admet plus ni l’étatisation, ni la thésaurisation, ni la spéculation inconsidérées. La différence des partis réside plus dans les priorités et les moyens mis en œuvre que dans leurs programmes proprement-dits. Ce sont les réalisations promises qui seront sanctionnées par l’électeur. Mais la sanction ne sera correcte que si l’information l’est. Et elle est actuellement déficiente certaine-ment au niveau des votes de préférence.

En ce qui concerne le travail. Après des délocalisations massives, le refus de certains travaux par nos nationaux, la concurrence effrénée dans certains secteurs, l’accès des femmes à toutes les professions, bien des choses sont à revoir dans le milieu du travail et celui de la famille. A commencer par les ambiances de travail qui laissent à désirer un peu partout. Là aussi, il s’agit d’une question pour spécialistes. Mais on peut se demander si, pour une meilleure éducation des jeunes, le choix possible par les parents d’un travail à mi-temps, à salaire cumulé suffisant, ne serait pas une solution d’avenir à étudier. D’autre part, comme nous avons énormément vendu de valeur ajoutée à l’étranger et qu’il ne nous reste pratiquement plus que notre matière grise et certaines fabrications très spécialisées, ne serait-il pas urgent d’investir davantage dans les écoles et universités, centres de recherches et laboratoires ?
Il est grand temps, à notre humble avis, de mettre au pouvoir l’imagination de toutes les compétences de ce cher pays pour sortir la politique belge de l’ornière dans laquelle elle s’est profondément enlisée. Progresse enfin la politique belge !

Philippe Grell, Ing. Civil

Pendant combien de générations ?


Conférence : 1è, 2è, 3è, 4è génération: indigènes à vie?

Heure
mardi 8 février · 19:30 – 22:00

Lieu ULB, auditoire H2.215. 

Campus du Solbosch, avenue F.D. Roosevelt 50 – 1050 Bruxelles.

Créé par :

En savoir plus
Stop à l’islamophobie ! 

Le Collectif Réflexion Indigène organise sa première conférence:

1ere, 2ème, 3ème,4ème génération: indigènes à vie?
…Comment exiger le respect de nos droits en tant que citoyens à part entière?

Organisons nous pour défendre nos droits de citoyen à part entière et soyons solidaires avec : La famille Aarras, la famille Atar, Fatima Zibouh, Mainur Ozdemir, le Bougnoulosophe, Nordine Saidi, Souhail Chichah et tant d’autres.

Ensemble agissons ici et maintenant pour notre dignité,
celles de nos parents, de nos enfants et de nos ami(e)s !

Intervenants :
– Mme NOURIA OUALI, docteur en sciences sociales et politiques et chercheuse au GEM (Groupe d’études et de recherches «Genre et Migration»)
– Mr. ISA GULTASLAR, avocat au barreau de Bruxelles et avocat de la famille Atar
– Mr. SOUHAIL CHICHAH, chercheur en économie de la discrimination à l’ULB
Modératrice:
– Mlle KAOUTAR BOUSTANI, membre du Mouvement pour les Droits Fondamentaux

P.A.F: 4€
Chômeurs/Etudiants : 2.50€

Soutenez le C.R.I : 363 0812 649 23

 

source

La manifestation Shame de dimanche : les raisons de la mobilisation


anniebannie : on ne parle jamais des germanophones

Des jeunes des deux Communautés appellent à manifester le 23 janvier. Au même titre qu’un collectif atypique. Et le Camping 16 fait camper les internautes. Ils nous écrivent.

Depuis 2007, la scène politique est complètement dominée par les négociations communautaires. Informateurs, clarificateurs et conciliateurs ont beau se succéder, il n’y a toujours aucune percée en vue. Pendant quatre ans, nous avons été témoins de multiples échecs, chamailleries et d’une totale confusion entre les différents niveaux de pouvoirs. Personne ne sait très bien pourquoi maintenant mais ce qui est clair, c’est qu’on est dans l’impasse la plus totale, et ce dans un contexte plus alarmant que jamais. Nous, les jeunes, nous voulons en sortir. C’est pour ça que nous allons manifester.

Mais n’est-ce pas un peu facile de protester contre « l’impasse politique » ? N’est-il pas plus utile de discuter directement avec les personnalités ou les partis concernés ? Nous en doutons car nous tenons tous les politiciens qui sont ou ont été impliqués dans ces négociations pour responsables de cette situation : qu’ils soient de droite ou de gauche, Wallons ou Flamands. C’est pourquoi nous ne voulons pas en attribuer la faute à tel parti ou telle personne, mais réprouvons totalement et inconditionnellement la culture politique qui a permis à ces politiciens d’accéder au pouvoir et de s’y accrocher. C’est pour ça que nous allons manifester.

Mais l’étroitesse d’esprit qui plombe notre climat politique n’est pas le fait de nos seuls dirigeants : les médias aussi ont une lourde responsabilité. Quand nous avons lancé notre appel à manifester sur internet, certains organes de presse nous ont inlassablement posé les mêmes questions : « vous êtes des flamingants ou des belgicains ? » ou « comment vous situez-vous politiquement ? ». Nous forçant ainsi une fois de plus à nous inscrire dans la logique même que nous prétendons dénoncer. Et ils s’y prennent exactement de la même manière avec les politiciens, les électeurs et la quasi-totalité de nos concitoyens. Nous voulons nous libérer du carcan politico-communautaire que nous infligent les partis et les médias. C’est pour ça que nous allons manifester.

A cause de ce blocage politico-communautaire, nous sommes actuellement privés de gouvernement. C’est le même poing que nous dressons contre la logique du « eux ou nous », contre l’acharnement néfaste des négociateurs, et que nous abattons sur la table pour réclamer un gouvernement. Nous en avons plus qu’assez d’être « administrés » par des gouvernements d’urgence ou en affaires courantes totalement dépourvus d’une vision à long terme. C’est pour ça que nous allons manifester.

Mais sommes-nous pour autant devenus assez inquiets ou assez conservateurs, nous les jeunes, pour vouloir mettre en selle n’importe quel gouvernement ? Et à n’importe quel prix ? Les jeunes ne devraient-ils pas plutôt être ceux qui les font tomber ? Non. Notre appel n’est pas destiné à cautionner le premier gouvernement prêt à prendre n’importe quelle mesure. Et il est encore moins dicté par la crainte de sombrer dans l’instabilité politique. C’est une initiative positive fondée sur une intuition raisonnable. Nous n’exigeons rien d’autre qu’un gouvernement qui puisse rendre à tous les Belges confiance dans leur avenir, qui veille à protéger le niveau de vie de tous et qui s’emploie à dépasser les différends qui nous paralysent depuis quatre ans. C’est pourquoi nous nous élevons contre un climat politique où l’intérêt général doit être sacrifié à l’intérêt d’une seule communauté, où un seul rêve doit être abandonné au nom d’un quelconque réalisme ou dans lequel les décideurs sont pris en otages par ceux de leur propre camp. Nous voulons un gouvernement qui nous dirige en fonction de nos intérêts communs. C’est pour ça que nous allons manifester.

Nous n’avons pas de boule de cristal. Il nous est difficile de prédire si notre marche peut changer quoi que ce soit. Mais nous sommes sûrs d’une chose : le nombre de participants contribuera à donner plus de poids à nos revendications. Si nous sommes nombreux, cela ne nous rendra pas plus heureux mais notre voix portera plus loin. Nous voulons être entendus par les politiciens et qu’ils nous prennent au sérieux. Nous voulons exercer une certaine pression. C’est pour ça que nous allons manifester.

C’est une manifestation de jeunes qui se prépare, tout comme le sont ses promoteurs, mais ça n’atténue pas notre détermination. Nous n’émanons ni d’un parti ni d’une structure syndicale et ne nous réclamons d’aucune idéologie particulière. Nous sommes des jeunes qui coopérons en toute indépendance en vue de mobiliser d’ici quelques jours plus de dix mille personnes, via Facebook et à travers d’autres canaux, pour venir manifester le 23 janvier. Après avoir obtenu l’autorisation officielle de la Ville de Bruxelles, nous invitons nos concitoyens à prendre part à cette marche pacifique. Pour préserver l’esprit d’indépendance qui caractérise notre mouvement, nous prions instamment les sympathisants de n’afficher au cours de l’événement aucun signe d’appartenance politique. Flamands, Bruxellois ou Wallons, autochtones ou allochtones, hommes ou femmes, individus ou groupes, tout le monde est bienvenu. Nous marcherons côte à côte dans Bruxelles, animés par un unique objectif : doter notre nation d’une politique nouvelle et différente. C’est pour ça que nous allons manifester.

Simon Vandereecken, Alex Hermans, Thomas Royberghs, Felix De Clerck, Thomas Decreus
Voyez aussi

« Shame » dès 13h00 dimanche, de la gare du Nord au Cinquantenaire


Carte du parcours

Les autorités bruxelloises viennent de donner leur feu vert à la manifestation « Shame. No government ? Great country » programmée ce dimanche 23 janvier à l’initiative de quelques étudiants de la VUB.

Le bourgmestre et la police de Bruxelles viennent de donner leur feu vert à cet événement. « Politiquement neutre », rappelle le site des organisateurs.

« Nous avons dû modifier le trajet car le point de rendez-vous précédent (16 rue de la Loi) se trouve en zone neutre où aucune manifestation n’est autorisée », précisent les organisateurs.

La manifestation démarrera donc à 13h00 au boulevard Albert II (près de Rogier) et se terminera à l’esplanade du Cinquantenaire, où des discours seront prononcés en français, néerlandais et anglais par les initiateurs de l’événement, vers 17h00.

Ces derniers insistent sur le caractère pacifique et « politiquement neutre » de la manifestation.

« Nous ne sommes ni pro-Belgique, ni anti-Belgique. De plus, nous ne sommes ni unionistes, ni séparatistes. Nous désirons garder cette neutralité à tout prix », soulignent-ils.

Les organisateurs déconseillent dès lors le port de drapeaux belges ou représentant un parti politique, ou encore « tout autre symbole porteur de revendication politique ou sociale ».

Sur leur site internet, les initiateurs indiquaient la présence de 13.000 personnes dimanche, mais la page Facebook de l’événement comptait mercredi après-midi déjà 21.172 personnes dans la rubrique « participera » et 24.564 « participera peut-être ».

Le 11 janvier dernier, les organisateurs ont lancé un appel à manifester contre l’absence de gouvernement de plein exercice depuis les élections du 13 juin dernier.

(belga)

Des voix par centaines dans le Belgomaton


MOUTON,OLIVIER

Jeudi 20 janvier 2011

Sur Le site lancé par « Le Soir » pour fédérer les messages des citoyens, ils expriment leur impatience. Le Belgomaton sera aussi accessible sans Facebook.

Allez écrire votre avis, au moins on nous écoute quelque part. » « Le Soir a cette sale habitude de récupérer et d’aller dans des espaces qui ne lui appartient pas. » Le lancement dans notre journal et sur notre site du Belgomaton, mercredi matin, a suscité des réactions certes contrastées. Mais globalement, l’existence d’un canal fédérateur des opinions citoyennes a été applaudie en cette ère de blocage politique. Ce jeudi, cela fait 221 jours que la Belgique est sans gouvernement.

Hier soir, plus de 500 messages et photos avaient déjà été postés sur le site belgomaton.be. Et le flux, ininterrompu, témoignait d’une réelle envie d’exprimer un puissant ras-le-bol face à l’incapacité – chronique – de nos responsables politiques à conclure un accord communautaire. L’ouverture du site aux non-détenteurs d’un profil Facebook (lire ci-contre) devrait encore multiplier les témoignages.

« L’union fait la force ». Oui, l’attachement à la diversité culturelle belge s’exprime à de nombreuses reprises dans le Belgomaton. Mais il y a aussi des cris rattachistes et des désirs de réforme multiformes. Des envies de changement et des appels à « un gouvernement sans la N-VA ».

Surtout, c’est un retour à une démocratie efficace qui voit le jour. Combien de voix ne s’élèvent-elles pas pour un référendum – tout en regrettant qu’il soit impossible en Belgique ! Combien d’allusions à ce qui s’est passé ces derniers jours… en Tunisie ! Sans oublier des appels à manifester ce dimanche. « Shame ».

Le Soir publiera dans ses éditions du week-end un vaste échantillon des messages postés dans le Belgomaton. Et poursuivra la diffusion des ces expressions citoyennes jusqu’à ce qu’une issue soit trouvée à la crise. Parce que chaque voix compte.

pratique

Le Belgomaton sans passer par Facebook

Vous avez été nombreux à regretter que l’accès au site belgomaton.be impose la possession d’un profil sur le réseau social Facebook. Dès ce jeudi après-midi, un formulaire sera mis en ligne qui vous permettre de poster un message et votre photo sans Facebook.

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