Pour une Belgique en pointe


Messieurs,
Après avoir participé à la marche « Shame », campé virtuellement au « Camping16 » et laissé pousser ma barbe à la Poelvoorde, je vous envoie, ci-joint, un article intitulé « Pour une Belgique en pointe » que j’espère bien voir publié dans mon quotidien préféré de toujours, LLB.
Il est grand temps, en effet, de mettre au pouvoir l’imagination de toutes les compétences de notre cher pays pour sortir la politique belge de l’ornière dans laquelle elle s’est profondément enlisée.
Je souhaite diffuser au maximum cette idée d’innovation et de réforme progressive, en douceur et selon le bon sens qui nous est propre. La Belgique, qui est « en pointe  » dans plusieurs domaines, devrait également l’être en politique, d’autant plus qu’elle occupe cette position géopolitique privilégiée au carrefour des cultures européennes et est de facto la capitale de l’Europe.
Je compte sur vous.
Bien cordialement
Philippe Grell

Réponse : Cher Monsieur,

Nous vous remercions de nous avoir fait part de vos considérations. Celles-ci ne peuvent faire l’objet d’une publication car nous manquons de place. Néanmoins, vos réflexions alimentent la nôtre.

Bien à vous,
LA LIBRE
LA REDACTION

Comme j’ai de la place, merci wordpress, je reproduis ici l’article de Monsieur Grell

Innover. Pas par plaisir, mais par nécessité. L’expérience du fédéralisme d’union à 3 régions territoriales et 3 communautés linguistiques n’a toujours pas réussi et a atteint ses limites. Elle a mené à l’incompréhension, à l’affrontement, à la surenchère. Elle n’arrive plus à former un gouvernement dans des délais normaux. Bref, elle divise au lieu d’unir ! Elle menace même de mener au séparatisme et de se passer de la royauté ! En sciences appliquées, lorsqu’une expérience ne réussit pas dans un délai raisonnable, on ne s’en-tête pas et on tente autre chose en tenant compte des connaissances acquises lors de l’échec ! Pourquoi en se-rait-il autrement en sciences politiques ?

La grande erreur de cette expérience est de ne pas avoir fourni à la population belge l’outil pratique de compréhension des différences linguistiques et culturelles : le bilinguisme dès la naissance ! Et ensuite, la possibilité d’une instruction multilingue et multiculturelle comme dans les écoles européennes. On a ainsi galvaudé une grande richesse potentielle et les bien-faits d’une situation géopolitique exceptionnelle au cœur de l’Europe : la culture germanique et la culture latine. Nos représentants politiques ont en effet opté pour le contraire ; ils ont défendu et favorisé la langue unique. La scission catastrophique des partis selon un critère purement linguistique, et somme toute simpliste, a fourni un exemple désastreux à la population. Ils ne se parlaient plus dans une même famille politique !

La force de l’union est devenue faiblesse et vulnérabilité de la division : une frontière linguistique honteuse, une scission lamentable bien que nécessaire de l’Université de Lou-vain, une instruction bilingue pour nos enfants devenue illégale, des médias ne couvrant plus qu’une partie du pays et défendant un monolinguisme forcené. Est ensuite venue la rage de tout diviser entre deux langues, y compris l’Institut Royal des Sourds et Muets de Woluwe-Saint-Lambert !
Il est donc temps d’innover, sous peine de disparaître, même si il est inconfortable de changer ses habitudes. Mais comment innover en douceur et en ménageant les transitions ? C’est aux spécialistes et chercheurs en sciences politiques que ce travail incombe. Mais on peut toujours réfléchir à la question et avoir quelques idées. La première est certes de créer au niveau fédéral une circonscription électorale unique, nationale, à partis politiques bilingues unifiés. Une autre, est de simplifier au maximum la décentralisation du pouvoir vers les régions en évitant les conflits de compétence, d’intérêts et les interventions multiples. Mais a t-on vraiment besoin d’une structure aussi lourde et confuse que celle que nous connaissons actuellement : des Parlements et Gouvernements régionaux comme dans des états souverains ?

En attendant que les 3 régions du pays deviennent bilingues, ne pourrait-on pas comprendre qu’en allant s’installer dans l’une d’elles, il y a lieu de faire un effort linguistique et de compréhension, notamment vis-à-vis de l’administration et des habitants d’origine comme si on allait vivre à l’étranger ? Des associations de traducteurs, bénévoles ou non, pourraient aussi voir le jour pour favoriser cette intégration en douceur.
En ce qui concerne la démocratie. Ne devrait-on pas favoriser le renouvellement plus fréquent de nos représentants en stimulant le départ des anciens, en facilitant l’accès aux jeunes et en limitant la durée des mandats (à 15 ou 20 ans par exemple) ?

Ne devrait-on pas décourager davantage leurs cumuls ? La représentation politique de la population d’un pays est-elle vraiment une carrière en soi ou bien plutôt une mise à disposition temporaire de compétences diverses pour le bien supérieur d’un état ? Le pouvoir démocratique n’est-il pas par essence un pouvoir ouvert à tous mais à durée limitée et pas une affaire de famille transmise par héritage ? Les 3 pouvoirs indépendants doivent être contrôlés et le sont. Mais le contrôle du pouvoir législatif par l’électeur n’est-il pas un leurre dès lors que ce dernier est aussi mal informé qu’il l’est actuellement et manque de choix ? Malgré l’énorme essor technique des médias, le contenu de l’information manque de transparence et les désirs de la population ne sont pas rencontrés : soit qu’on ne la consulte pas correctement (référendum ?), soit qu’on ne tienne pas compte de ses avis, soit qu’on la manipule.

Il reste de plus les défauts chroniques souvent dénoncés de particratie et d’électoralisme. Il doit être possible d’y remédier au moins dans une certaine mesure, mais nous ne voyons rien venir. Les spécialistes ne pourraient-ils pas faire travail utile en la matière ?

Concernant la bonne gouvernance. Ne serait-il pas temps de moderniser un peu ces notions devenues désuètes d’opposition gauche, droite ; cœur ou portefeuille ? Dans l’état actuel de dépendance planétaire et européenne, aucun parti politique n’a plus de grande marge de manœuvre. Tous ne se retrouvent-ils pas au centre et obligés d’utiliser la conjonction grammaticale « et » au lieu de « ou » ? Il faut à la fois avoir la volonté d’entreprendre et celle de faire fonctionner les administrations, prendre des risques calculés et gérer les affaires courantes, rémunérer le capital et aussi le travail, faire des bénéfices et alimenter la sécurité sociale. Le tout est un équilibre délicat qui n’admet plus ni l’étatisation, ni la thésaurisation, ni la spéculation inconsidérées. La différence des partis réside plus dans les priorités et les moyens mis en œuvre que dans leurs programmes proprement-dits. Ce sont les réalisations promises qui seront sanctionnées par l’électeur. Mais la sanction ne sera correcte que si l’information l’est. Et elle est actuellement déficiente certaine-ment au niveau des votes de préférence.

En ce qui concerne le travail. Après des délocalisations massives, le refus de certains travaux par nos nationaux, la concurrence effrénée dans certains secteurs, l’accès des femmes à toutes les professions, bien des choses sont à revoir dans le milieu du travail et celui de la famille. A commencer par les ambiances de travail qui laissent à désirer un peu partout. Là aussi, il s’agit d’une question pour spécialistes. Mais on peut se demander si, pour une meilleure éducation des jeunes, le choix possible par les parents d’un travail à mi-temps, à salaire cumulé suffisant, ne serait pas une solution d’avenir à étudier. D’autre part, comme nous avons énormément vendu de valeur ajoutée à l’étranger et qu’il ne nous reste pratiquement plus que notre matière grise et certaines fabrications très spécialisées, ne serait-il pas urgent d’investir davantage dans les écoles et universités, centres de recherches et laboratoires ?
Il est grand temps, à notre humble avis, de mettre au pouvoir l’imagination de toutes les compétences de ce cher pays pour sortir la politique belge de l’ornière dans laquelle elle s’est profondément enlisée. Progresse enfin la politique belge !

Philippe Grell, Ing. Civil

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