Dernier crime à Gaza : le crime de haute trahison et précisions


 

RAS-LE-BOL DE LA MESINFORMATION! NON, l’AP n’a pas retiré sa plainte. Il s’agit d’un problème de recevabilité de la plainte.   De Majed Bamya – diplomate au ministère des affaires étrangères palestinien Salamat chers amis, je reçois beaucoup d’interrogations sur le soi-disant retrait de la plainte devant la Cour Pénale Internationale. Le sujet est compliqué, mais je vais tenter d’apporter quelques éclaircissements même si je ne suis pas un spécialiste du sujet. Le gouvernement palestinien avait fait une déclaration en 2009 pour reconnaître la compétence de la CPI suite aux massacres commis contre notre peuple à Gaza en décembre 2008 et janvier 2009. Le procureur général à l’époque a considérait que cette déclaration n’était pas recevable car il ne lui revenait pas de trancher le débat sur le statut de la Palestine, en déterminant s’il s’agissait bien d’un Etat pouvant saisir la cour ou pas. La plainte déposée récemment par le Ministre palestinien de la justice, s’appuie sur cette déclaration de 2009, en espérant que suite au vote par l’Assemblée générale des Nations Unies en novembre 2012 octroyant le statut d’observateur à l’Etat de Palestine, la procureur général lancera son enquête sur la base de la Déclaration de 2009. Il s’agit là d’une contorsion juridique, qui tient probablement la route. Mais il y a un chemin désormais ouvert à la Palestine, qui est la ratification du statut de Rome qui a mis en place la CPI. Or, la décision d’une telle ratification n’a pas été prise. Le Ministre des affaires étrangères palestinien a rencontré la Procureure à La Haye dans la perspective d’une telle ratification, qui serait un acte politique fort et fondamental. Malheuresement des Etats puissants font pression sur nous pour préserver l’impunité d’Israël plutôt que de faire pression sur Israël pour mettre fin à ces crimes de guerre. Enfin, il y a des discussions internes sur possible impact d’une telle décision, mais je crois qu’il y a un consensus national qui se dégage et que nous sommes nombreux à partager sur la nécessité de rejoindre la CPI. Voilà les éléments que je peux apporter pour l’heure, et je vous appelle à continuer à être mobilisé pour mettre fin à l’impunité d’Israël y compris en exigeant que vos Etats soutiennent une telle démarche palestinienne, et en continuant à nous appeler à saisir la CPI. Nous savons que nous allons encore une fois être punis pour avoir exercé un droit légitime, où partout ailleurs on aurait félicité un Etat pour avoir fait une telle démarche, mais le prix que nous payons pour l’impunité d’Israël est bien plus élevé. Peut être un dernier commentaire, à tout moment où nous adhérons au statut de Rome, nous pouvons donner compétence à la Cour pour examiner toutes les violations depuis sa création, c’est à dire depuis 2002. Qu’on ratifie aujourd’hui, demain ou après demain, les crimes commis ces dernières semaines seront donc jugés. Le plus vite serait le mieux.

Voici l’article du Docteur Oberlin Aujourd’hui est un jour de deuil supplémentaire pour les Palestiniens. Hier 5 août 2014 Mr Riad Al MALIKI, ministre des Affaires Etrangères de Palestine, a obtenu de Mme Fatou BENSOUDA, procureure de la Cour Pénale Internationale, l’annulation de la plainte déposée le 25 juillet 2014 par Mr Saleem Al SAQQA, ministre palestinien de la Justice, et Mr Ismaeel JABER, procureur général de Gaza, pour les crimes de guerre commis à Gaza par l’armée israélienne.   Cette plainte, élaborée par les meilleurs spécialistes du Droit International, avait reçu l’appui de 130 professeurs de Droit de par le monde qui avaient affirmé sa complète recevabilité au regard des statuts de la Cour Pénale Internationale.

   Dès la publication de la plainte, le président palestinien Mahmoud ABBAS, le représentant de la Palestine à l’ONU, et Mme Leila CHAHID, ambassadrice de Palestine auprès de l’Union Européenne, ont développé une stratégie en vue de l’annulation de la plainte.

   Le représentant à l’ONU a prétendu, à l’unisson avec la partie israélienne, que le dépôt de plainte risquait de se retourner contre la résistance palestinienne, ce qui est juridiquement faux (article 31D du statut de la Cour Pénale internationale). Mme Leila CHAHID est allée dans le même sens, provoquant le 4 aout une réaction officielle du Hamas par l’intermédiaire de son porte-Parole Sami Abu ZOUHRI :

   « N’écoutez aucune voix qui suggérerait que nous serions opposés à une action auprès de la Cour Pénale Internationale. Certaines personnes disent que le Hamas ou d’autres personnes résistantes pourraient être victimes d’une telle démarche, mais ce n’est pas vrai. Ce n’est que de la propagande. Rien de ce que nous faisons ne nous fait peur. Nous sommes sous occupation et c’est notre droit, selon la loi, de résister. Et c’est aussi le droit de notre population d’être défendue. »

   Ces pressions sur la Cour Pénale Internationale aboutissant à l’annulation de la plainte étaient malheureusement prévisibles. Déjà à la suite de guerre de l’hiver 2008-2009, Mr ABBAS avait dépêché Mr Al MALIKI auprès du procureur de la Cour, aboutissant à l’annulation de la procédure de plainte en cours. Ce sont les mêmes acteurs aujourd’hui qui sont à la manœuvre.

   Il faut dire que la plainte déposée le 25 juillet 2014, outre les crimes de guerre, mentionnait le crime de colonialisme, faisant ainsi peser une lourde menace sur Israël : dès la plainte transmise à la chambre intermédiaire, les entreprises étrangères travaillant dans les territoires occupés devenaient susceptibles de poursuites pour complicité. Les conséquences économiques pour Israël auraient pu être rapides, bien avant que n’advienne le jugement des commanditaires des crimes de guerre. Avant même que la bataille des armes ne soit terminée, Mr NETANYAHU a remporté grâce à Mr ABBAS et Mme CHAHID une victoire politique déterminante : la menace économique est éloignée.

   Comme toujours en pareil circonstances, la communication palestinienne et en particulier Mme CHAHID, prétend avoir une autre stratégie : celle d’adhésion à la Cour Pénale Internationale. Pourquoi ne l’avoir pas fait plus tôt ? La supposée nécessité de reconnaissance préalable de l’Etat palestinien à l’ONU est un mensonge juridique. Mr ABBAS et Mme CHAHID auraient pu saisir la Cour depuis près de dix ans. Trois massacres à Gaza auraient peut-être pu être évités.

   La décision de faire taire le Droit met à nouveau en lumière le jeu meurtrier et la nature réelle de l’Autorité Palestinienne.

 Sert-elle les Palestiniens en 2006 lorsqu’après avoir perdu les élections elle tente de reprendre le pouvoir par les armes ?

   Sert-elle les Palestiniens en 2006 lorsqu’elle condamne la capture d’un soldat israélien au poste de combat ?

Sert-elle les Palestiniens en 2009 quand elle contribue à enterrer le rapport GOLDSTONE sur les crimes commis à Gaza ?

 Sert-elle les Palestiniens quand elle soutient officiellement le nouveau dictateur égyptien qui est à l’origine de la fermeture du seul point de passage de GAZA avec le Monde ?

   Sert-elle les Palestiniens lorsque son président déclare quelques jours avant l’attaque israélienne : « Les tunnels entre Gaza et l‘Egypte sont illégaux. Nous (sic) avons essayé de les détruire, nous (sic) avons construit un mur d’acier souterrain, « nous (sic) avons essayé de les noyer ».

   Toutes ces attaques ont notamment pour but de détruire un parti politique à référence culturelle musulmane, le HAMAS, et quel qu’en soit le prix pour la population palestinienne.

   Le droit international étant bafoué, force est d’observer à nouveau le droit national palestinien, bafoué lui aussi. Le président ABBAS, selon des lois fondamentales palestiniennes, a terminé son mandat en janvier 2009. Des élections ne pouvant avoir lieu, c’est le président du parlement Aziz DUWAIK qui aurait dû le remplacer. Mr DUWAIK est en prison. Alors que le parlement aurait dû légalement voir son mandat prolongé, nombre de parlementaires ont été emprisonnés, parfois avec l’appui de la police palestinienne, et le parlement est empêché de fonctionner.

   Ainsi, on se bouscule aujourd’hui, parmi les dictatures arabes, pour être « le meilleur ennemi d’Israël ».

   Le président actuel est donc illégal autant qu’illégitime. Mr ABBAS et Mme CHAHID règnent sur un champ de ruines physique, politique et moral. Ils servent l’intérêt de l’ennemi. La Palestine a son gouvernement de VICHY qui ne représente pas les Palestiniens, pas plus que VICHY ne représentait la France.

   Que ceux qui le contestent osent organiser des élections libres et non faussées à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.« 
   Christophe OBERLIN
 6 août 2014   PS : L’équipe juridique qui travaille sur le sujet appelle à une pression populaire internationale pour maintenir cette plainte. Merci de signer et diffuser le plus possible la pétition qui soutient cette plainte : http://icc4israel.wesign.it/fr

Pourquoi les journalistes israéliens ne remettent-ils pas en question l’action dévastatrice de leur armée dans la bande de Gaza?


Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Moshe Ya’alon attendent de prendre la parole en conférence de presse, le 28 juillet 2014 à Tel Aviv. REUTERS/Nir Elias

Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Moshe Ya’alon attendent de prendre la parole en conférence de presse, le 28 juillet 2014 à Tel Aviv. REUTERS/Nir Elias

Les médias n’arrivent à couvrir pleinement le conflit, et le pays souffre d’une sorte de blackout médiatique.

En 2008, Israël lance l’opération Plomb Durci pour mettre un terme aux tirs de roquettes du Hamas depuis Gaza: les journalistes sont alors friands de détails au sujet de l’opération militaire. Ils veulent savoir combien de militants du Hamas ont été tués, combien ont été capturés, quelles infrastructures ont été touchées, quels objectifs sont encore à atteindre, et bien d’autres choses encore. En revanche, les conséquences de cette opération pour l’autre camp, par exemple combien de civils palestiniens ont trouvé la mort, ne les intéressent pas. La seule question qui se pose à ce moment-là n’est pas «pour quelle raison autant de Palestiniens sont tués?», mais «pourquoi l’opération n’a pas commencé plus tôt?»

En 2012, après le déclenchement de l’offensive Pilier de défense, Keshev, un groupe israélien de surveillance des médias, dénonce le fait que cette guerre a «plus que jamais rendu flou la différence entre les porte-parole officiels de l’armée et les médias israéliens». Cette affirmation est encore vraie aujourd’hui.

De très bons interviewers, sauf pour la guerre

J’ai connu et admiré de nombreux journalistes israéliens au cours des deux décennies pendant lesquelles j’ai couvert ce conflit: leur professionnalisme n’est plus à démontrer. Ils savent être des interviewers tenaces et des analystes implacables, sans pour autant se couper des personnalités de premier plan. Donnez-leur un bon vieux scandale financier ou sexuel, et ils feront regretter à n’importe quel politicien de s’être un jour porté candidat à une élection. Demandez par exemple à l’ancien Premier ministre Ehud Olmert ou à l’ancien président Moshe Katsav de quelle façon les médias ont couvert leurs procès.

Mais avec la guerre, de nombreux journalistes israéliens, peut-être même leur majorité –à quelques remarquables exceptions près–, préfèrent faire profil bas, tout comme le reste de la population.

Surtout dans les premiers jours d’une opération militaire, ils ont peur de poser les questions qui fâchent: ils choisissent donc de répéter comme des perroquets les discours des leaders politiques et militaires du pays (en hébreu, on utilise le mot meguyasim,«appelé» ou «recrue», pour critiquer les journalistes en temps de guerre). D’ailleurs, parce qu’il est interdit aux Israéliens d’entrer dans la bande de Gaza et que l’opinion publique montre étonnamment peu d’intérêt pour les questions palestiniennes, seuls de très rares journalistes israéliens ont développé un réseau de sources sur le terrain.

Seuls de très rares journalistes israéliens ont développé un réseau de sources palestiniennes sur le terrain

 

Cela permet de comprendre pourquoi Israël voit la guerre à Gaza de façon si différente du reste du monde. Avec leur pays sous le feu des roquettes et leurs soldats se faisant tuer au combat, les journalistes israéliens cessent d’être des enquêteurs obstinés pour se transformer en fournisseurs d’informations prémâchées transmises par l’armée. Le patriotisme prévaut soudainement sur le devoir d’offrir une information impartiale.

Ce qui laisse aux Israéliens –encore nombreux à préférer les médias en hébreu à la presse internationale, pourtant de nos jours facile d’accès– une vision incomplète et faussée des évènements. Le soutien populaire à la guerre est ainsi total. Et la vision du Premier ministre Benjamin Netanyahou à propos de Gaza et du Hamas fait aujourd’hui consensus.

Les médias américains, pourraient dire certains, ont agi de la même façon avant la guerre en Irak, quand ils ont échoué à mettre en doute les renseignements sur les présumées armes de destruction massive de Saddam Hussein.

En Israël, presse et armée sont très liées

Mais les deux situations sont complètement différentes. Aux Etats-Unis, on ne retrouve pas cette intimité entre presse et forces militaires qui existe en Israël, où tout le monde fait son service militaire et où l’armée reste l’institution la plus prestigieuse. En 2003, il y avait d’ailleurs de nombreuses voix dans les médias américains pour dénoncer la guerre. Mais aujourd’hui en Israël, ils ne sont qu’une poignée à s’élever contre cette opération, aussi inconsidérée soit-elle aux yeux du reste du monde.

Les rares qui s’y emploient sont critiqués avec véhémence. «Vous êtes un traître, a-t-on hurlé à Gideon Levy, un éditorialiste du Haaretz, alors qu’il était interviewé dans la rue au sujet d’une tribune où il mettait en cause les pilotes israéliens bombardant Gaza.

«Vous n’avez pas honte? C’est vous qui devriez vivre avec le Hamas. Nous avons les pilotes de chasse les plus responsables au monde. Vous pensez qu’il est normal que des enfants passent leurs vacances d’été dans un abri? Quelle honte!»

Un journal a d’ailleurs révélé que les lignes téléphonique de Channel 2 ont été saturées par le flot d’appels protestant contre le passage du journaliste à l’antenne. De la même façon, l’Israël Broadcasting Authority a interdit une émission de radio produite par une organisation de défense des droits humains parce qu’on y entendait les noms d’enfants palestiniens tués par des tirs d’obus israéliens. Pour cet organisme de régulation, ces informations étaient bien trop «polémiques».

Dans un climat où toute tentative de contestation est perçue comme une trahison, les médias israéliens choisissent le plus souvent de ne couvrir que partiellement ce qui se passe à Gaza. Ils évitent ainsi d’être accusés de prendre partie pour l’ennemi ou d’affaiblir l’Etat en guerre.

Avant cette calamiteuse guerre, une forme de lassitude vis-à-vis de la question palestinienne associée à une chute spectaculaire du nombre d’attaques contre Israël avait conduit le pays à se replier sur lui-même et à croire que le conflit avait disparu. L’opinion voulait désormais des articles sur les succès d’Israël dans le domaine des technologies de pointe, et pas sur l’occupation militaire.

La plupart des Israéliens sont devenus «post-palestiniens» et les médias ont suivi le mouvement. Ils sont ainsi nombreux à avoir été surpris par cette guerre qui semble surgie de nulle part. Elle était pourtant parfaitement prévisible.

L’info, oui, si elle parle d’eux-mêmes

Ce manque d’intérêt ne se reflète pas du côté palestinien. «Vous arrivez à croire ce qui s’est passé, vous?», me demandait une palestinienne lors qu’un reportage à Gaza pour le Washington Post. Je n’avais aucune idée de ce dont elle parlait. Elle évoquait en fait une affaire particulièrement choquante de violences domestiques dans laquelle un Israélien avait assassiné sa femme. Elle en avait entendu parler à la radio.

Les Israéliens sont devenus «post-palestiniens» et les médias ont suivi le mouvement

 

Pour s’informer, les Israéliens ont recours aux mivzak, des bulletins diffusés toutes les heures à la radio, aux journaux télévisés du soir de Channel 1, 2 ou 10, et aux analyses des deux quotidiens les plus largement distribués, le Yedioth Ahronoth et le Maariv. Ces tabloïds en couleur mélangent informations, analyses sérieuses et photos de femmes en bikini sur la plage. Quant au Haaretz –le média qui va le plus loin dans sa critique de l’opération militaire– il a beau être le quotidien israélien le plus lu à l’étranger (dans sa traduction anglaise), c’est celui qui, parmi les journaux d’importance du pays, est le moins consulté en Israël. Car les Israéliens sont extrêmement friands d’informations… quand elles parlent d’eux-mêmes.

Mabat, le magazine d’information diffusé en prime time sur Channel 1, est caractéristique de la façon de couvrir le conflit. Son édition du dimanche 20 juillet a ainsi été entièrement consacrée à la mort de 13 soldats israéliens. C’est compréhensible: presque chaque Israélien connaît quelqu’un qui a été appelé à combattre à Gaza et un tel bilan pour une seule journée est le plus grave des huit dernières années. C’est ce dont les spectateurs voulaient entendre parler.

Des reporters avaient été envoyés près de la frontière avec Gaza, dans les hôpitaux, aux funérailles… partout, sauf à Gaza. Et, bien que le gouvernement interdise aux Israéliens d’entrer dans la bande de Gaza, l’émission aurait pu donner la parole à des journalistes américains, européens ou palestiniens pour raconter ce qui s’y passait.

Ils font leurs les arguments du gouvernement

Au moment même où Mabat était diffusé, la dépêche informant du nombre de civils palestiniens tués par les forces israéliennes dans le quartier de Shejaia, à l’est de Gaza –le jour le plus meurtrier de l’opération à ce moment-là– était déjà vieille de plusieurs heures et l’information faisait la une des médias internationaux.

Les images d’une atroce violence d’enfants morts étaient partout. Benyamin Netanyahou les décrira plus tard comme «des morts palestiniens extrêmement télégéniques». Plus tôt dans l’émission, un reporter israélien avait fait une brève référence aux civils tués en disant que le Hamas utilisait les images de Shejaia pour ternir le visage d’Israël dans le monde, reprenant ainsi le discours du gouvernement.

Vers la fin de l’émission, qui dure plus d’une heure, un reportage de trois minutes sur Shejaia, utilisant des images d’une chaîne arabe, est finalement diffusé. Le journaliste israélien présente la séquence en disant que selon certaines allégations plus de 60 Palestiniens, principalement des femmes et des enfants, ont été tués et que l’armée israélienne aurait ordonné une évacuation quelques jours auparavant. Même si les téléspectateurs peuvent se faire une idée des dommages, le reporter ajoute qu’il préfère épargner aux Israéliens les images les plus choquantes, celles que l’on pouvait pourtant voir partout ailleurs dans le monde.

Au beau milieu de l’émission, les présentateurs doivent laisser l’antenne à Benyamin Netanyahou et au ministre de la Défense, Moshe Ya’alon, s’adressant au pays. «Nous devons rester unis et forts dans ces jours difficiles», déclare Netanyahou. «Nous nous battons pour notre pays», ajoute-t-il faisant de cette bataille une question de survie.

Reconnaître que l’opération terrestre aurait pu être évitée est un aveu stupéfiant. Pourtant, aucun journaliste ne renchérit

 

Tout ce que Netanyahou dit a pour objectif de faire de cette guerre une absolue nécessité.«Nous n’avons pas choisi cette situation», explique-t-il. Il parle de l’importance de détruire les tunnels du Hamas –la raison mise avant pour une invasion terrestre– pour qu’ils ne puissent pas être utilisés en vue de prochaines attaques.

La première question d’un journaliste israélien tape dans le mille: il demande pourquoi le gouvernement a accepté, cinq jours plus tôt, un cessez-le-feu qui aurait évité l’actuelle offensive, si les tunnels sont bel et bien une menace pour la survie d’Israël? Netanyahou répond que la question des tunnels aurait pu être réglée par la voie diplomatique si le Hamas avait accepté le cessez-le-feu.

Or, reconnaître que l’opération terrestre aurait pu être évitée, qu’il y avait peut-être une façon pacifique de résoudre le problème, est un aveu stupéfiant. Pourtant, aucun journaliste ne renchérit. Ils laissent Netanyahou et Ya’alon se vanter de la réussite de l’opération à ce jour.

Voici quelques questions qui auraient pu être posées:

• Est-ce pour cet objectif limité –détruire certains tunnels– que l’armée israélienne tue autant d’enfants palestiniens et que tant de jeunes soldats israéliens sont en train de mourir?

• Nous savons que le Hamas a rejeté le premier cessez-le-feu. Mais si vous reconnaissez que cette affaire aurait pu être réglée diplomatiquement, pourquoi Israël n’a pas continué pas à en négocier les termes pour éviter l’escalade?

• Les Israéliens ne risquent-il pas de regretter d’avoir trop affaibli le Hamas quand des groupes de type al-Qaida commenceront à s’implanter à Gaza?

• En combien de temps le Hamas pourra-t-il construire de nouveaux tunnels?

Dans les faits, compte tenu de la lamentable inertie de journalistes habituellement plus agressifs, Netanyahou a pu faire taire toute remise en question de sa stratégie. Et cela fonctionne parfaitement: un sondage, effectué durant la semaine du 20 juillet, a montré que 80% de la population israélienne soutient l’opération et que 94% des Israéliens s’estiment satisfaits de l’action militaire.

Des médias cheerleaders

Si la guerre s’étend en longueur et que le nombre de victimes israéliennes augmente sans aucune fin de conflit en vue, d’autres journalistes deviendront sûrement plus critiques. Mais pour le moment, il y a bien peu de contestation. Car, plus qu’autre chose, les journalistes jouent aujourd’hui le rôle de cheerlearders. Ben Caspit, l’un des analystes les plus influents d’Israël, a ainsi écrit le lundi 21 juillet dans le quotidien Maariv:

«Nous devons continuer à serrer les dents, à détourner les yeux et à faire notre job.»

Il y a eu beaucoup de discussions sur la façon dont les réseaux sociaux influencent la perception de cette guerre à l’étranger. Mais Facebook et Twitter ne sont que des moyens pour les militants pro-israéliens et pro-palestiniens de s’écharper virtuellement.

En fait, la façon dont Netanyahou a réussi à garantir un soutien populaire à cette offensive a plus à voir avec le fait que les éditorialistes israéliens et les principaux médias le laisse imposer sa propre vision. Et la diplomatie n’arrivera jamais à conduire Israël à explorer des alternatives à l’option militaire tant que la presse israélienne ne créera pas les conditions d’un débat national aussi honnête et approfondi que le mérite sa démocratie.

Gideon Levy : la barbarie d’Israël à Gaza


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Dans le journal israélien Ha’aretz :
Barbarie à Gaza

Gideon Levy Haaretz 3 8 2014

La barbarie d’Israël à Gaza

Samedi matin, le Ministre Palestinien de la Santé a appelé A. de Rafah et lui a demandé de libérer sa chambre froide où il stocke les légumes. L’idée était de faire de la place pour des dizaines de corps empilés dans le petit hôpital local. La chambre froide de A. a été rapidement remplie de corps dont ceux de plusieurs enfants.

A Rafah samedi on a compté 120 morts et près de 500 blessés en une nuit lors des opérations israéliens de recherche du sous-lieutenant Hadar Goldin. A minuit, dans la nuit du vendredi au samedi j’ai reçu un appel de Y., le frère de A., qui m’a dit, en excellent hébreu, la voix étranglée puis en pleurs  » ce qui s’est passé à Rafah aujourd’hui est un massacre à tous les sens du terme ».

Y. et sa famille sont partis à pied de chez eux vers la mer sous les bombardements.  » Tous les F-16 et les avions sans pilotes que possède Israël sont maintenant dans le ciel de Rafah  » m’a dit cet homme qui a travaillé 33 ans en Israël.

« Nous avons passé Rafah, comme tu le voulais Tal », chantait Arik Lavie dans une chanson vantarde d’une autre guerre. Lavie parlait du Major Général Israël Tal qui commandait la division qui a pris Gaza en 1967. Mais cette fois, effroyablement, nous n’avons pas encore passé Rafah, la ville la plus dévastée de la Bande, où les corps de samedi s’empilent.

Alors qu’Y. pleurait le massacre de Rafah, un commentaire du porte-parole de la Maison Blanche traitait le capture d »un officier israélien et la mort de deux de ses camarades de « violation barbare » de l’accord de cessez-le-feu. D’habitude réservé, le porte-parole employait le mot « barbare » pour la première fois durant cette guerre.

Rien d’autre n’est donc barbare. Ni le bombardement israélien deux jours auparavant du marché très achalandé de Shujayeh qui fit 17 morts et 150 blessés en plein cessez-le-feu, ni le bombardement qui frappa une école de l’UNRWA où 3000 personnes avaient trouvé refuge, ni le bombardement de la centrale électrique de Gaza, ni le bombardement de l’Université, ni la bombe lancée par les excellents pilotes de l’Armée de l’air israélienne sur un immeuble de quatre étages à Khan Yunis, sans sommation, tuant 35 personnes, dont 18 enfants et 8 femmes, sans doute le bombardement le plus meurtrier jamais lancé sur Gaza.

Seuls l’enlèvement et la mort de deux soldats. Voici un porte-parole américain qui souffre aussi de racisme : la « barbarie » pour lui est l’apanage d’un seul camp. Oui, le Hamas est connu pour sa « barbarie » , comme tous les palestiniens, et l’emploi du mot barbarie fait de Washington un nouveau trophée des relations publiques israéliennes.

Mais la vérité est que cette guerre est barbare depuis le début. Le nombre de morts dépasse d’ores et déjà celui de l’attaque barbare précédente, l’opération Plomb durci, avec un nombre atterrant de civils tués.

En proportion de la taille de la population de Gaza, le nombre de victimes est de l’ordre de celui de la guerre de Syrie. celui qu’Israël brandit pour prouver la nature animale des arabes. La semaine dernière, on a battu en Syrie le record de 1700 morts. A Gaza, dont la population est d’un dixième de celle de la Syrie, on est arrivé à sensiblement le même nombre de morts en trois semaines et demi d’intoxication des sens par Israël – pas une énorme différence.

Ce qui a débuté avec l’opération Plomb durci et continué avec l’opération Pilier de la défense, peut tourner à l’opération Paix en Galilée. On parle de rester un an à Gaza. Plus de 60 soldats et officiers ont été tués, ainsi que que plus de 1500 palestiniens dans une guerre qui n’arrive à rien sinon un bain de sang.

Le monde ne peut concevoir à quel point Israël est insensible, Y de Rafah ne le peut pas non plus. La nuit de vendredi, il me disait au téléphone,  » je suis honteux pour ma culture israélienne. J’ai grandi avec vous jusqu’à 16 ans, et cela me fait mal quand j’entends une sirène à Ashkelon, la ville où j’ai travaillé pendant des années, et vous ne vous préoccupez pas de nous, pas du tout ». Il a encore pleuré, et j’ai gardé le silence.

source page fb de Marianne Blum

[bds-ulb] [ABP] Actions GAZA : prochaines dates à bloquer!


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Merci de votre présence en nombre dimanche 27 juillet pour la grande manifestation nationale de solidarité avec le peuple palestinien, et en particulier avec la population de Gaza.

Malheureusement, malgré cette belle mobilisation, Israël poursuit inlassablement les bombardements sur la bande de Gaza. Les victimes sont de plus en plus nombreuses et la situation humanitaire est catastrophique depuis le bombardement de la seule centrale électrique de Gaza, privant ses habitants en électricité et en eau.

 

C’est pourquoi nous devons continuer à nous mobiliser!

Voici donc les prochaines dates de mobilisation à bloquer dans vos agendas  :

Mercredi 6/8 de 17h30 à 19h : Manifestation devant le SPF Affaires étrangères (15 rue des Petits Carmes, 1000  Bruxelles) – Venez habillés en blanc!

Vendredi 8/8 – Jour de Colère – de 12h30 à 13h30  : Manifestation devant l’ambassade d’Israël (40 avenue de l’Observatoire, 1180 Bruxelles)

Dimanche 17/8 à 14h : Grande manifestation nationale (objectif 20.000 personnes) – Détails à suivre.

En régions :

– à Liège Vendredi 8/8 – Jour de Colère – de 17h à 18h30 : rassemblement de solidarité avec le peuple palestinien – Place du Marché, devant le Perron, symbole des Libertés liégeoises.

– à Charleroi tous les vendredis à 18h – Jour de Colère : rassemblement devant l’Hotel de Ville, place Charles II.

 

 

On espère vous voir nombreux à ces occasions!

 

L’équipe de l’ABP

site web

L’aéroport de Liège contribue-t-il à fournir l’armée israélienne ?


Alors que les bombes continuent de pleuvoir sur Gaza, une vingtaine d’organisations, francophones et néerlandophones, soulignent le rôle joué par l’aéroport de Bierset (Liège) dans l’approvisionnement de l’armée israélienne et appellent les dirigeants belges et européens à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à l’assassinat de civils palestiniens.

Il pleut des bombes sur Gaza. Les gouvernements européens sont très forts pour déplorer les morts civils et ensuite étaler leur impuissance. Mais le siège israélien de la bande de Gaza n’est possible que parce que la communauté internationale le permet. Pour faire tourner la machine de guerre, quasiment chaque pays doit, après quelques jours, faire appel aux moyens logistiques venant de l’étranger. Cela s’applique aussi à Israël. Nous pouvons en faire le constat concernant le siège en cours dans la bande de Gaza. Il n’y a pas d’appui logistique au Hamas dont la capacité militaire est relativement insignifiante par rapport à celle de l’armée israélienne. Israël par contre peut compter sur un approvisionnement continu de munitions et de carburant et dispose donc d’une force militaire à laquelle les factions armées palestiniennes ne peuvent se mesurer.

Sans approvisionnements de l’étranger, les avions de combat seraient restés au sol depuis longtemps sur les bases militaires israéliennes.

La Belgique joue aussi un rôle dans cette logistique vitale pour la machine de guerre israélienne. L’approvisionnement en munitions pour l’armée israélienne se fait en grande partie via les avions de sociétés aériennes israéliennes. Cet approvisionnement vient des Etats-Unis mais les avions atterrissent souvent à l’aéroport liégeois de Bierset pour se ravitailler en carburant. El Al, la société aérienne israélienne y tient le rôle principal mais il est probable que CAL Cargo Airlines, qui emploie l’aéroport liégeois comme nœud aérien international, y contribue. Il n’y a aucune transparence concernant les marchandises qui passent par Bierset mais nous pouvons supposer avec raison que ce trafic peut être considérable. Autrefois, avant de déménager vers Bierset, El Al faisait escale à l’aéroport néerlandais de Schiphol. En 2005 et 2006, plus de 160 millions d’amorces explosives, 17 millions de pièces d’armement et plus d’un million de cartouches, de grenades fumigènes et de détonateurs ont été délivrés par les Etats-Unis à l’armée israélienne en passant par Schiphol. Ce matériel militaire a été utilisé par Israël au Liban, tuant plus d’un millier de personnes. La société aérienne israélienne El Al n’a pas apprécié la transparence du gouvernement néerlandais concernant la nature des transports. C’est pour cette raison qu’elle a déménagé vers Bierset. On n’a pas de données claires concernant le passage de matériel militaire, mais on peut présumer qu’une partie passe par l’aéroport liégeois. Contrairement à la réglementation néerlandaise concernant le trafic d’armes, la Belgique ferme les yeux sur le transport de matériel militaire si ce matériel ne subit pas un transbordement vers un autre moyen de transport.

La Belgique choisit l’impuissance en prétendant qu’elle ne sait rien. Pourtant le gouvernement régional wallon est compétent et peut agir pour interdire le transport. L’information nécessaire est disponible auprès de l’administration aérienne qui reçoit une liste des chargements pour chaque vol transportant de l’armement, comme l’exigent les régulations concernant le transport de marchandises dangereuses.

Avec un peu de volonté politique, l’UE, et donc aussi la Belgique, peuvent jouer un rôle déterminant dans le siège israélien de la bande de Gaza, ce qui pourrait éviter des victimes civiles. Cela peut se faire en mettant fin le plus possible à l’approvisionnement en matériel militaire et en tout autre matériel pour faire la guerre aux parties combattantes ou au moins en mettant des entraves à ces transports. Pour le Hamas l’embargo existe déjà depuis longtemps. Vu le grand nombre de victimes civiles suite aux bombardements par Israël, il serait logique de soumettre aussi Israël à un embargo sur les armes d’autant plus que la colonisation israélienne du territoire palestinien est à la base du conflit.

En 2009, durant un autre siège israélien de la bande de Gaza, la Belgique a déjà fait un pas important par sa décision de “ne pas donner des licences d’armes qui pourraient renforcer la capacité militaire des parties combattantes”. La Belgique peut plaider au sein de l’UE pour en faire une politique européenne, par une application stricte des critères pour le transport d’armes comme inclus dans la position commune européenne 2008/944. Cette position commune prévoit entre autres que les licences d’exportations doivent être refusées “s’il existe un risque manifeste que le destinataire envisage d’utiliser la technologie ou les équipements militaires dont l’exportation est envisagée de manière agressive contre un autre pays ou pour faire valoir par la force une revendication territoriale” ou quand le droit humanitaire international est violé.

C’est pourquoi nous demandons que le nouveau gouvernement confirme cette décision de 2009 en ce qui concerne Israël et inscrive également un renforcement de la législation concernant l’exportation d’armes comme priorité de la politique européenne. De plus, nous demandons aux différents gouvernements régionaux, et spécifiquement au gouvernement wallon en ce qui concerne Bierset, d’être transparent en ce qui concerne tout transit de matériel militaire et de mettre fin à tout transport de matériel militaire vers Israël.

Mesdames et Messieurs les responsables politiques, engagez-vous pour mettre fin à la coopération logistique avec des pays en guerre. Les civils palestiniens n’ont rien à tirer de déclarations larmoyantes, ce dont ils ont besoin c’est de changements structurels. En mettant fin à la livraison d’armes, nous pouvons apporter une contribution significative.

Associations signataires :

11.11.11

Agir pour la Paix

Artistes contre le Mur asbl

Association Belgo-Palestinienne WB

Broederlijk Delen

CNCD-11.11.11

Comité BDS – ULB

Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie

Comité Verviers Palestine

Ecolo

GAPP

Geneeskunde voor de Derde Wereld (G3W) – Médecine pour le Tiers Monde (M3M)

Fédération Euro-Tunisienne pour une Citoyenneté Active (FETCA)

FOS

Intal

Leuvens Actieplatform Palestina

Links Ecologisch Forum » – « Forum Gauche Ecologie »

Palestina Solidariteit

Pax Christi Vlaanderen

Solidarité Socialiste

UPJB

Via Velo Palestina – PJPO – Ittre

ViaVelo Palestina – Solidarity with Bedouins

Vredesactie

Vrouwen in het Zwart Leuven

Vrede

source: courriel

La Cour pénale internationale est compétente sur Gaza»


Pour évoquer les aspects juridiques du conflit actuel à Gaza, nous avons joint François Dubuisson, expert en droit international (ULB).

Le 25 juillet, le ministre palestinien de la Justice et le procureur général de Gaza ont mandaté un cabinet d’avocats français pour déposer une plainte contre Israël pour crimes de guerre devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. Pensez-vous que la cour devrait se déclarer compétente?

A priori oui, il y a des bases assez solides. Les Palestiniens se basent sur leur déclaration auprès de cette cour qui date de 2009, après l’opération militaire israélienne à Gaza appelée Plomb durci. Bien que non-adhérents au traité qui fonde la CPI, les Palestiniens, par cette déclaration, rendaient la cour compétente. Mais le statut de la Palestine était alors encore incertain. Etait-ce un Etat? Le procureur de l’époque avait joué la montre puis avait renvoyé la balle à l’Assemblée générale de l’ONU et à l’Assemblée des Etats parties à la CPI. Toutefois, entre-temps, non seulement la Palestine a-t-elle été acceptée au sein de l’Unesco mais aussi, en 2012, comme Etat non-membre de l’ONU. Il n’y a donc aucun doute que la Palestine a la capacité d’agir devant la CPI. Celle-ci est donc potentiellement compétente dans le cas de crimes de guerre allégués comme les attaques contre les civils. La cour peut d’ailleurs très bien élargir d’éventuelles poursuites au Hamas, par exemple pour des tirs de roquettes indiscriminés contre Israël.

La CPI peut poursuivre des États comme des organisations?

Ni l’un ni l’autre. Elle ne peut poursuivre que des individus. Il avait été envisagé, lors de l’élaboration des statuts de la CPI, de lui donner compétence à poursuivre des personnes morales (des organisations, ou même des Etats), mais cela n’a pas été retenu en fin de compte. Autrement dit, la CPI chercherait à établir qui s’est rendu coupable de crimes de guerre ou contre l’humanité: celui qui a concrètement «poussé sur le bouton» d’une action illicite mais elle peut aussi remonter la chaîne de commandement jusqu’au sommet.

Les crimes commis pendant l’offensive Plomb durci en 2008-2009 paraissent largement semblables à ce qui se passe en ce mois de juillet…

Le parallèle avec Plomb durci semble pertinent. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU avait, comme cette fois-ci, commandité un rapport – le fameux rapport Goldstone – qui avait incriminé Israël pour la disproportion totale entre l’avantage militaire recherché par une série d’actions militaires et les dommages collatéraux. Quand on voit ce qui s’est passé ces derniers jours dans certains quartiers de Gaza complètement rasés, la disproportion, notion juridique importante, est clairement en cause. Goldstone n’ignorait pas non plus les tirs indiscriminés du Hamas. Ce rapport n’est pas prescrit, le procureur pourrait relancer le dossier.

Israël se retranche derrière le fait que l’armée prévient les populations par tracts, SMS, coups de téléphone, pour qu’elles évacuent les zones qu’elle s’apprête à bombarder…

Le rapport Goldstone évoquait ces avertissements, estimant qu’ils pouvaient constituer un élément de précaution à retenir mais notait que, si les civils ne s’en allaient pas, ces avertissements ne constituaient pas un élément qui ôtait la responsabilité pénale à celui qui bombarde. De même, pour la question des «boucliers humains», déjà invoquée par Israël en 2008-2009: ce phénomène n’avait pas été démontré et, de toute façon, il n’aurait pas justifié un feu vert pour tuer des civils quand bien même le Hamas aurait lui-même commis une violation du droit humanitaire en se servant de boucliers humains. Le principe de la disproportion pourrait être ici aussi plaidé.

Par BAUDOUIN LOOS, in Le Soir, Bruxelles, mardi 29 juillet 2014

Ann De Craemer


C’est une  journaliste et écrivaine néerlandophone qui publie quotidiennement dans le Morgen une rubrique sur le festival Theater aan zee 2014 appelé TAZ. Je consacre une page à ses articles et je vous recommande spécialement celui d’aujourd’hui sur Gaza qu’elle nous a lu ce matin lors de la matinée littéraire consacrée à Saskia De Coster

La page des rubriques de Ann est ici

BDS liste des produits à boycotter


Israël a la supériorité militaire; en outre, son armée étant la plus immorale du monde il nous reste une seule arme : le boycott. Voici la liste des produits que je n’achète jamais sauf s’il n’y a vraiment pas d’autre choix

 

bdsliste

6/08, de 17h30 à 19h: RASSEMBLEMENT DEVANT LE MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES


[bds-ulb] 6/08, de 17h30 à 19h: RASSEMBLEMENT DEVANT LE MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES
Au nom de la plateforme URGENCE GAZA :MERCREDI 6/08, de 17h30 à 19h:
RASSEMBLEMENT DEVANT LE MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES pour dire stop aux bombardements, stop au blocus de Gaza, stop à l’occupation et pour dire à Reynders que la Belgique, signataire des Conventions de Genève, a le devoir de les faire respecter. Soyons nombreux! Les consignes pour en faire un événement visuels suivront.

BIJEENKOMST VOOR HET MINISTERIE VAN BUITENLANDSE ZAKEN om de bombardementen, de blokkades en de bezetting van GAZA een halt toe te roepen. De bedoeling is bovendien om aan Reynders duidelijk te maken dat België, als ondertekenaar van de Verdragen van Genève, deze ook mee dient af te dwingen.
Wees talrijk!Association belgo-palestinienne WB ; CNCD 11.11.11, 11.11.11 ; Agir pour la Paix, ; AMBDH; association marocaine des droits humains (AMDH Belgique) ; AntwerpForPalestine; Artistes contre le Mur ; Association Culturelle Joseph Jacquemotte; Association des Démocrates Tunisiens au Benelux;
Awsa-Be; BDS-ULB; Beweging.net; Bruxelles Laïque; CADTM Belgique ; Centrale Générale-FGTB ; CNAPD ; Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie ; Comité Verviers Palestine, ; Comité PJPO de Braine l’Alleud, Comité PJPO de d’Ittre & Comité PJPO de Mazerine ; Comité surveillance Otan (CSO) ; Communauté Palestinienne en Belgique et au Luxembourg ; Coordination namuroise belgo-palestinienne ; Conseil de la Jeunesse ; CSC-ACV Bruxelles Halle Vilvorde ; Ecolo J ; Parti ECOLO, EmBeM – Empowering Belgian Muslims; Esperanza Palestina Namur ; Fédération Euro-Tunisienne pour une Citoyenneté Active (FETCA); Femmes Prévoyantes Socialistes; FGTB-ABVV ; FOS-socialistische solidariteit vzw ; Groupe Proche-Orient santé ; Hope-Espoir- Hoop asbl ; Intal ; Jeunes Anticapitalistes ; Jeunes socialistes ; Jeunesse et Culture – Réseau solidaris ; Käthe Kollwitz Vredesloop collectief – Ieper; LCR-SAP ; LEF-FGE ; Le Monde selon les femmes asbl; Ligue Communiste des Travailleurs (LIT-QI); Ligue des Musulmans de Belgique; Médecine pour le Tiers Monde (M3M) / Geneeskunde voor de Derde Wereld (G3W); Mouvement Chrétien pour la Paix (MCP) ; Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC) ; Palestina Solidariteit ; Parti Communiste; Plate-forme Charleroi-Palestine ; Présence et Action culturelle (PAC) ; PTB-PVDA ; SCI ; Secours populaire Wallonie-Bruxelles , Solidarité socialiste ; Solidarity with Bedouins ; Théâtre du Public ; ULDP ; Union des Musulmans de Namur ; Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) ; VEGA ; ViaVelo Palestina ; Vie féminine ; Vrede vzw ; Vrouwen in het Zwart Leuven…

A Gaza ou ailleurs, il n’y a pas de droit au massacre


Baudouin Loos
Mis en ligne il y a 30 minutes

Il y a des moments où les mots manquent pour exprimer la consternation. Les événements de Gaza, depuis plus de trois semaines, appartiennent à cette catégorie. Les images qui nous parviennent de là parlent d’elles-mêmes. Elles soulèvent le cœur. Le malheur absolu qui s’abat sur cette population palestinienne nous est conté en direct dans toute son indicible cruauté.

Pour Israël, l’équation se résume à une accusation : tout ce qui arrive est la faute du Hamas. « Cette organisation terroriste prend sa population en otage, la réduit à une condition de bouclier humain », etc.

Rien de nouveau sous le dur soleil proche-oriental : au début des années 1970, on a prêté au Premier ministre israélien Golda Meir cette déclaration : « Je ne pardonne pas aux Palestiniens d’obliger Israël à tuer leurs enfants. »

Il y a beaucoup à dire sur les responsabilités respectives du Hamas et d’Israël dans le funeste développement des tueries actuelles. On en a déjà parlé dans nos colonnes. Mais, au-delà de cette importante polémique, écoutons plutôt un Dominique de Villepin, ancien Premier ministre français et ex-ministre des Affaires étrangères, qui a eu des mots justes ce 31 juillet dans une tribune libre diffusée par Le Figaro et intitulée « Lever la voix face au massacre perpétré à Gaza ».

« Ayons le courage, écrit-il notamment, de dire une première vérité : il n’y a pas en droit international de droit à la sécurité qui implique en retour un droit à l’occupation et encore moins un droit au massacre. Il y a un droit à la paix qui est le même pour tous les peuples. La sécurité telle que la recherche aujourd’hui Israël se fait contre la paix et contre le peuple palestinien. »

Il ajoute plus loin : « Il ne saurait y avoir de responsabilité collective d’un peuple pour les agissements de certains. Comment oublier le profond déséquilibre de la situation, qui oppose non deux Etats, mais un peuple sans terre et sans espoir à un Etat poussé par la peur ? On ne peut se prévaloir du fait que le Hamas instrumentalise les civils pour faire oublier qu’on assassine ces derniers. »

Ajoutons que le texte propose aussi des sanctions contre Israël et l’application de la justice pénale internationale…

Les enfants de Gaza n’ont jamais eu de perspectives de vie réjouissantes. C’est « no future ». Pourtant, les choses ne cessent d’empirer. Que peut-on en effet attendre d’une jeunesse palestinienne dans la bande de Gaza qui a subi dans sa chair les milliers de morts des opérations israéliennes de 2006, 2008-2009, 2012 et maintenant 2014, et les destructions massives de maisons et d’infrastructures qu’elles ont entraînées ? Plus de haine encore ? Impossible, hélas ! d’en douter.

Si encore Israël avait choisi d’avancer par ailleurs vers la paix avec le modéré d’entre les modérés, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne à Ramallah. Mais non, ce dernier n’a rien obtenu malgré ses efforts tenaces depuis 2005. Ce qui nourrit aussi l’argumentaire des radicaux du Hamas.

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