Retour d’une conflictualité radicale en Tunisie


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Élections municipales de 2018 en Tunisie, cc Congrès des pouvoirs locaux et régionaux (Conseil de l’Europe).

Le premier tour de l’élection présidentielle en Tunisie a eu lieu le 15 septembre 2019, opposant vingt-six candidats aux opinions très diverses et représentant les différentes sensibilités politiques du pays. Seuls 45 % des électeurs inscrits se sont déplacés pour le deuxième scrutin de ce type depuis le renversement du régime de Zine El-Abidine Ben Ali en janvier 2011. Il s’agit d’un faible taux au regard des 64 % du premier tour de la présidentielle en 2014. Les deux qualifiés pour le second tour sont MM. Kaïs Saïed (18,4 % des voix) et Nabil Karoui (15,8 % des suffrages). Le premier est juriste et expert en droit constitutionnel tandis que le second, homme d’affaires et propriétaire de la télévision Nessma, est incarcéré depuis le 23 août pour évasion fiscale. Ce duo inattendu a suscité de multiples réactions en Tunisie et dans le monde. Certains observateurs parlent ainsi d’une « insurrection des urnes » tandis que d’autres ont recours à des termes ou expressions comme « tsunami » ou « triomphe des populismes » pour décrire les résultats de ce premier tour. Néanmoins, la perception générale d’un vote profondément « antisystème » semble faire consensus. Confrontés à ce désastre électoral, les responsables politiques, toutes obédiences confondues, reconnaissent leurs « échecs » mais semblent toutefois incapables, du moins pour le moment, d’imaginer une nouvelle stratégie pour les prochaines élections législatives.

La perception générale d’un vote profondément « antisystème » semble faire consensus

Comment expliquer le désaveu des électeurs exprimés à l’égard des partis qui ont structuré la vie politique tunisienne depuis le 17 décembre 2010, date du début de la Révolution ? Peut-on parler d’une transformation radicale de la scène politique ? Assiste-t-on à un nouveau moment révolutionnaire ou sommes-nous à la veille du retour d’un régime autoritaire centré autour de la figure d’un seul homme ? Il est très difficile de rendre compte de manière intelligible de la complexité des dynamiques à l’œuvre en Tunisie. Néanmoins, l’examen du contexte dans lequel s’est tenu le scrutin ainsi qu’une analyse des stratégies électorales des différents protagonistes permettent de décrypter les tensions politiques que révèlent ces élections. Cela permet aussi d’esquisser des scénarios concernant une possible réinvention du jeu politique tunisien.

Une fragmentation sans précédent de l’offre politique

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