« Carnets de Guantánamo », journal intime d’une victime de tortures


Le journal intime de Mohamedou Ould Slahi, un Mauritanien de 44 ans détenu depuis treize ans à Guantanamo Bay, va enfin être publié. Après de nombreux obstacles judiciaires, ses carnets racontent la barbarie des méthodes d’interrogation utilisées dans la prison.
  • 21 JANVIER 2015

Une maquette représentant une salle de la prison américaine de Guantanamo - AFP/Mohammed Huwais

Une maquette représentant une salle de la prison américaine de Guantanamo – AFP/Mohammed Huwais

Les Carnets de Guantánamo de Mohamedou Ould Slahi paraîtront cette semaine dans vingt pays, après six ans de modifications de la part des autorités américaines et de recours judiciaires, annonce The Guardian.L’auteur, un Mauritanien de 44 ans détenu dans la prison depuis treize ans, y raconte les tortures qu’il a subies. En France, le livre paraîtra, chez l’éditeur Michel Lafon, le 22 janvier.

Le Guardian, qui a publié plusieurs extraits, relate son parcours et explique qu’après avoir combattu l’armée soviétique aux côtés d’Al-Qaida en Afghanistan dans les années 1990 Slahi affirme s’être entièrement détourné de l’organisation terroriste. Mais « après le 11 septembre 2001, il a été arrêté [en Mauritanie] parce qu’il était soupçonné d’avoir été impliqué dans un attentat déjoué à l’aéroport de Los Angeles ».

Immergé dans l’eau glacée

Le journal explique que la justice américaine a abandonné les poursuites et ordonné sa libération parce qu’elle ne pouvait prouver que Slahi était membre d’Al-Qaida au moment de son arrestation. Néanmoins, Slahi est toujours incarcéré à Guantanamo Bay parce que le ministère de la Justice a fait appel. Aujourd’hui, son cas est à nouveau en cours d’étude par le tribunal.

A Guantánamo, il a notamment été privé de sommeil, a reçu des menaces de mort ; il a fait l’objet d’humiliations sexuelles, a été obligé de boire de l’eau salée et s’est retrouvé immergé dans de l’eau glacée. « Le résultat [de ces traitements] était des mensonges », relate le journal. « Dans une tentative de mettre fin aux supplices, Slahi a fini par faire de faux aveux. Il a entre autres dit à ces interrogateurs qu’il projetait de faire exploser la tour de CNN à Toronto, au Canada. »

2 500 modifications du texte

Le manuscrit de Slahi, écrit en anglais, a fait l’objet de plus de 2 500 modifications de la part des autorités américaines avant publication. Il s’agit notamment de suppressions de mots ou de passages « dont le but officiel est de protéger des informations confidentielles, mais qui ont eu comme conséquence que les lecteurs sont empêchés de connaître toute l’histoire », déplore le journal.

L’éditeur britannique du livre, Jamie Byng (Canongate Books), estime que c’est « un témoignage extrêmement poignant écrit par un écrivain vraiment talentueux. Avec toutes ces maisons d’édition internationales, on espère qu’en mettant son histoire à portée d’un large public à travers le monde, on pourra aider à mettre fin à ces emprisonnements injustifiés et barbares. »

 

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