
par Stéphanie Fontenoy
Canular ? Pas vraiment. La crise économique stimule aussi la créativité. Exemple : cet entrepreneur qui a sa propre manière de dépenser un budget publicité.
Bill le Renfloueur a peut – être les poches profondes, mais son imagination, elle, est débordante. Dissimulé derrière de grosses lunettes noires, un gros bonnet de laine enfoncé sur la tête, ce blond d’une petite quarantaine d’années joue les hommes providentiels en plein Times Square, non loin des néons du quartier des théâtres. A deux pas des anciens locaux de Lehman Brothers, la banque d’affaires déchue, ce mystérieux personnage échange des dollars contre de la misère.
Dans son « guichet de sauvetage », le bienfaiteur, qui dissimule son identité, écoute silencieusement les récits à fendre le cœur d’Américains dans le besoin, qui ont attendu leur tour dans un froid glacial. « Ma mère est mourante », dit Mario, un homme frêle en bottes de cow-boy qui s’appuie sur une canne. Bill décide de lui donner 150 dollars. Un certain Curtis raconte être un ancien combattant d’Irak qui doit 500 dollars de loyer et ne peut se faire soigner alors qu’il souffre de dépression. Ses parents ont été récemment hospitalisés, dit-il. Il repart avec 50 dollars.
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