Interview supprimée de François Burgat sur RFI.


François Burgat sur facebook

« Ca donnait quelque chose comme ça puisque l’interview suivante m’a été commandé par quelqu’un à qui l’intervention de RFI avait beaucoup plu émoticône smile :Comment analysez-vous les réactions des autorités et des responsables politiques à ces attaques, notamment les intonations très martiales du Président Hollande?
J’ai entendu au lendemain des attaques beaucoup de compassion émotionnelle, à laquelle on ne peut bien évidemment que s’associer. Elle précédait, en provenance de tous les camps, d’indécentes tentatives, plus ou moins explicites, de récupération politicienne.

S’agissant en revanche de la réflexion, essentielle, sur les causes, la classe politique toute entière est demeurée sur un parfait registre de déni ! On a entendu beaucoup de clichés sur la barbarie, indéniable, des bombes de l’Autre, mais très peu d’allusions aux performances ou même seulement à l’existence de celles que nous lançons par centaines en Irak ou en Syrie ou, par aillés interposés, ailleurs dans la région. En guise d’agenda, au terme de 14 années de “guerre contre le terrorisme” nous avons beaucoup pratiqué enfin la méthode Couet. Car “la fermeté inébranlable”, le “renforcement de tous les dispositifs” et “la mobilisation au plus haut niveau des possibilités “ que nous promet pour la nième fois le chef de l’Etat risquent bien évidemment de ne pas suffir.

La crise qui a fabriqué les extrémistes de Daech est complexe mais elle est avant tout politique. Et nous y avons une part évidente de responsabilité. Nous avons prononcé beaucoup de belles paroles au bénéfice de l’opposition syrienne mais nous ne nous sommes jamais décidés à lui apporter le soutien effectif dont elle avait cruellement besoin pour compenser l’ampleur de l’ingérence russe et iranienne. Lorsque enfin, en aout 2014, nous nous sommes brutalement décidés à agir, nous avons pris le parti de ne frapper…que Daech. Et de laisser ainsi Bachar Al-Assad poursuivre, à une toute autre échelle, son œuvre de mort. Paris a explicité de ce fait un véritable changement de camp. Entre les deux principaux acteurs militaires du drame, nous avons établi une hiérarchie de la dangerosité bien plus idéologique que réaliste. Sur toile de fond électoraliste, ce n’est pas la capacité de nuisance respective de chacun des protagonistes que nous avons prise en compte mais seulement le vocabulaire « islamique » de l’un des deux, qui a manifestement déterminé un choix, crucial, qui s’avère aujourd’hui, pour une écrasante majorité des Syriens, comme pour nous mêmes, si parfaitement contre productif.

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