Le retour du peloton d’exécution?


AFP Publié le mardi 04 février 2014 à 08h55 – Mis à jour le mardi 04 février 2014 à 08h56

Aux USA, la pénurie de barbituriques pour infliger la peine de morts incite certains États à songer à une résurrection des « bonnes vieilles méthodes » d’exécution.

Chaise électrique, peloton d’exécution ou chambre à gaz: certains Etats américains, frappés par une pénurie de barbituriques pour infliger le châtiment suprême, envisagent de ressusciter de vieilles méthodes d’exécution, souvent abandonnées pour leur brutalité.

Les abolitionnistes n’en croient pas leurs oreilles. Mais de la Virginie (est) au Wyoming (ouest), en passant par le Missouri (centre), une poignée d’élus proposent de renouer avec des pratiques anciennes pour sortir de l’impasse qui frappe la méthode d’injection mortelle généralisée à partir de 1982 aux Etats-Unis.

Depuis que les fabricants européens refusent de les approvisionner, les 32 Etats américains qui pratiquent la peine de mort s’agitent de tous côtés pour trouver d’autres fournisseurs. Et s’épuisent pour répondre aux plaintes de plus en plus nombreuses, qui fustigent la provenance des nouveaux produits et les souffrances qu’ils pourraient infliger.

« Chaque fois qu’une méthode d’exécution est remise en question ressurgit l’inquiétude que cela va mettre un terme aux exécutions et à la peine de mort dans ce pays », explique à l’AFP Deborah Denno, professeur de droit à la Fordham University.

En Virginie, la Chambre des représentants a approuvé le 22 janvier un projet de loi autorisant l’exécution à la chaise électrique, si les barbituriques pour injection létale viennent à manquer. Le texte, parrainé par le républicain Jackson Miller, doit encore être approuvé au Sénat local pour entrer en vigueur.

En Virginie, où la chaise électrique a été utilisée pour la dernière fois en janvier 2013, comme dans sept autres Etats, les condamnés à mort peuvent aujourd’hui choisir l’électrocution comme alternative à l’injection intraveineuse. Mais elle ne peut leur être imposée.

Dans le Missouri, écrasé par les recours en raison de l’origine controversée de leur anesthésiant, fabriqué par un préparateur en pharmacie non homologué, le ministre de la Justice Chris Koster envisage un retour à la chambre à gaz.

Il proteste contre « l’obstacle artificiel » érigé par toutes ces plaintes pour « empêcher l’Etat de faire appliquer la peine capitale » et promet qu' »à moins que les tribunaux changent le cours des choses, le pouvoir législatif sera bientôt contraint de financer d’autres méthodes d’exécution pour rendre justice ».

La chambre à gaz, légale dans cet Etat, l’Arizona et le Wyoming si le détenu en fait le choix, a été utilisée pour la dernière fois en Arizona en 1999.

Le condamné est installé et sanglé sur une chaise placée au milieu d?un caisson étanche et vitré, avant que le gaz toxique cyanure d’hydrogène soit introduit, provoquant une mort « extrêmement violente » selon une journaliste locale.

« Je propose le peloton d’exécution »

Un autre républicain du Missouri, Rick Brattin, propose de revenir au peloton d’exécution, utilisé pour la dernière fois en 2010 dans l’Utah.

Tout comme un sénateur du Wyoming, Bruce Burns, dont la proposition sera examinée à partir du 10 février par le Sénat d’un Etat qui n’a qu’un seul condamné dans son couloir de la mort.

« Je considère la chambre à gaz cruelle et inhabituelle, donc je propose le peloton d’exécution car, en comparaison avec les autres méthodes d’exécution, c’est franchement la moins chère pour l’Etat », a déclaré le sénateur républicain.

« Les hommes politiques de nombreux Etats commencent à perdre toute crédibilité. Combien de fois vont-ils faire volte-face? », s’interroge encore Deborah Denno, experte des méthodes d’exécution. « Si nous sommes passés à l’injection létale c’est que l’électrocution ne marchait pas, que la chambre à gaz ne marchait pas », souligne-t-elle, rappelant que la pendaison, encore possible dans trois Etats si le condamné la choisit, a été abandonnée en 1996.

« Il y a eu trop d’exécutions ratées, un retour en arrière serait considéré comme une régression », estime de son côté Richard Dieter, directeur du Centre d’information sur la peine capitale (DPIC). « Si nous revenions à ces méthodes, nous aurions des histoires horribles et cela accélèrerait certainement la fin de la peine capitale », dit-il à l’AFP, sans croire sérieusement à une généralisation de cette solution de repli.

Ron McAndrew, ancien bourreau de Floride, reste hanté, 17 ans plus tard, par une électrocution.

« Il y a eu un panache de fumée qui est apparu sous son casque, suivi d’une longue flamme, une flamme qui venait juste devant mon visage (…) et puis énormément de fumée et encore plus de feu qui provenaient de la tête », raconte-t-il à l’AFP.

« Pendant les onze minutes qui ont suivi, la pièce s’est remplie de fumée, nous brûlions le sommet de sa tête. C’est la pire fumée que j’aie jamais sentie ».

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