Un cavalier ayant gagné une course devant le frère de Assad libéré 21 ans plus tard


Une photo diffusée par l’agence nationale syrienne montrant un détenu récemment libéré accueilli par ses proches devant la prison de Damas. Photo AFP
SYRIE« En Syrie, personne n’a le droit d’être meilleur que les Assad, dans quelque domaine que ce soit ».
OLJ/AFP
15/06/2014
Un ancien cavalier syrien a été libéré au terme de 21 ans d’emprisonnement pour avoir battu lors d’une course équestre le frère, aujourd’hui décédé, du président Bachar el-Assad, a annoncé une ONG dimanche.
Cette libération intervient dans le cadre d’une large amnistie décrétée le 9 juin par M. Assad après sa réélection controversée, et qui a déjà permis la libération de quelque 1.500 prisonniers des geôles syriennes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
« En 1993, Adnan Qassar était un des meilleurs cavaliers de Syrie et du monde arabe. Il a gagné une course équestre contre Bassel el-Assad », frère de Bachar el-Assad, et alors pressenti pour devenir chef de l’Etat, selon le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane. « (Adnan) Qassar a été jeté dans la prison de Saydnaya (près de Damas, ndlr), pour son +crime+ », a-t-il expliqué à l’AFP.Le site internet anti-régime Aks Alser a confirmé cette libération, mais a ajouté que M. Qassar avait été « accusé de possession d’explosifs et d’avoir essayé d’assassiner Bassel el-Assad ». Il avait été emprisonné « sans procès », ajoute le site.A la mort de Bassel dans un accident de voiture en 1994, « (Adnan) Qassar a été traîné dans un jardin public, battu, puis à nouveau jeté en prison. Il a fallu 21 ans pour le libérer », a ajouté M. Rahmane.
Le clan des Assad dirige la Syrie d’une main de fer depuis plus de 40 ans.

« (Adnan) Qassar n’est pas un militant politique. Mais en Syrie, personne n’a le droit d’être meilleur que les Assad, dans quelque domaine que ce soit », souligne M. Rahmane.

Si elle est appliquée dans son intégralité, l’amnistie qui a permis la libération du cavalier devrait concerner 100.000 détenus, dont la moitié se trouve aux mains des services de renseignements après avoir été arrêtés dans le cadre de la loi antiterroriste promulguée en juillet 2012.

Le régime qualifie systématiquement les militants anti-régime, armés ou non, de « terroristes » prétendument soutenus par des puissances étrangères.

« Parmi les personnes libérées jusqu’ici, il y a des prisonniers d’opinion, et d’autres qui étaient en prison pour des accusations de crimes », a précisé le directeur de l’OSDH.

Selon les groupes de défense des droits de l’Homme, tortures et mauvais traitements sont systématiques dans les prisons syriennes.

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