LOOS,BAUDOUIN
Mercredi 23 février 2011
Commentaire
Un homme totalement déconnecté de la réalité. Le discours enflammé scandé mardi par Mouammar Kadhafi à la télévision nationale a confirmé l’image consternante qu’il s’est forgée depuis longtemps, celle d’un homme fâché vociférant des arguments délirants.
« Où étiez-vous, hurla-t-il aux Libyens en 1986 quand 170 avions américains nous agressaient ? », « Où étiez-vous en 1969 (lors de la révolution) quand nos martyrs tombaient ? » Des questions ahurissantes puisque adressées à un peuple dont la moitié n’a pas 21 ans.
Les menaces de peine de mort proférées peuvent-elles d’ailleurs impressionner des Libyens déjà sous le feu des bombardiers et des hélicoptères du régime quand ils ne sont pas dans la ligne de tir immédiate des mercenaires importés d’Afrique noire pour sauver le régime ? La guerre civile, également brandie comme épée de Damoclès, ne peut davantage effrayer des citoyens qui contrôlent déjà plusieurs villes, selon des informations qui restent toutefois difficiles à recouper.
Son fils Saïf al-Islam avait déjà prévenu dimanche soir que le régime se battrait « jusqu’à la dernière cartouche » ; le « guide » – mais qui guide-t-il encore ? –, lui, a précisé : « jusqu’à la dernière goutte de sang » : on les savait sérieux dans leurs intentions sanguinaires, on en est désormais tout à fait sûr : le carnage va continuer de plus belle en Libye.
Pour mieux se faire comprendre des masses, le vieux dictateur a parlé depuis les ruines du palais détruit en 1986 par l’aviation militaire américaine, devenu une sorte de « musée de l’agression impérialiste ».
« La Libye veut être au sommet du monde », a aussi dit le despote mal éclairé. Elle est en effet actuellement au sommet de l’actualité. Devant un monde impuissant qui sait, à défaut de le voir, qu’un massacre est en train d’être commis en toute impunité à une heure de vol de l’Europe.
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