anniebannie : je « reposte » ce magnifique poème de Tamim Al Barghouthi Jérusalem car entretemps, Ariane m’a envoyé un lien vers la traduction en français
Tamim Al Barghouti s’est révélé au grand public lors du concours « le prince des poètes » organisé par une chaîne d’Abou Dhabi. Il y participa avec son poème « Fi Al Qods » qu’il avait écrit lorsque l’armée israélienne l’avait empêché de prier à la Mosquée al-Aqsa comme c’est le cas pour tous les Palestiniens de moins de 35 ans.
Voici un renvoi vers l’événement de cette année-ci.
voici le texte en arabe :
http://www.islamonline.net/servlet/Satellite?c=ArticleA_C&cid=1187593762012&pagename=Zone-Arabic-ArtCulture%2FACALayout
et voici la traduction en français : (oups, le lien m’a l’air brisé. Heureusement un ami lecteur m’envoie la traduction dans les commentaires.
je découvre avec plaisir ce blog & vous laisse, au cas où, un link vers la traduction en Français de ce même Poème de Tamim B.
http://chronici-absurdus.blogspot.com/2010/03/jerusalem-de-tamim-al-barghouti.html
j’aimerais beaucoup en discuter avec d’autres fans.. Bonne continuation & au plaisir de vous relire..
Syd’.
j’ai l’honneur de vous pose la traduction
je la copie d’une autre site web
/////////////////////////////////////////////
في القدس * à Jérusalem..
Nous passâmes par la demeure du bien-aimé.. & nous en fume éloignés.. par les lois des ennemis.. & leurs murailles..
Je me suis alors dit.. peut être est-ce un mal pour un bien.. une manne céleste même.. car que vois tu de Jérusalem.. pour peu que tu y ailles..?
tu y verrais, ce que tu ne saurais supporter, si des maisons se profilaient, au détour d’un sentier..
Aussi, un esprit.. ne saurait être toujours ravi.. à la vue de l’être chéri.. ni même peiné, d’ailleurs, s’il en est éloigné..
Car même si sa rencontre rend l’âme enjouée.. avant d’en être séparée.. la joie ne lui en est pas acquise..
& lorsque tu as vu l’antique Jérusalem, ne fut-ce qu’une seule & unique fois.. ton œil la reconnaitra.. où que & quoiqu’il vise..
Il y a à Jérusalem un primeur Géorgien très féru sa femme..
Qui songe à prendre des vacances.. où à repeindre sa chaumière..
Il y a à Jérusalem une torah & un vieil homme ,venu de hauteurs de Manhattan,
& Qui enseigne à des gamins polonais ses mystères..
Il y a à Jérusalem un gendarme Abyssin qui bloque un sentier au plein milieu du marché..
Une mitraillette serrée contre le cœur d’un colon, qui n’a même pas vingt ans..
Une ombrelle saluant le mur des lamentations..
Des touristes blonds.. venus d’occident.. qui ne voient vraiment rien de Jérusalem..
Tu les vois se prendre les un les autres en photo.. tour à tour..
Près d’une femme occupée.. toute la sainte journée.. à vendre des radis dans les cours..
à Jérusalem s’avançaient les soldats chaussés.. par delà les nuées..
à Jérusalem nous avons prié à même le bitume froid..
Il y a à Jérusalem tous ceux qu’il y a à Jérusalem.. excepté toi..
& L’Histoire elle même se retournant vers moi souriante me dit alors..
« Pensais-tu vraiment que ton œil se leurrerait & en verrait d’autres encore..? »
» Les voici devant toi , le corps d’un texte.. dont tu es la marge & les annotations.. »
» Croyais -tu qu’une seule visite aurait levé de sur la face de la cité, mon enfant,.. »
» Le voile épais.. de sa réalité.. pour que tout ce que tu y espère te soit visible une bonne fois..? »
» il y a à Jérusalem tous les jeunots sauf toi.. »
« Elle est aussi la gazelle.. dans l’immensité, que le sort à condamné.. à l’exil forcé.. »
» & depuis qu’elle te fit ses adieux du coin de l’œil , tu n’eut de cesse que de lui courir après.. »
« Ménage donc tes ardeurs. accorde-toi rien qu’une heure.. je vois tes jambes qui ploient.. »
« Il y a à Jérusalem.. tous ceux qu’il y a à Jérusalem.. excepté toi.. »
Ô livre d’Histoire , refrène donc ta hâte un instant..
car la ville porte en elle l’éternité en deux temps..
un temps de quiétudes, aux pas inchangés, nonchalants, comme ceux d’une démarche somnolente..
& un temps perdu dedans.. un temps cagoulé.. qui marche silencieux.. sans émettre un son.. derrière la foule triomphante..
& Jérusalem.. se connait elle-même..
Demande, là, aux gens & tous te le diront..
Car toute chose dans la ville est douée de parole..
& à toutes, si tu demande, toutes, te répondront..
à Jérusalem , le croissant se recourbe d’avantage tout comme un embryon..
En hommage à tous ses semblables, sur les dômes, trônant..
Au fil des siècles il tissèrent, les liens que développe un père, envers ses enfants..
Il y a à Jérusalem des bâtiments.. dont les pierres qui les forment ne sont que d’autant d’adaptations.. & de la Bible.. & du Coran..
à Jérusalem on donna comme définition au terme « Beauté »..
Un octogone azur.. sur lequel repose , sois prospère à jamais, une coupole dorée..
Qui me semble prendre la forme d’un miroir recourbé.. réfléchissant la face du ciel en entier..
& l’on voit ainsi les cieux.. sur le dôme se résumer.. se prélasser.. se rapprocher..
Distribués comme d’autant de sacs de denrées.. en temps de siège.. aux nécessiteux .. dans le besoin..
Pour peu qu’un peuple, culpabilisé par la prêche du Vendredi, daigne enfin leur tendre la main..
& à Jérusalem le ciel.. s’est aussi divisé.. en parts égales.. entre les Hommes..
pour nous protéger.. & que l’on le protège, à notre tour..
Ainsi l’on hisse le ciel, vaillamment sur nos épaules.. lorsque ses lunes, en disgrâce, sont déchues par les temps qui courent..
Il y a à Jérusalem.. des colonnes de marbre, foncées..
Comme patinées par la fumée..
& des fenêtres surplombants les églises & les mosquées..
Tenant le matin.. par la main.. pour lui apprendre à graver avec des couleurs..
& il objecte : »non comme ceci.. »
& elles répondent.. « non comme cela.. »
Aussi , si le débat s’étale.. ils en arrivaient enfin à une entente cordiale..
Car le matin est libre.. par delà le seuil des hôtels..
Mais s’il souhaite entrer là..
Il devra se plier aux lois..
Des puits de lumière de l’éternel..
Il y a à Jérusalem une école fondée par un Mamelouk* venu de par delà la rivière..
Acheté un jour, il y a longtemps, sur un marché d’esclaves à Ispahan.. par un commerçant issus de Bagdad ou de ses peuplades proches..
Puis, quand il vint à Alep.. le prince régnant en prit peur.. à cause d’une simple lueur.. bleue.. au fond de son œil gauche..
Il l’offrit donc à un convoi passant, mettant le cap sur l’Égypte.. & bien d’années passèrent..
Exterminant les Mongols.. le Mamelouk venant de par delà la rivière.. devint un grand sultan.. puissant & prospère..
Il y’a à Jérusalem une odeur.. qui porte en son sein.. tout l’orient.. de Babel jusqu’aux Indes..
au vieux quartier de khan él zéït, dans une échoppe de parfums..
& je jure que ses effluves parlent un langage ancien.. lequel si tu l’écoute bien.. tu comprendra, c’est certain..
& ses effluves me diront.. dès que l’on jettera sur moi.. les grenades lacrymogènes.. « n’y prête pas attention.. »
& embaumant.. de plus belle.. après la dissipation.. du gaz pestilentiel.. elles reprendraient.. gaiment.. : »N’avions-nous pas raison..? »
à Jérusalem , même.. les paradoxes se reposaient.. & cela n’étonne.. personne.. ni ne dérange.. jamais..
là où le fabuleux & l’étrange.. sont des plus courantes monnaies..
Tels des morceaux d’étoffe que l’on examine de plus près.. les récents d’entre eux.. & les plus anciens..
Aussi, là.. les miracles.. l’on pourrait les toucher.. les tenir au creux d’une main..
à Jérusalem.. si tu serres la main à un vieil homme pour le saluer.. ou si contre une vielle bâtisse tes mains s’oublient..
Tu trouverais surement.. au fond de tes paumes.. un poème.. dont les psaumes.. sont gravés dans ses plis..
Ô toi.. descendant.. de ces gens généreux.. des poèmes.. sur tes paumes.. tu pourrais même.. en trouver deux..
à Jérusalem.. malgré les crises qui s’enchainent.. l’on sent pourtant.. un vent.. innocent.. dedans.. l’air du temps.. une ambiance bon-enfant.. un air jovial..
Alors l’on voit les colombes volant.. proclamant.. « un état ».. dans les airs.. entre deux balles..
à Jérusalem, s’organisent les tombes dans les cimetières.. comme les lignes de l’histoire d’une ville.. le livre de sa terre..
Tous, passèrent par ici..
Car Jérusalem accueille tous ceux qui y vont.. Apostats.. ou Croyants..
Passe par elle.. & lis-en les témoignages en toutes les langues parlées par les peuples de la terre..
Tu y trouvera.. les Noirs & les Francs.. Circassiens.. Bosniaques.. & Siciliens..
Les Turcs & les Tatars.. les gens de dieu & les maudits.. les pieux & les impies.. riches & démunis..
Il y a là.. toute personne ayant un jour foulé la terre..
& tous, furent un jour la marge du livre.. & devinrent le corps même du texte de la ville.. bien avant notre venue..
Ô livre d’Histoire.. qu’est-il donc advenu.. pour que nous en soyons exclus..?
Ô vieil homme, réapprend donc à lire & à écrire, une nouvelle fois, car, je te vois faillir..
& l’œil se referme.. puis regarde..; le chauffeur de la voiture jaune vire vers le nord.. nous éloignant de son antre..
L’on laissait Jérusalem derrière nous.. soit.. mais l’œil discret.. l’épiais.. par le miroir de droite..
Ses couleurs transformées par les rayons du soleil, juste avant son déclin..
& sans savoir comment, un sourire s’insinua sur ma face, soudain..
& le sourire me dit alors que j’observais.. ce que j’observais alors..
» Ô toi, qui pleure, par delà le rempart.. serais-tu niais..? »
« ou bien encore aliéné..? »
» ton œil ne pleurera point du livre, le corps.. »
» ton œil ne pleurera point Ô toi.. l’arabe.. & sache encore.. une bonne fois.. »
» Qu’il y a à Jérusalem.. tous ceux qu’il y a à Jérusalem.. »
» mais que je ne vois à Jérusalem.. personne d’autre que toi.. »
///////////////////////////////////////////////////////////////////
fin
jamil walah atmana lak al tawfi9 fi masiratik al faniya *
j’adorrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrre après Nizar Qabbani bien sur
mais c’est extra rien à dire
A reblogué ceci sur iagrebiet a ajouté:
La traduction du poème de Tamim Barghouthi . T Bien !