lesoir du 11 mai, page 14
Israël a été admis ce lundi, en même temps de l’Estonie et la Slovénie, au sein du club très select de l’OCDE. Cette adhésion a soulevé un certain nombre de protestations.
Derrière le sigle OCDE (l’Organisation pour la coopération et le développement économique) se niche un organisme international influent basé à Paris, qui réunit « les gouvernements attachés aux principes de la démocratie et de l’économie de marché » (et les économies les plus prospères au monde), désormais au nombre de 34.
La coordination des politiques économiques des pays membres est au centre des préoccupations de l’OCDE qui veut aussi agir contre les paradis fiscaux et la corruption internationale. Isolé ces derniers mois sur le plan politique, le gouvernement israélien s’est félicité de cette promotion, fruit de près de quatre années d’efforts.
« Cette adhésion constitue un succès historique vu qu’elle donne une légitimité à Israël comme pays avancé et éclairé, a déclaré le ministre des Finances Youval Steinitz. L’importance est immense. C’est le club international le plus respectable au sein duquel un petit pays comme Israël peut être accepté. »
Ce sont précisément ces respectabilité et légitimité qui font problème, selon certains. « Ce n’est pas un bon signal, nous déclare Esti Micenmacher, une militante israélienne des droits de l’homme en visite à Bruxelles, c’est comme si le monde assurait ce pays d’une impunité totale, renonçait aux pressions contre l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens. »
Cela, ajoute sa compatriote Angela Godfrey-Goldstein qui voyage avec elle « alors que la communauté internationale, et même beaucoup d’amis d’Israël, commençait à comprendre la nature du problème, surtout depuis l’offensive contre Gaza en 2008-2009 ».
A Ramallah, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Malki, exprimé son dépit : « L’accord de l’OCDE à l’adhésion d’Israël est une bataille que nous avons perdue, a-t-il dit à l’AFP, évoquant des lettres envoyées aux pays membres. Cette décision est en complète opposition avec les principes fondateurs de l’organisation, qui a accepté un Etat occupant violant quotidiennement les droits de l’homme et le droit international ». ■ B.L. (1) On trouvera sur notre site www.lesoir.be une interview des deux militantes israéliennes Voir aussi post suivant sur ce site-ci.