Réaction-Droit de réponse-Communiqué du Comité BDS-ULB (1)


Face aux multiples réactions qui ont suivi la reconnaissance du cercle BDS-ULB par le conseil d’administration de l’université, nous souhaitons apporter quelques clarifications.

L’appel pour le Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) a été lancé par la société civile palestinienne en 2005, à la lumière des violations répétées du droit international et des résolutions des Nations unies par Israël, et fut rapidement signé par plus de 170 organisations et syndicats palestiniens1.

Le boycott est un outil de pression politique et une forme de résistance non-violente. Le but est de le maintenir jusqu’à ce qu’Israël reconnaisse le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et se plie à trois obligations qui lui incombent en droit international, à savoir : mettre fin à l’occupation et à la colonisation de toutes les terres arabes2 et démanteler le mur de séparation ; reconnaître le droit fondamental des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue ; respecter et protéger les droits des réfugiés palestiniens tels que définis par la résolution 194 de l’ONU.

Le cercle BDS-ULB a pour but de relayer ce message et ouvrir le débat au sein de l’université. Les valeurs qu’il défend sont le respect de la justice et de l’égalité fondamentale entre les peuples. Il rejette à cet égard toute forme de racisme, en ce compris l’antisémitisme et l’islamophobie, ou de stigmatisation, quelle que soit la communauté.

Le boycott académique auquel appelle le BDS ne vise pas les individus du fait de leur nationalité. Il vise par contre les institutions impliquées dans l’occupation des territoires palestiniens et l’assujettissement du peuple palestinien. Le boycott académique ne renvoie pas à la rupture de tous les liens avec le peuple israélien, mais à l’exercice d’une pression sur une succession de gouvernements qui se sont tous refusés à mettre fin à l’occupation et qui ont mis en oeuvre une politique d’apartheid envers le peuple palestinien.

Le boycott vise à mettre fin à la normalisation des relations avec l’Etat d’Israël dans le monde académique, car nous estimons qu’elles occultent les violations du droit international commises par cet Etat. Il ne vise donc rien d’autre que de forcer Israël à se conformer aux droit et normes internationaux.
Le boycott académique a un effet assez direct sur les responsables de l’oppression, puisque les institutions académiques israéliennes qui ont des liens avec l’ULB contribuent à en maintenir et en légitimer les structures. Les universités israéliennes ne sont pas neutres et apolitiques.

Un exemple remarquable est l’Université Technion, qui fournit au gouvernement israélien les fondements technologiques de l’occupation militaire et avec laquelle l’ULB coopère dans le cadre des programmes de recherche européens. Technion a été directement impliquée dans le développement du bulldozer “D9”, utilisé par l’armée israélienne pour démolir les maisons palestiniennes. Elle a créé un centre de recherche conjoint avec Elbit Systems, la plus importante société privée d’armement israélienne, qui est impliquée dans la construction du Mur, dont le tracé a été déclaré illégal et dont la Cour internationale de Justice a demandé le démantèlement il y a de cela 6 ans déjà3. Elbit a également fourni des drones à l’armée israélienne qui ont été utilisés contre des civils durant l’opération « Plomb Durci »4. De nombreux membres du corps académique de Technion ont fait partie de l’élite de l’armée et/ou ont travaillé pour les compagnies d’armement israéliennes5.Les universités comme Technion contribuent directement à des crimes condamnés par les plus hautes instances internationales en fournissant la connaissance, les ressources, la recherche et la technologie qui servent à les perpétrer.

1 http://www.bdsmovement.net/call#.T8SGwGAUPW0

2 Territoires occupés tels que définis par la résolution 242 de l’ONU du 22 novembre 1967

3 http://webee.technion.ac.il/news/Elbit-establishes-Vision-Systems-Research-Center

4 http://www.hrw.org/fr/news/2009/06/30/isra-l-le-mauvais-usage-de-drones-caus-la-mort-de-civils-gaza

5 http://www.admin.technion.ac.il/President/Eng/President’s%20Report%202011_FINAL.pdf

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