Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 18.07.2012 à 06h50 • Mis à jour le 18.07.2012 à 11h18
Alors que les combats s’intensifiaient dans la capitale syrienne, mercredi 18 juillet, où les rebelles ont lancé la « bataille pour la libération » de Damas, le projet de résolution déposé par les Européens et les Américains doit être examiné à l’ONU.
Sur le terrain. Selon la télévision officielle syrienne, un bâtiment abritant les services de la sécurité nationale à Damas a été la cible d’un attentat-suicide.
Un porte-parole de l’Armée syrienne libre (ASL) en Syrie, Kassem Saadeddine, contacté sur Skype par l’AFP, a proclamé : « La bataille pour la libération de Damas a commencé et les combats ne cesseront qu’avec (la chute) de la capitale. » Ces combats coïncident avec le 12e anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Bachar Al-Assad, après la mort de son père. Un responsable militaire a néanmoins affirmé que l’armée « contrôlait la situation et pourchassait les terroristes réfugiés dans des appartements et des mosquées » dans Damas.
Depuis dimanche, les combats dans la capitale, qualifiés par l’opposition de « tournant » dans la révolte, se déroulent dans plusieurs quartiers. Des hélicoptères sont entrés mardi pour la première fois en action, mitraillant des quartiers hostiles au régime. Les combats touchent le quartier de Midane, près du centre-ville, où, selon une source militaire, l’armée est entrée et a donné un ultimatum aux habitants de quitter les lieux avant un assaut imminent. Les soldats sont aussi entrés à Tadamoune (Sud), où restent encore « quelques poches de résistance ».
Plus de soixante soldats de l’armée syrienne ont été tués ces dernières 48 heures à Damas, dans des combats avec les rebelles de l’ASL, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Diplomatie. Des diplomates à l’ONU s’attendent à un double veto russe et chinois quand le projet de résolution menaçant Damas de sanctions sera mis au vote, sans doute mercredi après-midi. « Nous allons vers un double veto russe et chinois », a déclaré un diplomate occidental, qui prévoit aussi que de son côté la Russie ne parviendra pas à recueillir les neuf voix, sur quinze pays membres, qui lui permettraient de faire adopter son propre projet de résolution. Avant le vote du Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a rencontré mercredi à Pékin le président chinois Hu Jintao. « J’espère sincèrement que les membres du Conseil de Sécurité seront unis et vont agir », a déclaré M. Ban à des journalistes après sa rencontre.
Le projet présenté par les Européens (France, Allemagne, Royaume-Uni, Portugal) et les Etats-Unis menace le régime syrien de sanctions économiques s’il ne renonce pas à utiliser ses armes lourdes contre l’opposition, tout en prolongeant pour quarante-cinq jours la Mission des observateurs de l’ONU en Syrie (Misnus). La Russie a dit clairement qu’elle mettrait son veto à ce texte et plusieurs diplomates s’attendent à ce que la Chine fasse de même. Les deux pays avaient déjà bloqué à deux reprises des résolutions du Conseil, pour protéger leur allié syrien, depuis le début du conflit, en mars 2011.
A Moscou, où il tente de relancer son plan de paix moribond, le médiateur international Kofi Annan a estimé mardi que la situation en Syrie avait atteint un « point critique », après que la Croix-Rouge internationale eut parlé de « guerre civile ». M. Annan a rencontré le président Vladimir Poutine, qui l’a assuré de son soutien, mais n’a donné aucune signe tangible que la Russie était prête à assouplir sa position. La Russie a déposé un projet de résolution rival qui prolonge la Misnus pour trois mois mais ne parle pas de sanctions. Les Russes ont légèrement amendé leur texte mardi mais sans parvenir à sortir les négociations de l’impasse.
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