Un groupe d’intellectuels juifs israéliens a œuvré à élargir la campagne mondiale de boycott d’Israël, en vue de l’amener à changer sa politique envers les Palestiniens, à arrêter toutes les formes d’oppression et de persécution à leur encontre, et à conclure la paix avec eux.
Matan Cohen, chef de file de la campagne mondiale de boycott des universités israéliennes, a déclaré « qu’il existe près de 100 organisations dans le monde qu’il a réussies, avec ses compagnons, à mobiliser afin de boycotter les universités israéliennes ». Cette campagne rencontre un franc succès particulièrement aux Etats-Unis.
Pour Matan Cohen, « les crimes de guerre commis par les gouvernements israéliens contre les Palestiniens nécessitent une forte dissuasion de par le monde, et il n’y a pas mieux qu’une action israélienne déclarée pour les combattre ». Et de poursuivre : « le ministre israélien qui contribue aux crimes de guerre est illégitime. Et l’université qui entretient des relations normales avec Israël est, elle aussi, illégitime ».
Un autre groupe d’intellectuels israéliens agit à travers Internet pour convaincre des groupes musicaux occidentaux de ne pas se produire dans des concerts en Israël. Au cours des dernières semaines, trois groupes ont été persuadés d’y annuler leurs présentations. Un maître de conférences de mathématiques, et l’un des instigateurs de la campagne, a souligné : « nous nous sommes adressés à ces groupes à travers Facebook, en nous présentant comme des militants des droits de l’Homme en Israël ; nous les avons interrogés, comment ils acceptent de venir chanter en Israël à l’heure où l’armée israélienne commet des crimes contre les Palestiniens, et ceux qui les soutiennent ».
Un autre professeur israélien de mathématiques, membre de cette campagne, a souligné « qu’Israël a prouvé qu’il se plie facilement aux pressions internationales. C’est pour cela, qu’on essaie de mobiliser le monde contre les crimes israéliens jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent, et nous avons , pour ce faire, des soutiens de par le monde ». Selon les membres de la campagne, « il y a des actions qui sont menées, sans être ébruitées dans les médias, comme celle des hommes d’affaires israéliens ou d’hommes politiques qui ont fait l’objet d’un traitement humiliant à l’étranger, ou le boycott des marchandises des colonies qui a commencé en Israël, et s’est répandu, a posteriori, en Europe ».
Un Juif britannique, professeur de son état, a suscité un grand bruit en Israël, à travers des actions analogues. Interrogé sur ses actions à travers lesquelles il cherche à prouver qu’Israël a commis des crimes de guerre pendant la dernière guerre contre Gaza, il a répondu , »qu’il s’agit là d’une forme de défense d’Israël qu’il aime », en ajoutant : « moi, je veux sauver Israël de ses dirigeants. Ces derniers montrent Israël comme un Etat de guerre qui ne connaît pas la morale, ni les valeurs. Un Etat qui nuit à ses voisins et est responsable d’effusions de sang. Ces caractéristiques ont accompagné par le passé le régime d’apartheid jusqu’à sa chute. Israël ne changera pas sa politique, sauf s’il constate que le monde entier se dresse contre lui, et est prêt à lui faire subir des pressions économiques ».
Et de poursuivre : « Si l’on est rassuré que cette action n’inspire pas inquiétude, et qu’elle ne concerne que quelques centaines d’individus, notre assurance n’est pas à sa place. Le boycott d’Israël prend une ampleur inquiétante. Soit, vous sortez dans la rue contre le gouvernement pour en préparer la chute, soit vous supportez les conséquences de la politique de boycott ».