Une sombre affaire d’ espionnage


Le Soir du 11 mai, page 14

TEL-AVIV DE NOTRE CORRESPONDANT

Pourquoi le leader arabe israélien Amir Makhoul ainsi que le militant nationaliste arabe Omar Sayid ont-ils été arrêtés ?

Ces derniers jours, il était inutile de poser la question aux responsables de l’Etat hébreu car toute allusion à cette mystérieuse affaire était interdite par la censure. Jusqu’à lundi, les journalistes israéliens ne pouvaient pas l’évoquer publiquement et ceux qui s’y risquaient se contentaient d’allusions alambiquées qui n’apprenaient pas grand-chose.

Ce que la justice israélienne et le Shabak (la Sûreté générale de ce pays) ont voulu cacher à l’opinion publique de leur pays est pourtant simple : jeudi dernier, une vingtaine de policiers dont seize agents du Shabak ont perquisitionné aux domiciles de Makhoul avant de l’interpeller sous les yeux de ses proches.

Quelques jours auparavant, Sayed avait également été arrêté alors qu’il tentait de se rendre en Jordanie avec sa famille. Au profit du Hezbollah ? Les appartements ont été entièrement retournés et de nombreux documents emportés. Parmi ceux-ci, une partie des archives de « Itijah », une importante et influente ONG arabe israélienne dont Makhoul est le responsable.

Chez Sayed, ce sont des papiers relatifs au parti « Balad », une formation qui n’avait pu se présenter aux dernières élections législatives parce que son leader de l’époque avait été accusé d’espionnage au profit du Hezbollah, qui ont été saisis.

Pour ce que l’on en sait, Makhoul et Sayid sont soupçonnés d’avoir entretenu des contacts avec l’organisation chiite libanaise. Ce qui explique pourquoi ils sont maintenus au secret. Avant même d’être confirmées par la justice sous la pression des médias israéliens, les arrestations de Makhoul et de Sayid s’étaient répandues comme une traînée de poudre au sein de la communauté arabe israélienne (20 % de la population de l’Etat hébreu). Car au-delà de son influence locale, le dirigeant d’Itijah est un écrivain réputé et un membre du « Comité de suivi », une structure qui représente les Arabes israéliens face aux autorités israéliennes.

Mobilisation

Voilà pourquoi les quinze journaux et périodiques arabes d’Israël, mais aussi les représentants de cette communauté à la Knesset, les ONGet les élus locaux se sont mobilisés pour sa libération ainsi que pour celle de Sayed.Al’appel de l’ensemble des organisations arabes israéliennes, plusieurs milliers de membres de cette communauté ont manifesté ce lundi afin de dénoncer le « racisme permanent » dont ils se proclament les victimes. ■ SERGEDUMONT

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