Tunisie : comment appuyer le changement ?


BAUDOUIN LOOS

jeudi 13 janvier 2011, 06:56

Face aux convulsions dramatiques qui agitent la Tunisie depuis la mi-décembre, les Européens ont tardé à réagir et ce n’est guère une surprise. Maintenant que la capitale, Tunis, est elle-même en proie à la contestation – un couvre-feu nocturne y a même été décrété hier… – il devenait de plus en plus choquant de se contenter de lancer un vague appel au calme, alors que les morts s’additionnent au gré d’une répression sans états d’âme.

De là à dire que le communiqué, ce mercredi, de la cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton, qui se dit « inquiète du recours à la force disproportionné de la police envers les manifestants pacifiques » suffira, il y a évidemment de la marge.

Au vrai, les Européens sont bien embarrassés. Et ils le méritent ! Ils paient les lâches petits arrangements entre amis : le président Ben Ali leur apportait l’éradication de ses islamistes, un combat de tous les jours contre le fléau terroriste et une collaboration efficace contre l’immigration clandestine, moyennant quoi l’Europe lui garantissait les meilleures relations, une aide économique, et un « regard distrait », qui réussissait l’exploit de ne pas (trop) voir les violations des droits de l’homme.

Car, en effet, le régime Ben Ali n’a pas éradiqué que l’islamisme – qui était pourtant l’un des plus tolérants dans la région –, il a simplement supprimé toutes les libertés dans la foulée. Et ce n’est pas tout : voilà un pays dont tous les observateurs compétents dénonçaient le degré ahurissant de corruption, émanant surtout des familles qui gravitent autour du président. Il ne faut pas chercher ailleurs l’extraordinaire impopularité dont jouit en Tunisie la femme de Ben Ali, Leila Trabelsi.

Certes, ce régime n’avait pas que des défauts, qui avait su s’appuyer sur la classe moyenne et affichait fièrement un statut avancé de la femme. Mais ses résultats économiques brillants se révèlent en trompe-l’œil, comme le disaient tant de cassandres.

Il faut désormais éviter le pire. Le chaos. L’Union européenne doit – elle le peut – exiger le départ des Ben Ali et consorts. Pour que les immenses potentialités et les nombreuses forces vives de Tunisie s’unissent pour un avenir meilleur.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s