La société civile se mobilise contre Wajdi Ghenim


 

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Le 15 février, par J.S.
Alors que la visite du prédicateur Wajdi Ghenim est de plus en plus controversée, la société civile se mobilise pour faire front. Ce mercredi 15 février, au Teatro de l’hôtel Mechtel à Tunis, Kolna Tounes avait organisé une conférence de presse en partenariat avec Doustourna, mais aussi l’initiative citoyenne et la Ligue tunisienne des Droits de l’Homme. Le thème: Les retombées socioculturelles de la visite de Wajdi Ghenim et de ses pairs en Tunisie.
Depuis le 11 février, Wajdi Ghenim, invité par des associations inconnues « mais autorisées », a pu constater Bochra Bel Haj Hmida, donne conférences sur conférences, prêches sur prêches, prônant notamment l’excision, « la négation totale des droits de la femme ». « Il montre surtout un mépris manifeste pour la souveraineté de l’Etat tunisien », déclare Emna Menif à l’Economiste Maghrébin. L’association Kolna Tounes, qui a notamment appelé à une manifestation devant le siège de l’Assemblée constituante samedi 18 février à partir de 12H, a donc fait parvenir une lettre, par voie d’huissier, demandant au chef du gouvernement, au ministre des Droits de l’Homme, au mufti de la République et au président de l’Assemblée constituante, de faire appliquer la loi. « Selon la loi, l’excision, la polygamie et l’appel à la haine sont  punissables », rappelle Emna Menif, avant de déplorer que Wajdi Ghenim « se serve des mosquées, alors que la loi garantit leur neutralité ».
C’est sur ce dernier point que de nombreuses associations et citoyens ont porté plainte à travers la voix de Bochra Bel Haj Hmida. « La plainte déposée est basée sur la question des mosquées. Les mosquées ne doivent pas servir à la propagande politique », note l’avocate «  et nous demandons l’interdiction du prêche de vendredi prévu à Sfax ». Pour elle, « on ne peut pas accepter la violence et l’appel d’une manière ou d’une autre au meurtre. Il faut aussi faire prendre conscience des dangers qui guettent notre pays », détaille-t-elle, faisant ainsi référence à l’initiative de Kolna Tounes. Et ces dangers sont « la haine entre Tunisiens et ces divisions qui ne cessent de se renforcer soi-disant au nom de la religion ».
Un point de vue partagé par Jaouhar Ben Mbarek. Ce spécialiste en droit constitutionnel considère que « les actions de la société civile doivent se regrouper ». Le but ? « Combattre pour la liberté, la démocratie mais surtout la réalisation des objectifs de la révolution ». Lui, « se fout de la visite de Wajdi Ghenim et de son discours ». En revanche, il est plus interpelé par « l’absence de réaction du gouvernement par rapport à l’instauration d’un débat religieux et identitaire. […] Les revendications de la révolution étaient socio-économiques. Il faut sortir du débat identitaire et revenir à l’essentiel ».

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