Syrie : 86 morts dans les violences


Rédaction en ligne

jeudi 23 février 2012, 22:32

Les violences en Syrie continuent de faire des victimes : ce jeudi, au moins 86 personnes ont été tuées. L’ONU a de son côté affirmé disposer d’une liste de hauts responsables soupçonnés de « crimes contre l’humanité ».

Syrie : 86 morts dans les violences© AP

Au moins 86 personnes ont été tuées dans les violences ce jeudi en Syrie, dont 13 personnes d’une même famille, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Parmi les victimes, en majorité des civils, figurent 13 personnes d’une même famille tuées dans l’assaut des forces du régime contre leur village de Kafar al-Ton, dans la province de Hama (centre), a rapporté l’OSDH. Un autre civil a été tué dans cette attaque.

Dans la même province, quatre personnes ont été tuées, dont une fillette de quatre ans à Sawine, et un garçon de 12 ans à Morik. Huit soldats ont de même péri dans des affrontements avec déserteurs dans d’autres villages, selon la même source.

Ailleurs dans le pays, neuf civils dont un enfant de cinq ans ont été tués dans la ville de Deraa, berceau de la contestation contre le régime de Bachar al-Assad pris d’assaut ce matin et où des affrontements avec des militaires dissidents ont tué cinq membres des forces régulières.

A Alep (nord), deuxième ville du pays encore peu mobilisée contre le régime de Bachar al-Assad, les forces de sécurité ont battu et arrêté plusieurs étudiants à l’Université d’Alep, selon l’ONG basée en Grande-Bretagne.

Elles ont lancé des gaz lacrymogènes pour disperser près de 2.000 étudiants qui manifestaient sur le campus, provoquant des cas de suffocation, et ont arrêté 12 étudiants, a précisé l’OSDH, au lendemain d’une manifestation similaire.

« Plusieurs étudiants et étudiantes qui réclamaient la chute du régime ont été battus avec des bâtons électriques et ont été insultés », a affirmé Farès al-Halabi, un militant sur place, de « l’Union des étudiants libres » d’Alep.

« Ca a commencé à la faculté d’Agriculture et le nombre grossissait à mesure qu’ils passaient par différentes facultés pour atteindre 2.000 dans la cour de l’université », a-t-il ajouté, parlant de « 40 arrestations ».

« Beaucoup d’étudiants sont originaires d’Idleb (nord-ouest) et de Hama et sont dégoûtés de la répression là-bas et à Homs », cible de bombardements sanglants des forces du régime depuis 20 jours, selon lui.

Et dans la province d’Alep, un garçon de huit ans a été tué par des tirs des forces du régime sur la localité de Ming, selon l’OSDH.

Dans la province d’Idleb (nord-ouest), un civil a été tué à Jisr el-Choughour et un jeune homme de 35 ans a été abattu à Maaret al-Nooman lors d’un assaut des forces du régime. Dans cette même province, trois soldats ont péri dans des attaques contre leur véhicule, selon l’OSDH.

« Crimes contre l’humanité »

L’ONU a affirmé ce jeudi disposer d’une liste de hauts responsables soupçonnés de « crimes contre l’humanité » en Syrie, où la répression de la révolte continue de plus belle malgré le nombre élevé de morts, une situation humanitaire grave et les appels à cesser la violence.

Les militants antirégime ont lancé un « dernier cri de détresse » depuis Homs, pilonnée par l’armée depuis 20 jours, pendant que la communauté internationale tente de s’entendre sur les moyens d’y acheminer une aide humanitaire d’urgence, à l’ordre du jour d’une conférence internationale vendredi à Tunis.

Mais la tâche risque d’être ardue, Pékin et Moscou, alliés du régime de Bachar al-Assad, continuant de rejeter toute ingérence en Syrie et refusant de participer à la réunion de Tunis, après avoir bloqué deux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant les violences commises par le pouvoir.

Face à la répression sans répit de la contestation populaire, assimilée par le régime à des « actes de gangs terroristes » soutenus par l’étranger, une commission d’enquête de l’ONU a établi une liste confidentielle de hauts responsables politiques et militaires soupçonnés d’être impliqués dans des « crimes contre l’humanité ».

La commission a déposé auprès du Haut commissariat des droits de l’Homme « une enveloppe scellée contenant les noms de ces personnes » et souligné que « la majorité des crimes » avaient « nécessité des directives supérieures ». Plus de 500 enfants ont été tués depuis mars 2011, a-t-elle dénoncé.

(AFP) Source

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