Qui arrêtera les crimes en Syrie ?


BAUDOUIN LOOS

jeudi 23 février 2012, 08:45

Jusqu’où le régime de Bachar el-Assad pourra-t-il impunément aller dans sa folie criminelle ? Depuis le début de la contestation, à la mi-mars 2011, les victimes, civiles en grande majorité, s’accumulent. Des innocents tombent chaque jour aux quatre coins du pays. Mais Homs, du moins ses quartiers rebelles, devient une ville martyre. Ses habitants y connaissent l’enfer. Encerclés par l’armée, ils n’ont presque plus de vivres, les médicaments font défaut, pendant que les bombardements, aveugles ou ciblés, rythment la vie et la mort.

Ce mercredi, trois confrères ont été tués à Homs par des bombes syriennes. Trois personnes remarquables. Un Syrien, Rami al-Sayyed, « journaliste-citoyen » qui était au cœur des informations qui parviennent au monde. Le jeune photographe français Remi Ochlik, qui avait couvert avec talent et passion tous les printemps arabes. L’Américaine Marie Colvin, qui travaillait pour le Sunday Times, était, elle, une correspondante de guerre, spécialiste du monde arabe.

Ces deux derniers reporters savaient qu’ils risquaient leur vie. « L’armée syrienne recommande de tuer tout journaliste qui mettra un pied sur le sol syrien », dit le Français Jean-Pierre Perrin (Libération), qui était à Homs il y a quelques jours et qui y avait côtoyé Marie Colvin. « Circulez, y a rien à voir, sauf si vous nous soutenez », dit en somme le régime à la presse étrangère, qu’il a bannie, « amis » exceptés.

L’impossible bilan reste à faire. Six mille, sept mille tués ? Plus ? Pendant ce temps, l’impitoyable « raïs » répète sa vérité, comme lundi encore : « La Syrie est prise pour cible par des groupes armés soutenus par des factions étrangères visant à déstabiliser le pays et à miner tout effort de résolution de la crise. » La Russie et la Chine, de leur côté, continuent imperturbablement à soutenir le régime.

Les trêves négociées ici et là, les couloirs humanitaires réclamés à l’ONU : ces solutions temporaires sont impératives car d’innombrables vies restent en jeu.

Mais si ce régime sanguinaire ne sent pas une pression plus menaçante, il finira par lancer l’assaut, comme à Hama en 1982 (entre 15.000 et 40.000 morts).

La communauté internationale va-t-elle laisser faire ?

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