Pendant ce temps, le supplice de Gaza continue


BAUDOUIN LOOS

samedi 26 décembre 2009, 10:21

La plainte déposée le 24 décembre contre les dirigeants du Hamas par des Israéliens d’origine belge n’est pas arrivée au greffe de Bruxelles ce jour-là par hasard. Pour détourner l’attention du premier anniversaire de l’offensive militaire israélienne contre la bande de Gaza, on ne s’y serait pas pris autrement.

Pourtant, cette plainte permet de remettre en lumière un élément qui avait frappé à l’époque des faits : la disproportion entre la puissance destructrice de l’armée israélienne et les faibles moyens des activistes palestiniens. Si la plainte rappelle que des dizaines d’Israéliens ont souffert dans leur chair des tirs de roquettes palestiniens – des actions que le fameux rapport de l’ONU, dit « Goldstone », qualifie d’ailleurs de crimes de guerre –, combien de plaintes des centaines de milliers de Palestiniens seraient-ils moralement habilités à déposer en raison des souffrances que l’offensive israélienne leur a infligées ?

Ce rapport demande qu’Israël et le Hamas commanditent des enquêtes indépendantes sur des faits qui relèvent de la qualification de crimes de guerre ou, peut-être, de crimes contre l’humanité. Ces enquêtes ne semblent pas près d’être ordonnées. Israël a écarté le rapport Goldstone qualifié de « biaisé », certains ministres avançant même qu’il est « un cadeau aux terroristes car il revient à empêcher une démocratie de se défendre ». Pourtant, le rapport ne traite pas de la légitimité de l’attaque lancée par Israël le 27 décembre 2008, mais se préoccupe seulement de savoir si le droit de la guerre y a été respecté. Avec avis négatif.

Enfin, au moment où aura lieu, ce dimanche, le premier anniversaire de cette offensive, il n’est pas non plus inutile de rappeler que la bande de Gaza et son million et demi d’habitants continuent à vivre dans une prison à ciel ouvert, fermée à double tour par l’armée israélienne (avec l’actif concours égyptien dans le sud). L’Union européenne a demandé à Israël, le 8 décembre encore, de lever ce blocus aux effets humains catastrophiques. Mais tant que les Européens comme le reste de la communauté internationale se contenteront d’émettre de simples avis polis, ils ne pourront espérer exercer la moindre influence sur le terrain.

http://www.lesoir.be/forum/editos/2009-12-26/pendant-ce-temps-le-supplice-de-gaza-continue-745672.shtml